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    Crazy Horse (vers 1842-1877)

    Chef des Sioux-Oglalas

     

    Guerrier intrépide, visionnaire mystique, stratège exceptionnel et chef charismatique, il a animé, avec Sitting Bull, l’ultime combat des Indiens des Plaines du Nord. Crazy Horse est devenu le symbole de la résistance des Indiens à l’invasion blanche.

    "celui aux cheveux clairs"

     

    Crazy Horse est un Oglala du clan Hunkpatila.

     

    Son nom lakota est "Tashunka Witko". Il est né au coeur de "Paha Sapa", le "Coeur de tout ce qui est", les Black Hills.

     

    Sa mère meurt quand il est encore enfant. L’une des soeurs de Spotted Tail, le grand chef des Sioux-Brulés, deviendra la mère adoptive du petit garçon. C’est pourquoi Spotted Tail est considéré comme son oncle.

     

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    Il n’existe aucune photographie de lui, mais des témoignages rapportent que ses cheveux étaient châtains, légèrement ondulés.

    Il avait le teint clair, était plutôt petit et mince. Il se montrait d’un naturel peu expansif, préférant la solitude.

    On l'appelait alors "Jiji Kin", "Celui aux Cheveux Clairs".

     

    La grande vision

     

    Il est en visite avec sa mère dans le camp du chef des Brulés Conquering Bear, le 19 août 1854, près de Fort Laramie quand éclate ce que l'on  a appelé "l’incident Grattan".

     

    L’année suivante, il découvre les atrocités commises par les soldats du général William S. Harney lors du massacre de Ash Hollow, sur les bords de la Blue Water Creek.

     

     

    Ces tragiques événements vont renforcer sa volonté de se tenir le plus loin possible des Blancs.

    A l’âge de seize ans, lors d’une recherche de vision, il se voit sous les traits d’un cavalier galopant au milieu des nuages de grêle environné d'éclairs.

     

    Les flèches et les balles tirées contre lui ne peuvent l'atteindre, tandis qu’un faucon roux le survole, semblant le protéger.

     

    Puis, il se sent happé par des mains des gens de son peuple qui le tirent en arrière. Il comprend que cette vision qui va guider sa vie, cette vision des "wakinyan", des "êtres-tonnerres", lui impose de devenir un "heyoka", un "contraire" et de conduire sa vie d'une manière étrange, d'une façon contraire à celle des autres guerriers.

     

    Il devra rester humble, vêtu pauvrement, se dévouer entièrement aux siens et repousser la gloire et les honneurs.

     

    Il va désormais au combat avec une témérité renouvelée, recherchant la mort, le visage peint d’éclairs et le corps parsemé de points blancs, comme le cavalier qu’il a vu dans sa vision.

     

     

     

    Dans ses cheveux détachés, il place une unique plume de faucon roux et une petite pierre que lui a donnée Horn Chips l’homme-médecine.

     

    Son père, un homme-médecine réputé, lui donne son propre nom,

    Crazy Horse et prend celui de Worm.

     

     

     

     

    Après l'odieux massacre des Cheyennes à Sand Creek en novembre 1864, Crazy Horse conduit des guerriers lakotas et cheyennes contre les établissements blancs le long de la North Platte.

     

     

    En juin 1865, près de Horse Creek, il vient au secours de Lakotas pacifiques qui campaient près de Fort Laramie et que l’armée avait décidé de déplacer. Il est aux côtés de Red Cloud dans la guerre pour préserver les territoires de chasse dans la vallée de la Powder River au Wyoming.

     

    On remarque son courage et sa témérité lors de l’attaque de Platte Bridge le 25 juillet 1865. Sa bravoure au combat, son intelligence, son total dévouement aux siens, son charisme, le désignent déjà comme un conducteur de son peuple.

     

    Il devient bientôt un stratège exceptionnel, passé maître dans l’art de l’embuscade. Il exige des guerriers qui le suivent le strict respect du plan prévu et leur interdit la recherche de l’exploit personnel qui a coûté tant de défaites aux Indiens.

     

    En août 1865, le général Patrick E. Connor organise une expédition en plein coeur du pays de Powder River. Crazy Horse est l'un des chefs de guerre des Lakotas qui, avec leurs alliés Cheyennes et Arapahos mettent en déroute les mille six cents soldats des colonels Cole et Walker.

     

    La guerre de Red cloud (1866-1868)

    En juin 1866, les soldats du colonel Henry B. Carrington sont chargés de construire des forts pour protéger la Piste Bozeman, dans la vallée de la Powder River. Le Fort Phil Kearny est une véritable provocation pour les Indiens.

     

     

    Le 21 décembre 1866, Crazy Horse organise une grande embuscade contre les soldats de Fort Phil Kearny. Feignant l'attaque d'une corvée de bois, les Indiens parviennent à faire sortir une centaine de soldats conduits par le capitaine William J. Fetterman. Crazy Horse et quelques guerriers entraînent les soldats hors de vue du fort.

     

     

    Le long de Peno Creek, mille cinq cents guerriers Sioux, Cheyennes et Arapahos se jettent sur le détachement. Tous les soldats sont tués et scalpés.

     

     

    Ce combat restera célèbre parmi les Lakotas comme la bataille des "Cent dans la main". Pendant tout l'hiver, les guerriers de Crazy Horse harcèlent les soldats assiégés dans les forts le long de la Powder River.

     

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    Le  2 août 1867, une nouvelle embuscade est tendue aux soldats de Fort Phil Kearny.

