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    IROQUOIS

    IROQUOIS

     

    Leur véritable nom est Hodinonhsioni (peuple de la grande maison). Leur ennemi les surnommait irinakhoiw» qui signifie «langues de serpent».

     

     

     

    Les iroquois étaient réunis en une confédération de cinq nations appelées Kayanerenh-kowa (la grande paix) ou également appelés Kanonsionni (les gens de la longue maison).

     

     

     

    Les cinq nations étaient les Mohawks (mangeurs d’hommes), les Onneidas (hommes de la pierre debout), les Onondagas (sur le sommet de la colline), les cayuga (l’homme au bord de l’eau), les senecas (l’homme de la montagne).

     

     

     

    Vers 1722 la nation Tuscaraoras (Ceux qui récoltent le chanvre) intégras la confédérations qui passa a six.  

     

     

     

    Celle ci est présidée par 50 chefs qui représentaient toutes les tribus.

     

     

     

    Chacune des nations iroquoises était divisée en plusieurs clans.

     

     

     

    L'’appartenance à un clan était fixée lors de la naissance.

     

    Chaque nouveau-né devenait membres du clan de sa mère.

     

     

     

    Le nom de l’'enfant est choisi parmi une liste de noms qui appartenaient au clan. Apres avoir choisi le nom de l’'enfant il était publiquement annoncé.

     

     

     

    Puis arrivé à l’age adulte il recevait un nouveau nom, également  choisi  d’'une liste du clan.

     

     

     

    Après la mort le nom serait de nouveau donné à un autre membre du clan appartenant à une nouvelle génération.

     

     

     

    Il était interdit de se marier à l'’intérieur du clan, ce qui signifiait que le père n'’était pas membre de son clan.

     

     

     

    L'’appartenance à un clan était très importante, le lien d'’un individu avec ses frères et soeœurs et la famille de sa mère étaient beaucoup plus importants que celui qui le rattachait à son père.

     

     

     

    Le frère de la mère c'est-à-dire l’'aîné des hommes de son propre clan ; était une personne très importante. Il exerçait une grande influence sur les enfants de sa soeœur tout au long de leur vie.

     

     

     

    Les clans étaient divisés en plusieurs petits groupes appelés lignages. Le lignage était le groupe des descendants, par les femmes.

     

     

     

    Après dix où quinze ans restés dans les mêmes lieux ils quittaient l'’endroit, la terre devenait de moins en moins fertile. A l’'époque on ne connaissait pas l'’engrais.

     

     

     

    L'’ennemi héréditaire des Iroquois étaient les Hurons.

     

    Ils ont réussi à repousser les hurons loin de leur territoire. Pratiquement apèrs les batailles, toutes les victoires  étaient remportées par les amerindiens Iroquois.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    HABITATION

     

     

     

    Leurs habitations étaient très longues appelées longhouse en anglais et en iroquois on disait gononh'sees. Elles étaient faites de bois et les toits recouvert d'’écorce. L'’intérieur de la maison était divisé en deux parties.

     

     

     

    Chaque famille avait un lit qui était positionné au fond de la longhouse. Au-dessus de chaque lit on entrepose les récoltes d'’automne et les vêtements.

     

     

     

    Ils étaient de 8 à 10 familles dans la maison. L'allée centrale permettait de circuler mais aussi de faire un feu pour cuisiner ou se réchauffer.

     

     

     

    À l’'extérieur, aux extrémités de chacune des maisons, on y trouvait très souvent des signes d’'identification peints ou sculptés sur du bois.

     

     

     

    Ces maisons étaient sombres et facilement enfumées. Les gens s’y tenaient généralement assis sur des sols plus ou moins encombrés.
     

     

     

     

     

     

    NOURRITURE

     

     

     

    Le territoire où se situait les nations était une région très chaude et l’'été était  long, ce qui rendait les terres très fertiles et permettait la culture du maïs, de la courge et des haricots. Mais ils se nourrissaient aussi de la chasse (ours, oiseau sauvage, cerf) et de la pêche.

     

     

     

    Toute leur nourriture était cuite dans des vases fabriqués en terre cuite. Ils ne manqueraient de nourriture que très rarement car ils faisaient des réserves assez importantes de maïs et de farine de maïs.

     

     

     

    Les plats qu'’ils mangeaient :

     

    La sagamité qui se composait de farine de maïs bouillie avec des morceaux de viande, de poissons ou des ’haricots.

     

     

     

    Le mingan qui consistait à faire bouillir le mais et le poisson.

     

     

     

     

     

    VETEMENT

     

     

     

    Ils étaient confectionnes dans des peaux de différentes bêtes. Quelque fois ils se faisaient de souliers faits à base de feuilles de maïs Ils se fabriquaient aussi des colliers qu’'ils cousaient avec des aiguilles de porc-épic, des coquillages et même avec des dents d’'animaux.

     

     

     

     

     

     

     

    VIE QUOTIDIENNE

     

     

     

     

     

    La nation iroquoise était soumise à une hiérarchie matriarcale c'est-à-dire que se sont les femmes qui étaient les propriétaires des terres et qui déterminaient le lien de parenté. Apres le mariage l'’homme allait vivre chez sa femme et il devenait membre du clan de celle-ci.

     

     

     

    Les femmes possédaient et exploitaient les champs de culture sous la direction de la mère du clan.

     

     

     

    Elles semaient le maïs sur des buttes qu’elles avaient fabriqué elle-même. Ensuite elles mettaient les graines toutes les sept buttes.

     

     

     

    Les haricots quant à eux étaient semés de manière à ce que les tiges s'enroulent  autour du maïs et les courges étaient plantées sur les buttes où le maïs n'’avait pas été semé.

     

     

     

    Le défrichage et la transformation de là forêt en champs de culture étaient effectués par les hommes. Ils participaient également à la récolte.

     

     

     

    En automne ils partaient pour la grande chasse annuelle et revenaient au milieu de l’'hiver et au printemps ils allaient à la pêche.

     

     

     

     

     

    COUTUMES

     

     

     

    Le scalp était très pratiqué par les iroquois. Il consistait à arracher le cuir chevelu d'’un ennemi pour ensuite la porter à la ceinture en signe de puissant et de trophée.

     

     

     

    La fête des morts était très importante. Elle permettait d'’aider leur proche décédé à rejoindre l’autre monde.

     

     

     

    La tradition la plus sacrée pour les iroquois est les rituels impliquant les visages ou masques faux de médecine. Chaque masque a sa signification et aucun des masques ne sont identiques, mais tous possèdent un nez tordu. Les hommes qui portent ces masques doivent avoir une grande puissance afin d’'écarter la maladie et les mauvais esprits qui on infecté l"’être ou le clan.

     

     

     

     

     

    LANGUE

     

     

     

    Les nations iroquoises parlaient un langue distincte, mais toutes les diversités étaient étroitement apparentées et lorsque l’'on connaissait une langue on pouvaient avec un peu d'’effort comprendre les paroles des autres nations surtout ceux de leur proches voisins.

     

     

     

     

     

    RELIGION

     

     

     

    C'’est l’une des tribus qui avait le plus de dieux. Pour eux il y avait des dieux pour chaque chose : la rivière, la lune, les animaux, le soleil, les arbres, le ciel, les lacs, la terre, la lune etc. Mais comme toutes les tribus indiennes, la vie spirituelle étaient guidée  par le grand esprit.

     

     

     

     

     

    Légende de la confederation  

     

      

     

    Longtemps, il y a bien longtemps, dans le grand passé, il n'y avait personne sur la terre.

     

     

     

    Tout autour de lui a été couvert par l'eau profonde. Les oiseaux, vol, ont rempli air, et beaucoup de monstres énormes ont possédé les eaux.

     

     

     

    Pendant un jour les oiseaux ont vu que une belle femme tombant du ciel immédiatement les canards énormes ont tenu un conseil.

     

     

     

    Comment pouvons-nous l'empêcher de tomber dans l'eau ? Ils ont demandé.  

     

     

     

    Après une certaine discussion, ils ont décidé d'étendre leurs ailes et de casser ainsi la force de sa chute.

     

     

     

    Chaque canard a étendu ses ailes jusqu'à ce qu'il ait touché les ailes d'autres canards. Ainsi la belle femme les a atteints sans risque.

     

     

     

    Puis les monstres du profondément jugé un conseil, pour décider comment ils pourraient protéger le bel être contre la terreur des eaux.

     

     

     

    L'un après l'autre, les monstres ont décidé qu'ils ne pouvaient pas la protéger,  seulement une tortue géante était assez grande pour soutenir son poids.

     

     

     

    Il a offert, et elle a été doucement placée sur le sien en arrière. La tortue géante a comme par magie augmenté dans la taille et est bientôt devenue une grande île.

     

     

     

    Après un moment, la femme céleste a donné naissance aux garçons jumeaux. Un d'eux était l'esprit du bon.

     

     

     

    Il a fait toutes les bonnes choses sur la terre et a fait développer le maïs, les fruits, et le tabac.

     

     

     

    Les autres jumelles étaient l'esprit du mal. Il a créé les mauvaises herbes et également les vers et les bogues et toutes autres créatures qui font le mal aux bons animaux et oiseaux.

     

     

     

    Toute l'heure, la tortue géante a continué à s'étirer. Et ainsi le monde est devenu plus grand et plus grand. La tortue parfois géante s'est déplacé de façon à faire la terre trembler.

     

     

     

    Après beaucoup, beaucoup d'années , le Ciel Support, que les Indiens ont appelé Ta-rhu-hia-wah-ku-rhu-hia-wah-ku, a décidé pour créer certains.

     

     

     

    Il a voulu qu'elles surpassassent tous les autres dans la beauté, la force, et le courage.

     

     

     

    Ainsi de la poitrine de l'île où ils avaient vécu sur des taupes, le Ciel Support a apporté six paires de personnes.

     

     

     

    La première paire a été laissée près d'un grand fleuve, maintenant appelé le Mohawk. Ainsi ils s'appellent les Indiens de Mohawk.

     

     

     

    On a dit la deuxième paire pour déplacer leur maison près d'une grande pierre. Leurs descendants se sont appelé l'Oneidas.

     

     

     

    Bon nombre d'entre eux ont vécu du côté du sud du lac et de d'autres Oneida dans les vallées de la crique d'Oneida.

     

     

     

    Une troisième paire a été laissée sur une haute colline et s'’est toujours appelé l'Onondagas.

     

     

     

    La quatrième paire est devenue les parents du Cayugas, et la cinquième paire les parents du Senecas.

     

     

     

    Tous les deux ont été placés dans une certaine partie de ce qui est maintenant connu comme état de New York.

     

     

     

    Mais le Tuscaroras a pris le fleuve de Roanoke dans ce qui est maintenant connu en tant que Caroline du Nord.

     

     

     

    Là le Ciel Support a fait sa maison tandis qu'il enseignait ces personnes et leurs descendants beaucoup d'arts et métiers utiles.

     

     

     

    La réclamation de Tuscaroras que sa présence avec eux les a rendus supérieurs aux autres nations d'Iroquois.

     

     

     

    Mais chacun des autres cinq vous indiquera que, les nôtres était la tribu favorisée avec qui le Ciel Support et a fait sa maison tandis qu'il était sur la terre.

     

     

     

    La parole d'Onondagas, nous avons le feu de conseil. Cela signifie que nous sommes les personnes choisies.

     

     

     

    Après de nombreuses années, les  familles d'Iroquois sont devenues dispersées au-dessus de l'état, et également dans ce qui sont maintenant la Pennsylvanie, l'Ouest moyen et le Canada du sud-est.

     

     

     

    Certains ont vécu dans les secteurs où l'ours était leur jeu principal.

     

     

     

    Ainsi ces personnes se sont appelées l'ours Clan. D'autres ont vécu où les castors étaient abondants.

     

     

     

    Ainsi ils se sont appelé le castor Clan.

      

    Pour les raisons semblables, les cerfs communs, loup, snipe et les clans de tortue ont reçu leurs noms. 

     

     

     

     

     

     

     

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    • Huron

      Nom francophone : Hurons Nom autochtone : Wendat

      Nom francophone : Hurons Nom autochtone : Wendat Nation : Territoire : -- Nord-Est -- Famille Linguistique : Iroquoïen
      Eux-mêmes s'appelaient Wendat, "peuple de la péninsule". Formes voisines : Guyandot ou Wyandot. Les compagnons de Champlain les baptisèrent Hurons à cause de leur coiffure en forme de hure.
      Cultivateurs (blé, fèves, tournesol), pêcheurs et chasseurs.
      Villages installés à proximité d'un lac ou d'une rivière. Longues maisons en écorce d'orme.
      Divisés en 4 clans (Rock, Cord, Bear et Deer), ils étaient organisés en confédération. Pour partie convertis au christianisme par des missionnaires, les Hurons s'allièrent aux Français. Leurs ennemis Iroquois en tirèrent prétexte pour les anéantir en 1648.
      Des descendants vivent aujourd'hui dans la réserve Wyandot (Oklahoma). Une autre communauté existe à Lorette (Québec).
      (Nom dérivé du mot français hure, « tête hérissée »)
      Les Hurons étaient divisés en quatre tribus : Attignaouantan (la nation de l'Ours), Attingueenougnahac (la nation de la Corde), Ahrendarrhonon (la nation de la Pierre), Tahontaenrat (la nation du Cerf). Quand les attaques des Iroquois amenèrent la dislocation de la fédération huronne au début de l'année 1649, beaucoup de Hurons trouvèrent refuge dans la tribu des Tionnontatés (Pétuns) auxquels ils étaient apparentés par la langue et la culture. La plupart de ces réfugiés appartenaient à la tribu attignaouantan et venaient du village d'Ossossane où une forte proportion des habitants s'étaient convertie au christianisme.

      Afficher l'image d'origine

      Toutefois, en décembre de la même année, les Iroquois chassèrent les Tionnontatés, et les Hurons à qui ils donnaient asile, du sud de l'Ontario car ils ne voulaient pas que le commerce huron passât aux mains d'une autre tribu.

      Environ 800 Tionnontatés et Hurons se retirèrent en bon ordre vers le lac Michigan en remontant en direction du nord.

       

      Quoique le groupe fût composé surtout des Tionnontatés, on finit par appeler ces Indiens les Wyandots, mot qui tire son origine de « Wendat », nom que donnaient les Hurons à leur confédération. De 1653 à 1670, les Wyandots errèrent dans la région des Grands Lacs supérieurs.

       

      Ils vivaient chez les Outaouais et les Potéouatamis, qui exerçaient sur eux une grande influence, et se livraient à la traite des fourrures. En 1670, ils fondèrent un village à Mackinac.

       

       

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      Puis en 1701, le chef huron KONDIARONK participa à une conférence de paix convoquée par CALLIÈRE à Montréal et les Hurons se laissèrent convaincre d'aller s'établir dans les alentours du fort Pontchartrain que les Français venaient de construire à Détroit.

       

      Les Wyandots se divisèrent en deux groupes en 1738 : un certain nombre restèrent dans la région de Détroit et leurs descendants habitent maintenant non loin de Sandwich en Ontario ; les autres, sous la conduite du chef guerrier Orontony, ou Nicolas, émigrèrent à Sandusky dans l'Ohio.

       

       

      Après avoir erré pendant un certain temps, ils finirent par aller vivre dans la réserve des Wyandots (Wyandotte Reservation) dans l'Oklahoma.

       

       

      La langue des Wyandots se perdit au cours de la première moitié du XXme siècle.

       

      sources : http://thewolf.centerblog.net/3053576-Huron

       

       

       

       

       

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    Edward S. Curtis 's The North American Indian

      

    Un immense photographe, mais aussi un anthropologue social émérite. Ainsi peut-on définir Edward Sheriff Curtis dont l’oeuvre exceptionnelle constitue l’unique mémoire des peuples indiens d’Amérique du Nord aujourd’hui disparus. Sur lui, un journaliste américain résuma l’homme en quelques lignes :

      

    « Il devint un Indien. Il vécut, il parla indien ; il fut une sorte de Grand Frère Blanc. Il passa les meilleures années de sa vie, comme les renégats d’autrefois, parmi les Indiens. Il découvrit d’anciennes coutumes tribales. Il ressuscita les fantastiques costumes d’antan ».

     


    The Blackfoot Country (1926)

     

      

    vash-gon-jicarilla-edward-s-CURTIS

      

      

      

    " Il a été un  des plus grands anthropologue social des Amérindiens - et de l'Ouest américain - laissant trace d'écrits et de nombreuses photos sur verre.

     

    Ainsi, de manière non exhaustive, il a entrepris l'inventaire photographique d'amérindiens des 80 tribus existantes.    Cette population indienne qui était estimée à plus d'un million d'individus au XVIIIe siécle   avait chuté aux alentours de 40 000 lorsqu'il débuta son projet..."

     

    " Un journaliste écrivit à son sujet : « Il devint un Indien. Il vécut, il parla    indien ; il fut une sorte de Grand Frère Blanc. Il passa les meilleures années de sa vie, comme les renégats d’autrefois, parmi les Indiens. Il découvrit d’anciennes coutumes tribales. Il ressuscita les fantastiques costumes d’antan... »."

    Edward S. Curtis - Chief of the Desert, 1904

    Edward S. Curtis - Chief of the Desert, 1904

    " Curtis avait pris conscience de l'importance de conserver une trace des traditions indiennes, tout comme le    président Roosevelt, mais pour d'autres raisons.( Théodore Roosevelt  pensait que la disparition des Indiens se faisait pour le plus grand bien de la civilisation et que leur seul intérêt    était leur valeur de document historique. ) .

      

    Ceci n'était pas le point de vue de Curtis, même s'il essaya toujours de présenter les Indiens comme un peuple « intouché » par la    civilisation blanche ; il alla pour cela jusqu'à retoucher les photos où apparaissaient des objets non indiens ou des touristes blancs " (...)

     

     

     

     

      

      

    Edward Sheriff Curtis, né le 16 février 1868 près de Whitewater et mort le 19 octobre 1952 à Whittier, est un photographe ethnologue américain.

     

    Il a été un des plus grands anthropologue social des Amérindiens d'Amérique du Nord — et l'Ouest américain — laissant trace d'écrits et de nombreuses photos sur verre.

      

     

     

      

      

    Ainsi, de manière non exhaustive, il a entrepris l'inventaire photographique d'amérindiens des 80 tribus existantes.

      

    Cette population indienne qui était estimée à plus d'un million d'individus au XVIIIe siècle, avait chuté aux alentours de 40 000 lorsqu'il débuta son projet.

     

    Edward S. Curtis est né près de Whitewater dans le Wisconsin le 16 février 1868. Il est le deuxième d'une famille de quatre enfants. Le père d'Edward Curtis, Johnson Asahel Curtis, était un vétéran de la guerre de Sécession[1] et un ancien aumônier de l'armée devenu fermier. Il gardera de la guerre une santé fragile].

    Lorsqu'Edward a cinq ans, sa famille déménage pour s'installer dans le Comté de Le Sueur au Minnesota, puis après sept ans plus tard à Cordova pour que le père ouvre une épicerie. Johnson Curtis travaillait aussi comme prédicateur.

      

    Il emmenait souvent son fils dans de longs voyages à cheval et en canoë lorsqu'il parcourait sa paroisse dispersée.

    Edward Curtis montre rapidement un intérêt pour la photographie, technique alors émergente, en fabriquant son propre appareil photographique.

      

    Hollow Horn Bear

     

      

    En 1885, il fut apprenti chez un photographe de Saint Paul.

    Sa famille déménagera de nouveau à Seattle en 1887 où il exerça à partir de 1891, après la mort de son père, la profession de photographe en studio.

     

     

     

     

     

    Un travail de photojournaliste

     

     

     

    On peut dire de Curtis qu'il est l'un des premiers photojournalistes. Cependant, son travail fut assez peu publié dans la presse –

      

    il écrivit quelques articles qui rencontrèrent un assez mauvais accueil du fait de son manque de compétences académiques :

    Curtis ne possédait pas réellement de diplôme et c'était surtout un homme de terrain.

     

     

      

      

     

    Interior of tepee, man kneeling on ground removing buffalo hide around skull on ground

      

      

      

      

      

    La raison pour laquelle on peut s'intéresser à lui aujourd'hui fut la rigueur et la minutie avec lesquelles il travailla toutes ces années :

      

    il travailla en s'investissant pleinement dans son projet tout en tâchant de nouer des liens avec les Indiens rencontrés.

     

      

    Ceux-ci avaient conscience que le travail de Curtis permettrait de faire connaître au monde leurs traditions quand cette génération aurait disparu : ils comprenaient d'autant mieux l'importance du travail de Curtis que leurs cultures étaient essentiellement orales.

     

     

    Jack Red Cloud

      

    Les tribus qui avaient été étudiées par Curtis informaient d'autres tribus que le photographe pourrait les aider à conserver une trace de leurs fragiles traditions et celles-ci l'accueillaient.

     

      

    Même si Curtis commit quelques impairs, dus à son ignorance de certaines traditions locales, il était en général bien considéré.

     

     

      

      

     

     Navajo Chief, E.S.Curtis

      

    Il fut même le premier blanc à filmer et à participer à la fameuse Danse du Serpent des Indiens Hopi, qui se déroulait tous les deux ans pendant seize jours et qui consistait en une invocation théâtralisée de la pluie. Il était photojournaliste dans le sens où il photographia la vérité pour pouvoir ensuite la transmettre à ses compatriotes.

     

     

     

     

     

      

      

    Un journaliste écrivit : « Il devint un Indien. Il vécut, il parla indien ; il fut une sorte de Grand Frère Blanc. Il passa les meilleures années de sa vie, comme les renégats d’autrefois, parmi les Indiens. Il découvrit d’anciennes coutumes tribales. Il ressuscita les fantastiques costumes d’antan... ».

     

     

    Femme Navajo, E.S. Curtis

     

      

    Curtis avait pris conscience de l'importance de conserver une trace des traditions indiennes, tout comme le président Roosevelt, mais pour d'autres raisons. Theodore Roosevelt pensait que la disparition des Indiens se faisait pour le plus grand bien de la civilisation et que leur seul intérêt était leur valeur de document historique.

     

      

    Sioux Chiefs, E.S. Curtis

      

    Ceci n'était pas le point de vue de Curtis, même s'il essaya toujours de présenter les Indiens comme un peuple « intouché » par la civilisation blanche ; il alla pour cela jusqu'à retoucher les photos où apparaissaient des objets non indiens ou des touristes blancs.

     

    Willow Bird, E.S. Curtis

      

    Ceci devint rapidement extrêmement difficile : les Indiens furent durement frappés par diverses épidémies de varicelle et de tuberculose, par la guerre avec les blancs et la réduction progressive de leur territoire.

      

    Jeune fille Makah, E.S. Curtis

     

    Des agences organisaient des visites touristiques des réserves indiennes, dépossédant ainsi les Indiens de leurs traditions.

      

    Les Hopi décidèrent à partir de 1911 de ne plus danser la Danse du Serpent devant des étrangers.

     

     

    Liitle dog 

     

     

     

     ELEMENTS BIOGRAPHIQUES

    d'après la biographie établie par Hans Christian Adam, photographe et auteur d'un livre sur E.S. Curtis aux éditions Taschen

    Né en 1868 dans un ranch de l'Etat du Wisconsin, Edward Sheriff Curtis est le second des quatre enfants d'un prédicateur. Il acquiert très jeune sa première expérience de photographe puis apprend son métier dans un studio du Minnesota. Avec ses parents, Edward S. Curtis s'installe en 1887 à Sidney, dans l'Etat de Washington. Il devient l'associé d'un studio à Seattle, en 1892. La même année, il se marie. Plusieurs membres de sa famille et celle de sa femme collaborent à l'entreprise photographique d'Edward.

    C'est en 1895-1896 qu'Edward S. Curtis va faire ses premiers portraits d'indiens dans la réserve de Tulahip, dans les environs de Seattle. En 1897, il se met à son compte et devient le premier photographe mondain de Seattle, il se consacre aussi à la photographie de paysages, chaînes de montagnes, cascades. Il se passionne en tant qu'alpiniste pour le Mont Rainier.

    En 1899, Edward S. Curtis a l'occasion de travailler avec de célèbres explorateurs qui l'initieront à l'ethnologie. En 1900, E.S. Curtis photographie la Danse du Soleil des indiens Blood, Blackfeet et Algonquin dans le Montana. C'est alors qu'il conçoit le projet de documenter la vie des Indiens par la photographie, de consigner les traditions orales des tribus, leurs légendes et leurs histoires, de fixer par écrit les biographies des chefs et des guerriers les plus célèbres, d'étudier leurs langues et d'enregistrer leurs chants pour les transcrire plus tard dans des partitions.

    Il est alors âgé d'un peu plus de 30 ans. A partir de 1903, E.S. Curtis cherche à réunir des fonds pour financer son projet : THE NORTH AMERICAN INDIAN. Il rend un très grand nombre de visites aux tribus indiennes . Curtis va continuer jusqu'en 1928, soit pendant presque 30 ans, à travailler à son projet. Il arrêtera ses recherches après un voyage mouvementé dans l'Arctique. Il tournera, en 1914, un film muet, IN THE LAND OF THE HEADHUNTERS (au pays des chasseurs de têtes), sur les Indiens de la côte nord-ouest. THE NORTH AMERICAN INDIANS compte vingt volumes, dont le dernier paraîtra en 1930.

