• Horace Smith & Daniel B. Wesson.

    Horace Smith & Daniel B. Wesson.

    La toute première cartouche métallique à allumage intégré qui apparaisse aux Etats-Unis est la .22 à percussion annulaire, presque identique à nos 22LR actuelles, mais chargée à poudre noire. Elle est inventée et brevetée par Horace Smith & Daniel Wesson en 1854. Ceux-ci ont parfaitement compris tout l’intérêt de ce genre de cartouche « autonome » pour les revolvers du futur. Malheureusement pour eux, le principe des revolvers à barillet tournant a été breveté en 1836 par le concurrent Colt. Le brevet Colt expire seulement en 1857. S&W ont donc trois ans à patienter.
    Pendant cette période d’attente, Smith & Wesson acquièrent les droits du brevet Rollin White, qui protège l’invention d’un revolver qui se chargerait par l’arrière du barillet. Ce brevet Rollin White court jusqu’en 1869. En 1857, S&W détiennent donc deux brevets clés : celui de la cartouche métallique à allumage intégré et celui du barillet à chargement arrière. Colt est donc bloqué et à l’expiration de son brevet du barillet tournant, il ne peut fabriquer un revolver moderne à cartouche métallique.
    De nombreux armuriers violeront allégrement les droits de ces brevets et construiront de façon artisanale dans les années 60 des revolvers à cartouches métalliques par conversion de revolvers « classiques » (à percussion sur capsule), mais ces violations sont le fait de petits artisans américains ou européens. Les firmes Colt ou Remington qui produisent à grande échelle pour l’Armée US sont bloquées. L’armée reste équipée de Colts 1851 et 1860, de Remington 1858, de Star, et de Spiller & Burr.
    En 1857, S&W sortent donc le model 1, un revolver conçu pour la cartouche métallique .22 à percussion annulaire. Cette arme de petite taille et petit calibre a beaucoup de succès sur le marché civil.
    En 1861 (pendant la Guerre Civile américaine donc), S&W sortent le model 2 qui reprend la même conception que le model 1, mais en calibre .32, toujours à percussion annulaire (balle de calibre .36, 80 grains, poussée par 9 grains de PN). Ce modèle 2 sera fabriqué à 77000 exemplaires.
    Ce model 2 est certes efficace : il peut être rechargé beaucoup plus rapidement que les « vieux » revolvers classiques genre Remington 1858, mais comparé à un bon vieux .44, sa puissance d’arrêt est faible. Dans le tonnerre des batailles de la Guerre Civile, les officiers veulent un revolver puissant, aussi puissant que le vieux Remington 58.
    C’est pour répondre à cette demande que le Model 3 est conçu en 1869. C’est un revolver à brisure, et sa carcasse est enfin conçue pour résister à une munition de bonne puissance. Il est proposé à l’Ordnance Board (la commission militaire qui évalue les armes et choisit les modèles réglementaires) en calibre 44 S&W American : calibre .442, balle plomb de 225 grn. Poussée par 25 grains de poudre noire. Pour encourager la firme et pour évaluer l’arme sur le terrain, l’Armée en commande 1000 en 1870. Au total, 28.000 Smith & Wesson Model 3 American seront produits entre 1870 et 1874.
    En 1871, l’attaché militaire russe à Washington, le Général Alexandre Gorloff prend contact avec la firme Smith & Wesson pour discuter une grosse commande de 131.000 Model 3 pour équiper les officiers de l’armée russe. Gorloff demande plusieurs modifications au model « American » : profil de crosse un peu différent, et surtout un calibre « propriétaire », le .44 Russian, très proche du .44 American, mais suffisamment différent pour que la Russie puisse en fabriquer à volonté sans payer de droits aux encartoucheurs américains : calibre .429, balle de 246 grains poussée par 24 grains de PN.
    Quelques mois plus tard Grand Duc Alexis de Russie visite l’Amérique pour surveiller l’exécution de sa commande. Parmi les réjouissances offertes, il assiste à une démonstration de tir par Buffalo Bill Coddy, et à cette occasion Horace Smith qui a le sens du commerce, lui offre un exemplaire de Model 3 joliment décoré et gravé à son nom. Le Grand Duc est très impressionné, et confirme la deuxième tranche de la commande.
    Un officier de cavalerie américain, le Major George Schofield était particulièrement satisfait de son revolver « American ».Il pensait toutefois que de petites améliorations pouvait faciliter son emploi par la cavalerie : notamment un verrou de brisure plus pratique permettant d’ouvrir l'arme et de recharger avec une seule main, et un éjecteur pour extraire automatiquement les six étuis à l'ouverture de l'arme.
    Le major Schofield prend contact avec la firme S&W, et défend ses idées auprès de l’Ordnance Board. Cette Commission trouvent que les suggestions de Schofield sont intéressantes, mais demande en outre à S&W de vérifier si pour les futures commandes il serait possible de chambrer une munition encore plus puissante que le 44 S&W American. S&W reviennent vers le Board en 1873 avec une nouvelle variante, le Model 3 Schofield, équipé de la munition 45-S&W : calibre .45, balle de 230 grains poussée par 29 grains de poudre noire (28 au début, puis 29).
    Le Board évalue l’arme, en concurrence avec le Colt 1873 qui vient d’être produit, et décide de commander les deux armes. Quelque temps plus tard, l’armée constate que les cartouches 45-S&W peuvent être tirées avec un Colt, mais que les cartouches 45 Colt, un peu plus longues, ne peuvent pas être tirées avec un modèle 3 Schofield. Souhaitant privilégier l’arme la plus versatile pour simplifier ses approvisionnements, l’armée commande massivement des Colt et abandonnera le S&W à partir de 1887 en dépit du fait que l’arme est la préférée des officiers.
    Du fait de cet abandon progressif du modèle 3 comme arme réglementaire, S&W se trouve avec de gros stocks d’armes invendues. Ils ont alors une politique commerciale agressive sur le marché civil aux USA et sur les marchés militaires à l’étranger. La firme conclura ainsi de beau contrats de fourniture avec le Japon, la Turquie, la société Wells-Fargo, etc.
    En 1878, S&W arrête la fabrication des variantes American, Russian et Schofield et annonce une nouvelle version, le Nouveau Modèle Trois (New Model Three). Il est proposé en standard en calibre .44 Russian, mais en option il est possible de le commander en 44-40, en 32-44, en 38-44, et même en 38 Winchester.
    Ce nouveau modèle va être fabriqué sans interruption jusqu’en 1917 aux USA et sous licence dans divers pays (arsenal de Tula en Russie, société Ludwig & Loewe en Allemagne, etc. Le modèle sera aussi copié sans l’accord de S&W par des armuriers européens, belges et espagnols notamment.
    Smith et Wesson produira 250.800 exemplaires du modèle trois, toutes variantes confondues. On estime à plus de 500.000 le nombre d’exemplaires fabriqués hors des USA, sous licence ou sans accord de licence. Ces revolvers furent produits sous prés de 15 calibres différents, les plus notables étantle .44 Henry, le .44 American, le .44 Russian, le .45 S&W, le 44 WCF (44-40), le.32-44 et le .38-44.
    L’arme sera réglementaire en plus ou moins grand nombre en Russie, au Japon, en Turquie, en Argentine, à Cuba, et en Australie (à l’époque coloniale pour ces deux derniers).

      

    sources : http://perso.numericable.com/georgesmcrei/Homme%20Histoire%20Armes.htm

     

    « Oliver Fischer Winchester (1810-1880).Eliphalet Remington (1793-1861). »

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