     

    Mais les bûcherons qui effectuent une coupe de bois, sont protégés par des soldats dissimulés dans des chariots bâchés.

     

     

    Malgré l'insistance de Crazy Horse qui conseille la prudence, les charges des guerriers de Red Cloud se brisent sur les chariots disposés en cercle.

     

    L'échec du combat de "Wagon Box",  n'empêchera pas la victoire totale des Indiens.

     

    Crazy Horse possède au plus haut point, les vertus du guerrier lakota : sagesse, générosité, courage et grandeur d'âme.

     

    Ses qualités exceptionnelles lui valent une distinction rarement accordée à un guerrier aussi jeune. Il devient l’un des quatre "porteurs de chemise" des Oglalas, une haute dignité conférée à des hommes jugés capables de défendre le peuple durant les périodes de crises.

     

    Black buffalo woman

    Lorsque Red Cloud victorieux décide en novembre 1868 de signer le traité de Fort Laramie et de rassembler son peuple sur la Grande Réserve Sioux, Crazy Horse reste à l’écart et continue la lutte.

     

    Il ne peut accepter une limitation de sa liberté. Menant leur vie traditionnelle sur les vastes terrains de chasse "non-cédés" que le traité leur a reconnus, lui et les siens poursuivent leurs expéditions contre leurs ennemis, en particulier contre les Crows maintenant installés sur une réserve dans les Big Horn Mountains.

     

    En 1870, Crazy Horse enlève Black Buffalo Woman, son amour de jeunesse. No Water, le mari jaloux, du clan des "Bad Faces"  et apparenté à Red Cloud, le blesse au visage d'un coup de revolver.

     

    Le scandale est tel que Crazy Horse perd la dignité de "porteur de chemise".

     

    Dans l’été 1872, avec ses guerriers, il rejoint Sitting Bull et harcèle les arpenteurs qui construisent la "Northern Pacific Railway", à la limite nord des territoires de chasse.

     

    En 1873, il affronte l’expédition conduite par le lieutenant-colonel George A. Custer sur la Yellowstone River. La même année, sa petite fille de deux ans meurt de la rougeole.

     

    "on ne vend pas la terre sur laquelle le peuple marche"

     

    En 1874, Crazy Horse continue à mener la résistance avec Sitting Bull quand, Custer, en violation du traité de Laramie pénètre dans les Black Hills, empruntant ce que les Indiens appelleront "la Piste des Voleurs". A la tête d’une expédition géologique, Custer est chargé de vérifier les rumeurs de gisements aurifères dans les collines.

     

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    L'expédition confirme la présence de grandes quantité d’or dans les Black Hills. Aussitôt, une nouvelle ruée vers l'or commence.

     

    Crazy Horse se tient éloigné des conseils réunis par les Blancs qui cherchent à acheter les Black Hills, la terre sacrée des Lakotas. Il dit :

     

    "On ne vend pas la terre sur laquelle le peuple marche"

     

     

    La guerre pour les black hills (1876-1877)

     

    A la fin de 1875, le gouvernement intime l’ordre aux Indiens insoumis de regagner la réserve. Puis, au coeur de l'hiver, le général Philip H. Sheridan lance sa "Campagne contre les Sioux". Crazy Horse va devoir mener une guerre défensive contre l’armée lancée à sa poursuite.

     

     

    En mars 1876, les rescapés cheyennes de l'attaque brutale des soldats de l'avant-garde du général George Crook sur la Lodge Pole Creek atteignent à bout de forces le camp de Crazy Horse. Malgré une situation rendue encore plus difficile par un hiver très rude, ils sont nourris et réconfortés.

     

     

    Au début de l’été 1876, un village de plusieurs milliers de tipis rassemble tous les Indiens qui refusent de vivre sur la réserve.

     

    Le 17 juin, Crazy Horse, à la tête de plus de mille guerriers sioux et cheyennes décide d'aller affronter sur la Rosebud River les mille cinq cents soldats de Crook qui menacent l'immense village.

     

    Les charges des Indiens conduites par Crazy Horse sont si puissantes que Crook doit se replier, abandonnant la campagne.

     

    Les éclaireurs shoshones et crows, par leur résistance courageuse, permettront aux soldats de se dégager. La bataille de Rosebud River, l'une des plus acharnée des guerres indiennes, est connue par les Lakotas comme "le combat où la soeur sauva le frère".

     

     

     

    La semaine suivante, le 25 juin 1876, sur les bords de la Little Bighorn River, Crazy Horse est à la tête des guerriers qui repoussent la première attaque du major Reno, puis quand le 7ème régiment de cavalerie de Custer charge à l'autre bout de l’immense village, c’est encore Crazy Horse qui mène les guerriers oglalas dans une fulgurante contre-attaque. 

     

    "C’est un bon jour pour mourir !

    C’est un beau jour pour se battre !

    Que les coeurs courageux me suivent !"

    se serait-il écrié. Malgré une courageuse résistance,

    le détachement de Custer est anéanti.

     

     

    Alors que Sitting Bull et les siens s’exilent au Canada, Crazy Horse demeure dans les Bighorn Mountains du Wyoming.

     

    Durant tout l’automne, il échappe aux troupes de Crook, puis, le 8 janvier 1877, dans les Wolf Mountains, en pleine tempête de neige, il parvient, en usant d’une habile stratégie, à tenir en échec les soldats du colonel Nelson A. Miles.

     

    Après un terrible hiver, les Oglalas affamés, épuisés, ont perdu l’espoir. Crazy Horse a du mal à convaincre son peuple de continuer à résister.