    E.S. Curtis mourra en 1952 à Los Angeles, d'une crise cardiaque.

     

     

    Mother and child, Ogalala

     

    Vous vous rappelez les livres d'Edward Curtis que possédait Grand-Papa ? Nous devions nous laver les mains avant de les regarder.

     

    Ruth, dans Dalva

      

    Tout près de la cuisine, dans un couloir de la maison où sa mère l'appelait souvent, d'habitude pour la punir, il y avait deux photographies d'Edward Curtis qui l'avaient troublée, attirée, séduite : Deux Sifflets, le visage poudré et un corbeau perché sur la tête, et Ventre d'Ours, le médecine man arikara enveloppé dans une peau d'ours. Après qu'on l'eut grondée ou fessée, elle désirait se cacher à l'intérieur de la peau d'ours de Ventre d'Ours, être aspirée par les yeux de l'homme qui avait promis une terre affranchie des mesquineries imbéciles de la punition.

    Extrait de Julip

      

    Jim Harrison a travaillé à un projet de film sur Edward Curtis. Il a été payé pendant six mois par les producteurs d'un grand studio hollywoodien pour sillonner les Etats-Unis, de réserve en réserve, sur les traces de Curtis. Malheureusement, ce film est resté à l'état de scénario. J.H. ne désespère pas de réactiver ce projet et de faire jouer le rôle de Curtis par son vieux complice Jack Nicholson.

    Extrait de Jim Harrison de A à W, par Brice Matthieussent, Editions Christian Bourgois

     

      

    Né le 16 février 1868 à Whitewater dans le Wisconsin, Edward Curtis s'intéresse rapidement à la photographie et prend plusieurs clichés d'autochtones d'Amérique du Nord. En 1906, il entreprend un projet d'envergure, que plusieurs percevront comme étant démesuré: celui de photographier les autochtones de l'Amérique du Nord, afin de documenter leur vie avant que ceux-ci ne disparaissent comme le voulait la croyance de l'époque.

      

    Son oeuvre, The North American Indian, pris fin en 1930.

      

     

      

    Par cette exposition, le Musée McCord offre une sélection de photogravures puisées à même les volumes qu'il détient.

     

     

     

     

      

     

     

     

     

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    OGLALA LAKOTA SIOUX

     

      

      

      

      

    Les Apaches sont un ensemble de tribus indiennes d'Amérique du Nord vivant dans le sud-ouest des États-Unis et partageant la même langue. Les Navajos parlent une langue très proche. Nomades et chasseurs, farouches guerriers attaquant les peuples cultivateurs et s'opposant plus tard aux colons espagnols, puis aux Mexicains et aux Américains, ils furent finalement vaincus et décimés par ces derniers à la fin du XIXe siècle et leurs quelques descendants vivent aujourd'hui dans des réserves. Leurs chefs les plus célèbres étaient Cochise et Geronimo.

    Apaches (Amérique)

    Les Apaches sont un ensemble de tribus indiennes d’Amérique du Nord vivant dans le sud-ouest des États-Unis et partageant la même langue. Les Navajos parlent une langue très proche.

    Nomades et chasseurs, farouches guerriers attaquant les peuples cultivateurs et s’opposant plus tard aux colons espagnols, puis aux Mexicains et aux Américains, ils furent finalement vaincus et décimés par ces derniers à la fin du XIXe siècle et leurs quelques descendants vivent aujourd’hui dans des réserves.

    Lorsqu’ils dansaient, les Apaches revêtaient des costumes symbolisant les Esprits de la montagne. Ils guérissaient les malades en éloignant le mauvais sort. Ils se paraient de peintures corporelles, de jupes, de masques aux couleurs sombres. Les Apaches reconnaissaient de nombreux hôtes surnaturels mais croyaient en une divinité suprême nommée YASUN.

    Leurs chefs les plus célèbres étaient Cochise et Geronimo.

    Les Apaches et les Espagnols

    Dans les mémoires de l’expédition du conquistador Francisco Vásquez de Coronado (XVIe siècle), on trouve une description des Apaches : « Ces Indiens tirent leur subsistance du bison car ils ne cultivent pas le maïs. Avec sa peau, ils font leurs maisons ; avec sa peau, ils s’habillent, se chaussent et tressent des cordes. Ils se servent de sa toison en guise de laine. Avec ses tendons, ils font du fil qui leur sert à coudre leurs vêtements et leurs tentes [...] »

    Durant la première moitié du XVIIIe siècle, les pionniers espagnols essaient d’étendre leur territoire au nord, mais sont empêchés par les tribus Tohono O’odham et apache. Mexico ordonne que l’on extermine ces derniers dès 1784 : il s’agit de massacrer tout Apache de plus de sept ans. Le gouverneur Juan de Bautista œuvre pour rapprocher les Commanches et les Utes, afin de détourner leur force contre les Apaches. Il distribue à chaque guerrier commanche une carte sur laquelle il pourra noter chaque Apache tué.

    La déportation dans les réserves

    En 1872, après avoir résisté à l’envahisseur, un traité de paix est signé entre Tom Jeffords (Broussard remarquable qui devint en 1870, au cours d’une cérémonie sacreé, le Frère de sang du chef Cochise), le chef Cochise et le général Olivier O.Howard.

    Suite au traité de paix, 2 500 Apaches sont déportés dans la réserve Chiricahua (8 000 Km² au cœur du pays apache).

    1 500 Apaches (l’autre millier ayant "disparu") seront à nouveau déportés en 1876 dans la réserve de San Carlos.

    Parmi ces déportés, Tahza, chef héréditaire de clan, fils ainé du chef Cochise et père de Niño Cochise, s’arrange pour que son propre clan de 38 personnes disparaisse en route.

    Parmi ces personnes se trouve Nod-Ah-Sti, sa femme (surnommée affectueusement Niome par Thomas Jefford), Niño Cochise son fils et Dee-O-Deet le chamane. Ils ne figurèrent jamais plus sur les registre d’une réserve. Ils ne furent donc pas non plus tatoués. Ils se surnommèrent les "sans nom".

    Thaza mourut deux mois plus tard d’une pneumonie alors qu’il se rendait à Washington pour un entretien avec le président Grant. Lorsque la nouvelle parvint à la réserve de San Carlos, Naiche, le plus jeune des fils de Cochise s’enfuit pour prendre le sentier de la guerre. Ce fut le début des "guerres de Géronimo" qui ne devait prendre fin qu’en septembre 1886.

    Le reste des "sans noms" dont le chef était désormais Niño Cochise vivèrent cachés mais libres pendant plus de 40 ans dans les montagnes du Sonora dans un lieu qui s’appelait Pa-Gotzin-Kay !!![3]

    Le mythe Apache

    Leur réputation de bravoure et de violence a inspiré de nombreux films, et on a donné leur nom aux jeunes voyous de Paris du début du XXe siècle, à un modèle d’hélicoptère de combat, etc. (voir Apache). Les Apaches sont avant tout des guerriers nomades, placés sous la direction d’un chef ; la plupart vit dans des huttes construites par les femmes à l’aide de perches en saule reliées avec des fibres tirées du yucca. Elles sont recouvertes de buissons ou de chaume en été, de peaux en hiver. Les Apaches portent un vêtement en cuir, des mocassins hauts, des bijoux et parfois des plumes d’aigle.

    sources wikipedia
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  • OGLALA LAKOTA SIOUX

    Sioux

    Sioux

    Population actuelle   150 000+ (2005)

    Localisation États-Unis, Canada

    Langue(s) Anglais, Sioux

    Le mot "sioux" désigne :

       1. un important groupe linguistique du centre et du sud-est de l’Amérique du Nord. Ce groupe est subdivisé en deux sous-groupes, les Catobas aujourd’hui disparus et les Sioux (qui comportent eux-mêmes d’autres subdivisions) ;

       2. un mot d’origine Sauteux qui désigne des tribus Lakota, Nakota et Dakota culturellement très proches. Le mot "sioux" provient de l’expression "nadewisu" qui, dans la langues des Sauteux, signifierait « perfides serpents », mais ce point est incertain et discuté.

    Ce terme a été repris par les Français au XVIIe siècle, et ensuite adopté par les Sioux eux-mêmes, mais aujourd’hui ils préfèrent réutiliser leurs noms d’origine en disant je suis lakota, nakota ou dakota. « Nahdossiou » est donc à l’origine un mot péjoratif que les Sauteux utilisèrent pour désigner les peuplades voisines aux Blancs qui s’enquéraient de savoir comment s’appelait cette tribu ; par simplification linguistique il n’en est resté que le mot sioux qui a perdu ce sens péjoratif.

    Les Sioux s’appelaient entre eux OCETI SAKOWIN OYATE, « Le Peuple des Sept Feux ». Ce peuple se divisait en trois grands groupes :

        * les Tetons ou Lakota (Territoire traditionnel Dakota/Wyoming) qui comprennent :

              o Honkepapa ("Ils campent à l’entrée"). Réserve de Standing Rock (Dakotas du Sud et du Nord)

              o Oglala ("Ils se dispersent") Réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud)          o Brûlés ("Cuisses brûlées"). Réserve de Rosebud et Réserve de Lower Brule (Dakota du Sud)

              o Minneconjou « Mnikwojupi » ("Ils plantent près de l’eau"). Réserve de Cheyenne River (Dakota du Sud)

              o Sans-arc ("Sans arc"). Réserve de Cheyenne River (Dakota du Sud)         

               o Chaudière ("Deux fois bouilli"). Réserve de Cheyenne River (Dakota du Sud)

              o Pied-noir ("Pieds noirs" ou Blackfeet Sioux, à ne pas confondre avec le peuple Blackfoot). Réserve de Cheyenne River (Dakota du Sud).

        * les Santis ou Dakota (territoire traditionnel Minnesota) qui comprennent :

              o Sisseton. Réserve Sisseton-Wahpeton (Dakota du Sud)

              o Wahpeton ("Ils habitent sous les feuilles"). Réserve Sisseton-Wahpeton (Dakota du Sud)

              o Wahpekute ("Ils chassent sous les feuilles"). Petites réserves du Minnesota

              o Mdewakanton ("Ils habitent le lac sacré"). Réserves de Devil’s Lake (Dakota du Nord et de Prior Lake (Minnesota).

        * les Yankton ou Nakota (territoire national Dakota) qui comprennent :

              o Ankton « Iyanktonwan » ("Ils habitent au bout"). Réserve Yankton (akota du Sud)

              o Assiniboine (apparentés aux Yanktons). Réserve de Fort Peck, Réserve de Fort Belknap (Montana) et Réserves en Alberta (Canada)

              o Stoney (apparentés aux Yankton). Réserves en Alberta

              o Yanktonnais « Iyanktonwanna » ("Les petits Yankton"). Réserve de Fort Peck (Montana).

     

    Contacts avec les Européens

    .

    Les Français furent les premiers Européens à rencontrer les Sioux, sur la façade occidentale du lac Supérieur, dans les États actuels du Minnesota et du Wisconsin.

    Les Sauteux, leurs ennemis, les surnommaient Nadowessioux, « les petites vipères », dénomination désobligeante que les Français, alliés des Objiwas, reprirent en l’abrégeant. En fait, les Sioux se nommaient dans leur langue Oceti Sakowin, « le Conseil des Sept feux », en référence à leurs sept divisions politiques. À l’époque des premiers contacts avec les Français, dans les années 1670-1680, les Sioux étaient sédentarisés en gros villages ; ils alternaient la culture du maïs, la cueillette du riz sauvage et la chasse aux bisons, présents alors dans les clairières du Haut-Mississippi.

     Au cours du XVIIIe siècle, les bandes sioux, probablement chassées par les conflits alors endémiques autour des Grands Lacs et le développement des épidémies qui décimaient les tribus voisines, commencèrent leur migration vers l’Ouest.

     Ce mouvement au-delà du Mississippi était également motivé par l’abondance du bison et par l’apparition du cheval, venu des plaines du Sud, où les Indiens l’avaient adopté lorsqu’il était apparu avec l’arrivée des Espagnols, au XVIe siècle.

    Au cours du XVIIIe siècle, les tribus sioux se constituèrent un véritable « empire » dans l’Ouest en repoussant les Corbeaux (Crows en français en France) vers les Montagnes Rocheuses, et les Panis sur la rivière Platte. Ils apparaissent dans les récits pour la première fois en 1650 dans la région des lacs Milles et Leech à proximité du Mississippi, dans le Minnesota.

    Les frontières de leur nouveau territoire étant à un jour de marche du lac Supérieur. Sous la pression des tribus Sauxteux (parmi les premiers à obtenir des armes à feu), ils se déplacèrent a nouveau plus à l’ouest, poussant devant eux les Cheyennes, les Omahas, les Corbeaux et d’autres tribus plus petites. Ils envahirent rapidement tout l’ouest et le sud-ouest du pays après l’acquisition de chevaux et de fusils.

    Vers 1750, ils traversèrent le Mississippi et envahirent les Collines noires. L’expédition Lewis et Clark, au début du XIXe siècle, permit aux Américains d’approfondir leurs connaissances sur les Sioux.

      

    À l’arrivée des colons américains dans les Grandes Plaines, dans les années 1830-1840, les Sioux occupaient ainsi un vaste territoire qui s’étendait depuis le Missouri jusqu’aux monts de la Little Bighorn (les actuels États du Dakota du Nord et du Dakota du Sud), ainsi que sur une partie du Wyoming et du Nebraska.

    Dans cette conquête, la Confédération sioux s’est alliée avec les Arapahos et les Cheyennes ; cette union, qui perdura tout au long du XIXe siècle, faisait des Sioux la puissance militaire la plus imposante des Plaines du Nord.

    Noms de lieux dérivés

    Deux États des États-Unis, le Dakota du Nord et le Dakota du Sud portent le nom de la tribu Dakota. Deux autres États ont des noms d’origine sioux : le Minnesota (mni ("eau") et sota ("brumeux/fumeux, pas clair") et le Nebraska dont le nom provient d’un langage proche du Santee, dans lequel mni et blaska ("plat") font référence à la rivière Platte (nom français).

    Les États du Kansas, de l’Iowa et du Missouri portent les noms de tribus cousines des Sioux, respectivement les Kansa, les Iowa et les Missouri, tout comme les villes Omaha dans le Nebraska et Ponca City dans l’Oklahoma. Ces noms démontrent la large dispersion des peuples sioux dans le Midwest

    Plusieurs municipalités du Midwest utilisent le mot sioux dans leur nom : Sioux City et Sioux Center (Iowa) et Sioux Falls (Dakota du Sud) ainsi que les rivières Little Sioux dans l’Iowa et Big Sioux sur la frontière entre l’Iowa et le Dakota du Sud.

    Plusieurs villes de moindre importance ainsi que d’autres entités géographiques des Plaines du Nord portent des noms d’origine sioux ou des traductions de noms sioux comme Wasta, Owanka, Oacoma, Hot Springs (Minnelusa), Minnehaha County, Belle Fourche (Mniwasta, ou "Bonne eau"), Inyan Kara etc.

    Source : Wikipedia
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    OGLALA LAKOTA SIOUX

     

     
     
    Chef Red Cloud - Sioux
     
    Ma ȟ Piya Luta ou Makhpia-sha est né en 1822 dans le Nebraska.Il est devenu le chef Nuage Rouge de l'Oglala Lakota (Sioux).Il fut l'un des plus capables autochtones adversaires américains de la United States Army jamais affronté. 
     
    À un jeune âge, il a combattu contre les voisins de Pawnee et Crow, acquérir de l'expérience de guerre beaucoup.
     
    Red Cloud guerre - de 1866 à 1868
     
    Guerre Red Cloud était le nom de l'armée américaine a donné à une série de conflits se sont battus avec les tribus des Indiens des Plaines dans les territoires du Wyoming et du Montana.Les batailles ont été livrées entre l'armée des États-Unis et plusieurs tribus amérindiennes, dont les Sioux Lacota.
     
    Le Massacre de Fetterman - Décembre 1866
     
    Ce. Au début de la Seconde Guerre Red Cloud (ou la Bataille des Cent assassiné)Ce fut l'événement sur les Plaines à ce point avec les victimes hightest US.
     
    Le capitaine William J. Fetterman a été envoyé à partir de Fort Phil Kearny avec deux civils et 79 cavaliers et fantassins pour chasser une partie petite guerre indienne qui avait attaqué un jour partie du bois avant.Le capitaine Frederick Brown accompagnés Fetterman, les deux étaient confiants dans leurs troupes et soucieux d'aller à la bataille avec les Indiens.Ils désobéi aux ordres de rester derrière le Trail Ridge Lodge et poursuit une bande de petits leurres de guerriers, dirigé par un Indien sur un cheval apparemment blessé.Le leurre était le cheval guerrier éminent Crazy.Fetterman et ses troupes a suivi le leurre dans une embuscade de plus de 2.000 Sioux, Cheyennes, et Arapaho.Combiné forces indiennes n'a subi que 14 victimes, alors qu'ils ont tué tout le détachement de l'homme 81-américain.
     
    Last Stand Custer
     
    En 1874, le général George Armstrong Custer conduit une mission de reconnaissance en territoire sioux qui ont signalé l'or dans les Black Hills, un quartier considéré comme sacré par les Indiens locaux.Auparavant, l'armée a essayé de garder les mineurs, mais n'a pas réussi, la menace de la violence a augmenté.En mai 1875, les délégations dirigées par Sioux Red Cloud, Spotted Tail, et Lone Corne rendu à Washington, DC, dans une dernière tentative pour convaincre le président Grant à l'honneur les traités existants et endiguer le flot de mineurs dans leurs terres.Les Indiens rencontrés à plusieurs reprises avec Grant, secrétaire de la Delano Intérieur, et le commissaire des Affaires indiennes Smith, qui a finalement informés le 27 mai que le Congrès était prêt à régler la question en donnant les tribus 25000 $ pour leurs terres et leur réinstallation dans les indiens Territoire.Les délégués ont refusé de signer un tel traité, avec Spotted Tail répondre à la proposition en disant: «Quand j'ai été ici avant, le président m'a donné mon pays, et je mets mon jeu dans un bon endroit, et là j'ai envie de rester ...Vous parlez d'un autre pays, mais ce n'est pas mon pays, il ne me concerne pas, et je ne veux rien à voir avec cela.Je n'étais pas né là-bas...S'il est un pays tellement bon, vous devriez envoyer les hommes blancs maintenant dans notre pays là-bas et nous laisser tranquilles. "
    Bien que Red Cloud n'a pas réussi à trouver une solution pacifique, il n'a pas pris part à la guerre Lakota (Last Stand Custer) de 1876 à 1877 dirigé par T ȟ ašúŋke Witko (Crazy Horse) et T ȟ au ȟ Anka Íyotake (Sitting Bull). réserve de Pine Ridge, South Dakota En 1878, Red Cloud et ses disciples déplacé vers la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Mort Red Cloud survécu à tous les autres grands chefs sioux des guerres indiennes. Il est décédé le 10 Décembre 1909, à l'âge de 87 ans sur la réserve de Pine Ridge, où il fut enterré. Famille Red Cloud eu qu'une seule femme. Photos Internet
     

     

     

     
                                                                                                                                                 
     
     
    Résumé :
     
    comme un nuage rouge guerrier se tenait au premier rang de son peuple. Comme un général et homme d'État il s'est classé tout aussi élevé, ayant été longtemps prépondérant dans les traités et les conseils, et plusieurs fois délégué à Washington, son attitude ayant toujours été celle d'un patriote du point de vue indien. Family Tree Pour trouver l'arbre généalogique pour Red Cloud Web Roots, cliquez ici .
    Cela vous mènera à sa page d'informations individuelles. Pour voir ses ancêtres, cliquez sur l'onglet Pedigree. Pour voir ses descendants, cliquez sur l'onglet Descendants. LDS Si vous êtes LDS (un membre de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours) et vous avez un compte FamilySearch nouvelles, vous pouvez trouver en chef Red Cloud et ses descendants sur la nouvelle . familysearch.org .
      
    Une fois que vous êtes dans new.familysearch.org, tapez votre nom d'utilisateur et mot de passe. Cliquez sur l'onglet Recherche. Cliquez sur l'onglet Recherche par numéro. Tapez  LHZF-8QX dans la zone Identificateur Personne. Cliquez sur Rechercher chef Red Cloud l 'arbre généalogique avec des enfants va apparaître. A ce point vous serez capable de se déplacer et de voir ses ancêtres et descendants. Si vous avez des difficultés, contactez votre conseiller l'histoire des quartiers de la famille. information Sioux famille Recherche Wiki Accès Généalogie autres chefs sioux Sitting Bull Crazy Horse Red Fox autres chefs autochtones américains Black Hawk - Sak Keokuk - Sak Chef Joseph - Nez Perce Cochise - Apache Geronimo - d'Apache Osceola - Seminole Quanna Parker - Comanche Tecumseh - Shawnee White Cloud - Iowa
      
     

    (Red Cloud, Lakota Oglala)

     

     

     

     

    MAH'PIYA LUTA

     

     

     

    Red Cloud (1822-1909) chef des Lakota Oglala, qui pour un temps, résista avec succès à l'occupation par les Etats-Unis du territoire qui fait maintenant partie du Wyoming, Montana et Dakota du Sud. Pendant l'année 1860, Red Cloud combattit pour empêcher l'armée américaine d'ouvrir la piste Bozeman, qui conduisait aux mines d'or du Montana à travers un important territoire de chasse Sioux. En 1866 Red Cloud assuma le commandement d'un groupe de Sioux et de Cheyennes qui s'opposa au projet de l'armée de bâtir trois fortifications destinées à maintenir la piste ouverte. Pendant deux ans Red Cloud et ses alliés assiégèrent ces forts.

     

    Finalement en 1868 le gouvernement américain accepta d'abandonner trois forts. Red Cloud signa le traité de Fort Laramie le 29 Avril 1869. Le gouvernement des Etats-Unis, une fois de plus, abusa Red Cloud : bien qu'il abandonnait la piste Bozeman, le traité inclus une clause installant les Sioux dans une réserve actuellement située dans le Dakota du Nord.

       

    En 1874 George Armstrong Custer guida des experts en mines dans une expédition dans les Black Hills et y découvrirent de l'or ; de nombreuses personnes y déferlèrent afin de prospecter.

     

    Les Sioux furent ainsi trahis par la violation de leurs collines sacrées, et la guerre Sioux de 1875-1876 commença.Red Cloud n'était pas d'accord avec le chef radical, Crazy Horse, mais ne voulait pas non plus sacrifier les Black Hills.

     

    A cause de sa supérioritéen matérielle et en armes, l'armée américaine vainquit ainsi les Sioux et les plaça de force dans les réserves.

     

    Red Cloud fut destitué de son rôle de chef Oglala aprés une dispute avec un agent gouvernemental en 1881, et il passa le reste de ses jours à Pine Ridge, Dakota du Sud, ou il mourut en 1909

     

     Chef Red Cloud - Sioux

     

     

     

     
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    IOWA

    Davy Crockett

    David Crockett (David de Crocketagne, né le 17 août 1786 dans le comté de Greene - mort le 6 mars 1836 au siège de Fort-Alamo). Représentant de l’État du Tennessee dont il était natif, il est devenu un héros populaire de l’histoire des États-Unis. Il est souvent appelé Davy Crockett.

    Né dans le Tennessee le 17 août 1786 dans le comté de Greene, sur les rives de la Nolichucky River et descendant de Huguenots français, il est le cinquième enfant d’une fratrie de neuf, et n’a pas reçu une éducation élaborée.

    Veuf de Polly (1788-1815) qui a donné naissance à trois enfants, il se remarie en 1815 avec Elizabeth Patton et a quatre enfants avec elle. Il était franc-maçon .

    Carrière politique

    Le 24 septembre 1813, il sert dans le Second Regiment of Tennesse Volunteer Mounted Riflemen pendant 91 jours et participe à la campagne contre les Indiens Creek sous les ordres du futur président Andrew Jackson.

    De 1821 à 1835, il est plusieurs fois élu représentant du Tennessee au Congrès. Il y soutient les pionniers installés illégalement sur des terres de l’Ouest sans en avoir formellement la propriété. Il s’oppose au président Jackson sur l’Indian Removal Act. Son opposition à Jackson est la cause de son échec à l’élection de 1830, mais Crockett est réélu en 1832.

    En 1834, il publie un livre : A Narrative of the Life of David Crockett. En 1835, il est à nouveau défait à l’élection.

    La Révolution texane

    Il s’engage peu après cette défaite électorale dans la Révolution texane au Mexique. Le 14 janvier 1836, il prête serment avec 65 hommes d’aider le gouvernement provisoire du Texas. Chaque homme reçoit la promesse d’une récompense de 4 605 acres (19 km²) de terre.