     

    En mars 1877, Spotted Tail veut le rencontrer pour le convaincre de se rendre. Mais Crazy Horse l’évite.

     

    C’est la visite de Red Cloud qui, en avril, décide Crazy Horse à faire sa reddition.

     

    Red Cloud lui promet au nom du général Crook une réserve dans le pays de Powder River.

     

    Fort robinson (1877)

     

    Le 6 mai 1877, Crazy Horse arrive avec mille deux cents Oglalas à Fort Robinson, l’agence de Red Cloud où il fait sa reddition au général Crook. Malgré leur épuisement, les Oglalas tiennent à faire impression sur les soldats et défilent en chantant un chant de guerre.

     

    Un officier s’écrie :

     

    "Ce n’est pas une reddition, c’est une marche triomphale !". Pendant l’été, les tensions entre les Indiens qui vivent autour de Red Cloud Agency augmentent de plus en plus.

     

    Le général Crook insiste pour que Crazy Horse se rende à Washington pour rencontrer le président Rutherford B. Hayes, mais Crazy Horse refuse obstinément.

     

    Il exige toujours qu'on accorde à son peuple la réserve promise. Lors d'une entrevue avec les soldats, on lui demande des hommes pour guider l'armée contre contre les Nez-Percés. Bien que réticent, il consent toutefois.

     

    Mais un interprète malveillant prétend que Crazy Horse promet au contraire de tuer tous les soldats.

     

    Cette réponse est considérée par les Blancs, comme une provocation. Même parmi les siens, depuis qu'il s'est rendu, Crazy Horse n'est plus écouté comme par le passé. Beaucoup d'Indiens de la réserve se rangent désormais aux côtés de Spotted Tail et de Red Cloud.

     

    Crazy Horse est de plus en plus seul. Il est désormais considéré, par les Blancs, comme le principal fauteur de troubles.

     

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    Assassinat de Crazy Horse
     
     
    Assassinat de Crazy HorseAucune photographie de Crazy Horse n'a jamais été authentifiée, mais Amos Bad Heart Bull réalisa ce mémoire pictographique du meurtre de Crazy Horse à Fort Robinson, le 5 septembre 1877. © Amos Bad Heart Bull Yale University
     

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    Le 5 septembre 1877, Crook décide de faire arrêter Crazy Horse. Ses ordres sont de l'envoyer comme prisonnier de guerre au pénitencier de Dry Tortugas, au large de l’extrême sud de la Floride.

     

    Ignorant se qui se trame contre lui, Crazy Horse confie sa femme Black Shawl, malade, à Spotted Tail. Il consent à suivre le fort contingent de policiers indiens chargé de le ramener à Fort Robinson.

     

    On fait croire à Crazy Horse à une entrevue avec Crook.

     

    A leur arrivée au fort, ils sont entourés par une foule grondante d'une centaine de Lakotas. Crazy Horse reconnaît parmi ceux qui l'environnent Little Big Man, son ancien compagnon d’armes (qu'on ne doit pas confondre avec le personnage du film d’Arthur Penn).

     

    Il est devenu policier indien au service des Blancs.

     

    Crazy Horse comprend alors qu'il est en train de vivre la partie ultime de sa grande vision : celle où des gens de son peuple essaient de l'agripper, de le retenir en arrière.

     

    Little Big Man et un officier le conduisent Crazy Horse vers un baraquement en rondins.

     

     

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    Au seuil du bâtiment, toujours maintenu fermement par Little Big Man, Crazy Horse s'aperçoit qu'on veut le jeter en prison.

     

    Il se débat, blesse Little Big Man d'un coup de couteau et se rue vers l'extérieur.

     

    Un officier crie un ordre. Une sentinelle surgit et frappe Crazy Horse de deux coups de baïonnette dans les reins.

     

    Le médecin du fort, son fidèle ami Touch-The-Clouds et son père l'assistent dans son agonie qui dure toute la nuit.

     

    Avant de mourir, il murmure à son père :

    "Dis au peuple qu'il ne peut plus compter sur moi"

     

     

    Ses parents emportent son corps et l’enterrent secrètement quelque part sur les rives de Chankpe Opi Wakpala, Wounded Knee Creek.

     

    La légende

    En 1955, paraît une excellente biographie de Crazy Horse par Mari Sandoz : "Crazy Horse, the strange man of the Oglalas" ("Crazy Horse, l’homme étrange des Oglalas").

     

    En 2004, Joseph Marshall III, un écrivain et historien brulé de Rosebud publie "The journey of Crazy Horse" ("Crazy Horse, une vie de héros"), une admirable biographie du grand chef oglala.

     

     

     

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    Crazy Horse représente actuellement le héros le plus pur et le plus respecté de la résistance des Indiens d’Amérique du Nord à l’invasion blanche.

     

     

     

    Sa bravoure au combat, ses qualités de stratège, son dévouement à son peuple, son mysticisme en font un personnage de légende.

     

    Lors de la Danse du Soleil, des intercesseurs spirituels invoquent l’esprit de Crazy Horse. L’expression "In the Spirit of Crazy Horse" est couramment employée par les militants indiens actuels pour marquer leur révérence à leur passé et leur esprit de résistance à la culture dominante.