    Il prend part à la défense d’Alamo (23 février - 6 mars 1836) et se voit confier la garde de la palissade sud. La légende a retenu qu’il aurait disparu en effectuant une sortie ; le journal de Jose Enrique de la Pena affirme qu’il a été fait prisonnier par le général mexicain Manuel Fernandez Castrillon et qu’il a été exécuté sommairement avec une douzaine d’hommes sur l’ordre du président Antonio López de Santa Anna.

    En 1838, Robert P. Crockett vient au Texas réclamer les terres promises à son père.

    La légende

    Depuis 1909, de nombreux films de cinéma et séries télévisées ont raconté la vie de Davy Crockett, dont un feuilleton en cinq épisodes de la Walt Disney Company en 1954. Crockett a été incarné, entre autres, par John Wayne dans le premier film qu’il a réalisé Alamo, en 1960.

    En 1956, Disneyland proposa, dans la section du parc baptisée Frontierland, un petit musée sur le personnage. Des figurines en cire tailles réelles de Fess Parker et Buddy Ebsen, les acteurs incarnant les héros de la série produite par Walt Disney Pictures, étaient présentées dans un décor d’Alamo. Le musée ferma rapidement mais les mannequins de cire furent déplacés sur la Tom Sawyer Island située à proximité et furent visibles plusieurs décennies.

    sources wikipediaIOWA
      
     

    Davy Crockett était peut-être mieux connu dans le Tennessee en tant que chasseur noté et pour son style unique de l'art oratoire Backwoods.

    Au Texas, il y a toujours des hommes pour racontr son histoire...

     

    Crockett était né le 17 août 1786 à ce qui est maintenant le nord du Tennessee.Il n'était pas jusqu'à ce qu'il avait dix-huit avant qu'il apprit à lire et à écrire.A cette époque, il se marie et fonde une famille de plusieurs enfants.

     

    Peut-être, par défaut, il s'est d'abord engagé dans la politique comme magistrat de sa communauté locale.En 1821, il a été élu à la législature de l'État, et a été réélu à ce poste en 1823.De 1827 à 1833, Crockett a servi au sein du Congrès des États-Unis.Cependant, dans sa course pour un quatrième mandat au Congrès, il a été défait par une marge étroite.

     

    Dégoûté par ce temps avec la politique, la candidature Crockett adieu à Tennessee et dirigé pour le Texas à l'automne 1835.Là, il a été bien reçu et semblait apprécier son nouvel environnement, pour le 9 Janvier 1836, il écrivit une fille de retour dans le Tennessee: «. Je préfère être dans ma situation actuelle que d'être élu à un siège au Congrès pour la vie"

     

    Moins d'un mois plus tard, cependant, Crockett et quelques uns de ses collègues du Tennessee ont été parmi les 189 défenseurs qui ont sacrifié leur vie au La bataille de l'Alamo , dans l'intérêt de l'indépendance du Texas.

     

     

     
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  • IOWA

     

    Crows

    Crow

    Population actuelle 12 000

    Localisation Montana

    Langue(s) Crow (langue sioux)

    Les Crows, également appelés Corbeaux, Absaroka ou Absáalooke, sont une tribu amérindienne qui vivait historiquement dans la vallée du fleuve Yellowstone, et qui ont été déplacés par le gouvernement des États-Unis d’Amérique dans une réserve au sud de Billings (Montana). Le centre politique des Crows est situé à Crow Agency (Montana). La tribu accueille tous les ans un grand rassemblement mêlant pow-wow, rodéo et parade ; c’est la Crow Fair qui se tient chaque année à Crow Agency (en 2006 du 17 au 21 août).

    La réserve des indiens Crow dans le sud et le centre de l’État du Montana est une grande réserve de plus de 7 300 km². Elle est surtout située dans les Comtés de Big Horn et de Yellowstone Counties avec aussi des terres concédées dans les Comtés de Rosebud, Carbon et Treasure. Sa frontière orientale est sur le 107 ème meridien de Greenwich, sauf le long de la frontière avec la réserve septentrionale des Indiens Cheyennes : en effet la délimitation de la frontière entre les deux réserves indiennes est ancienne et imprécise. La frontière méridionale part du 107 ème méridien à l’ouest jusqu’à la rive orientale de la rivière Big Horn.

    La langue crow fait partie des langues sioux de la vallée du Missouri.

    Les Crows habitaient dans des tipis faits de peaux de bisons et de piquets de bois. À l’intérieur, ils disposaient des matelas le long des bords de leurs abris, et un feu au centre, dont la fumée s’échappait par un trou en haut du tipi.IOWA

    L’habillement des Crows dépendait du sexe. Les femmes s’habillaient simplement, car elle passaient la majeure partie du temps à proximité du tipi. Elles portaient des robes faites de peaux de mouton ou de gazelle, ornées de dents d’élan. Elles mettaient des jambières et des mocassins. Les femmes crows portaient les cheveux courts, contrairement aux hommes. Les hommes portaient la chemise, des jambières tenues par une ceinture, une robe, et des moccassins. Leurs cheveux étaient longs, et parfois mis en valeur par des accessoires.

    Eclaireurs

    Le 25 juin 1876, George Armstrong Custer, commandant le 7ème régiment de cavalerie des États-Unis a mené ses troupes à l’assaut des guerriers Sioux et Cheyenne. La Nation Crow fut recrutée pour servir dans l’armée comme éclaireurs indiens. White Man Runs Him, Curley, Hairy Moccasin, et Goes Ahead étaient aux côtés du Lieutenant Colonel Custer et du 7ème de cavalerie à la Bataille de Little Big Horn. La seule mission des éclaireurs était de trouver les campements indiens. Le site de cette bataille, située près de Crow Agency, est commemoré par le Monument national du champ de bataille de Little Bighorn

    Source : Wikipedia

     
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  • PHOTOS AMERINDIENS NOIR ET BLANC

    ARAPAHO 1891

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  • PHOTOS AMERINDIENS NOIR ET BLANC

     

    BIRD CHIEF ARAPHO 1871

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    BIG MOUTH HAWK ARAPAHO 1872

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  • PREFACE de Joseph F. Blumrich

    Dans notre histoire‚ il y a eu des hommes qui reconnaissaient clairement combien ils savaient peu de choses. Mais‚ il en a existé d’autres qui croyaient tout savoir. Aujourd’hui ce sont les équations différentielles‚ les ordinateurs et les statistiques qui l’emportent. Les faits solides expliquent tout et le savoir qui provient de la croyance ne vaut guère plus qu’une bulle de savon ! Il existe des courants qui partant de la beauté d’une bulle de savon arrivent à des conclusions surprenantes. Des changements s’annoncent et jettent leur ombre en avant – ou devrions-nous plutôt dire leur lumière ? C’est pourquoi‚ parmi nous‚ ceux qui cherchent la vérité écoutent – ou commencent à écouter – peut-être des mots venant de sources qui ne sont pas influencées par notre sorte de logique‚ notre manière de penser ou nos traditions. Ce sont des mots qui sont exprimés par des êtres humains qui proviennent d’un monde lointain qui nous est totalement étranger. Peut-être aimerions-nous établir des relations‚ former des ponts pour pouvoir comprendre ce dont on parle de l’autre côté ? D’une manière très humble‚ ce livre aimerait contribuer à former de tels ponts. Le livre « Book of the Hopi » m’a donné la meilleure introduction au monde des Hopis. Il m’a permis de reconnaître les ficelles subtiles qui se trouvent dissimulées sous la surface de nos faits solides. Quelques circonstances que l’on pourrait appeler coïncidences – je n’y crois pas – ont conduit ma femme et moi chez Ours Blanc et sa femme Naomi. Il s’en suivit un temps long – il semblait long mais ne dura que quelques années – jusqu’à l’instauration d’une confiance mutuelle. Enfin‚ Ours Blanc commença à parler. C’était à moi‚ non seulement de l’écouter‚ mais également à apprendre et à comprendre un monde totalement nouveau pour moi.

    Comme il fallait s’y attendre‚ la tentative de former un pont entre deux mondes si différents comme celui des Indiens et le nôtre était accompagnée de difficultés de compréhension. Mais‚ il me semble néanmoins que pour diverses raisons‚ notre relation a été favorisée par la chance. L’histoire familiale d’Ours Blanc‚ ainsi que son rôle lors les préparatifs pour le livre « Book of the Hopi » lui a procuré un regard sur les traditions de son peuple qui est sans doute plus vaste que celui de n’importe quel Hopi aujourd’hui. Sa capacité intuitive artistique lui a permis de dessiner et de peindre des images murales qu’il était impossible de se procurer d’une autre manière. Les trois ans de sa vie passée dans notre société occidentale lui ont souvent facilité à donner des explications sous forme d’exemples. De tels éclaircissements étaient nécessaires afin de rendre sa façon de s’exprimer compréhensible pour des gens extérieurs.

      

    les Peintres de l'OUEST

    D’un autre côté‚ sa connaissance de notre monde‚ n’a jamais conduit Ours Blanc à s’écarter des traditions de sa tribu. Dans la présentation de faits‚ événements et particularités‚ il a toujours été imperturbable. En ce qui concerne sa tribu‚ ses traditions ou religion‚ il est rempli d’une profonde solennité. Si j’ai jamais rencontré un homme qui aiment et préserve passionnément ses racines et convictions ainsi que celles de sa tribu‚ c’est bien Ours Blanc. Son état d’esprit est l’un des principaux piliers de ma conviction en ce qui concerne son intégrité‚ qui devait bien naturellement être démontrée. J’ai découvert une différence fondamentale entre la façon de penser d’Ours Blanc et la mienne qui reflète non seulement notre origine oppositionnelle‚ mais jette également un trait de lumière sur les problèmes du présent. C’est la différence – et le conflit – entre le savoir qui provient de la croyance et celui basé sur des preuves tangibles. L’incident suivant en rend compte : J’avais suivi l’affirmation des Hopis concernant les îles par lesquelles ils seraient venus en Amérique du Sud. Et j’avais effectivement trouvé les confirmations décrites plus bas. Cette découverte m’avait enthousiasmé et lorsque j’ai eu l’occasion d’en parler à Ours Blanc‚ j’ai attendu de sa part une réaction similaire. Au lieu de cela‚ il me regarda avec ses yeux sereins et tranquilles et me dit : “Je te l’avais bien dit que nous étions venus par ce chemin‚ n’est-ce pas ?” Il faut mentionner que notre travail était strictement dirigé sur des développements historiques et leur signification et il n’existait aucune intention de créer une réplique du livre remarquable « Book of the Hopi ». Le texte transcrit dans la première partie est exclusivement le récit d’Ours Blanc. Il provient de bandes enregistrées qu’il a réalisées lui-même dans ce but‚ ainsi que de nos conversations enregistrées qui étaient nécessaires et servaient à éclaircir‚ compléter et arrondir de l’image. Toutefois‚ comme déjà indiqué‚ j’ai collaboré avec lui pour chercher des formulations et exemples en vue d’une meilleure compréhension‚ c’était ma tâche en temps qu’intermédiaire. En dehors de cela‚ ma participation à cette partie a contribuée à fixer le contenu dans une forme facilement lisible. Les propres mots d’Ours Blanc et ses manières de s’exprimer sont restés intactes autant que possible. En outre‚ la disposition des chapitres et sous-paragraphes ont été réalisés par moi-même. Afin de pouvoir plus facilement retrouver les différentes phases et thèmes.

    Ma contribution à l’écriture de la première partie était guidé dans l’intention inconditionnelle de retranscrire le contenu et la forme des révélations d’Ours Blanc sans modifications et autant que possible avec ses propres mots.

    INTRODUCTION

    Ours Blanc

    Ceci est l’histoire de mes ancêtres et des clans qui sont venus sur ce continent. Le continent sur lequel mon peuple vécut longtemps a sombré dans la mer et les gens durent le quitter. Ils durent aller sur un nouveau continent qui sortait de la mer à l’est‚ afin d’avoir un nouveau monde pour eux et faire un nouveau commencement. Tout ceci fut provoqué par leur attitude dans certaines situations. Je te raconterai pourquoi c’est arrivé‚ comment ils sont parvenus sur le nouveau continent que nous appelons le quatrième monde‚ Tóowakachi‚ et ce qui leur est arrivé après.

    Mais d’abord‚ je voudrais dire que je suis très reconnaissant à tous ces gens qui m’ont donné le savoir et la compréhension. Beaucoup m’a été raconté quand j’était encore enfant et j’ai appris certaines choses quand j’étais un jeune homme et d’autres quand j’ai été moi-même plus vieux. Mais‚ pendant toutes ces années‚ les grandes cérémonies furent célébrées. C’est grâce à elles que mon peuple tient éveillés les souvenirs de notre histoire.

    Comme tu le sais‚ les Hopis‚ dans leurs familles‚ suivent la lignée de la mère. C’est pourquoi j’appartiens au clan de ma mère‚ le clan des coyotes‚ et je dois à ma mère et à ma grand-mère une grande partie de mon savoir‚ ainsi qu’à mon oncle du même clan. Ils m’ont donné un bon enseignement.

    Du clan de l’ours‚ d’où est originaire mon père‚ sont sortis les guides et chefs d’Oraibi durant des centaines et des centaines d’années. Ce que j’ai appris‚ par mon père et mon oncle‚ le chef Tawaquaptiwa‚ provient donc de la connaissance du clan de l’ours et des autres clans qui se sont fixés ici.

    Il y a encore beaucoup d’autres gens qui m’ont transmis une partie de leur sagesse et de leur savoir et je leur en suis très reconnaissant. Ils font tous partie des clans qui vivent maintenant ici. Ces clans ont conservé leurs souvenirs à travers les peines et les difficultés endurées et causées par leurs migrations qu’ils ont considérées comme faisant partie de leurs devoirs‚ dans le but d’arriver à Oraibi pour aider à la construction de ce lieu en réalisant ainsi les plans du créateur.

    Maintenant‚ il est temps de parler de notre peuple‚ pour vous dire qui nous sommes et pourquoi nous sommes ici dans l’espoir que quelqu’un‚ un jour‚ nous comprendra. Même si c’est moi qui parle ici‚ il s’agit du savoir des Hopis que vous allez connaître. De la longue‚ longue histoire des Hopis ressort un avertissement pour vous. Vous allez comprendre plus tard ce que je veux dire quand je raconterai mon histoire. C’est la raison pour laquelle je parle maintenant. Cela nous concerne tous. Peut-être cet avertissement ne viendra pas trop tard.

    En racontant notre histoire‚ il faut que tu saches que le temps n’avait pas la même importance. Aujourd’hui‚ le temps semble important‚ le temps rend tout compliqué‚ le temps devient un obstacle. Mais‚ dans l’histoire de mon peuple‚ le temps n’était pas vraiment important‚ ni pour le créateur lui-même. Ce qui compte vraiment est la beauté que nous mettons dans notre vie‚ la manière dont nous accomplissons nos devoirs et notre responsabilité envers le créateur. Les choses matérielles de ce monde sont de peu d’importance pour les Hopis‚ comme tu t’en apercevras quand tu seras chez moi et que tu verras comment nous vivons notre histoire.

    Quand tu seras parmi mon peuple‚ dans nos villages‚ tu commenceras à comprendre que ces vieilles femmes et ces vieux hommes‚ qui font l’histoire actuelle‚ n’oublieront jamais l’ancienne histoire qui est écrite dans leur cœur. Et comme l’histoire m’a été révélée‚ je vais essayer maintenant de la transmettre aussi fidèlement que possible.

    LES TEMPS ANCIENS

    D’après nos traditions‚ nous avons vécu dans deux autres mondes avant de venir dans le troisième monde – puis‚ dans le quatrième‚ dans lequel nous sommes maintenant.

    Dans le premier monde‚ la divinité Táiowa créa l’homme. Táiowa a créé toutes les choses dans cet univers. Il n’y a rien qu’il n’ait réalisé. L’endroit où il se trouve est appelé “la hauteur”‚ beaucoup de gens l’appellent “ciel”. Personne ne sait où cela se trouve‚ mais à partir de là‚ il dirige l’univers. Il a donné un cerveau à l’homme‚ il lui a donné le savoir‚ il lui a donné tout ce dont l’homme a besoin dans sa vie. Et il lui a donné la loi et les devoirs auxquels il doit obéir dans cet univers.

    Le premier monde fut détruit par le feu‚ parce que les hommes sont devenus méchants. Mais notre peuple‚ ceux qui dans des temps plus récents sont devenus les Hopis‚ survécut à la destruction‚ parce que notre peuple fut choisi pour conserver la connaissance de ces faits à travers les temps‚ jusque dans le présent‚ et de la transmettre dans le futur.

    Le deuxième monde fut détruit par la glace. Encore une fois‚ notre peuple survécut et arriva dans le troisième monde‚ le troisième continent. Tous ces événements et les événements ultérieurs sont encore vivants dans nos coutumes religieuses.

    LE TROISIEME MONDE

    Kásskara

    Mu (la Lémurie) selon Cortezz & morgana  
    Mu (la Lémurie) selon Cortezz & morgana
     

    Le nom du troisième monde était Kásskara. Peu de gens‚ aujourd’hui‚ connaissent la signification de ce très vieux mot. Je l’ai apprise par Otto Péntewa qui s’en est souvenu‚ cela signifie “mère terre”. Nous l’appelons aussi “le pays du soleil” parce que nous aimons bien faire référence au soleil et à la terre qui nous gardent en vie.

    Kásskara était un continent. Peut-être était-ce le même qui est appelé aujourd’hui Mu ou Lémurie. La plus grande partie du continent se situait au sud de l’Equateur‚ seulement une petite partie se trouvait au nord. C’était un pays très beau. Comparé à aujourd’hui‚ c’était presque un paradis. Nous devions travailler mais nous n’avions pas besoin de travailler dur. Depuis nos débuts dans le premier monde‚ nous avions suivi le plan de notre créateur et avions cultivé notre nourriture nous-mêmes. Dans ces temps‚ nous avions choisi le maïs comme nourriture principale‚ nous l’avons amené dans le deuxième monde et nous avons continué à en vivre dans le troisième monde. Quand tu vois notre maïs‚ pense au fait que les Hopis l’ont depuis des temps très très anciens‚ déjà depuis le premier monde.

    La connaissance que nous cherchions et qui nous fut donnée concernait les plantes et les animaux. Nous voulions savoir pourquoi les feuilles étaient vertes et les fleurs multicolores. Nous pouvions communiquer avec les plantes et les animaux. Nous avions ce que vous appelez des connaissances scientifiques‚ mais nous ne les utilisions pas pour la fabrication d’objets dont on a besoin pour soumettre d’autres gens.

    Les gens avaient de l’estime les uns pour les autres. Les clans avaient leurs propres chefs‚ mais ils avaient tous un grand chef spirituel. Dans la vie des Hopis‚ il y a toujours eu un clan qui a la suprématie pour un certain temps afin de veiller à ce que nous remplissions bien nos obligations et responsabilités‚ ainsi que notre bonne conduite dans la vie. Quand nous avons hérité de ce monde-là‚ c’était le clan de l’arc qui avait le pouvoir. Pour cette raison‚ le chef de tribu du clan de l’arc était le souverain de Kásskara.

    Au début‚ tout allait bien à Kásskara. Beaucoup plus tard‚ les hommes commencèrent‚ petit à petit‚ à perdre l’estime les uns pour les autres ; d’abord quelques-uns‚ puis de plus en plus. Comme tu le vois‚ nous sommes exactement comme les autres hommes. Je peux comparer cela avec ce qui se passe aujourd’hui dans les organisations : les gens veulent avoir un certain rang‚ du pouvoir‚ ils veulent leur part. La même chose est arrivée à Kásskara. Ce fut surtout le cas pour le clan de l’arc‚ mais les chefs de haut rang de ce clan restèrent bons.

    Avant de continuer l’histoire de Kásskara‚ je dois te dire que‚ naturellement‚ nous n’étions pas les seuls sur la terre. Dans d’autres pays‚ il y avait aussi des gens.

    Atlantis

    A l’est de chez nous se trouvait un continent que nous avons appelé Talawaitichqua‚ “le pays de l’est”. Dans la langue hopie‚ tichqua veut dire “terre”‚ la surface d’un continent‚ et la première partie du mot signifie “matin”‚ ou “lever du soleil”.

    Entre ce continent et nous‚ il y avait une grande surface d’eau. Aujourd’hui‚ on appelle ce continent Atlantis et je continuerai à l’appeler ainsi car‚ pour toi‚ c’est un mot plus familier.

    Au début du troisième monde‚ les gens d’Atlantis étaient aussi paisibles que nous. Nous avons‚ bien sûr‚ la même origine divine. Ils avaient les mêmes symboles que nous. Mais‚ avec le temps‚ ils changèrent. Ils commencèrent à explorer les secrets du créateur que l’homme ne doit pas connaître. Tu sais‚ il existe des secrets qui ne sont destinés qu’à la déité et‚ quand les hommes commencèrent à les étudier‚ ils enfreignirent cette loi. L’homme‚ en fait‚ a le même pouvoir que le créateur‚ mais le créateur garde des secrets que les hommes ne doivent pas chercher à comprendre. Cette affaire concernant les secrets est très très sérieuse. Parlons de notre temps à nous pour que tu comprennes ce que je veux dire et pour te permettre d’avoir une idée sur ce que les Hopis croient.

    Vous avez développé beaucoup de choses‚ par exemple des avions. Quand mon oncle m’a amené à Oraibi voir la lithographie d’un avion à réaction‚ qui est naturellement beaucoup plus ancien que vos avions à réaction d’aujourd’hui‚ il m’a dit : “Ce sera très très bien de voler à nouveau à travers les airs‚ comme l’a fait notre peuple avant. Quand il y a quelque part‚ dans le monde‚ très loin‚ une catastrophe‚ on peut apporter du secours (nourriture‚ médicaments‚ outils). Mais on va également apporter la mort aux hommes à des centaines de miles de distance. Et c’est en cela que l’on désobéira à la loi divine.”

    Comment pouvez-vous séparer ces deux choses si vous faites des recherches sur des secrets dont les hommes ne savent pas encore faire une bonne utilisation ? Pense à toi : supposons que tu aies fait une découverte scientifique dans le domaine des fusées et que quelqu’un fasse un mauvais usage de ta découverte. Toi‚ tu ne le ferais pas‚ mais c’est ta découverte. Sais-tu vraiment où commence et se termine ta responsabilité ?

    Et maintenant‚ ils essaient de produire la vie artificiellement – et un jour également l’homme. Cela fait partie de ce que nous appelons des recherches sur le sang. Et il n’est pas bien de faire cela !

    Naturellement‚ vous pouvez faire des recherches sur le fonctionnement de votre corps afin de savoir ce qui guérit et ce qui vous donne une longue vie. Le créateur veut que nous le fassions. Il veut que nous profitions de la vie et que nous ayons aussi peu de travail pénible que possible et que tout ce qui est bon‚ toute la joie‚ tout le bonheur de ce monde nous échoient. Mais ces autres choses‚ vous ne devez pas les faire‚ non !

    Nous pouvons résumer tout cela en deux phrases. Le créateur divin nous a dit : “Si vous voulez être mes enfants‚ vous ne devez pas utiliser votre savoir pour soumettre‚ détruire‚ tuer ou faire une mauvaise utilisation de ce que je vous ai donné. Si vous ne respectez pas cette loi‚ vous n’êtes pas mes enfants.”

    Vers la fin du troisième monde‚ il y avait une femme comme guide suprême d’Atlantis. Dans notre langue‚ nous pouvons l’appeler une Kickmongwuity‚ une prêtresse suprême ; à vos yeux‚ elle aurait été tout simplement une reine. Elle était très puissante et très belle. Elle a utilisé sa puissance et la beauté de son corps pour soumettre les chefs de son peuple. Elle reçut d’eux tellement de bijoux que nous l’avons appelée “la femme turquoise”. Parmi ces personnalités‚ se trouvaient des savants que l’on pourrait appeler des “leaders douteux”. Un homme savant n’est pas systématiquement un homme bon. Elle avait beaucoup de succès auprès de ces hommes et c’est ainsi qu’elle est devenue souveraine de tout le continent. Atlantis étendit son influence et soumit des peuples dans les pays qui se trouvaient plus loin à l’est‚ que nous appelons aujourd’hui Europe et Afrique. Bien qu’Atlantis fut un petit pays‚ il avait une très grande influence. Tu peux le comparer à l’Angleterre. C’est également un petit pays‚ mais quelle influence il avait !

    Les Atlantes avaient également fait des recherches sur les secrets du créateur‚ qu’ils n’auraient pas dû connaître. Comme je te l’ai dit‚ ils en ont pris connaissance trop tôt. Spirituellement‚ ils n’étaient pas encore prêts‚ ils ont utilisé leur savoir pour soumettre d’autres peuples. Et en cela‚ ils ont enfreint l’ordre divin. Certains y ont même perdu leur vie. Ils ont également étudié d’autres planètes et ils s’y sont même rendus‚ mais comme c’étaient des planètes mortes‚ ils ne pouvaient y vivre. Ils devaient donc rester sur notre vieille terre. C’est alors qu’ils se sont retournés contre Kásskara. Ils savaient que‚ moralement et spirituellement‚ nous étions beaucoup plus forts‚ cela les a rendus envieux. C’est pourquoi la reine voulut également conquérir notre pays et soumettre notre peuple. Elle a menacé notre souverain de réunir tous ses vaisseaux spatiaux au-dessus de notre continent et de nous détruire de là-haut. Mais il refusa de céder. Il y eut un long temps de pourparlers que l’on peut aussi appeler conférences. Tous les grands hommes de cette époque tinrent des réunions.

      Mu (la Lémurie) selon Loren adams (Moonlight Over Lemuria)
     
    Mu (la Lémurie) selon Loren adams (« Moonlight Over Lemuria »)

    Comme je te l’ai déjà dit‚ il y avait parmi nous des gens qui étaient devenus avides de rang et de pouvoir. Leur croyance religieuse devenait plus faible et les gens n’avaient plus beaucoup d’estime les uns pour les autres. Nous étions dans une situation que l’on peut très bien comparer à la situation actuelle.

    Avec le temps‚ l’influence de cette femme conduisit à une scission de notre peuple. Elle commença à en amener de son côté. Il s’agissait d’hommes avides de pouvoir dont je t’ai parlé. Ils se détournèrent de nos lois et se dirent à eux-mêmes : “Si nous sommes du côté des Atlantes et acceptons leurs exigences‚ nous aurons peut-être plus tard une bonne part du pouvoir.”

    Les méchants prirent le dessus. Ils avaient étudié de nombreux secrets du créateur que l’humanité ne doit pas connaître‚ mais nous‚ nous n’y avons pas pris part. Nous voulions être et rester le peuple pacifique qui était reconnu‚ à cette époque‚ comme tel. Je crois qu’en réalité ce fut le créateur qui utilisa son pouvoir pour nous détourner de ces choses.

    Les chefs se réunirent de nombreuses fois. Mais le groupe de ceux qui avaient des connaissances scientifiques fut beaucoup plus fort et ils vinrent pour attaquer mon peuple avec le matériel de leurs pouvoirs et de leur invention.

    Tout ce que je te raconte‚ ainsi que les événements ultérieurs‚ je les ai appris par ma grand-mère. Mais j’ai aussi discuté avec un homme qui est le dernier à connaître l’histoire du clan de l’arc. Je l’ai fait parce que‚ dans notre histoire‚ on dit que ceux du clan de l’arc avaient fait les pires choses. Il confirma ce qui s’était passé et dit : “Oui‚ nous l’avons fait.”

    De très haut dans les airs‚ ils dirigèrent leur force magnétique sur nos villes. Mais ceux de notre peuple qui n’avaient pas quitté le chemin véritable de notre créateur furent rassemblés dans une certaine région afin d’être sauvés.

    Hier‚ lors d’une réunion dans une kiva de Shongopovi‚ nous avons eu une longue discussion sur notre situation actuelle. Nous voyons en ce moment survenir les mêmes choses que celles qui se sont passées juste avant la destruction du troisième monde. La raison de nos soucis est que nous savons ce qui arrivera. Dans cette réunion‚ il fut clair que le problème crucial des Hopis est le problème de la terre et ce fut un problème semblable qui amenât les spationautes vers nous. Nous savons que nous avons atteint le point de non retour.

    Nous avons également évoqué Kásskara‚ la reine d’Atlantis et comment fut détruit le troisième monde. J’ai pensé à ma grand-mère qui m’a dit qu’il arriverait la même chose que ce qui est survenu il y a très longtemps.

    LA DESTRUCTION DU TROISIEME MONDE

    Notre peuple avait des connaissances comparables à celles d’Atlantis‚ mais il les a utilisées uniquement à des fins utiles et bonnes. Comme je te l’ai déjà dit‚ nous avons étudié les secrets de la nature‚ la puissance du créateur dans les choses vivantes.

    Mon peuple ne se défendit pas quand il fut attaqué. Et il eut raison !

    Si cela te semble étrange‚ regarde ce que les Hopis font aujourd’hui. Le gouvernement des Etats-Unis nous a donné une réserve. Te rends-tu compte ? Et puis ils sont venus pour en couper des morceaux. Notre pays‚ ils l’ont réduit de plus en plus. Mais nous ne nous sommes pas défendus par la force. Chaque fois que le gouvernement fait cela‚ nous disons : “ce n’est pas juste”‚ comme nous l’a demandé le créateur. Nous savons que nous ne serons pas détruits‚ ce sont eux qui le seront les premiers.

    Mais même si nous ne nous sommes pas défendus activement‚ nous avions quand même notre bouclier de protection. Je ne sais pas t’expliquer scientifiquement ce qu’était ce bouclier et comment il fonctionnait. Mais ma grand-mère me l’a expliqué de la façon suivante : s’il y a de la foudre‚ celle-ci peut atteindre le bouclier mais là elle explose. Elle ne traverse pas le bouclier. Je me rappelle bien comment ma grand-mère m’a montré la façon dont le bouclier agit. Un jour‚ j’étais encore enfant‚ elle prit une cuvette‚ la retourna et dit : “maintenant‚ tu es sous la cuvette‚ si quelque chose tombe dessus‚ cela ne te fera pas mal.” Peut-être devrais-je te dire ici que toutes les histoires qu’elle me racontait‚ il me fallait toutes les répéter. Quand je me trompais‚ elle m’interrompait et je devais recommencer. C’est pourquoi je connais par cœur tout ce que ma grand-mère m’a raconté.

    C’est ainsi que toutes les bombes‚ ou quoi que cela ait pu être‚ ont explosé loin au-dessus et le bouclier protégea tous les gens qui devaient être sauvés et qui avaient été rassemblés dans une certaine région. Nous seuls avons été sauvés. Des villes furent attaquées et beaucoup de gens périrent.

    Et puis – comme disait ma grand-mère – quelqu’un a appuyé sur le mauvais bouton et les deux continents ont sombré. Ce ne fut pas le déluge universel. La terre entière ne fut pas détruite et tous les hommes ne furent pas tués. Atlantis s’enfonça très vite dans l’océan‚ mais notre troisième monde‚ Kásskara‚ s’enfonça très lentement.

    Le déluge selon Loren Adams (The Augmented Sea) Le déluge selon Loren Adams (« The Augmented Sea »)

    Laisse-moi t’expliquer pourquoi cela s’est passé ainsi : Supposons que je veux tuer quelqu’un et que j’ai un complice. Nous sommes d’accord pour le faire. Même si c’est moi qui tue‚ lui‚ le complice‚ le fait en pensée. Mais il n’est pas autant coupable que moi. Il aura une nouvelle chance par la réincarnation‚ mais pas moi. C’est la raison de la destruction rapide d’Atlantis : ce sont eux qui ont attaqué. Nous‚ ou quelques-uns des nôtres‚ étions seulement des collaborateurs lors de l’attaque de Kásskara par Atlantis.

    C’est pourquoi la faute de notre côté fut mineure et notre groupe eut une nouvelle chance. Si nous avions été aussi fautifs que les Atlantes‚ nous aurions été détruits aussi rapidement.

    La puissance qui se trouve hors de toute capacité humaine ne voulut pas permettre que le peuple de la paix soit anéanti complètement. Ces gens étaient des réincarnations d’hommes qui avaient vécu dans le deuxième monde‚ Topka‚ et qui avaient suivi les lois du créateur. C’était sa volonté de donner à ceux qui devaient être sauvés les moyens d’y parvenir.

    Je sais que beaucoup de gens auront une opinion différente‚ mais nous sommes le peuple élu. Nous avons été sauvés et nous sommes venus ici parce que‚ depuis le premier monde‚ nous avons toujours obéi à la loi !

    Nous allons voir maintenant ce qui se passa ensuite et quel rôle jouèrent les Kachinas qui nous ont amenés sur ce continent‚ dans le quatrième monde.

    Mais d’abord‚ je dois te parler des Kachinas eux-mêmes.

    Les Kachinas

    Dans le troisième monde‚ et déjà depuis le premier monde‚ nous étions en relation avec les Kachinas. Kachine signifie “initié estimé de haut rang”. Dans les premiers temps‚ ils s’appelaient Kyápchina‚ mais comme notre langage a évolué avec le temps‚ nous disons maintenant Kachinas. En fait‚ Kyápchina désigne une seule personne. Quand on veut parler de plusieurs Kachinas‚ on dit Kyákyapichina‚ c’est le pluriel. Le mot Chinakane signifie “pousse”‚ la pousse d’une plante‚ mais ici il désigne la croissance spirituelle que les Kachinas nous donnent.

    Représentation d’un Kachina  
    Représentation d’un Kachina
     

    Les Kachinas peuvent être visibles‚ mais parfois ils sont également invisibles. Ils viennent de l’espace. Ils ne viennent pas de notre système solaire‚ mais de planètes très éloignées. Il faudrait à nos astronautes plusieurs générations pour y parvenir. Le nom Hopi pour ces planètes est Tóónátakha‚ cela signifie qu’elles sont proches les unes des autres‚ pas dans le sens matériel mais dans le sens spirituel‚ parce que tous leurs habitants ont la même responsabilité‚ ils travaillent tous étroitement ensemble. C’est pourquoi nous pouvons traduire le mot par “Confédération des planètes”. Comme nous savons qu’il s’agit de douze planètes‚ nous pourrions dire également “Confédération des douze planètes”.

    Les Kachinas peuvent se déplacer très rapidement et‚ pendant que je prononce cette phrase‚ ils peuvent parcourir de longues distances. Ils n’ont besoin que de quelques secondes ; leurs vaisseaux volent grâce à une force magnétique‚ même quand ils font le tour de la terre.

    Les rangs des Kachinas dépendent de leurs capacités. Ils s’appellent tous Kachinas‚ mais certains sont appelés également “Wu’yas”. Dans votre langue‚ “Wu’ya” signifie “divinit锂 mais cela n’est pas tout à fait exact car Wu’ya désigne quelqu’un qui possède une grande sagesse‚ un homme ou une femme vieux et sages. Si tu voulais comparer les Kachinas et les Wu’yas avec vos personnages chrétiens‚ vous diriez “anges” pour les Kachinas et “archanges” pour les Wu’yas. Ce sont tous des anges‚ mais les plus élevés de rang vous les appelleriez archanges. Les divinités se situent au-dessus des Kachinas et au-dessus de tous se trouve le créateur. Seuls les Kachinas sont en relation avec les êtres humains‚ pas les divinités. Ce sont elles qui donnent les instructions aux Kachinas.

    Pour les enfants‚ on les appelle tous des Kachinas. On fait cela pour familiariser l’enfant avec les “initiés”. Il serait trop difficile de leur expliquer la différence. C’est ici que les poupées Kachinas jouent un rôle‚ car elles habituent l’enfant à l’apparence physique pour que l’enfant n’ait pas peur en voyant les danseurs.

    Même les étrangers qui viennent acheter ces poupées les appellent des Kachinas car‚ n’y connaissant rien‚ ils ne font pas la différence. Nous faisons de même avec les montagnes de San Francisco. On peut les voir‚ elles sont hautes et un enfant comprend lorsqu’on lui dit que c’est là que se rendent les Kachinas quand ils nous quittent. Pense à ce que vous dites à vos enfants au sujet du Père Noël et de l’enfant Jésus.

    Mais quand l’enfant est accueilli parmi les adultes‚ on lui explique la différence. Pour les adultes‚ les Kachinas viennent d’une planète très éloignée‚ et quand ils nous quittent ils y retournent. Les hommes qui exécutent les danses représentent des êtres savants de différents rangs qui sont venus chez nous il y a longtemps.

    Il y a trois sortes de Kachinas. Les premiers s’occupent de la continuité de la vie (survivance). Dans nos danses‚ ils apparaissent au milieu de l’hiver quand‚ dans la nature‚ toute vie dort. Ils nous offrent la certitude que la vie reviendra et continuera. Et comme la réincarnation fait partie de la continuité de la vie‚ cela signifie que nous naîtrons à nouveau et que nous aurons la possibilité de nous améliorer.

    Le deuxième groupe est constitué par les enseignants. Nous apprenons d’eux qui nous sommes et où nous sommes‚ quelles sont les influences que nous pouvons subir et ce que nous devons faire.

    Le troisième groupe représente les gardiens de la loi. On peut aussi les appeler “ceux qui nous avertissent‚ nous mettent en garde”‚ car ils nous parlent pendant longtemps‚ mais un jour viendra où il ne nous avertiront plus‚ mais au contraire ils nous puniront pour tout le mal que nous aurons fait.

    Des enfants sont nés à la suite d’une relation mystique entre nos femmes et les Kachinas. Je te raconterai plus tard des légendes qui relatent ce fait. Nos gens pouvaient toucher les Kachinas‚ il y avait donc une proximité physique entre les Kachinas et les êtres humains. Mais‚ même si cela semble étrange‚ il n’y a jamais eu de rapports sexuels. Les enfants ont été conçus de façon mystique. De tels enfants‚ quand ils grandissaient‚ avaient une grande connaissance et une grande sagesse‚ et même parfois des pouvoirs surnaturels qu’ils avaient reçus par leur père spirituel. C’étaient toujours des hommes magnifiques‚ puissants‚ qui étaient toujours prêts à aider et jamais à détruire.

    Les Kachinas sont des êtres corporels‚ c’est pourquoi ils ont besoin de vaisseaux pour les voyages dans nos airs et pour retourner sur leurs planètes. Les vaisseaux spatiaux ont différentes tailles et noms. L’un d’eux est Patoowa‚ “l’objet qui peut voler au-dessus de l’eau”. Pahu veut dire eau dans notre langue‚ et Toowata est un objet avec une surface courbe. En raison de cette forme‚ nous l’appelons aussi “bouclier volant”.

    Je vais te raconter à quoi il ressemble. Si on coupe une calebasse en deux‚ on obtient une forme qui a l’aspect d’une coupe ou soucoupe ; si on assemble deux de ces parties‚ on obtient la forme du vaisseau que l’on utilisa jadis pour se rendre sur ces planètes. Quand on est assis à l’intérieur‚ on peut se déplacer dans toutes les directions et on ne tombe pas‚ quelle que soit la vitesse. Comme il a cette forme‚ nous l’appelons Inioma.

    Chez les Hopis‚ on sait que quelques-uns des nôtres ont volé dans ces vaisseaux et que ces vaisseaux ont également été utilisés dans d’autres pays‚ car les Atlantes sont venus chez nous dans ces vaisseaux.

    Près d’Oraibi se trouve un dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant. La flèche est un signe de grande vitesse. La femme porte les cheveux d’une femme mariée.

    Dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant près d’Oraibi Dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant‚ près d’Oraibi

    Les deux moitiés sont tenues ensemble par une “bride”. Celui qui conduit le vaisseau doit actionner cette “bride”. Quand il la tourne à droite‚ le vaisseau monte‚ quand il la tourne à gauche‚ il descend. Le vaisseau n’a pas de moteur comme les avions et n’a pas besoin de carburant. Il vole dans un champ magnétique. On doit seulement connaître la bonne hauteur. Si l’on veut se diriger vers l’est‚ on choisit une certaine hauteur‚ si l’on veut aller vers le nord‚ on choisit une autre hauteur‚ etc. Il suffit de monter à la hauteur correspondant à la direction choisie et le vaisseau vole dans le courant désiré. De cette manière‚ on peut atteindre n’importe quel endroit à l’intérieur de notre atmosphère‚ mais on peut également quitter la terre.

    C’est très simple !

    La migration dans le quatrième monde

    Maintenant‚ nous allons continuer à parler des événements historiques.

    Longtemps avant que notre continent et Atlantis soient engloutis‚ les Kachinas remarquèrent qu’il y avait‚ à l’est de chez nous‚ un continent qui sortait de l’eau. D’ailleurs‚ selon nos traditions‚ le monde a changé plusieurs fois. Ce qui était en train de sortir de l’eau était‚ en fait‚ le même pays que celui dans lequel nous avions vécu dans notre deuxième monde‚ Topka. Mais maintenant‚ nous l’appelons le quatrième monde‚ car son apparence est différente.

    On dit aussi que la terre a basculé plusieurs fois‚ je veux dire que le pôle nord était à l’endroit où le pôle sud se trouve actuellement et vice versa. Aujourd’hui‚ les pôles sont inversés et le véritable pôle nord se trouve au sud et le véritable pôle sud au nord. Mais‚ dans le cinquième monde‚ cela changera à nouveau‚ et les pôles seront à leur vraie place. A chaque fois‚ la terre a basculé complètement du nord au sud et pas seulement de la moitié‚ sinon il y aurait eut beaucoup trop de dommages et ce n’était pas l’intention du créateur. Durant Topka‚ le deuxième monde‚ la terre a basculé seulement de moitié et tout a gelé.

    Les Kachinas ont donc fait des recherches et observé cette nouvelle terre et‚ quand elle fut au-dessus de l’eau‚ ils commencèrent leurs préparatifs. La grande migration pouvait commencer.

    Cette nouvelle terre devait devenir notre nouvelle patrie‚ que nous appelons Toowakachi‚ le quatrième monde. Nous avons aussi un autre nom‚ Sistaloakha‚ un mot pour désigner tout ce qui est créé rapidement et qui apparaît dans une forme parfaite.

    Le créateur avait donc décidé de nous sauver‚ et les Kachinas nous aidèrent pour atteindre ce nouveau continent. Notre peuple arriva du troisième au quatrième monde de trois façons différentes. Les premiers arrivèrent dans des boucliers volants (c’est ainsi que nous les appelons chez nous). Ils étaient destinés aux gens importants‚ de haut rang. Ils étaient prioritaires parce qu’ils devaient fonder la nouvelle colonie et s’occuper de tous les préparatifs. Comme ils sont arrivés les premiers‚ tous les considéraient comme des gens estimés. Les Kachinas‚ en tant que spationautes‚ savaient où se trouvait la nouvelle terre et ils les y ont amenés. Les Kachinas pouvaient le faire car ils possédaient des boucliers volants ; notre peuple non‚ nous ne savions pas les construire. Mais tu te rappelles que les gens d’Atlantis avaient également des boucliers volants. Ils ne les avaient pas reçus des Kachinas qui les avaient quittés‚ mais ils les avaient construits eux-mêmes avec leur force malveillante ; mais ça‚ je te l’ai déjà raconté.

    Longtemps avant que le continent du troisième monde‚ Kásskara‚ soit englouti‚ les premiers clans arrivèrent ici. Parmi les clans qui sont arrivés par les boucliers volants‚ se trouvaient le clan du feu‚ le clan du serpent‚ le clan de l’araignée‚ le clan de l’arc‚ le clan du lézard‚ le clan de l’aigle et le clan de l’eau. En fait‚ il y avait encore plus de clans‚ mais je t’indique ici les principaux. Sur la liste complète‚ le clan de l’arc est indiqué bien plus bas‚ contrairement à ce qui apparaît ici‚ car ce clan a mal agi dans le troisième monde. Mais les gens du clan de l’arc étaient encore importants. Même si beaucoup avaient participé à la destruction du troisième monde‚ ils n’avaient pas tous quitté le chemin du créateur. C’est pourquoi ils ont été sauvés.

    Il y avait aussi une sorte de gens (le deuxième groupe) qu’il fallut transporter ici et on l’a fait à l’aide de grands oiseaux. La fête du mois de mars‚ Powamu‚ nous rappelle ces événements. J’ai participé moi-même à cette cérémonie‚ à Oraibi‚ quand je fus enfin admis dans la société Powamu. Avant la cérémonie‚ le chef de tribu chanta un chant qui évoquait le troisième monde que nous avions quitté et qui parlait de la méchante reine qui avait conquis la plus grande partie du monde et dont l’influence fut si néfaste.

    C’est donc avec des oiseaux que sont venus des gens qui se trouvaient dans une phase intermédiaire vers les marches plus élevées d’une connaissance spirituelle.

    Pendant ce temps‚ les gens avaient très peur‚ car le vieux continent s’enfonçait de plus en plus. Ils avaient peur et pourtant ils savaient qu’ils devaient être sauvés. Une ville après l’autre fut détruite. L’eau n’arrêtait pas de monter et couvrait une grande partie du continent.

    Dans le troisième groupe se trouvaient ceux qui étaient encore au début de leur quête vers une force spirituelle. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ en faisait partie. Je le sais de ma mère qui faisait partie de ce clan‚ ainsi que ses parents à elle. Ils avaient une connaissance précise de ces événements car ils les gardaient en mémoire afin de transmettre ce savoir comme héritage à ce continent‚ le quatrième monde.

      Les différentes directions que prirent les rescapés du continent de Kásskara (Mu) et de l’île de Talawaitichqua (Atlantis) lors de la grande destruction il y 80.000 ans.
     
    Les différentes directions que prirent les rescapés du continent de Kásskara (Mu) et de l’île de Talawaitichqua (Atlantis) lors de la grande destruction il y 80.000 ans.

    Ces gens devaient donc venir par le troisième moyen‚ c’est-à-dire par bateaux. Ils durent lutter durement pendant longtemps. Alors que beaucoup de monde put venir par les airs‚ on dit aujourd’hui que tout le monde dut lutter pour pouvoir venir sur ce continent. On agit de cette façon pour ne pas oublier ces événements‚ car tout ce que l’on a du mal à obtenir‚ on l’estime davantage et on le garde en mémoire.

    Ces gens qui étaient transportés par bateaux faisaient partie des clans inférieurs qui possédaient peu de pouvoir. C’est pour cette raison qu’ils avaient subi l’influence du clan de l’arc‚ avec son plan destructeur. Ils y participèrent mais ne firent rien de leur propre gré‚ c’est pourquoi on leur offrit d’échapper à la destruction. Dans le cas contraire‚ ils auraient été détruits comme les autres.

    Pendant tout le temps où ce groupe fut en route sur les bateaux‚ ils reçurent la protection des Kachinas. Chaque clan avait un Kachina dont la tâche était de l’accompagner et de l’amener sur le continent. C’est ainsi que ce groupe fut conduit‚ en sécurité‚ sur ce continent. Les Kachinas savaient se faire comprendre mais les êtres humains n’avaient pas le privilège de pouvoir parler avec eux. Les Kachinas leur donnaient des conseils et leur indiquaient dans quelle direction ils devaient se diriger vers des îles où ils pouvaient se reposer.

    Et enfin‚ ils arrivèrent dans le quatrième monde !

    Il existe une cérémonie qui rappelle ce voyage en bateaux et qui est célébrée par le clan de la flûte. Ainsi‚ nous nous rappelons chaque détail et chaque étape de ce voyage. Ce même événement nous est rappelé également par les sept statues de l’île de Pâques. Il y a sept statues pour figurer les sept mondes que nous devons traverser. L’île de Pâques est la seule île sur notre chemin qui n’a pas sombré complètement dans l’océan après notre passage.

    Par ces trois moyens‚ les gens furent emmenés sur le continent sud-américain afin de s’y établir. A ce moment-là‚ la partie la plus haute était déjà au-dessus de l’eau.

    Mais tu dois savoir que tous ceux qui ont survécu à Kásskara n’ont pas tous pu venir ici. Nous‚ le clan des coyotes‚ étions les derniers à venir ici. Ceux qui sont partis après nous furent emmenés par des courants vers d’autres pays‚ parce qu’ils n’avaient pas été choisis pour venir ici. Certains arrivèrent à Hawaï‚ une partie du troisième monde qui n’a pas été engloutie‚ d’autres arrivèrent sur des îles du Pacifique sud et d’autres sur une île qui fait partie‚ aujourd’hui‚ du Japon‚ comme je l’ai appris il y a quelques années. Un jeune homme venu de cette île m’a rendu visite. Il avait lu “Le livre des Hopis”. Il est venu me dire que sa grand-mère lui avait raconté exactement les mêmes histoires concernant l’ancien monde. Il y a donc un certain nombre de gens qui n’ont pas pu venir ici‚ alors qu’ils ont la même origine et viennent du même continent‚ Kásskara. C’est pourquoi‚ sur les îles Hawaï‚ les initiés s’appellent Kahuna qui était le même nom que Kachina.

    Le destin des Atlantes

    Tous les habitants d’Atlantis ne périrent pas quand leur continent fut englouti. Ceux qui ne voulurent pas participer à l’attaque de Kásskara par leur reine furent sauvés. Naturellement‚ ils voulurent‚ eux aussi‚ venir sur notre nouveau continent‚ mais le créateur nous avait promis que nous aurions la nouvelle terre pour nous seuls‚ pendant très longtemps. Bien qu’il n’y eut encore aucun Hopi sur ce nouveau continent‚ les Atlantes ne pouvaient pas venir ici‚ en Amérique du Sud. Le créateur ne voulait pas les avoir ici. Il envoya des Kachinas pour les empêcher de se diriger vers l’Ouest‚ car même si les survivants n’avaient pas suivi leurs chefs‚ ils restaient quand même des Atlantes.