     

     


    Crazy Horse (vers 1842-1877) Chef des Sioux-Oglala

     

     

     

     

     

     

     

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  • Spotted Tail (1833-1881)

    Chef des Sioux-Brulés

     

    Spotted Tail
    Spotted TailSpotted Tail © Inconnu Library of Congress

     

    Un grand guerrier

     

    Spotted Tail est un Brulé. Son nom lakota est  "Sinte Gleshka". Sa sœur ayant adopté Crazy Horse à la mort de sa mère, il est considéré comme l’oncle maternel de Crazy Horse.  Spotted Tail est un guerrier connu pour sa bravoure. C’est un grand et bel homme, affable et séducteur. Il est probablement présent dans le camp de Conquering Bear le 19 août 1854 près de Fort Laramie quand le lieutenant Grattan fait tirer au canon sur le village brûlé, tuant plusieurs guerriers et blessant mortellement le chef. Avec des guerriers brûlés, il participe en novembre 1854 à l’attaque d’une diligence près de Fort Laramie. Ils tuent deux des occupants, mettent les autres en fuite et dispersent les vingt mille dollars que transportait la diligence.

    Ash Hollow (3 septembre 1855)

    Le 3 septembre 1855, les troupes du général William S. Harney attaquent le camp brûlé du chef Little Thunder installé à Ash Hollow, sur la Blue Water Creek, au Nebraska. Le jeune Spotted Tail combat vaillamment avec un sabre qu’il a ramassé.  Les soldats tuent et mutilent quatre vingt-six Indiens, dont des femmes et des enfants, et emmènent soixante-dix prisonniers. Quelques jours plus tard, Spotted Tail se présente à Fort Laramie accompagné de plusieurs guerriers, chantant leurs chants de mort. Ils viennent se livrer pour obtenir la libération des captifs pris à Ash Hollow.  D’abord menacés d’être pendus, Spotted Tail et ses compagnons seront gardés deux ans prisonniers, puis libérés. Par son courage et son intelligence, Spotted Tail a su gagner l’admiration et même l’amitié de certains officiers du fort.

    La guerre de red cloud (1866-1868)

    Dans les années 1860, il est le porte-parole de tous les Brûlés. Il prend une part active à la guerre de Red Cloud. Il est blessé à la bataille près de Fort Phil Kearny où le capitaine Fetterman et ses hommes trouvent la mort. Mais, partisan de la paix avec les Blancs, il sera le premier à signer le traité de Fort Laramie en avril 1868. Quand, en 1875, le gouvernement américain veut acheter les Black Hills aux Sioux, Spotted Tail, comme tous les autres chefs, s’y oppose vivement. Puis, comprenant que les Indiens perdront de toute façon leurs collines sacrées, il en demande soixante millions de dollars, une somme qui paraît énorme au gouvernement qui refuse.

    Partisan de la paix

      Durant la Guerre des Black Hills de 1876-77, Spotted Tail demeure sur la réserve sioux, près de Fort Robinson. En mars 1877, le général George Crook envoie Spotted Tail à son neveu Crazy Horse pour lui demander de se rendre. Mais Crazy Horse refuse de le rencontrer. C’est Red Cloud qui obtiendra la reddition du jeune chef. A l’automne 1877, Spotted Tail est nommé par les autorités américaines chef des Brûlés et des Oglalas, tandis que Red Cloud est destitué. Les Oglalas sont déportés sur le Missouri. En janvier 1879, l’agence de Spotted Tail, transférée au sud-est du territoire du Dakota, reçoit le nom de « Rosebud », tandis que celle de Red Cloud, installée un peu plus à l’ouest, reçoit le nom de « Pine Ridge ». . Spotted Tail encourage l’assimilation des Lakotas à la culture blanche pour laquelle il ne cache pas son admiration. Il favorise l’installation de "Saint Francis Mission" sur la réserve de Rosebud. Il envoie ses petits-enfants à l’école indienne de Carlisle, en Pennsylvanie. Mais apprenant que les enfants n’y sont pas bien traités et que plusieurs y sont morts, il vient, à grand fracas, reprendre l’une de ses petites-filles. Dans l’hiver 1881, Crow Dog, l’un des chefs brûlés, abat Spotted Tail d’un coup de feu alors qu’il rentrait chez lui à cheval. Crow Dog déclarera qu’il voulait venger l’un de ses parents dont Spotted Tail avait enlevé la femme. Mais Spotted Tail a peut-être été tué pour des raisons politiques. Son attitude favorable aux Blancs avait suscité la colère de nombreux Lakotas qui le considéraient comme un traître à son peuple, d’autant plus que le bruit avait couru qu’il avait vendu à son profit des terres de la Grande Réserve Sioux, ce qui était faux. Le nom de "Sinte Gleshka" a été donné à l’université indienne installée près de Mission, sur la réserve brûlé de Rosebud, un centre universitaire important où des études sont menées sur l’histoire et la culture lakota.

      

      

      

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  • Big Foot (vers 1825-1890)

    Chef des Sioux-Minnecoujous

     

    Connu comme un homme de paix, Big Foot trouve la mort durant le massacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890.

    Son premier nom était Hehaka Gleska (Elan Tacheté), puis il prend le nom de Si Tanka (Grand Pied). A la mort de son père en 1874, Big Foot devient un important chef des Minnecoujous. Il est plus connu pour sa sagesse que pour ses exploits guerriers. C’est un faiseur de paix, souvent appelé par les Lakotas pour résoudre leurs conflits internes. En 1877, après la "Campagne contre les Sioux" conduite par le général Philip H. Sheridan, les survivants des Minnecoujous s’installent sur la Grande Réserve Sioux, au nord de la rivière Cheyenne. Big Foot encourage les siens à s’adapter à la civilisation blanche. Il fait construire des écoles pour les jeunes Indiens, encourage l’agriculture.

    Big Foot
    Big FootBig Foot, (Si Tanka) chef des Minnecoujous © inconnu domaine public

    Mais quand, en 1889, Kicking Bear et Short Bull introduisent les cérémonies de la Danse des Esprits sur les réserves lakotas, la majorité des Minnecoujous danse dans l’espoir de voir revenir ses morts et de retrouver la vie traditionnelle. Big Foot n’est pas lui-même un actif partisan de la Danse des Esprits, mais il respecte le choix de son peuple. A l’automne 1890, il conduit les siens à Takini, près de Cherry Creek. Il apprend alors qu’il est considéré comme un fauteur de troubles par l’administration et qu’il doit être arrêté et mis en prison. Il pense avant tout à mettre les siens en sûreté car l’armée a investi la réserve et des événements graves semblent imminents.   A la mi-décembre, Big Foot et sa bande de trois cents cinquante Minnecoujous auxquels se joignent bientôt une quarantaine de Hunkpapas en fuite après le meurtre de Sitting Bull, se mettent en route vers l’agence de Pine Ridge, à  deux cents kilomètres au sud, où les attend le chef Red Cloud. Big Foot, qui est atteint de pneumonie, doit voyager dans un chariot. Quand, au soir du 28 décembre, les Indiens rencontrent des éléments de l’armée commandés par le major Samuel M. Whitside près de Porcupine Butte, Big Foot, très affaibli, ne peut se présenter aux officiers. Les Lakotas sont conduits au campement des soldats, le long de Wounded Knee Creek. Big Foot et huit des principaux guerriers sont retenus toute la nuit dans une tente de l’armée et interrogés sans relâche, bousculés et piqués avec des baïonnettes pour leur faire avouer leur participation à la bataille de Little Bighorn River, quatorze ans plus tôt. Au matin du 29 décembre, le désarmement des guerriers tourne au drame quand un coup de feu est tiré. L’un des officiers va alors posément abattre de deux balles le chef Big Foot assis sur le sol. C’est le signal du massacre durant lequel trois cents Lakotas désarmés

    Big Foot
    Big FootPhotographie du chef Big Foot gelé, 4 jours après le massacre de Wounded Knee © George Trager Smithsonian Institution
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  • American Horse (vers 1801-1876)

    Chef des Sioux-Oglalas

    American Horse est l’un des grands chefs de la nation oglala des Lakotas. Après s’être battu aux côtés de Crazy Horse, il est tué par l’armée en septembre 1876, alors qu’il se rendait pacifiquement sur la réserve sioux. Son neveu compte parmi les chefs pacifistes des Oglalas. Après le massacre de Wounded Knee de 1890, il devient un ambassadeur de son peuple auprès du gouvernement américain.

    American Horse est un cousin de Red Cloud. Il est parfois appelé "Iron Shield" ou plus souvent "Old American Horse". De 1866 à 1868, il prend part à la guerre de Red Cloud menée par les Lakotas contre la construction de la Piste Bozeman. Après la signature du traité de Fort Laramie de 1868, il refuse de s’installer sur la réserve. Il rejoint Crazy Horse et se bat vaillament contre l’armée américaine durant la campagne contre les Sioux de 1876. Il participe à la bataille de Little Bighorn River, le 25 juin 1876.

    En septembre, American Horse et les siens font mouvement vers le sud afin de rejoindre l’agence de Red Cloud où ils comptent passer l’hiver. Le 9 septembre 1876, à Slim Butte, dans le sud du Territoire du Dakota, ils sont brutalement attaqués par un détachement de l’armée du général George Crook commandé par le capitaine Anson Mills qui, à court de vivres, cherche à s’emparer des provisions d’hiver que les Indiens ont constituées. Après un rude combat, American Horse et les siens sont assiégés dans une grotte. Quand le feu cesse, American Horse sort de la grotte, tenant ses entrailles dans ses mains, pour se présenter au capitaine Mills. Puis il se couche et, refusant le secours du médecin militaire, il meurt dans la nuit. Un soldat prend son scalp.

     

    American Horse  (1840-1908)

    Connu sous le nom de "Young American Horse", il est probablement le neveu du vieil American Horse tué à Slim Butte en 1876.   Pendant la guerre de Red Cloud, il participe en décembre 1866, avec Crazy Horse, à l'embuscade près de Fort Phil Kearny dans laquelle le capitain

    American Horse
    American HorseAmerican Horse (1840-1908) © inconnu domaine public

    e William J. Fetterman et ses hommes trouvent la mort.

     

    Après la signature du traité de Fort Laramie en 1868, American Horse s’installe à l’agence de Red Cloud. Il participe au "Wild West Show" de Buffalo Bill. En 1889, il accepte la réduction de la Grande Réserve Sioux, non sans avoir négocié avec le général George Crook afin d’obtenir pour les Lakotas les meilleures conditions possibles.

    En 1890, quand se développe la Danse des Esprits, il s’efforce d’éviter les affrontements entre Blancs et Indiens. C’est lui qui, en décembre 1890, conseille à Big Foot de se rendre à l’agence de Pine Ridge afin d’y rencontrer Red Cloud, causant ainsi, sans le vouloir, le massacre de Wounded Knee. Dès le lendemain du massacre, American Horse est sur le terrain où, aux côtés du médecin indien Charles Eastman, il s’efforce de porter secours aux blessés. A la mi-janvier 1891, il encourage les derniers résistants indiens réfugiés au Stronghold à se rendre.