    Dans des temps anciens‚ quand fut créé le troisième monde‚ les Atlantes avaient des Kachinas comme nous. Mais les Kachinas partirent quand les Atlantes commirent des péchés. Alors‚ il ne restât aux Atlantes que le chemin vers l’Est‚ dans des régions que l’on appelle aujourd’hui l’Europe et l’Afrique. Mais on leur avait ôté leurs pouvoirs. Ils étaient cloués au sol‚ ils ne pouvaient plus voler. Ils ne pouvaient survivre que s’ils partaient par petits groupes et chaque groupe n’emportait qu’une petite partie du savoir global qu’ils possédaient auparavant.

    C’est la raison pour laquelle les hommes‚ là-bas‚ n’ont aucun souvenir de leur histoire qui fut comparable à la nôtre. Quand ils détruisirent le troisième monde‚ le créateur les mit à un niveau culturel très bas. Mais après leur punition‚ qui dura des centaines d’années‚ ils recommencèrent à se développer. Pense à la culture des Egyptiens. Pour nous‚ les Hopis‚ ce temps n’est pas loin.

    Tout ceci fait également partie de la tradition des Hopis.

    TOOWAKACHI‚ LE QUATRIEME MONDE

    Táotoóma‚ la terre

    La Porte du Soleil à Tiahuanaco  
    La Porte du Soleil à Tiahuanaco
     

    Ceci est maintenant notre nouveau continent‚ Tóówákachi‚ le quatrième monde. Le mot signifie “le beau pays pour tous les hommes”. Nous savons que nous sommes les premiers hommes à être venus ici et que le créateur nous a promis que nous y serions seuls‚ entre nous‚ pendant longtemps. Avec ce quatrième monde‚ nous sommes au milieu de la durée de la terre et de l’humanité. Nous sommes dans le quatrième d’un total de sept mondes que nous devons traverser. Trois sont derrière nous‚ trois sont devant nous. Ce fait est exprimé dans nos rites impénétrables ainsi que dans les ruines qui furent trouvées au Mexique et en Amérique du Sud. En ce qui concerne le temps‚ nous avons déjà dépassé le milieu des sept mondes‚ car la durée de chaque monde à venir est plus courte.

    La partie du quatrième monde qui est sortie la première de l’eau s’appelle Táotoóma. C’est une abréviation‚ nous les utilisons souvent. Dans votre langue‚ ce nom signifie “l’endroit qui fut touché par le bras du soleil”. Nous‚ les Hopis‚ disons que c’est la première partie vue par les aigles qui furent envoyés par les Kachinas. Les aigles volent très haut et ils ont vu le nouveau pays sortant de l’eau‚ c’est pourquoi nous avons de l’estime pour les aigles. Ainsi‚ nous étions dans le nouveau pays et le dernier groupe arriva enfin par bateau. Avec leur arrivée‚ la migration se terminait.

    Quand nous fûmes debout sur la côte de ce continent‚ nous regardâmes en arrière et nous vîmes les îles qui sombraient. Les Kachinas nous donnèrent le troisième œil et nous vîmes tout : la disparition de notre terre mère et des îles.

    Les deux symboles de la Terre-Mère des Hopis. Les deux symboles de la Terre-Mère des Hopis.

    Je dois t’expliquer encore quelque chose. Tous les gens qui sont venus dans le quatrième monde et qui ont vécu à Táotoóma‚ n’étaient pas tous des Hopis. Nous devrions plutôt dire que nos ancêtres se trouvaient parmi ces gens‚ seulement ceux qui sont arrivés à Oraibi et qui y furent accueillis définitivement s’appellent des Hopis.

    Un temps assez long s’est déroulé entre l’arrivée des premiers‚ sur les boucliers volants‚ et des derniers‚ en bateaux. On dit qu’il fallut 3.000 ans pour que nous soyons tous rassemblés. Tout cela s’est passé il y a très longtemps‚ car l’arrivée de ceux qui étaient sur les boucliers volants eut lieu il y a 80.000 ans. Nous avons une façon très simple de parler des grandes périodes de temps : un Soomody signifie 1.000 ans‚ Soo veut dire étoile et tu sais combien il y a d’étoiles ! 4.000 ans ne sont donc que quatre Soomody et il y a 80 Soomody depuis que la migration a commencé.

    Ceux qui sont arrivés ici ne purent s’installer que dans cette région qui n’était pas très grande. Dans cette région‚ nous devions tous vivre ensemble. Cela montre pourquoi mon peuple est certain que nous étions les premiers‚ les seuls sur ce continent. Il y a des tribus en Amérique qui sont venues beaucoup plus tard‚ parce que la glace avait fondu dans le nord‚ je t’en parlerai plus tard.

    Longtemps avant que tout ceci ne se passât‚ le créateur nous avait montré les planètes. Il nous fit cette offre formidable après nous avoir créés en tant que créatures vivantes. Mais nous avons failli‚ nous n’avons pas suivi les instructions qu’il nous avait données‚ nous n’avons pas respecté sa loi. C’est pourquoi nous eûmes d’abord cette petite partie de terre afin d’apprendre à dominer nos sentiments et à vivre ensemble.

    La ville Táotoóma

      Ruines à Tiahuanaco.
     
    Ruines à Tiahuanaco

    Quand les premiers hommes arrivèrent sur le nouveau continent‚ ils se trouvèrent immédiatement à l’endroit où ils durent construire leur première ville.

    La première ville‚ Táotoóma‚ ne fut pas construite en haut de la montagne‚ mais plus bas. Aujourd’hui‚ on ne voit plus cette ville car elle est couverte de terre et d’eau. Je te raconterai la raison plus tard. La ville était plus grande que toutes celles que nous avions eues à Kásskara. Elle avait presque la dimension de la ville de Los Angeles aujourd’hui. Tu connais bien les ruines de Tiahuanaco. Tiahuanaco était une partie de la ville de Táotoóma. Mais Táotoóma n’était pas assez grande pour tous les gens qui devaient encore venir. Et comme tu peux l’imaginer‚ le pays n’était pas encore cultivable puisqu’il venait de sortir de l’eau. Mais les Kachinas avaient demandé que tout soit prêt pour nous‚ et comme les Kachinas étaient encore avec nous‚ ils nous montrèrent comment cultiver la terre le matin et rentrer la récolte le soir. Ce fut très important pour nous‚ pendant de longues années‚ jusqu’à ce que l’eau diminue.

    Petit à petit‚ la terre devint de plus en plus grande. Notre peuple commença à aller vers le Nord‚ le Sud‚ l’Est et l’Ouest. Nous pouvions commencer à explorer le nouveau continent et pour cela nous utilisions les boucliers volants. Quelques-uns de chez nous avaient atteint un rang assez élevé pour avoir le droit d’accompagner les Kachinas lors de leurs explorations pour voir comment les nouvelles colonies étaient fondées. Et petit à petit‚ il y eut à nouveau des gens qui eurent leurs propres idées sur la façon de suivre les lois du créateur divin. Ils quittèrent le droit chemin. Parmi eux‚ il y avait des gens de haut rang qui voulaient avoir des positions importantes. Ils commencèrent les premiers à faire un mauvais usage des Tawúya‚ personne n’avait jamais fait cela auparavant. Les Kachinas essayèrent de les empêcher de s’envoler dans l’univers. Nous ne devions pas nous y rendre tant que nous n’avions pas rempli toutes nos obligations dans ce monde. Mais ces gens croyaient être déjà prêts. Le créateur fut au courant de ce qui se passait et‚ peu de temps après‚ il vint en personne et dit : “Dès la première occasion dans ce nouveau pays‚ vous faillissez. Je dois vous punir.” Et il prit la ville‚ l’éleva dans le ciel‚ la renversa (la tête en bas) et l’enfonça dans le sol. Dans tous les bâtiments alentour on ressentit l’énorme souffle d’air‚ le sol trembla‚ c’était comme un tremblement de terre. Ce fut une déception pour notre créateur que nous ayons désobéi à la première occasion. Après cela‚ notre peuple décida de partir dans différentes directions. C’est ainsi que se passa la première dispersion de notre peuple sur ce continent.

    Nouvelles migrations

    Tout cela s’est déroulé au cours des 4.000 ans après que notre peuple fut réuni sur le nouveau continent. Tout le continent était maintenant sorti de l’eau et avait l’aspect de celui d’aujourd’hui. La terre pouvait être cultivée. Progressivement‚ notre peuple quitta les ruines de Táotoóma‚ la première ville construite dans le quatrième monde.

    Ce sont surtout ceux qui restèrent fidèles au créateur qui partirent. Ils voulaient se séparer des autres afin de préserver leur vraie croyance et remplir les tâches qu’ils devaient accomplir. C’est pour cela que‚ dans toute l’Amérique du Sud‚ on fonda de nouvelles colonies. Ils ne partirent pas tous en même temps mais progressivement durant un temps assez long. Cette fois encore‚ chaque groupe eut un Kachina pour le guider. Les groupes‚ que nous appelons clans‚ durent se séparer afin de pouvoir survivre‚ mais également pour suivre l’enseignement du créateur‚ cela faisant partie de son plan divin. Durant ces migrations‚ les Kachinas purent communiquer entre eux et ils nous aidèrent de la même façon qu’auparavant. Ils nous apprirent comment semer et récolter le même jour sans attendre pendant des mois que les fruits mûrissent.

    Quand nous nous fûmes éloignés des ruines de la ville détruite‚ certains Kachinas furent destinés à des garçons et des filles qui n’étaient pas encore nés. Ces enfants étaient choisis pour transmettre la mémoire véritable des événements du passé. Cela arriva bien souvent dans notre histoire. L’enfant reçoit le savoir lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. Parfois‚ c’est la mère qui le reçoit pour que toutes ses pensées puissent pénétrer l’enfant avant la naissance. Pour cette raison‚ l’enfant n’a plus besoin d’apprendre plus tard‚ il faut seulement lui rappeler ce savoir qu’il reçut avant sa naissance. Tout ce que je te raconte ici ne s’est pas déroulé comme cela en peu de temps. Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent depuis le début de la migration. Mais les enseignements des Kachinas permirent de garder nos traditions en mémoire. Souvent‚ à la vitesse de l’éclair‚ les Kachinas se rendaient chez le créateur afin de l’informer de nos progrès sur la terre. Et‚ comme je l’ai déjà dit‚ certains de nous avaient acquis un haut rang et étaient devenus très proches des Kachinas‚ alors ces derniers leur permettaient de les accompagner durant leurs vols.

    Les migrations du clan de l’ours

    Comme les clans se dirigeaient dans différentes directions‚ je vais te raconter maintenant l’histoire d’un seul clan‚ c’est-à-dire le clan de l’ours‚ dont faisaient partie mes pères. Je le choisit également parce qu’il fut sélectionné pour tenir un rôle de guide et de dirigeant dans le quatrième monde.

    J’ai tout appris de mon père et de mon frère qui étaient parfaitement au courant de l’histoire des clans et de leurs migrations jusqu’à notre hémisphère‚ parce que nos ancêtres étaient les chefs des Hopis et des clans de l’ours depuis l’arrivée dans le quatrième monde.

    Mais avant‚ je veux t’apprendre quelque chose que m’a raconté ma mère. Quand nous avons quitté la grande ville détruite‚ les Kachinas ont effacé la mémoire de tous ceux qui sont restés‚ ainsi que des générations futures. Donc‚ tous ceux qui‚ plus tard‚ vécurent aux environs des ruines‚ n’eurent pas la moindre idée de ce qui s’était passé avant. De ceux qui sont partis‚ seuls les Hopis connaissaient la vérité.

    Dans le troisième monde‚ le clan de l’ours était l’un des clans les moins importants. Il n’avait pas participé à la destruction du monde précédent. C’est justement parce qu’il n’avait pas de passé chargé (par des fautes commises) qu’il fut choisi pour être le clan dominant à l’arrivée dans le quatrième monde. Le clan de l’ours a donc toujours un rang plus élevé que le clan du feu qui détruisit le premier monde‚ ou que le clan de l’araignée et le clan de l’arc qui détruisirent le deuxième et le troisième monde.

    En raison de leur position de chef du clan de l’ours parmi les Hopis‚ un Kachina du plus haut rang fut désigné pour les gens de ce clan. En réalité‚ ce n’était pas un Kachina mais une déité. Il s’appelait Eototo et devait les accompagner où qu’ils aillent. Quand‚ sous la direction de Eototo‚ ils se dirigèrent d’Amérique du Sud vers le nord‚ ils connurent une période très difficile. La région qu’ils devaient traverser était terriblement chaude. Ils mirent beaucoup de temps pour traverser les forêts et pour s’habituer au climat ; beaucoup d’enfants moururent à la naissance en raison de la chaleur. Les temps furent difficiles. Ils voulaient chercher des montagnes pour sortir de cette chaleur‚ mais les Kachinas les encouragèrent à continuer et les protégèrent tout au long de la longue marche à travers la jungle. Il existe encore aujourd’hui une cérémonie qui rappelle cette protection.

    Kachina oiseau. Kachina oiseau

    Comme je te l’ai dit‚ plusieurs groupes quittèrent la ville détruite après nous‚ avec un Kachina à la tête de chaque groupe. Et comme les Kachinas pouvaient communiquer entre eux‚ ces groupes savaient ce qui les attendait.

    Il se passa beaucoup de temps avant que la zone chaude fut derrière eux. Ils arrivèrent à mieux respirer‚ les enfants ne moururent plus et le peuple s’agrandit. Ils continuèrent en direction du nord et furent guidés vers des lacs et des fleuves par Eototo.

    Après beaucoup d’années‚ ils arrivèrent à une barrière de glace et ne purent aller plus loin vers le nord. Ce n’était pas beaucoup plus au nord que la frontière canadienne d’aujourd’hui. Eototo leur dit qu’il s’agissait d’une porte qui serait ouverte plus tard pour d’autres gens qui viendraient de par là pour immigrer vers le sud. Alors‚ ils rebroussèrent chemin pour chercher un endroit accueillant. Mais le voyage n’était pas terminé. Ils durent d’abord se diriger en direction du soleil levant en traversant des régions d’où l’eau n’était pas partie depuis longtemps. Un jour‚ ils ne purent aller plus loin car ils arrivèrent devant une grande étendue d’eau. Eototo leur dit que c’était la fin du voyage vers l’est. “Maintenant‚ vous devez vous retourner et marcher dans la direction du soleil couchant.” Ils obéirent et allèrent vers l’ouest. Après de nombreuses années‚ ils arrivèrent de nouveau devant une étendue d’eau et Eototo leur dit : “Vous avez maintenant terminé votre migration‚ vous pouvez choisir où vous voulez vivre.” Mais le clan ne savait pas encore où il voulait s’installer. Après des recherches‚ il choisit cet endroit-ci où ils construisirent leur premier village et où les Hopis vivent depuis lors.

    Les anciens qui venaient du ciel

    Je vais te décrire une cérémonie qui nous rappelle le temps que nous avons passé dans la jungle. Elle exprime qu’il fallait montrer le chemin aux êtres humains et qu’ils avaient besoin de protection contre les animaux sauvages. J’ai vu moi-même cette cérémonie qui est célébrée tous les quatre ou huit ans au temps des Shaátlako (des Kachinas de haut rang) et elle est inhabituelle parce que l’on ne danse pas‚ on ne fait que marcher !

    Dans cette cérémonie‚ on montre un groupe accompagné de quatre Kachinas : le premier marche devant‚ puis un de chaque côté‚ et le dernier marche derrière le groupe. Les Kachinas qui marchent devant et derrière sont des Kachinas de haut rang‚ des déités appelées Sólawúchim. Só veut dire “étoiles”‚ la veut dire “contenir quelque chose” et wuchim signifie “être élu”. Le nom peut donc être traduit pas “Les étoiles qui possèdent le savoir secret”.

    Les deux Sólawúchim tiennent dans leur main gauche un arc et portent sur l’épaule un carquois en peau de jaguar pour montrer leur pouvoir et leur force. La ligne noire en travers de la figure‚ cachant les yeux‚ les distinguent comme étant les détenteurs du savoir secret de leur pays d’origine. L’ornement noir et blanc au cou montre qu’ils connaissent les corps célestes. La peinture bleue de leurs mocassins signifie qu’ils sont des initiés qui viennent de très loin‚ d’au-delà des étoiles. Celui qui porte la peau de jaguar est le chef‚ celui qui porte une corne sur le côté droit de la tête marche derrière le groupe et il est le deuxième chef. Le dessin de losanges de couleur bleue sur la corne montre la force électrique ou électromagnétique qui rassemble (unit) leurs planètes d’origine.

    Les Kachinas marchant sur les côtés sont d’un rang inférieur. Il est important que les divinités et les Kachinas fassent partie du clan de l’arc‚ car cela démontre que le clan de l’arc a connu les mêmes événements que le clan de l’ours. Le clan du soleil et le clan du coyote ont également les mêmes traditions‚ mais seul le clan de l’arc‚ dont la tradition est la plus complète‚ célèbre la cérémonie des “anciens qui venaient du ciel”.

    Et maintenant voici l’histoire : le clan de l’arc commença sa migration vers le nord à travers la jungle‚ en partant d’une ville appelée “la ville du brouillard” parce qu’il y avait souvent du brouillard. Le mot Hopi pour cette ville est Pamísky. Elle était située très haut dans la montage‚ mais Tewáletsíwa‚ du clan de l’arc‚ ne savait pas exactement où‚ en Amérique du Sud‚ mais il disait : “Si je la voyais‚ je reconnaîtrais facilement l’endroit où se trouvait la ville du brouillard.” Tewáletsíwa connaissait aussi l’histoire de la ville de Táotoóma (Tiahuanaco). Les Kachinas avaient dit au clan d’aller vers la jungle et‚ en partant de la ville du brouillard‚ le clan descendit vers les terres basses. Je suppose que la ville devait se situer quelque part en Equateur .

    Quand le clan de l’arc fut prêt à entreprendre les migrations‚ les Kachinas arrivèrent pour les aider à traverser la jungle. Ils leur montrèrent le chemin et les protégèrent pendant la marche. Ils avaient surtout besoin de protection pour les enfants. Mais les enfants nés en altitude ne purent survivre‚ seulement les enfants nés dans les basses terres. Pendant la journée‚ les Kachinas protégeaient les gens ainsi que cela est montré dans la cérémonie. Les divinités faisaient du bruit avec leurs instruments (crécelles) et les autres Kachinas enfonçaient leur bâton dans la terre‚ ce qui faisait fuir les animaux sauvages. C’est seulement aujourd’hui que l’on utilise des os d’animaux pour les crécelles‚ avant on utilisait des coquillages. Aujourd’hui‚ on n’utilise plus de cuir de jaguar comme avant‚ mais du cuir de biche. Tewáletsíwa disait que les instruments en coquillages dégageaient également des ondes magnétiques. Il parlait très sérieusement des ondes et du bruit des coquillages. Quand le clan se reposait la nuit‚ les Kachinas s’élevaient comme des étoiles au-dessus de la jungle et leur lumière protégeait les gens contre les bêtes sauvages. Je voudrais ajouter que les arcs des Kachinas servaient uniquement à la protection‚ les Hopis ne tuaient pas d’animaux pour se nourrir. A Táotoóma‚ les Kachinas leur avaient demandé de réduire leur consommation de viande et de se nourrir plutôt par des plantes‚ car cela augmentait le niveau du savoir spirituel. Les Kachinas restèrent avec les gens du clan de l’arc jusqu’à ce qu’ils arrivent à Palátquapi.FEU!!!!

    Palátquapi

    Quand les clans furent encore en migration en Amérique du Sud et au Mexique d’aujourd’hui‚ longtemps avant la fondation d’Oraibi par le clan de l’ours‚ beaucoup voulurent se réunir à nouveau. Ils se rappelaient le temps du malheur en Amérique du Sud et de la destruction de leur première ville et ils voulurent‚ à nouveau‚ vivre en harmonie avec le grand esprit Táiowa. Ils ne lui avaient pas obéi et s’étaient éparpillés dans toutes les directions. Sous l’influence des Kachinas‚ ils étaient maintenant décidés à revenir sur le droit chemin. Ceux des chefs qui pouvaient encore se servir de leur troisième œil‚ rassemblèrent les clans afin de fonder un centre culturel d’un niveau élevé de savoir spirituel. Chaque Hopi se rappelle cet endroit. Je crois qu’aucun Hopi ne pourrait jamais oublier cette ville qui fut construite et qui portait le nom de Palátquapi. Dans notre langue‚ cela veut dire “ville rouge”. D’après ma grand-mère‚ Palátquapi fut la première grande ville dans la partie moyenne de l’hémisphère ouest. Les groupes qui ne venaient pas dans ce centre sombrèrent de plus en plus et commencèrent à vénérer le soleil comme leur dieu et ils continuèrent à le faire. Je voudrais encore ajouter que le clan de l’ours avait‚ depuis longtemps‚ traversé cette contrée pour se rendre en Amérique du Nord afin d’ouvrir (gagner) ce pays pour nous. On a retrouvé l’endroit où se situait cette ville. Elle s’appelle maintenant Palenque et se trouve dans l’était mexicain du Chiapas. C’était une grande communauté. Elle ne fut pas construite par des esclaves‚ au contraire‚ cela ne fut pas difficile. Le fondement de tous ces travaux se situaient dans le domaine spirituel. Tout ce qui fut entrepris pour cette communauté le fut pour des raisons spirituelles. Les gens avaient fait l’expérience de ce qui était arrivé à leur première ville et voulurent se prouver à eux-mêmes que‚ cette fois-ci‚ ils feraient mieux. C’était comme s’ils voulait se racheter. C’est ainsi que fut construite cette ville et que des gens de très haut rang s’y retrouvèrent. De plus‚ les relations et les possibilités d’entente avec les Kachinas furent renouées.

    Vue de Palenque. Vue de Palenque

    La Grande Ecole du savoir

      Pyramide de Tajin (Mexique).
     
    Pyramide de Tajin (Mexique). Elle rappelle énormément « la Grande école du savoir » des traditions hopies. Celle qui se trouvait à Palenque (Palátquapi) n’existe plus aujourd’hui.

    A Palátquapi‚ il y avait un édifice qui fut bâti avec un soin particulier. C’était l’édifice le plus important car il devait servir à l’apprentissage. Mon père m’en a parlé quand je n’allais pas encore à l’école. Il me parla des quatre étages de l’édifice et de son utilité. Au rez-de-chaussée‚ les jeunes gens apprenaient l’histoire de leur clan et celle du monde précédent. C’était à peu près la même chose que ce qui leur avait toujours été enseigné. Les étages supérieurs étaient les plus importants‚ laisse-moi t’en parler maintenant. Dans le deuxième étage‚ les élèves étaient instruits sur tout ce qui concerne le plan de vie. Ils apprenaient tout sur la nature qui nous entoure‚ sur les plantes et les animaux‚ à travers un enseignement théorique et pratique – comment poussent les fleurs‚ d’où viennent les insectes‚ les oiseaux et les autres animaux‚ tout ce qui vit dans la mer‚ comment pousse et se développe chaque espèce. Ici‚ on demandait instamment aux élèves d’ouvrir et d’utiliser leur troisième œil. Ils apprenaient aussi les matières chimiques sur lesquelles est basée notre vie. Le corps est composé d’éléments qui proviennent de la terre. Si nous n’obéissons pas aux lois et maltraitons la terre‚ nous devons souffrir non seulement psychiquement‚ mais aussi physiquement. Les maladies qui frappent le corps humain sont causées par la faute des hommes eux-mêmes – ceux qui sont malveillants et que l’on appelle aujourd’hui les faux et les hypocrites. Cela se transmet de monde en monde et c’est encore ainsi que cela se passe aujourd’hui‚ et cela restera ainsi jusqu’à ce que le créateur lui-même change cet état de fait‚ mais ça ne sera pas avant le neuvième monde. En dehors des études‚ les élèves devaient produire la nourriture pour toute la communauté. On se nourrissait de la façon la plus pure et on ajoutait à la nourriture du corps‚ la nourriture de l’esprit. De cette manière‚ les jeunes gens avaient une grande estime pour tout ce qui les entourait. Ils apprenaient que‚ suivant l’ordre établi par le créateur‚ ils pouvaient utiliser les plantes et les animaux pour leur nourriture et pour la construction de leurs maisons. Ils en avaient la permission‚ mais avant ils devaient prier pour qu’ils comprennent que ce qu’ils prenaient était un cadeau. De cette façon‚ ils ne détruisaient rien‚ ils acceptaient les cadeaux et la vie qui les entourait restait telle qu’elle était. Encore aujourd’hui‚ chaque Hopi bien éduqué spirituellement prie et remercie. Cela est important et notre peuple devrait toujours le faire. Cette deuxième étape était‚ en fait‚ le vrai début de leurs études et toutes leurs connaissances les accompagnaient toute leur vie.