    Le 11 février 1891, à Washington, American Horse s’exprime devant le Commissaire aux Affaires Indiennes. Après avoir rappelé brièvement les circonstances du massacre et cité plusieurs cas précis d’assassinats délibérés de femmes et de petits enfants, il conclue ainsi : "En effet, nous sommes tous extrêmement tristes à propos de cette affaire. Je suis demeuré parfaitement loyal envers le gouvernement durant cette période troublée et, ayant tellement fait confiance au gouvernement et ayant été si loyal envers lui, mon désappointement a été très fort et je suis venu ici à Washington le cœur plein de très vifs reproches. En effet, cela aurait été tout-à-fait admissible si seuls les hommes avaient été tués. Nous en aurions été presque reconnaissants. Mais le fait d’avoir tué les femmes et plus spécialement les petits garçons et les petites filles qui sont destinés à être la force future du peuple indien, est la chose la plus triste de toute cette affaire et nous la ressentons de la manière la plus douloureuse."

    A la fin de sa vie, American Horse dessine une remarquable histoire pictographique des Oglalas.
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  • Two Moons (1847-1917) 

    Chef des Cheyennes du Nord

     

    Un grand guerrier

     

    Two Moons ("Ishnaynishus" en cheyenne) est un guerrier valeureux. Il n’a pas vingt ans lorsqu’il participe à l’attaque de Platte Bridge aux côtés des Lakotas en juillet 1865. Il combat ensuite avec les Lakotas les soldats du général Patrick E. Connor qui venaient envahir les territoires de chasse de la Powder River en août 1865. Pendant la guerre de Red Cloud, il participe à l’embuscade dans laquelle tombent les hommes du capitaine William J. Fetterman en décembre 1866, puis au combat de Hayfield au mois d’août suivant. Après la signature du traité de Fort Laramie en 1868, Two Moons s’établit sur la Grande réserve sioux.

     

    Two Moons

    Two MoonsTwo Moons © E. S. Curtis Domaine public

     

     

    Lodge Pole Creek (17 mars 1876)

     

    Le 17 mars 1876, sur Lodge Pole Creek, dans la vallée de Powder River, au Wyoming, l’éclaireur métis Frank Grouard découvre un camp indien dissimulé dans la neige. Il affirme qu’il s’agit du camp de Crazy Horse. C’est en fait le camp de Two Moons et des Oglalas de He Dog qui avaient quitté la réserve afin de chasser le bison. Le colonel Joseph J. Reynolds qui commande l’avant-garde du général George Crook, décide d’attaquer sans attendre. Venant des deux côtés à la fois, cinq compagnies de cavalerie chargent brutalement le camp endormi pendant qu’un autre groupe s’empare des sept cents poneys. D’abord totalement surpris, les guerriers se ressaisissent rapidement. Dissimulés derrière des rochers, ils tiennent en respect les soldats pour permettre aux femmes et aux enfants de fuir, puis ils se replient dans les collines. Les soldats mettent le feu aux tipis et aux réserves de nourriture et emmènent avec eux les chevaux indiens. La nuit suivante, les guerriers cheyennes et oglalas, pourtant durement éprouvés, dont les familles ont du fuir dans la neige abandonnant vêtements et couvertures, se glissent dans le camp des soldats et parviennent à reprendre leurs montures. Certains poussent jusqu’au camp principal de Crook et s’emparent de ses bêtes de bât. Maintenant montés et munis de quelques chariots, les Indiens parviennent à rejoindre le camp de Crazy Horse qui les nourrit et les réconforte.

     

    La campagne contre les Sioux (1876-1877)

     

    Deux mois plus tard, le 17 juin, Two Moons participe aux côtés de Crazy Horse à l’attaque des troupes de Crook sur la Rosebud River. Crook sera désormais incapable de poursuivre la campagne contre les Sioux. La semaine suivante, Two Moons, charge les soldats du lieutenant-colonel George A. Custer qui venaient les attaquer sur la Little Bighorn. Alors que les Indiens se dispersent après leur victoire, Two Moons reste avec Crazy Horse. Ensemble, ils repoussent les soldats du colonel Nelson A. Miles dans les Wolf Mountains en janvier 1877.

     

    La reddition

     

    Au printemps 1877 tandis que Crazy Horse fait sa reddition à Fort Robinson, Two Moons se rend au colonel Miles à Fort Keogh, au Montana. Quelques mois plus tard, il devient éclaireur dans l’armée et participe à la campagne contre les Nez-Percés, arrêtant le peuple de Chef Joseph en fuite vers le Canada. Le fait d’avoir fourni des éclaireurs à l’armée évitera au clan de Two Moons la déportation en Territoire Indien comme les autres Cheyennes.
    En mars 1879, Two Moons rencontre le Cheyenne Little Wolf et les siens à l’issue de la terrible "Longue marche des Cheyennes". Il les persuade de faire leur reddition à Fort Keogh.
    C’est le profil de Two Moons qui sera utilisé pour l’effigie de la pièce de cinq cents en 1913.
    Two Moons s’établit sur la réserve Northern Cheyenne au Montana où il meurt en 1917.