    Au troisième étage de l’édifice se trouvaient les jeunes qui avaient traversé les deux premières étapes de l’apprentissage. Ils avaient entre douze et vingt ans. Avant d’atteindre le troisième étage‚ ils avaient eu l’occasion de connaître différents hommes‚ différentes mentalités et pensées. Ils étaient assez mûrs pour avoir pu faire leurs propres observations et expériences. A présent‚ ils devaient faire connaissance avec le corps humain‚ l’esprit et notre relation avec notre origine divine. D’abord ils s’occupaient de la tête. Le créateur nous a donné un merveilleux instrument‚ le cerveau. Là‚ toutes les pensées agissent ensemble avec la partie corporelle de l’être humain. Ils étudiaient aussi la structure de l’esprit et comment le créateur agit sur l’humanité et sur tout ce qui existe dans l’univers. Celui qui a tout parfaitement appris‚ ne connaît plus de barrières de langage. Il peut communiquer avec les plantes‚ les animaux‚ avec chaque créature de notre monde. Cela constituait une partie de ce qui était enseigné au troisième étage‚ c’est-à-dire d’accorder cet esprit merveilleux avec celui de dieu‚ comme vous l’appelez‚ ou avec notre créateur‚ comme notre peuple l’appelle. Le deuxième point important était la voix. Les ondes sonores que nous produisons ne sont pas destinées (et limitées) uniquement à ceux qui nous écoutent‚ mais elles atteignent l’univers tout entier. C’est la raison pour laquelle elles doivent être harmoniques‚ car ainsi nous louons notre créateur. C’est pourquoi les Hopis‚ dans leurs cérémonies‚ chantent des louanges pour la nature qui nous entoure et pour les éléments. Tout ce que nous disons est écrit continuellement‚ mais tout ce qu’un être humain dit pendant toute sa vie ne prend pas plus de place qu’une petite tête d’épingle. Tu vois combien ton magnétophone‚ ici sur la table‚ est démodé et en retard ? Toutes les voix‚ tout ce qui a été dit dans le troisième monde‚ sont gardés dans une grotte quelque part en Amérique du Sud. Ma grand-mère m’en a parlé un jour‚ mais elle m’a dit aussi que plus personne ne connaît l’endroit où se trouve cette grotte.

    Puis venait l’enseignement sur tout ce qui concerne le cœur. C’est le siège de nos pensées ; ici nous trouvons la compréhension et la pitié qui sont si importantes.

    L’autre côté essentiel de notre cœur est sa relation avec le sang contenu dans notre corps. Le sang a une telle importance que l’homme ne doit jamais expérimenter avec lui. Le créateur a interdit tout mauvais usage du sang. Le grand danger de ce mauvais usage se trouve encore dans le futur‚ c’est ce que l’on nous a dit.

    Maintenant‚ nous arrivons à l’étage le plus élevé de l’édifice. A ce niveau‚ on étudie l’univers qui nous entoure‚ la création et le pouvoir divin.

    Les étudiants étaient informés de toutes les particularités de notre système planétaire‚ pas seulement ce que l’on peut observer‚ mais aussi sur leur ordre. Ils savaient‚ et c’est pourquoi nous le savons aussi‚ que sur la lune se trouve du sable fin‚ que la terre est ronde et qu’il n’y a pas de vie sur Vénus‚ Mars ou Jupiter. Ce sont des planètes mortes sur lesquelles l’homme ne peut pas vivre. Si vos scientifiques nous l’avaient demandé‚ nous aurions pu leur dire qu’ils allaient trouver du sable fin sur la lune.

    Nous avons aussi appris qu’il existe un plan global du créateur que l’être humain doit suivre. S’il faillit au plan‚ il n’est plus l’enfant de la force divine et doit être puni. La loi du créateur a l’air très simple‚ mais il est quand même très difficile de lui obéir. Tout ce qui porte préjudice à l’être humain‚ tout ce qui trouble la tranquillité (la paix) de l’homme‚ viole la loi du créateur. Il en ressort que le crime le plus grave que l’on peut commettre est la destruction de la vie d’un être humain. Rien n’est pire.

    Puis on nous a donné des informations concernant le huitième monde. Ce monde existe mais personne ne sait où il se trouve. Tous les êtres humains qui meurent s’y rendent. Il consiste en deux planètes‚ l’une pour les gens bons‚ l’autre pour les méchants. Quand ce sera la fin du septième monde‚ tous les gens bons du septième monde et du huitième monde iront dans le neuvième monde. Le neuvième monde n’existe donc pas encore. Il ne sera créé qu’en temps voulu‚ ici sur cette terre. Le neuvième monde ne se terminera jamais‚ il sera éternel. Les gens méchants resteront pour toujours sur leur planète‚ aveugles et dans les ténèbres.

    Dans le neuvième monde‚ il n’y aura plus de différences de races. Tu prendras ma couleur de peau ou moi la tienne‚ nous ne le savons pas‚ mais il n’y aura plus de races différentes. Nous devrons travailler et tout sera merveilleux. Mais ce dont parlent les Chrétiens – des anges et tous ces gens qui jouent de la harpe – ça n’existera pas. Notre créateur n’est pas un paresseux.

    C’est tout‚ en ce qui concerne l’apprentissage et l’enseignement. L’édifice même‚ dans sa construction en gradins‚ du sol jusqu’au dernier étage‚ représentait pour nous le savoir croissant‚ l’ascension vers les niveaux supérieurs de l’esprit‚ la compréhension croissante pour les miracles de notre monde. D’après notre tradition‚ un tel édifice existait également à Táotoóma.

    L’enseignement était donné par les Kachinas. Le créateur était mis au courant de nos progrès car il était en relation avec les Kachinas par transmission de pensées. Le choix des personnes pouvant aller dans cette école était également décidé par les Kachinas‚ car ce sont eux qui désignaient les enfants avant leur naissance pour une telle vie d’apprentissage‚ de dévouement et d’abnégation. C’est pourquoi seuls les Kachinas étaient capables de désigner ceux qui pouvaient monter de niveau et atteindre finalement le dernier étage de cette grande école de la vie. Peu d’entre eux atteignaient le but. Ceux qui y parvenaient étaient en harmonie parfaite avec le créateur divin‚ c’est pourquoi je les appellerai des “grands hommes saints”. A ce propos‚ je dois te parler d’un homme que j’ai eu la chance de connaître. Son nom était Aápa. Il appartenait au clan de mon grand-père‚ le clan du blaireau‚ et il fut l’un des grands visionnaires de notre temps. De tels hommes sont parfois appelés hommes-médecine‚ même par nos gens‚ mais en fait ils ne le sont pas. Les événements que j’ai vécu avec lui‚ et les choses qu’il faisait étaient pour moi remplis de mystère. Souvent‚ il utilisait son troisième œil. Un jour‚ il m’a dit que l’on pouvait changer de côté‚ c’est-à-dire passer du côté corporel de notre vie vers le côté spirituel. La frontière entre les deux serait à peine perceptible. Tous ceux qui voient avec leur troisième œil peuvent la traverser. Aápa nous a montré également comment on peut‚ à l’aide de la lune‚ voir l’autre côté de la terre. Il nous a montré et enseigné beaucoup de choses que tu ne pourrais pas croire sans les voir toi-même. Il fit ces choses en présence de mes parents et‚ en tant que fils aîné‚ je pus y assister. Je pourrais t’en dire plus mais‚ pour quelqu’un qui n’a pas vécu lui-même de telles expériences‚ ce serait difficile à croire ou à comprendre. Il nous disait encore que tout ce savoir provenait justement du quatrième étage de l’édifice en question et fut transmis à ses ancêtres desquels il le tenait.

    Tous ces hommes qui consacrent tout leur temps à ces tâches importantes‚ marchant sur un chemin étroit‚ sont confrontés à de nombreux dangers et tentations. Mais il a toujours existé des hommes qui atteignirent ce but élevé. Aujourd’hui‚ un tel homme est appelé Náquala‚ ce qui signifie conseiller ou bienfaiteur‚ et cela montre son abnégation et son dévouement dans la vie et ses devoirs envers son peuple en tant que guide. Un tel homme ne se laisse pas détourner de son chemin de vérité.

    A tous ceux qui avaient atteint ce but‚ les Kachinas leur accordaient la faveur de ne pas être obligés de mourir ; ils pouvaient quitter notre terre sans être morts. Cela a déjà existé dans la ville de Táotoóma (Tiahuanaco). Ces gens nous ont quitté réellement dans leur corps humain et sont partis vers un système planétaire que nous ne connaissons pas.

    Les Kachinas nous encouragèrent à apprendre beaucoup pour pouvoir atteindre le plus haut rang. Ils nous rappelaient toujours que la vie était devant nous et que nous ne devions jamais oublier ce que nous avions appris dans cette Grande Ecole. Ils nous dirent aussi qu’un jour‚ dans l’avenir‚ il y aurait encore des malheurs et que nous devions tout faire pour rester proches du pouvoir divin.

    Malheur et déchéance

    Pendant des siècles‚ les gens de Palátquapi restèrent sur le droit chemin. Partout régnait l’harmonie. Après un certain temps‚ certains clans commencèrent à partir pour s’installer plus loin. Plus les nouvelles colonies s’éloignaient et moins elles avaient de contacts avec nos enseignants les Kachinas. Les hommes qui avaient atteint le niveau le plus élevé de notre Grande Ecole furent envoyés comme délégués dans ces nouvelles colonies. Ils utilisaient leur troisième œil pour choisir les jeunes gens à qui ils pouvaient transmettre leur savoir. Mais‚ finalement‚ beaucoup de colonies perdirent le contact avec nos guides et quittèrent le droit chemin. A l’intérieur des clans et aussi entre les différents clans‚ des disputes éclatèrent et eurent pour conséquence de séparer les clans. Encore plus de gens quittèrent Palátquapi. Ils partirent en Amérique Centrale et au Yucatán. Ils construisirent des villes‚ et de grandes cultures y prirent également naissance.

    A nouveau une époque survint où même des guides spirituels se mirent du côté des pécheurs‚ je veux dire que eux aussi quittèrent le droit chemin. Et le temps arriva où notre peuple fut à nouveau séparé.

    Les clans les plus importants qui quittèrent Palátquapi furent le clan du serpent et le clan de l’arc. Mais de ces deux clans‚ des parties importantes restèrent à Palátquapi. Il s’agissait de gens qui continuaient à obéir aux lois du créateur. Je dois ici t’expliquer la structure de nos clans‚ pour que tu comprennes la répercussion que peut avoir une telle scission.

    Pour comparer‚ imagine deux frères portant naturellement le même nom de famille. Quand un des frères déménage‚ il y aura deux fois le même nom de famille‚ une fois dans la ville et une fois ailleurs. Je vais citer le clan du serpent comme exemple. Comme tous les clans‚ le clan du serpent comprend plusieurs groupes. Dans le cas présent‚ ce sont six groupes appelés également clans‚ car nous avons un serpent à six têtes. Le groupe le plus élevé est le clan Kaátoóya. Kaátoóya est le serpent qui montre la direction de l’ouest‚ c’est-à-dire du coucher du soleil‚ la mort. D’après la tradition du clan du serpent‚ c’est le serpent le plus important car c’est lui qui prononce la sentence quand nous quittons la terre. Ici‚ tu peux voir comment nous utilisons et parlons des symboles. Les gens pensent que nous n’avons rien d’autre‚ mais c’est faux car nous savons ce qu’il y a derrière les symboles. Dans le cas présent‚ Kaátoóya est la divinité la plus importante du clan du serpent‚ mais nous parlons d’elle comme d’un serpent. Pour les autres cinq directions‚ il y a chaque fois un serpent et un clan. Quelques-uns des clans du serpent étaient devenus désobéissants envers leur divinité Kaátoóya‚ à Palátquapi‚ et sont partis. Mais trois clans – ouest‚ est et nord – sont restés avec leur divinité. C’est pourquoi nous pouvons dire d’un côté que le clan du serpent avait quitté la ville et de l’autre côté que le clan du serpent était resté en ville. Tu vois‚ il n’y a pas de contradiction. Dans le cas du clan du serpent‚ il arriva même que ceux qui sont partis ont fait plus tard la guerre contre leur propre divinité la plus élevée. Comme je l’ai dit‚ les clans qui sont partis de Palátquapi ont construit beaucoup de villes. Quelques ruines de ces villes furent retrouvées‚ mais on en découvrira davantage dans le futur‚ il y aura donc plus de preuves pour notre tradition. La capitale du clan de l’arc était le grand centre de Tikal. On y a trouvé une sculpture d’une tête en pierre avec un serpent dans la bouche. Il s’agit de la divinité Saáviki. Je te raconterai plus tard une histoire à son sujet.

      Vue aérienne de Tikal.
     
    Vue aérienne de Tikal

    Le Yucatán fut peuplé par le très puissant clan du serpent. Là aussi‚ beaucoup de villes furent construites. Sur de nombreux rochers se trouve le serpent à plumes. Chichen Itza était la capitale. Les chefs de ces clans étaient partis de Palátquapi parce qu’ils voulaient régner eux-mêmes et‚ bientôt‚ ils se sentirent aussi forts que ceux de Palátquapi. Ils quittèrent le droit chemin et prirent des chemins différents. Jusqu’à ce moment-là‚ et pendant toute la première phase de la séparation‚ Palátquapi fut toujours le vrai centre. Je dirais que les autres villes au Yucatán et en Amérique Centrale furent des villes secondaires. Mais l’émigration affaiblissait la puissance de Palátquapi et ses chefs pressentaient qu’il y aurait la guerre. En même temps‚ beaucoup de clans restèrent attachés à leur croyance‚ la plupart d’entre eux demeurèrent à Palátquapi. Mais certains furent également parmi les émigrants et purent être‚ malgré tout‚ en mesure de rester sur le droit chemin car ils n’avaient jamais participé à la destruction des anciens mondes‚ ils étaient les élus. Quand les initiés de très haut rang‚ qui avaient atteint le quatrième niveau‚ virent le danger‚ ils se rendirent dans les autres villes afin d’obtenir une réunification‚ mais ils n’eurent plus de pouvoir sur elles. Il y eut de nombreux démêlés guerriers dans toute la région. Le clan du serpent et le clan de l’arc – les parties de ces clans qui avaient quitté Palátquapi – se combattirent. Finalement‚ les guerres eurent pour conséquence la complète destruction des villes. Les continuelles atteintes contre les lois divines provoquèrent une telle perversion et un tel désordre dans toute la région que les gens voulurent simplement ne plus y vivre. Tout fut dégradé et personne ne put remplir correctement ses obligations religieuses. Ils ne purent rien faire d’autre que de partir à nouveau en migration. Certains de ces clans s’installèrent ici‚ à Shingópovi‚ puis à Oraibi‚ et enfin à Hotevilla. C’est pourquoi à Hotevilla‚ encore aujourd’hui‚ chaque année au mois de février a lieu la célébration du serpent à plumes.

    Au cours de ces temps terribles à Palátquapi et au Yucatán‚ les Kachinas nous quittèrent. C’est depuis ce temps qu’ils ne sont plus avec nous et tout ce que nous pouvons faire est de prendre exemple sur eux. Quand ils sont partis‚ ils nous ont dit : “A partir de maintenant‚ vous ne pouvez compter que sur vous-mêmes.”

    Peut-être te demandes-tu comment ce malheur a pu s’abattre sur Palátquapi et le Yucatán en dépit de la présence des Kachinas. Je peux te dire qu’à chaque fois‚ dans le passé‚ que quelque chose du même genre est arrivé‚ cela n’était pas le plan des Kachinas mais des hommes. Les Kachinas les ont mis en garde‚ mais la plupart des hommes voulaient conquérir et faire des guerres. Ils n’écoutaient pas les sermons et conseils et continuèrent à porter atteinte aux lois du créateur. C’est la raison pour laquelle beaucoup de clans et peuples furent détruits. Quand les clans menaient réellement la guerre‚ les Kachinas ne s’en mêlaient pas. Ils ne voulaient pas s’en mêler car la terre appartient aux hommes. C’est l’homme qui est responsable et il détermine ses actes lui-même. Ce que les hommes ont fait‚ ils l’ont fait d’eux-mêmes‚ et ils vont en subir les conséquences. Mais le jour du règlement des comptes n’est pas encore là. Seulement aujourd’hui‚ à notre époque‚ l’humanité approche du temps de la punition.

    Beaucoup de légendes existent concernant les combats pendant ces temps de troubles et de destructions.

    Háhäwooti

    Un groupe de clans émigra vers le nord en direction de la barrière de glace. Quand ils arrivèrent‚ des différences d’opinion éclatèrent entre les chefs. Certains clans restaient fidèles aux anciennes croyances pendant que d’autres s’en détachaient. Ces derniers décidèrent d’arrêter la migration et de retourner à Palátquapi. Ces clans qui revenaient du nord avaient développé leurs propres idées et enseignements. Quand‚ enfin‚ ils arrivèrent à Palátquapi‚ ils virent cette ville épanouie et les gens qui continuaient à suivre les anciennes croyances ; ils en devinrent très envieux. Les gens de Palátquapi et les nouveaux arrivants ne purent vivre ensemble à cause de leurs différences de croyances. C’est ainsi que ces derniers s’installèrent en dehors de la ville mais pas trop loin. Ils appartenaient à un clan puissant‚ le clan du feu. C’était le clan qui régna pendant le premier monde et‚ finalement‚ causa sa destruction. L’envie et la jalousie poussèrent le clan du feu à attaquer Palátquapi. Nous gardons vivant le souvenir de ce combat par quelques-unes de nos cérémonies dans lesquelles les héros de ces démêlés apparaissent. L’un des clans qui restèrent à Palátquapi et ne continua pas sa migration fut le clan Aása. Aása veut dire graines de moutarde‚ qui faisait partie de notre nourriture en hiver à nos débuts ici‚ à Oraibi. Le nom du clan fut transformé plus tard en Astak mais‚ à l’époque‚ c’était toujours le clan Aása. Les gens de ce clan obéissaient à leurs chefs et restaient fidèles aux enseignements des Kachinas. Parmi eux se trouvait une famille avec trois enfants‚ une fille et deux garçons‚ qui jouèrent un rôle important dans cet événement de notre histoire tribale. La fille s’appelait Háhäwooti. Elle était très têtue et écoutait à peine ses parents. Mais elle était forte et‚ tout en étant la cadette‚ n’avait pas peur d’exécuter des travaux d’homme quand ses frères étaient absents. Le frère aîné s’appelait Cháckwaina et l’autre Héoto. Palátquapi était entouré d’un mur de pierres et bien protégé. La ville avait déjà été attaquée de nombreuses fois‚ mais elle avait toujours pu se défendre et détruire l’ennemi. Quand le clan du feu commença son attaque‚ Héoto courut vers la maison pour prévenir ses parents. La mère était justement en train de coiffer Háhäwooti. Elle avait disposé les cheveux en rosette en haut du côté gauche de la tête‚ maintenant elle passait le peigne dans les cheveux du côté droit. C’est alors que Cháckwaina fit irruption dans la maison pour relater ce qui se passait. Puis il regarda sa sœur et dit : “Tu as toujours agi selon ta propre volonté et tu n’obéis jamais ni n’écoutes les parents ; maintenant‚ nous allons voir si tu es courageuse et si tu peux nous aider à défendre la ville.” Háhäwooti répondit à son frère : “Je vais te le montrer.” Et avant que sa mère n’ait pu lui attacher les cheveux du côté droit‚ elle prit l’arc et les flèches et partit en courant.

     

    C’est pourquoi‚ dans la cérémonie‚ elle porte un carquois‚ un arc et des flèches‚ et ses cheveux sont défaits d’un côté. Elle montra vraiment beaucoup de courage pendant le combat‚ mais c’était son frère qui l’avait encouragée. Tous les trois se battirent avec courage – mais c’est surtout Háhäwooti qui guida le peuple – ils boutèrent l’ennemi hors de la ville et le poursuivirent très loin. Plus jamais il ne revint attaquer la ville. Háhäwooti‚ Cháckwaina et Héoto sont devenus des Kachinas grâce à leurs exploits. Pendant la cérémonie‚ les danseurs qui représentent les trois héros répètent et imitent leurs gestes et‚ en témoignage de leur grand courage‚ Háhäwooti et Cháckwaina ne sont pas obligés de danser avec les autres danseurs (Kachinas)‚ ils ont un rôle déterminant et peuvent sortir du rang. Ils portent des masques noirs‚ ce qui n’a rien à voir avec la race mais est le signe qu’ils sont maintenant des initiés et ne sont plus des êtres humains. La vraie signification de la couleur noire est le symbole de tout ce qui est mystérieux‚ connu seulement du créateur. Sur un côté du visage de Cháckwaina est dessinée une lune‚ et sur l’autre une étoile. Ces symboles sont très importants. Comme nous le savons‚ la lune est loin de la terre‚ mais encore visible‚ la lune attire l’attention sur une grande distance dans l’univers‚ c’est pour reconnaître la distance encore plus grande de l’étoile. Cette étoile est le signe du système planétaire où habitent les Kachinas. Cette étoile et ses planètes ne sont même pas encore connues par les astronomes actuels. Elles ne seront découvertes qu’à la fin du septième monde. C’est à ce moment-là que nous serons informés de la Confédération des planètes mais aujourd’hui‚ dans l’état actuel de nos connaissances‚ nous ne pouvons pas encore nous y rendre. Tu vois que pendant nos cérémonies‚ les actes de Háhäwooti et de ses frères jouent un rôle important. C’est de cette manière que nous gardons l’histoire en mémoire et que nous savons exactement ce qui s’est passé.

    Le combat entre le clan du serpent et le clan de l’arc

    C’est également une histoire importante. Depuis le combat‚ beaucoup de temps s’est écoulé et notre peuple a beaucoup marché pour arriver enfin ici‚ sur notre terre. Mais nous avons toujours gardé vivant le souvenir de tous ces événements réels qui se sont passés‚ même si les membres d’un certain clan‚ qui sont toujours parmi les Hopis‚ n’aiment pas beaucoup y penser. Je veux te raconter cette histoire parce que l’on a trouvé des preuves sous forme de dessins rupestres et de sculptures. Comme je l’ai déjà mentionné‚ parmi les guides spirituels‚ une scission s’était produite. Certains voulurent continuer à enseigner et à éduquer les jeunes gens en harmonie avec notre important héritage spirituel. Le clan du serpent en faisait partie. Mais d’autres‚ dont le clan de l’arc‚ ne voulurent pas continuer ainsi. Ce clan avait déjà agi de la sorte quand il participa à des accords qui conduisirent vers la destruction du troisième monde‚ ce fait étant connu par les Hopis. Nous connaissons également la forme d’énergie qui fut utilisée pendant ce combat. Les scientifiques de nombreux pays travaillent au développement de telles armes. Le clan de l’arc affirmait que sa façon de vivre l’avait rendu plus fort et il a provoqué le clan du serpent‚ ainsi que d’autres clans. Ils acceptèrent le défi. Avant de continuer cette légende‚ je dois te dire encore quelque chose sur le clan du serpent. Nous‚ les Hopis‚ nous sommes les seuls à avoir comme symbole le serpent à six têtes. Une tête est dirigée vers l’est‚ une vers le nord‚ une vers l’ouest‚ une vers le sud‚ une vers le haut et l’autre vers le bas. Il s’agissait des directions spirituelles des différents clans du serpent de cette époque-là. Chacun des six serpents avait sa propre signification et ses propres tâches. Je ne veux pas tous les expliquer ici mais seulement celui qui joue un rôle dans cette histoire‚ à savoir celui qui montre la tête vers le bas‚ qui agit sous la surface de la terre. Nous connaissons vraiment un serpent qui s’enterre sous le sable et que nous appelons serpent des sables‚ il est connu sous le nom de “Sidewinder” (un serpent à sonnette du désert). En raison de la puissance de ce serpent‚ le clan du serpent fut “invité” à assurer la défense de la ville et tu verras bientôt pourquoi. Les chefs des deux côtés se rencontrèrent afin de fixer les règles du combat. Il y eut d’importantes querelles comme aujourd’hui parmi les chefs d’états. On se mit d’accord pour que le combat commence deux jours après la fin de la réunion et que chaque côté essaye‚ pendant quatre jours‚ de conquérir la ville de l’ennemi. Le clan de l’arc voulut bien que ce soit le clan du serpent qui commence les hostilités‚ mais ce dernier dit : “Non‚ vous nous avez provoqués‚ c’est donc vous qui commencerez.” On s’est mis d’accord ainsi. Le combat devait commencer chaque jour au lever du soleil et se terminer quand le soleil touche l’horizon. Ce ne fut pas une guerre où l’on se bat homme contre homme avec des massues ou des arcs et des flèches. Les villes étaient distantes de 80 à 100 kilomètres l’une de l’autre et il s’est agi d’une guerre scientifique et technologique entre deux groupes très puissants. C’est pourquoi les deux clans n’aiment pas en parler‚ même aujourd’hui. Pendant les deux jours suivants‚ toutes les préparations furent entreprises et‚ le troisième jour‚ quand le soleil apparut au-dessus de l’horizon‚ le combat commença. Le clan de l’arc bombarda la ville du clan du serpent avec les armes les plus fortes et les plus effrayantes dont il disposait. Ce qu’il utilisa est appelé aujourd’hui de l’énergie électrique‚ similaire à la foudre. Ce clan du serpent s’y était préparé. Le serpent que j’ai mentionné précédemment aida les gens à aller sous la terre et à se protéger avec un bouclier puissant et une sorte d’énergie électrique. Pendant la journée‚ seuls les chefs apparaissaient de temps à autre sous un bouclier pour voir la position du soleil. Ce fut difficile pour tous et tout le monde était soulagé quand le soleil se couchait et que tout redevenait tranquille. Il n’y avait plus ce tonnerre comme à chaque fois que la force puissante touchait le bouclier. On enleva le bouclier et tout le monde put sortir. Le clan de l’arc savait qu’il n’avait fait aucun mal au clan du serpent et que ce dernier l’attaquerait le lendemain. Et maintenant‚ c’était au tour du clan de l’arc de faire des préparatifs de protection. Le jour se leva et le clan du serpent attaqua la ville du clan de l’arc. Il se donna beaucoup de mal ; ce fut comme un tir avec des explosifs atomiques tant les armes du clan du serpent étaient puissantes ! Mais le clan de l’arc avait également un bouclier puissant‚ car les deux côtés avaient fait d’importants progrès scientifiques. Et ainsi‚ le clan de l’arc put survivre ce deuxième jour. Le troisième jour‚ aucune décision ne tomba‚ mais le clan de l’arc perdit sa chance de victoire. Le quatrième jour arriva et donc la dernière chance de victoire était pour le clan du serpent. Il fit tout son possible mais ne put briser le bouclier de l’adversaire. Après quelques heures‚ dans l’après-midi‚ le clan du serpent décida de tenter quelque chose d’autre pour montrer sa force à l’adversaire. On cessa de tirer et on fit l’usage des capacités du serpent de pouvoir s’enterrer. Ils construisirent un tunnel au-dessous des fortifications du clan de l’arc. Les gens du clan de l’arc s’étonnèrent que les bombardements s’arrêtent avant le coucher du soleil. Ils se demandèrent ce qui se passait ou si le clan du serpent avait abandonné. Ils étaient encore à se poser ces questions quand le chef du clan du serpent sortit du tunnel et dit : “Nous sommes ici et vous êtes vaincus. Nous pourrions vous tuer maintenant. Nous n’allons pas vous tuer‚ mais à partir de maintenant votre divinité Sáaviki doit porter un serpent dans la bouche lors de notre cérémonie‚ tous les quatre ans.” Ce fut la fin du combat. Dans notre région‚ il y a des dessins rupestres avec un homme portant un serpent dans la bouche et‚ à d’autres endroits‚ se trouvent des sculptures qui montrent la même chose‚ par exemple à Tikal. Pour rester dans notre mémoire‚ la divinité du clan de l’arc porte un serpent dans la bouche pendant la cérémonie Powámuya‚ ici à Oraibi. C’est ainsi que les Hopis se rappellent ce qui se passa il y a longtemps au Yucatán.