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  • Manuelito (vers 1818-1894)
    Chef des Navajos

    Manuelito est le chef qui conduit la résistance des Navajos du canyon de Chelly quand, en 1863, le général Carleton veut contraindre la tribu à s’exiler sur la  réserve de Bosque Redondo. Il doit se rendre l’année suivante. En 1868, il obtient le retour de sa tribu sur ses terres traditionnelles.  

    un grand chef

     

    Manuelito
    Manuelitochef des Navajos © inconnu domaine public

    Manuelito se fait connaître parmi les Navajos autant par ses qualités de guerrier que par son mariage avec la fille de Narbona, un chef éminent. Au début des années 1850, il devient chef des Navajos vivant près de Canyon Bonito, à peu de distance de Fort Defiance construit par l’armée américaine. Les incidents entre Navajos et soldats se multiplient, en particulier à propos de l’usage des pâturages et des vols de chevaux. En 1859, des soldats, en représailles des raids indiens, détruisent tous les biens des Navajos du clan de Manuelito. L’année suivante, Manuelito et le chef Barboncito lancent une attaque contre Fort Defiance et il s’en faut de peu qu’ils ne s’en emparent. En janvier 1861, Manuelito et Herrero Grande, le chef de toutes les tribus navajos, rencontrent le colonel Edward R.S. Canby à Fort Defiance, qui s’appelle désormais Fort Wingate, pour des pourparlers de paix. En septembre une course de chevaux est organisée au fort entre les soldats et les guerriers navajos. Les soldats trompent honteusement les Indiens. Comme ceux-ci protestent, les soldats tirent sur eux, faisant de nombreux morts et blessés.

     

    bosque redondo

    En juillet 1863, le général James H. Carleton ordonne aux Navajos d’aller rejoindre à Bosque Redondo les Mescaleros qui y sont déjà prisonniers. C’est autour de Manuelito que s’organise la résistance. Tandis que le célèbre Kit Carson, sous les ordres de Carleton, fait incendier les hogans navajos du canyon de Chelly, abattre les troupeaux, détruire les récoltes, couper les arbres, les Navajos résistent dans les montagnes, cachés dans des canyons inaccessibles. A l’automne 1866, Manuelito, avec quelques centaines de femmes et d’enfants et vingt trois guerriers sans armes et à demi morts de faim, fait sa reddition à Fort Wingate. Il rejoint les autres Navajos à Bosque Redondo, un endroit totalement désertique où les Indiens meurent par centaines de faim, de maladies et de désespoir.

    le retour des navajos

    Au début de l’année 1868, Manuelito est autorisé à se rendre à Washington pour plaider la cause de son peuple. Une enquête est ouverte qui confirme ses dires. Le général William T. Sherman prend la décision de ramener les Navajos chez eux. En juin, un accord signé avec le gouvernement américain assure aux Navajos une réserve sur leur territoire traditionnel des Chuska Mountains. A partir de 1870, Manuelito est reconnu comme chef principal de la Nation Navajo. Il se rend à Washington et rencontre le président Ulysses S. Grant. Il quitte le pouvoir en 1885, mais demeure jusqu’à sa mort en 1894 un conseiller écouté de son peuple.
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  • Gall (1840-1894) Chef des Sioux-Hunkpapa

    Guerrier exceptionnel et fidèle lieutenant de Sitting Bull durant toutes les "guerres indiennes", Gall finira par se soumettre et préconisera l’assimilation à la culture blanche.

      Gall appartient à la nation des Hunkpapas. Son nom lakota est "Pizi". Gall est encore un jeune guerrier quand Sitting Bull l’adopte comme son frère.

    Un guerrier exceptionnel

    En décembre 1865, au cours de l’attaque d’un camp hunkpapa par l’armée, près de Fort Berthold, dans le nord du Territoire du Dakota, le scout arikara Bloody Knife lui enfonce à trois reprises une baïonnette dans la poitrine, le laissant pour mort. Gall réussit cependant à ramper jusqu’à un camp ami où il est soigné. Il guérira de ses terribles blessures.

    Avec le Hunkpapa Rain-in-the-Face, il mène une guerre d’embuscades souvent victorieuses durant la guerre que mène Red Cloud entre 1866 et 1868 dans la vallée de la Powder River. Gall est envoyé par Sitting Bull à Fort Rice pour signer le traité de Fort Laramie de 1868. Comme Sitting Bull dont il devient le lieutenant, il refuse de s’installer sur une réserve et poursuit la résistance sur les territoires de chasse reconnus aux Lakotas par le traité de 1868.

    Gall est un brillant stratège, un meneur d’hommes, un guerrier d’un courage exceptionnel. Entre 1872 et 1874, il participe, toujours aux côtés de Sitting Bull, aux combats contre les constructeurs de la Northern Pacific Railway dans la vallée de la Yellowstone River.

    Gall
    GallGall (Pizi), le plus fidèle lieutenant de Sitting Bull © inconnu inconnu

     

    Little Bighorn (25 juin 1876)

    Gall joue un rôle essentiel dans la victoire indienne sur la Little Bighorn River le 25 juin 1876. Dès le début de la bataille, avant que la contre-attaque indienne ne s’organise, plusieurs de ses femmes et de ses enfants sont tués par les hommes du 7ème régiment de cavalerie. C’est Gall qui mène l’attaque contre le détachement du major Marcus A. Reno réfugié dans un petit bois au sud de village. Au printemps 1877, il accompagne Sitting Bull dans sa fuite au Canada. Il fait sa reddition à Poplar River, dans le Territoire du Montana, en janvier 1881. Les soldats tirent sur les Indiens qui se rendent, faisant plusieurs blessés. Gall est mis aux fers. Son attitude fière est qualifiée de "romaine"  par des officiers qui le conduisent au fort.