    L’éclatement

    Après ces temps très troubles à Palátquapi et au Yucatán‚ nous nous sommes désunis. Palátquapi même ne fut pas détruite par la guerre. Les gens sont partis‚ Palátquapi avait perdu sa puissance et fut finalement détruite par un tremblement de terre. C’était quand le serpent fut remonté (parvenu en haut) et les jumeaux commencèrent leur long voyage. Beaucoup de clans reprirent leur migration‚ mais d’une manière isolée les uns des autres. Les Kachinas nous aidaient seulement en nous montrant le chemin. On n’utilisait plus de vaisseaux spatiaux. Cette fois-ci‚ nous devions vraiment nous battre. Nous devions mériter de posséder cette terre.

    Ancien dessin gravé sur un rocher près d’Oraibi. Cette gravure est antérieure à l’invention des avions ! Ancien dessin gravé sur un rocher près d’Oraibi. Cette gravure est antérieure à l’invention des avions !

    Les migrations s’effectuèrent en direction des quatre points cardinaux. Les gens étaient venus du sud et maintenant‚ sur cette partie du continent‚ ils devaient se diriger vers le nord‚ l’est et l’ouest. Notre peuple était en marche dans toute l’Amérique du Nord. Des ruines et des tombeaux sur l’ensemble du continent attestent de nos mouvements. Nous sommes le seul peuple qui‚ même durant les migrations‚ construisirent des maisons en dur. Le créateur le souhaitait ainsi. Nous ne montions ni tentes ni huttes légères‚ seulement de vraies maisons‚ dans lesquelles nous restions parfois plusieurs années avant de poursuivre notre chemin. De tels lotissements ou leurs ruines montraient aux groupes qui arrivaient après nous que nous étions passés là longtemps avant eux. D’autres groupes méprisaient l’ordre. Certains commencèrent les migrations et ne les terminèrent jamais ; d’autres restaient sur place quand ils trouvaient une région qui leur plaisait.

    Le rocher où les différentes tribus ont gravé leurs symboles lors des différentes migrations (Grand Canyon) Le rocher où les différentes tribus ont gravé leurs symboles lors des différentes migrations (Grand Canyon)

    Ils ne restaient que peu de groupes qui obéissaient toujours aux lois et qui transmettaient les vraies traditions. Tous les autres n’avaient plus la même religion‚ il leur manquait le savoir‚ alors que Táiowa les avait tous créés.

    Casas Grande

    Les clans s’étendaient sur toute l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord. Les quelques clans qui continuèrent à respecter les lois essayèrent de trouver des guides spirituels. Ils cherchaient des enseignants car ils savaient qu’ils ne pouvaient pas remplir ce rôle eux-mêmes. Alors‚ à nouveau‚ quelques chefs spirituels décidèrent de réunir leurs clans afin d’enseigner aux jeunes générations le plus haut niveau de compréhension concernant les relations entre les hommes et le créateur‚ et enfin pour leur transmettre tous nos merveilleuses traditions qui‚ depuis le premier monde‚ sont restées vivantes à travers et malgré toutes les migrations et les temps difficiles. A cette époque‚ on construisit la merveilleuse ville que l’on appelle aujourd’hui Casas Grande. Il semblerait que seulement quatre clans importants y aient vécu. Aujourd’hui‚ nous y trouvons les symboles du clan de l’aigle‚ du clan du serpent‚ du clan du maïs et du clan des fantômes. Il reste également des traces pouvant être des symboles d’autres clans. Je me rappelle bien d’un jour‚ quand j’allais encore à l’école‚ où j’étais assis près de mon père. Il me demanda ce que j’avais appris à l’école. Il ne sembla pas satisfait de ma réponse et commença à me parler de cette ville. Quand plus tard j’eus la chance de pouvoir la visiter avec mon père‚ je l’ai trouvée exactement telle qu’il me l’avait décrite‚ ainsi que son frère ultérieurement. Or‚ ils n’avaient jamais été à cet endroit. Alors comment ont-ils pu la décrire aussi précisément ? Naturellement‚ parce que leurs pères leur en avaient parlé de nombreuses fois. C’est de cette manière que nous gardons nos traditions. Les quatre clans se donnèrent beaucoup de mal pour attirer d’autres clans et‚ pendant un certain temps‚ cette ville devint un centre important. Sa fin arriva quand elle fut attaquée par le clan de l’araignée. Les clans qui habitaient la ville se défendirent avec courage‚ mais quand l’ennemi détourna la rivière qui alimentait la ville‚ ils durent renoncer. Ils n’ont pas capitulé car ils ont creusé un tunnel par lequel ils se sont tous sauvés. Les Kachinas ne les accompagnaient pas car‚ comme je l’ai déjà dit‚ ces derniers pouvaient se rendre invisibles pour quitter la ville. Cette ville fut le dernier grand lieu de rassemblement avant la réunification finale‚ ici à Oraibi.

    Oraibi

    Shungópovi est (avec Oraibi) un des plus ancien village du continent américain ayant été habité continuellement depuis sa fondation.  
    Shungópovi est (avec Oraibi) un des plus ancien village du continent américain ayant été habité continuellement depuis sa fondation.
     

    Il est connu que d’ici viendra la vraie connaissance. Oraibi est le plus vieux village de ce continent ayant été habité continuellement depuis sa fondation. Même les scientifiques furent obligés de l’admettre‚ d’une certaine façon. Ils ont examiné le bois ayant servi à la construction de nos maisons et ont conclu que le village fut créé vers 1150. Cela vous semble peut-être vieux‚ mais pour nous ce n’est que quelques siècles. Les archéologues ont jugé‚ d’après le bout de bois le plus vieux qu’ils ont trouvé‚ mais en réalité trois villages se trouvent en-dessous des bâtiments actuels et le premier village fut fondé il y a 4.000 ans. Oraibi ne fut pas le premier village de cette région. Le tout premier s’appelait Shungópovi et se trouvait au pied de la falaise du deuxième plateau‚ en-dessous du village actuel qui porte le même nom. Après quelques temps‚ il y eut une dispute entre deux frères à propos de la femme de l’un d’eux. Le plus jeune‚ Machito‚ décida de quitter le village et de fonder son propre village. Il l’appela Oraibi‚ et il s’appelle encore ainsi aujourd’hui. Comme Machito faisait partie du clan de l’ours et connaissait toutes les traditions de ses ancêtres‚ il apporta quelque chose qui‚ aujourd’hui‚ représente la possession la plus précieuse des Hopis‚ c’est-à-dire les quatre tablettes (planches) sacrées. Ce sont ses aînés qui les lui ont remis quand il décida de fonder son village.

      Seconde tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)
     
    Seconde tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)

    Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent avant que tous les clans qui devaient venir soient arrivés. Déjà‚ longtemps avant la fondation d’Oraibi‚ les clans qui devaient venir s’installer ici avaient été choisis. Mais même ces clans choisis ne purent venir quand ils le désirèrent. Ce sont leurs Kachinas qui devaient leur dire : “Maintenant‚ il est temps pour vous d’y aller”‚ et ils sont venus. Ce fut la dernière fois que les êtres humains purent voir leurs divinités. A partir de là‚ d’autres Kachinas furent désignés pour rester avec les clans‚ mais seulement sous une forme spirituelle‚ et non plus corporelle‚ ne l’oublie pas. Chaque clan qui désirait venir à Oraibi devait d’abord s’installer à quelques kilomètres d’ici. Il y a de nombreuses ruines dans les environs qui furent de tels sites provisoires. Après un certain temps‚ les clans pouvaient envoyer leurs représentants pour rencontrer nos chefs afin de demander la permission de pouvoir s’installer ici durablement. Ils devaient raconter toute leur histoire passée‚ l’histoire de leurs migrations‚ où ils étaient allés‚ ce qu’ils avaient fait et s’ils avaient suivi les lois divines. Toute leur histoire complète devait être rapportée à mes pères du clan de l’ours. Mais‚ pour pouvoir être acceptés‚ il ne suffisait pas d’avoir terminé la migration‚ les clans devaient aussi préciser comment ils pensaient participer aux cérémonies successives annuelles. Il existe un cycle annuel qui n’est complet que si toutes les cérémonies de chacun des clans sont représentées et si l’ensemble se complète. Par conséquent‚ un clan qui voulait s’installer à Oraibi devait être en mesure de contribuer à notre cycle‚ avec sa propre cérémonie.

    Les premiers clans qui arrivèrent après le clan de l’ours furent le clan des fantômes (clan du feu)‚ le clan de l’araignée et le clan du serpent. Tous ces clans réunis ne représentaient pas un très grand nombre d’habitants‚ car seuls les clans choisis étaient ceux qui vivaient en concordance avec le plan du créateur.

    Certains clans ne purent être acceptés‚ bien qu’ayant la même origine que nous‚ mais ils n’avaient pas terminé leur migration. Ils s’installèrent dans les environs et on les désigne aujourd’hui comme les tribus pueblos. Bien sûr‚ le mot pueblo est d’origine espagnole‚ mais nous‚ nous leur donnons toujours leur vrai nom‚ comme par exemple les Si’os‚ que l’on appelle maintenant souvent Zuni‚ ou les Lagunas‚ les Pawaatees et les Hóotitim‚ entre autres.

    Cérémonie chez les Indiens Pueblos de Santa Clara

    D’autres clans ne purent être acceptés pour d’autres raisons‚ notamment le clan Aása. Ses membres vécurent un certain temps dans le Chaco Cañon‚ puis ils souhaitèrent venir ici. Ils nous montrèrent leur cérémonie‚ mais nos chefs dirent : “Non‚ nous n’en n’avons pas besoin.” Alors ils se sont souvenus des champs fertiles quelque part dans le Sud et ils y sont retournés. Beaucoup plus tard‚ ils sont devenus le grand peuple des Aztèques. Comme je te l’ai déjà dit‚ le clan Aása s’appelait à cette époque-là Astak‚ et les Espagnols en firent Aztèques. Quelques membres sont restés dans les environs‚ et c’est pourquoi nous avons toujours un clan Aása.

      Troisième tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)
     
    Troisième tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)

    Plusieurs siècles passèrent avant que nous soyons tous réunis. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ arriva en dernier. Le clan des coyotes arrivait toujours à la fin. C’était déjà le cas en quittant Kásskara pour venir sur ce continent‚ et ce fut pareil à Oraibi. Cela ne veut pas dire que nous sommes lents‚ mais simplement que c’est notre destin. C’est comme un signal quand le clan des coyotes arrive : c’est la fin‚ après ça plus personne ne sera accepté. C’est aussi la raison pour laquelle les Kachinas portent une queue de renard dans le dos. Quand‚ après cette grande marche de Sikyátki‚ nous sommes arrivés à Oraibi‚ nous étions encore une fois les derniers‚ et plus personne ne vint à Oraibi après nous. Comme tu le sais‚ Oraibi se trouve dans une région sèche et il n’est pas facile de comprendre pourquoi nous nous sommes installés ici définitivement. Laisse-moi te dire la raison : le clan de l’ours n’est pas venu dans cette région par hasard. C’est sa divinité qui le lui a demandé‚ car ici se trouve le centre de l’univers. En réalité‚ il se trouve à environ trois kilomètres au sud d’Oraibi‚ dans la vallée. L’endroit s’appelle Tuwánassáwi. Des gens du clan des Kachinas y ont vécu‚ il reste encore des ruines. Je ne t’en dirai pas plus‚ nous n’en parlons pas à d’autres gens. Aujourd’hui‚ notre village tombe en ruines‚ parce que nous nous trouvons à la fin d’une période. Nous le reconstruirons dans le cinquième monde‚ mais ce sera à un autre endroit. Peut-être notre Oraibi actuel sera reconstruit comme lieu de souvenir national‚ mais il ne s’agit pas de la reconstruction d’Oraibi dans le cinquième monde dont je viens de parler. Je voudrais répéter ici un point important : seulement quand un clan avait la permission de s’installer ici définitivement‚ les membres devenaient des Hopis‚ ceux qui sont restés fidèles aux lois du créateur‚ les rares élus‚ sont venus ici et sont devenus des Hopis.

    Tant que nous étions en migration‚ on nous appelait le peuple d’alêne‚ ce qui se dit dans notre langue “Móochi”. Bien sûr‚ les Espagnols ont encore une fois mal prononcé ce mot et nous ont appelés Moquis. Pendant des millénaires‚ nous étions un petit peuple parmi les nombreuses tribus. Il y eut toujours des épreuves‚ des échecs et des tentations‚ et beaucoup furent éliminés.

    Même ici nous avons eu nos problèmes‚ même encore aujourd’hui. Je te rappelle seulement les disputes parmi notre peuple il n’y a pas si longtemps‚ comme à l’époque de Patátquapi. Comme les disputes‚ les séparations de Patátquapi se répétèrent quand des gens sont partis d’Oraibi et fondèrent Hotevilla‚ puis Bakávi‚ et sont partis à Móenkopi et Kyákostsmovi. Vois-tu comment l’histoire se répète ?

    Parmi les autres événements‚ c’est l’arrivée des Espagnols qui a bien sûr tout changé. Mais avant de t’en parler‚ je veux d’abord te raconter l’histoire de Húck’ovi.

    Húck’ovi

    J’ai entendu cette histoire très souvent depuis ma plus tendre enfance. Húck’ovi se trouve sur le prochain plateau‚ de l’autre côté des basses terres‚ juste en face d’Oraibi. Nous gardons ce souvenir vivant‚ car il nous montre ce qu’il va arriver au monde entier. Nous saurons quand le temps sera venu‚ car tout se passera à nouveau comme ça.

    Le village fut fondé par le clan du front. C’est un des trois clans qui ont un rapport avec la chaleur et l’énergie. C’est la chaleur qui détruit et c’est la chaleur qui purifie‚ c’est pourquoi ces clans sont si importants. Par ordre de puissance‚ il y a d’abord le clan du feu‚ puis le clan du soleil‚ puis le clan du front. Leur divinité est Macháqua‚ le crapaud à cornes. Nous trouvons le signe du crapaud à cornes de nombreuses fois dans les dessins rupestres et les rochers‚ en bas. En ce qui concerne le clan du feu‚ on sait ce qu’il a fait avec le premier monde‚ il l’a détruit. Le clan du front reçut son nom durant la migration. Ce fut le dernier des trois clans qui arrivèrent au Pacifique. Les deux autres clans furent là bien avant et c’est pourquoi le clan du front devait se dépêcher pour arriver ici‚ dans cette région. Les gens de ce clan ne pouvaient reposer leur front qu’une nuit sur la plage‚ puis ils devaient prendre le chemin du retour. Et comme ils furent en retard et durent se presser‚ ils ont moins de considération et de puissance que les deux autres.

    Le temps arriva où les gens n’écoutèrent plus leur chef dans leur village‚ jusqu’à lui désobéir et lui manquer de respect. D’après une vieille coutume‚ on ne peut régler une telle chose que par le départ des gens et la destruction du village. C’est ce qui s’est passé avant‚ avec le troisième monde‚ puis avec Táotoóma‚ Palátquapi‚ Casas Grande – ça se répète sans cesse. Et ça se répète aujourd’hui dans le monde entier‚ pense à toutes les disputes‚ contradictions et au manque de respect. C’est pourquoi nous‚ les Hopis‚ nous savons que la fin du quatrième monde arrivera bientôt. Nous en sommes proches.

    Donc‚ on a pris la décision de détruire le village par un feu et une explosion après une dernière cérémonie. Certains ne crurent pas au feu et à l’explosion et restèrent au village pour voir ce qui allait se passer. D’autres sont partis avant la cérémonie. Trente hommes et trente femmes participèrent à la cérémonie. Chaque femme portait un plateau tressé sur lequel se trouvait de la farine de maïs pressée‚ avec un trou au milieu. Autour du trou‚ il y avait deux anneaux‚ l’un d’hématite rouge‚ l’autre d’hématite jaune. La masse jaune avait peut-être un rapport avec l’uranium que l’on a découvert à l’est de chez nous. Du trou sortait une flamme‚ quand la flamme s’étend‚ ou plutôt quand la flamme descend dans le trou‚ il y a une explosion‚ mais ça plus tard. Le groupe de femmes et d’hommes arriva à travers les rochers par le côté ouest du village. Les femmes posèrent leur plateau à l’intérieur d’un cercle sur la place du village. Un des plateaux fut donné au chef. Il le prit et alla dans une maison pour le bénir. Puis il sortit rejoindre les hommes et les femmes qui avaient quitté le village plus tôt et les hommes et femmes qui avaient participé à la cérémonie partirent avec lui.

    Comme je te l’ai dit‚ quelques hommes et femmes ne crurent pas quand on les mit en garde et ils restèrent. Quand les flammes disparurent dans les trous‚ il y eut une grande explosion et une chaleur intense‚ et tout le village et les gens qui étaient restés périrent. Même certains de ceux qui étaient partis plus tôt furent incommodés par la chaleur et il fallut les porter.

    Les survivants ne purent aller à Oraibi parce que le temps n’était pas encore venu. Comme je te l’ai déjà dit‚ uniquement ceux qui pouvaient venir à Oraibi étaient ceux pour lesquels les Kachinas avaient déterminé le bon moment. C’est ainsi que le clan du front continua sa migration. Plus tard‚ ce clan fut le dernier à être accepté parmi les clans du feu. L’événement de Húck’ovi s’est déroulé il y a plus de 3.000 ans. Nous avons toujours une chanson concernant cet événement. On n’y dit pas pourquoi Húck’ovi fut détruite‚ mais seulement ce qui arriva après l’explosion. On chante cette chanson lors de la cérémonie de Húck’ovi‚ mais en fait il s’agit d’une mise en garde pour le monde entier. Dans cette région‚ un seul village fut détruit‚ et les gens qui sont partis à temps furent sauvés. Mais dans la chanson on dit que les gens vont de village en village et ne trouvent pas de refuge. Ils ne le trouveront nulle part‚ car ça brûle partout. Il n’y a pas de remède‚ car ce sera le feu qui détruira notre quatrième monde. Ce ne sera pas une guerre atomique‚ mais une arme électrique que l’on est en train de développer et qui sera découverte bientôt. Je ne sais pas comment agira cette arme exactement‚ mais elle enverra quelque chose qui ressemble à des ondes radio et ça partira d’une station et ça ira partout.

    Arrivée des Espagnols à Oraibi

    Quand les Kachinas sont partis‚ ils nous ont dit de ne pas oublier qu’il y aura‚ un jour‚ des gens d’un autre pays qui viendront nous voir pour nous parler d’une autre croyance. Ils ont donné à mes pères du clan de l’ours un bâton d’environ deux mètres de longueur sur lequel ils nous demandaient de marquer chaque année qui passait. Le bâton était de couleur noire et‚ chaque année‚ au moment de Soyál‚ nous y avons fait un trait blanc. Les gens d’un autre pays devaient venir quand le bâton serait couvert de traits du haut jusqu’en bas. Les Kachinas nous avaient demandé de rencontrer ces gens à un endroit appelé Kowáwayma‚ qui se trouve sur le Rio Grande‚ à environ cinquante kilomètres au nord d’Albuquerque. Là-bas se trouve maintenant une ruine avec‚ à l’intérieur‚ une belle et grande peinture dont j’ai copié une partie pour “Le livre des Hopis”. C’est d’ailleurs le même endroit où les Navajos s’arrêtèrent sur leur chemin de retour après avoir été libérés de prison. Ils cassèrent leurs flèches‚ les posèrent dans les ruines et ont juré de ne plus jamais causer d’ennuis aux Hopis.

    Si les étrangers ne venaient pas cette année-là‚ nous devions encore ajouter cinq années sur un nouveau bâton et le lieu de rencontre‚ dans ce cas‚ devait être Sikiá’ova‚ ce qui veut dire “pierre jaune”. Cet endroit se trouve près de la vieille route menant vers Oraibi. Si‚ après ce délai‚ ils n’étaient toujours pas là‚ nous devions les rencontrer cinq ans plus tard à un endroit plus haut‚ sur la route qui s’appelle Chiwáchukha‚ ce qui veut dire “glaise durcie”. Après cinq autres années‚ nous devions les rencontrer à un endroit appelé Nahúyangowasha‚ “champs croisés”. Après encore cinq ans‚ comme dernier lieu de rencontre‚ fut fixée une place sur le bord de la falaise à l’est d’Oraibi. Le nom de cette place est Táotoóma. Quand le premier bâton fut rempli‚ les gens n’étaient toujours pas venus. Cinq ans passèrent encore‚ et toujours rien. Ainsi passèrent cinq années après cinq années. D’après notre tradition‚ c’est Pahána‚ le frère‚ qui devait conduire ces gens sur notre continent. Pahú veut dire “eau”‚ mais nous ne le prononçons pas entièrement‚ nous le contractons et ne disons que “pa”‚ et la syllabe “ha” signifie “un voyage sur l’eau”‚ c’est-à-dire avec un bateau. Pahána est donc “l’homme qui traverse l’eau avec un bateau”‚ ce qui montre que plusieurs millénaires avant l’événement on savait déjà que les gens viendraient en bateau et non sur des boucliers volants. Nos gens commencèrent à se faire du souci que personne n’arrivât. Le grand retard signifiait que ce n’était pas les gens attendus qui viendraient. Enfin‚ avec un retard de vingt ans‚ ils arrivèrent et nous nous préparâmes à les attendre à Táotoóma‚ comme on nous l’avait demandé. Tu te rappelles sûrement que Táotoóma était aussi le pays du continent qui sortait de l’eau‚ l’endroit “qui fut touché par le bras du soleil”. Les étrangers arrivèrent donc à cet endroit qui portait le même nom. Il y a longtemps‚ ce nom signifiait un nouveau commencement‚ et cette fois-ci‚ ce fut aussi un nouveau commencement. Comme je l’ai dit‚ ce retard de vingt ans inquiétait mon peuple et quand les Espagnols arrivèrent‚ tout avait été préparé pour les recevoir. Nos anciens et les chefs religieux vinrent pour les accueillir. Les étrangers portaient des armures et toutes leurs armes‚ mais nous n’avions pas peur. Nous pensions encore qu’il s’agissait de frères‚ d’êtres humains civilisés. Puis la tragédie commença. Le chef d’Oraibi tendit sa main pour un “nackwách”‚ le signe de la vraie fraternité. Si l’homme en face avait compris ce signe‚ tout aurait été bien. Mais quand le chef tendit sa main‚ l’Espagnol crut qu’il voulait un cadeau et lui donna des babioles sans valeur. Ce fut un coup dur pour les Hopis‚ les étrangers ne connaissaient pas le signe de la fraternité ! Notre peuple prit alors conscience qu’à partir de ce moment le malheur s’abattrait sur les Hopis. Et cela s’est passé ainsi‚ nous l’avons vécu.