    Standing Rock

    Gall s’installe sur la réserve de Standing Rock. Au bout de quelques années, gagné par le découragement et sous l’influence de l’agent James Mc Laughlin, il commence à s’assimiler à la culture blanche, préconisant l’agriculture et l’éducation des jeunes Indiens dans les écoles blanches. Contrairement à Sitting Bull, il refuse de participer au "Wild West Show" de Buffalo Bill. Quand l’administration américaine veut réduire la Grande Réserve Sioux, il s’insurge d’abord, puis finit par accepter de signer l’accord. Il a perdu sa fierté, il s’est mis à boire, il a grossi, il porte des vêtements de Blanc. Au moment où la Danse des Esprits s’étend sur les réserves lakotas, il demeure neutre, comme Sitting Bull lui-même.

    Il meurt en 1894, probablement d’un excès d’alcool.

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  • Dull Knife (vers 1810-1883) un gand chef.

    Chef des Cheyennes du Nord

     

     

     

    Son nom cheyenne est "Tahmelapashme" qui signifie "Etoile du Matin", mais ses amis Lakotas l’ont appelé "Dull Knife" et il est connu sous ce nom.

    Dull Knife
    Dull KnifeDull Knife © inconnu smithsonian insititution

     

    Encore adolescent, Dull Knife montre pour son peuple un dévouement hors du commun, révélant ses qualités de futur chef. A partir de 1850, il est l’un des principaux chefs de guerre des Cheyennes du Nord. Il est de tous les combats que mène son peuple pour sa liberté. En 1865, il est avec les Dog Soldiers des Cheyennes du Sud qui combattent dans les territoires du Colorado et au Kansas. Puis il revient vers le nord pour continuer la lutte aux côtés des Lakotas de Red Cloud. Il est à Fort Phil Kearny où, le 21 décembre 1866, le capitaine William J. Fetterman trouve la mort. En mai 1868, il signe le traité de Fort Laramie au nom des Cheyennes du Nord. Dull Knife est à ce moment moins un chef de guerre qu’un conducteur de son peuple, désireux de la paix.

     

    La campagne contre les sioux (1876-1877)

     

    Dès le printemps 1876, l’armée du général George Crook traque les Indiens qui vivent encore libres sur les territoires de chasse reconnus par le traité de 1868. Le 17 juin, Dull Knife et ses guerriers combattent sur la Rosebud River où, avec ceux de Crazy Horse, ils repoussent les soldats de Crook qui menacent un village oglala, mais Dull Knife ne participe pas personnellement à la victoire indienne sur la Little Bighorn River, le 25 juin 1876, car il campait  plus loin sur la rivière. Dull Knife est considéré par le général Philip H. Sheridan comme l’un des principaux chefs hostiles. Lui et les siens sont activement poursuivis par l’armée. Le 25 novembre 1876, le 4ème de cavalerie, conduit par les éclaireurs shoshones du chef Washakie et commandé par le colonel Ranald S. Mackenzie, attaque le village d’hiver de Dull Knife sur Crazy Woman Creek. Les Cheyennes ont une trentaine de morts. Après une terrible marche dans le froid glacial, les survivants atteignent le camp de Crazy Horse.

    exilés en territoire indien

     

    Le 27 avril 1877, après un hiver de souffrance et de mort, Dull Knife et Little Wolf à la tête de cinq cents cinquante quatre Cheyennes, font leur reddition au général Crook à Fort Robinson. Alors qu’ils espéraient rester avec leurs amis Lakotas, ils sont envoyés en Territoire Indien, sur la réserve des Cheyennes du Sud. La vie y est bientôt intenable pour les Cheyennes du Nord. Ils décident, au début septembre 1878, de retourner au Montana.

    La longue marche des cheyennes (1878-1879)

     

    Poursuivis par des milliers de soldats, Dull Knife et Little Wolf conduisent vers le nord trois cent cinquante Cheyennes épris de liberté. Fin octobre, ils décident de se séparer. Tandis que Little Wolf continue sa route vers le Montana, Dull Knife, avec les plus faibles, se dirige vers Fort Robinson où il croit qu’est toujours installée l’agence de Red Cloud, comptant sur l’aide des Lakotas. Appréhendée par l’armée, la troupe de Dull Knife est conduite au fort. L’agence de Red Cloud a été transférée à Pine Ridge. Le 9 janvier 1879, les Cheyennes tentent de s’enfuir du baraquement où ils sont enfermés sans eau et sans nourriture depuis six jours. La plupart sont abattus par les sentinelles. L’une des filles de Dull Knife est tuée. Dull Knife, accompagné de quelques femmes et enfants, dont sa belle-fille et son petit-fils, réussit à échapper aux soldats. Blessés, au dernier degré de l’épuisement, les fugitifs parviennent à Pine Ridge où les Lakotas les accueillent et les cachent. A l’automne, Dull Knife est autorisé à rejoindre Little Wolf sur la rivière Tongue au Montana  où les Cheyennes ont été autorisés à résider. Il y demeurera jusqu’à sa mort, en mars 1883.

    George Dull Knife

     

    Son plus jeune fils, né en 1875, était resté en Territoire Indien, jugé trop jeune pour affronter le voyage vers le nord. L’enfant qui prendra le prénom de George fera partie d’un groupe de Cheyennes ramené en 1883 du Territoire Indien vers Pine Ridge sous escorte militaire. George Dull Knife demeurera sur la réserve de Pine Ridge où il fondera une famille.

    Les Cheyennes du Nord ont fait du 9 janvier une journée du souvenir durant laquelle ils célèbrent la lutte de leurs ancêtres pour leurs terres et pour leur liberté. A Lame Deer, la capitale de leur réserve, ils ont fondé le "Dull Knife Memorial College".

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