    LEGENDES

    Yucca-Boy

    Pendant un certain temps‚ quelques-uns de nos clans vécurent encore à Palátupka‚ dans le cañon Rouge‚ qui s’appelle aujourd’hui Cañon de Chelly. Les clans importants qui s’y installèrent avant de venir ici‚ dans nos villages hopis‚ furent le clan du soleil‚ le clan du maïs et le clan des nuages. En plus‚ il y avait le clan du feu et le clan du roseau. Le petit clan du Yucca était peu connu‚ avec seulement quelques membres. Ils migraient et s’installaient toujours avec d’autres clans et‚ à l’époque‚ ils s’installèrent dans un petit cañon latéral.

    Le village de Walpi situé sur la première Messa  
    Le village de Walpi situé sur la première Messa.
     

    Dans une des familles naquit une fille qui‚ en grandissant‚ devint une très gentille jeune fille‚ courageuse et serviable‚ et tout le monde l’aimait bien. Un jour‚ très loin à l’ouest (l’endroit exact n’est pas connu)‚ il y eut une irruption volcanique. Des nuages noirs couvrirent le pays et‚ pendant trois ans‚ il n’y eut plus de pluie. Le maïs‚ les haricots‚ courges et autres légumes desséchèrent. Rien ne poussa plus et les gens furent obligés d’aller dans le désert pour chercher quelque chose à manger. Tout le monde souffrit beaucoup. Les parents de la fille étaient trop vieux pour y aller. C’est donc la fille qui alla chercher de la nourriture pour tous les trois. Avant de partir‚ elle remplit une cruche avec l’eau qui continuait à couler faiblement sous un rocher. Quand elle ne trouvait pas de nourriture‚ elle ne rentrait pas et restait dormir dehors pour poursuivre sa recherche le lendemain. La troisième année‚ la famine fut si grande que la fille fut obligée d’aller de plus en plus loin. Un jour‚ elle décida d’aller encore plus loin‚ là où personne n’avait jamais été avant elle. Elle se dirigea vers le nord‚ vers une colline‚ et pendant trois jours elle ramassa ce qu’elle trouvait‚ quand elle arriva à un joli endroit rempli de céréales et de baies séchées qui étaient encore mangeables. En fin d’après-midi elle mangea puis décida de passer la nuit et de dormir près d’une falaise. Quand elle s’installa‚ il lui sembla entendre un bruit‚ mais ne voyant aucun animal elle s’endormit dans le sable fin. Le lendemain matin‚ pensant qu’elle avait trouvé à manger‚ elle décida de rentrer lorsqu’elle entendit de nouveau le bruit de la veille. Elle se dirigea vers la colline et un étranger vint à sa rencontre. C’était un beau jeune homme dans un habit magnifique. Bien sûr‚ depuis longtemps‚ son peuple connaissait les Kachinas‚ mais depuis l’arrivée des nuages noirs‚ ces derniers semblaient avoir disparu. Quand il fut près d’elle‚ elle comprit ce qu’elle avait entendu la veille. Sa poitrine et son corps étaient couverts de coquillages qui tintaient en marchant. Mais maintenant c’était le matin et elle n’avait absolument pas peur. Il s’adressa à elle en disant : “Je vois que tu as ramassé suffisamment à manger pour ta famille.” Sa voie était douce et gentille et il semblait au courant de la famine. Elle répondit : “Oui‚ c’est la première fois que je suis allée aussi loin et que j’ai trouvé autant.” “Oui‚ je comprends‚ nous vous avons observé tout ce temps et nous savons ce qui est arrivé.” Elle demanda d’où il venait et il répondit : “Nous sommes les initiés et nous n’habitons pas sur cette terre. Nous venons d’une planète très éloignée‚ mais nous surveillons tout le pays. Vous allez surmonter ces temps difficiles‚ cela fait partie des changements qui interviennent actuellement sur la terre entière.” La jeune fille fut tellement étonnée qu’elle ne posa plus de questions. Il continua : “Cela va te sembler étrange‚ mais d’où je viens tout est beau et vert.” Après s’être assis tous les deux‚ elle parla de son peuple et lui du sien. Ce fut une conversation merveilleuse et il demanda‚ au bout d’un moment : “Tu n’es pas rentrée aujourd’hui. Tu ne te fais pas de soucis pour tes parents ?” “Non‚ c’est tellement intéressant de connaître quelqu’un comme toi‚ quelqu’un qui est si bien nourri.” Il répondit : “Je sais que cela t’étonne‚ mais nous ne mangeons pas de votre nourriture‚ nous vivons de l’esprit qui est dans la nourriture‚ c’est comme la rosée sur les perces-neige et il y en a beaucoup dans l’univers.” Puis le jeune homme demanda si elle avait faim. Elle voulut faire cuire quelque chose de ce qu’elle avait trouvé‚ mais le jeune homme lui offrit quelque chose qu’il lui avait apporté. C’était du maïs sucré‚ cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas mangé. Ils restèrent ensemble jusqu’à la tombée de la nuit et décidèrent de passer la nuit au même endroit et de partir ensemble le lendemain. Il l’accompagna un bout de chemin et‚ quand elle arriva chez ses parents‚ elle leur donna tout ce qu’elle avait trouvé‚ et le maïs que le jeune homme lui avait donné. Elle raconta ce qui lui était arrivé mais ils décidèrent de n’en parler à personne. Après un certain temps‚ la jeune fille retourna chercher de la nourriture et elle se dirigea vers la colline. Le jeune homme était là et l’attendait. Mais l’hiver arrivait et chacun savait qu’il serait encore plus difficile de trouver de la nourriture. Elle y retourna une troisième et dernière fois et le jeune homme lui donna une cruche remplie de graines. Il lui expliqua qu’elle devait conserver ces graines à l’intérieur de la maison et qu’elle devait en répandre un peu dans le noir total. Elle devait mettre les graines qui sortaient les premières de la cruche dans un panier et quitter la pièce. Quand elle y retournerait‚ les graines se seraient multipliées. Elle fit comme il lui avait demandé et‚ chaque fois qu’elle retourna dans la pièce‚ c’était une surprise. Une fois il y avait des haricots‚ une autre fois des graines de courges et parfois du maïs. A chaque fois la corbeille était remplie. Cette cruche‚ que nous appelons la “cruche sacrée”‚ nourrit la famille tout l’hiver. Comme elle n’avait toujours pas raconté aux autres ce qui lui était arrivé‚ elle sortait parfois pour faire semblant d’aller chercher de la nourriture. Au printemps‚ la jeune fille s’aperçut qu’elle attendait un enfant. Elle en fut étonnée et en parla à sa mère qui se fit aussitôt du souci par rapport à ce que les gens allaient penser. L’étranger était le seul homme qu’elle avait connu et à qui elle avait parlé‚ mais elle n’avait pas eu de relations avec lui. La mère était‚ elle aussi‚ soucieuse et un peu honteuse. Un jour‚ la fille décida : “Nous allons dire que j’ai rencontré un étranger et que j’ai eu des relations avec lui.” Un matin‚ l’enfant vint au monde. C’était un garçon. Toute la famille fut heureuse et l’accueillit bien. Après vingt jours‚ il fut temps de lui laver les cheveux. C’est un événement important dans la vie des Hopis. La famille était soucieuse car cette cérémonie doit être faite par les parents du père. Mais qui était le père et où était-il ? Alors quelque chose d’étrange se produisit. Quand la mère de la jeune fille se décida à laver elle-même les cheveux de l’enfant‚ le brouillard se leva dans le cañon. C’était la réponse. Les initiés étaient venus pour laver les cheveux de l’enfant. Le brouillard fut le plus épais à l’endroit où la famille habitait‚ puis le brouillard devint de la pluie. Comme la mère du père n’était pas là pour donner un nom à l’enfant‚ c’est donc la mère de la mère qui donna comme nom “Silíomoho”‚ car la mère était du clan du Yucca‚ et elle donna le nom de la plante de Yucca qui y poussait beaucoup plus haut qu’ici‚ dans cette région.

    La pluie était revenue‚ ce fut la fin de la famine. L’enfant était magnifique et grandissait de manière superbe. Quand il fut devenu un beau jeune homme‚ il demanda la permission d’aller chasser seul. Il se dirigea vers le nord‚ vers la colline‚ mais c’est seulement le troisième jour qu’il réussit à tuer un animal. Il se prépara un bon repas et mit le reste de la viande à sécher. Le lendemain‚ quand il se réveilla‚ un jeune étranger se tenait à côté de la viande. Il lui dit : “Tu es enfin venu pour chasser.” Sa voix était amicale et Silíomoho lui répondit : “Oui‚ c’est la première fois que je chasse seul.” “Oui‚ je sais‚ je te connais bien” répondit l’étranger. Silíomoho fut étonné : “Tu me connais ?” “Oui‚ mais le temps n’est pas encore venu pour te dire qui je suis.” Le soir‚ la viande fut presque sèche et l’étranger aida Silíomoho à la porter et lui demanda de le suivre. Il le fit monter le versant abrupt de la colline. Il faisait presque noir quand ils arrivèrent au sommet. Là‚ il y avait une maison‚ exactement comme nos kivas‚ mais plus grande. L’étranger le fit entrer. Il entendit des voix et‚ en descendant l’échelle‚ il vit un groupe de femmes et de filles Kachinas assises le long du mur. La plupart des femmes étaient des Hahá-i‚ les plus gentilles des femmes Kachinas. Elles lui souhaitèrent la bienvenue et il s’assit près des hommes‚ au milieu de la pièce. On lui servit un bon repas et l’étranger lui dit : “Comme tu es venu dans notre maison‚ je veux te dire que nous sommes nombreux sur toute la terre‚ et moi je suis ton père.” Silíomoho fut incapable de parler. C’était donc ça‚ son père était l’un des initiés‚ c’est pourquoi sa mère et ses grand-parents ne lui avaient rien dit. Son père lui dit : “Le temps n’est pas encore venu pour te dire exactement qui je suis et ce que je fais.”

    Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas en haut d’une Kiva (dans les années 1920) Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas en haut d’une Kiva (dans les années 1920)

    “Tu es un être humain et tu n’es pas encore l’un des nôtres‚ mais tu le seras un jour. Mais maintenant‚ tu dois passer trois épreuves. Nous allons voir si tu vas survivre.” Pendant les trois nuits suivantes‚ le garçon dut choisir soigneusement des endroits pour passer la nuit et il fut assailli par des bêtes sauvages et des tempêtes terribles. Mais comme il avait‚ à chaque fois‚ bien choisi son emplacement‚ il réussit à survivre et à passer les épreuves avec succès. Le matin‚ après la troisième nuit‚ son père apparut et lui dit : “J’ai tout le temps espéré que tu survives. Je t’ai mis à l’épreuve de toutes mes forces‚ mais maintenant je sais que tu es fort. Tu dois être fort‚ car l’avenir apportera beaucoup de difficultés pour ton peuple. ”Ils retournèrent à la kiva ensemble où Silíomoho fut reçu avec beaucoup de chaleur et de gentillesse. On lui servit un bon repas et beaucoup de Kachinas chantèrent et dansèrent pour lui. Après une bonne nuit‚ son père arriva : “J’ai déjà fait mon travail ce matin. J’ai béni la terre avec de la rosée et maintenant nous pouvons partir car ta mère et tes grand-parents doivent se faire du souci pour toi.” Puis il prit le paquet avec la viande séchée que le garçon avait préparée et ils prirent le chemin du village du garçon. Près du village‚ ils s’arrêtèrent et le père dit : “Maintenant‚ tu dois continuer seul. Je vais t’aider à porter ton paquet mais tu ne me verras pas.” Le père était devenu invisible. Le garçon fut accueilli avec joie. La mère partagea tout de suite la viande avec ses voisins. Puis Silíomoho raconta ce qui lui était arrivé‚ tout ce que son père lui avait appris concernant l’avenir difficile de leur peuple et que plus tard‚ dans sa vie‚ lui Silíomoho deviendrait le chef d’une planète très éloignée. Le nom de son père était Hólolo.

    Par la suite‚ chaque fois qu’il y avait du brouillard dans le cañon‚ les gens disaient “c’est Hólolo‚ le père de Silíomoho.” Et même encore aujourd’hui‚ nous appelons le cañon de Chelly‚ cañon du brouillard. Silíomoho devint un membre important et plus tard un chef apprécié de son peuple. Ses capacités furent d’une grande aide. Il pouvait prédire quand il pleuvrait ou combien il y aurait de neige‚ quand ils devaient semer et comment conserver les récoltes.

    Ce don fut un cadeau de son père.

    L’ENERGIE

    A Kásskara‚ toute la puissance et l’énergie dont nous avions besoin provenaient du soleil. Nous pouvions en bénéficier partout et les lignes électriques n’étaient pas nécessaires. Mais je ne sais pas comment cela fonctionnait.

    Nous avions un appareil‚ en fait nous en avions beaucoup‚ avec un cristal à l’intérieur pas plus gros qu’un pouce. A l’époque‚ les gens n’avaient pas besoin de travailler la pierre avec un burin‚ pendant des jours. Tout ce qu’ils avaient à faire‚ c’était d’orienter l’appareil par rapport au soleil et ils pouvaient fendre la pierre avec l’énergie solaire.

    Tous les sons étaient mémorisés dans des cristaux. Tous les enregistrements du troisième monde se trouvent dans une grotte en Amérique du Sud. Ma grand-mère me l’a dit un jour mais personne ne sait plus où elle se trouve. Si la grotte était découverte un jour‚ je pourrais tout reconnaître à l’intérieur.

    Quand nous sommes venus sur ce continent‚ nous avons bien sûr emmené de tels appareils‚ ainsi que toutes nos connaissances. Là-bas‚ en Amérique du Sud‚ les gens pouvaient soulever d’énormes blocs de roche en tendant les mains sans y toucher. Aujourd’hui‚ on est étonné et on ne comprend pas comment les gens ont pu bâtir de telles villes‚ mais à l’époque c’était facile.

    les Peintres de l'OUESTLa plus grande efficacité des capacités de l’être humain se trouve dans le bout des doigts. Ils peuvent émettre beaucoup de force et en absorber autant. Pense aux hommes-médecine qui posent leurs doigts sur ton corps et sentent toutes les vibrations. Ils ressentent aussi les vibrations qui ne devraient pas s’y trouver et localisent ainsi la maladie.

    A une certaines époque‚ on utilisait aussi le mercure‚ mais je ne sais pas exactement dans quel but. D’après notre tradition‚ il en existait deux sortes‚ une liquide et une solide. Il y aurait un rapport avec la chaleur et l’équilibre‚ mais je ne sais pas si‚ au point de vue scientifique‚ cela signifie quelque chose pour toi. Les gens du clan “deux cornes” l’ont utilisé‚ c’est ce que m’a dit un homme du clan de l’arc.

    Les gens avaient techniquement un niveau élevé‚ mais ils n’ont jamais utilisé la force pour détruire des vies. Tout ce savoir s’est progressivement perdu et les gens ont dû travailler de plus en plus dur. Aujourd’hui‚ toutes ces bonnes choses sont dissimulées et nous voyons avec étonnement ce que l’on a réussi à faire dans le passé. Pour comparer‚ on pourrait dire que c’est aujourd’hui que nous vivons dans une époque sombre.

    LES SYMBOLES

    Le symbole du plan de vie des Hopis.  
    Le symbole du plan de vie des Hopis.
     

    Quand nous sommes installés en Amérique du Sud‚ après notre arrivée‚ nous avons commencé à documenter notre présence. Nous avons exprimé notre savoir historique et spirituel à travers des symboles. Nous en faisons autant aujourd’hui‚ car nous avons hérité ces symboles de nos pères et nous connaissons le sens des chiffres et des lignes. Nous savons ce qu’ils signifient et ce que l’on peut exprimer à travers ces symboles.

    Nous avons laissé nos symboles partout où nous avons vécu ou migré. On peut trouver les preuves de notre savoir dans toute l’Amérique du Sud jusqu’au continent nord-américain : des dessins rupestres‚ des céramiques‚ des bâtiments. Les gens disent que nous n’avions pas d’écriture. Mais c’est justement notre écriture et ce sont nos messages qui sont présents partout sur les deux continents et qui n’ont pas encore été détruits.

    Nous avons écrit nos symboles sur de la roche car elle n’est pas facile à détruire par le temps. Nous avons décoré nos céramiques avec des symboles et nous en faisons toujours autant aujourd’hui. A chaque fois que nous avons quitté une installation provisoire‚ pendant nos migrations‚ nos enfants brisaient dans tout le village toutes les céramiques et les laissaient comme un legs. La céramique ne peut pas être détruite. On peut la briser mais les morceaux restent toujours. D’autres peuples et des générations futures viendront et les trouveront‚ et ils sauront que nous avons été là avant eux.

    Et il y a les bâtiments‚ les ruines. Si on fait attention à certains signes caractéristiques‚ alors on peut les trouver partout en Amérique du Sud et ici. Par exemple‚ il existe des tours‚ des tours circulaires et des tours carrées. La tour ronde est le symbole féminin‚ la tour carrée le symbole masculin.

    La forme en T ou le trou de serrure est très importante. Nous l’avons depuis le premier monde. Cette forme est un symbole pour le plan du créateur. C’est pourquoi les fondations de nos kivas ont cette forme en T. Et comme je parle justement des kivas‚ je veux ajouter quelques autres significations symboliques de cette construction. L’étage inférieur représente le premier monde‚ l’étage supérieur le deuxième monde‚ et l’ensemble‚ de l’arrière jusqu’au devant‚ représente le troisième monde. Sur le toit plat se trouve une plate-forme surélevée qui représente notre monde actuel‚ le quatrième monde. Maintenant‚ tu comprends pourquoi les kivas sont si importantes pour nous.

    Et naturellement‚ il existe les grands édifices du passé. Les références aux multiples mondes ne manquent pas. Combien de symbolisme et de savoir sont exprimés à travers eux. La référence aux différents mondes se trouve partout‚ dans le nombre d’étages des pyramides‚ le nombre des portes sur les toits des bâtiments : les trois mondes du passé‚ le quatrième‚ le monde actuel‚ le cinquième monde et les sept mondes que l’humanité doit traverser au total. Même les neuf mondes sont mentionnés‚ à savoir les deux mondes appartenant au créateur. Et les sculptures et la position des bâtiments. Nous pourrions écrire un livre supplémentaire sur la signification des découvertes dans les ruines mexicaines et sud-américaines. Je t’ai déjà parlé de la forme en T à Teotihuacan‚ de la signification des degrés‚ pourquoi il y a un trou dans l’édifice de la pyramide du soleil et la signification des serpents des deux côtés des marches. Dans toute chose il y a une signification‚ et l’histoire est inscrite partout. Nous sommes des gens ayant une orientation spirituelle et les historiens et les archéologues doivent se rendre compte qu’ils devront d’abord nous comprendre‚ avant de pouvoir expliquer les ruines.

    A l’époque actuelle‚ nous portons ces chiffres symboliques avec nous ou plutôt dans nous. Pas dans une forme matérielle mais d’une manière plus subtile. Par exemple‚ pendant une cérémonie‚ quand des Kachinas dansent sur la place du village‚ ils forment leurs groupes à seulement trois endroits‚ pour montrer les trois mondes que nous avons traversés. Ils ne peuvent pas former un quatrième groupe puisque le quatrième monde n’est pas terminé. Je dois également mentionner les chants que nous chantons pendant les cérémonies. Un tel chant comporte cinq strophes‚ ce qui signifie que nous allons nous rendre dans le cinquième monde. Comme tu le vois‚ les Hopis savent exactement où ils se situent dans le plan des mondes : entre le troisième qui a été détruit‚ et le cinquième‚ le prochain monde que nous devons atteindre. Nous savons que nous nous trouvons dans le quatrième monde situé au milieu de sept mondes que nous devons traverser au total. Nous n’avons pas besoin de le dire‚ car tout est exprimé symboliquement dans nos cérémonies. Pourquoi noter quelque chose par écrit qui est enracinée si profondément et exprimée si clairement dans nos cérémonies ?

    Tout le symbolisme utilisé par les Hopis nous rappelle les vérités que nous avons apprises il y a longtemps. Mais seulement nous‚ les Hopis‚ connaissons et comprenons ce symbolisme‚ aucune autre tribu ne peut en faire autant‚ même si beaucoup d’entre elles utilisent maintenant des symboles hopis. Elles ne voient que l’extérieur et n’ont pas la connaissance.

    Si tu vois nos symboles quelque part en Amérique du Sud‚ en Amérique Centrale ou sur ce continent‚ pense que nous savons encore aujourd’hui ce qu’ils signifient. Et pense que nous savons tout cela par notre passé et par ce que nos pères nous ont transmis et que nous gardons toujours vivant.

    Et n’oublie pas que le savoir des Hopis est encore plus étendu : nous savons que nos voix‚ même sans son‚ sont imprimées dans l’atmosphère et que c’est indestructible ! Des rochers et des ruines peuvent disparaître un jour‚ mais ce que nous disons‚ et ce qui se passe dans nos âmes sur un niveau plus élevé‚ ne sera jamais détruit.

    LE MOT DE LA FIN

    Chacun d’entre nous est né avec une prédestination et doit remplir sa tâche dans ce monde. Longtemps avant ma conception‚ il fut décidé que cela ferait partie de ma destinée de transmettre toutes ces choses. C’est pourquoi je suis venu pour parler avec toi.

    Tout au début de ton enregistrement‚ je t’ai dit que l’histoire de mon peuple représente une mise en garde pour vous. J’espère que tu as maintenant bien compris cet avertissement. As-tu remarqué comment l’histoire se répète toujours et toujours ? Et tu as vu que le créateur punit l’humanité quand elle transgresse les lois et dévie ou quitte le droit chemin.

    Je t’ai parlé beaucoup de notre histoire‚ de l’histoire du peuple élu. Je sais qu’elle ne correspond pas à ce que vous avez cru jusqu’à maintenant. Naturellement‚ les scientifiques voudront nous corriger‚ comme ils le font toujours. Ils ne nous comprennent pas et ne peuvent donc pas comprendre notre histoire et nos opinions. Mais nous‚ les Hopis‚ reconnaissons dans les événements d’aujourd’hui la même chose que ce qui est arrivé vers la fin du troisième monde. Nous voyons ce qui se passe dans le monde‚ la corruption‚ les assassinats‚ et nous savons que nous sommes sur le chemin de la destruction. On peut éviter cette fin terrible si nous retournons sur le chemin du créateur‚ mais je n’y crois pas. La prochaine grande catastrophe n’est pas loin‚ seulement quelques années. Cela doit vous sembler étrange dans votre monde‚ mais nous le savons.

    Nous‚ les Hopis‚ nous le savons.

    Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis. Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚ car ils n’ont jamais fini leur migration Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis. Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚ car ils n’ont jamais fini leur migration

    (source: AntonParks.com)

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    8 commentaires pour “L’histoire de l’humanité selon la tradition des Indiens Hopis”
    1. Bouddha_Hindy dit :
       
      Les Hopis sont une tribu amérindienne vivant en Arizona au États-Unis. Depuis des centaines d’années, les Hopis occupent cette région dont leur principale ville est Oraibi. Pourquoi vous parler de ces amérindiens? Simplement parce que les Hopis ont gardé le souvenir de leur lointain passé… et celui-ci remonte à bien avant la glaciation, la Lémurie et l’Atlantide! Une histoire fascinante qui remet en perspective notre propre histoire…

       

      Avant toute chose, je dois vous expliquer quelque chose… la Terre a reçu à quatre reprises des civilisations différentes de leur naissance à leur maturité (ou ascension). Chaque âge ou monde comme les appellent les Hopis ont vu le jour d’un race. À la fin de chaque âge ou monde, la Terre a changé géologiquement pour s’adapter à la venue d’une nouvelle cuvée, d’une nouvelle race… l’ancienne disparaît soit par l’ascension, soit par la mort lors des bouleversements… La Terre a donc vu jusqu’à maintenant qutre mondes, le quatrième étant le nôtre…

       

      Selon les Hopis, ceux-ci ont gardé les souvenirs de leur passé, mais ont-ils gardé les connaissances d’autrefois? Ils ont, certes, encore leur sagesse spirituelle, mais le reste? Je crois que leur histoire a démontré qu’il était facile d’utiliser leur savoir pour faire le mal… voilà peut-être pourquoi aujourd’hui, ils apparaissent comme une tribut parmi les autres…

      Les Hopis sont arrivées lors du premier monde… lors de la première race. Puis, ils sont parvenus par migration à franchir les bouleversements géologiques qui ont transformé la planète vers un nouveau monde… le deuxième. Ce fut l’avènement de la deuxième race, les Hyperborea. Ceux-ci sont maintenant en Agartha et ont créé le Royaume de Thulé situé en Antarctique. Encore une fois, à la fin de ce monde, la Terre subit des bouleversements géologiques importants et les Hopis migrèrent à nouveau vers de nouvelles terres à l’abri des cataclysmes, ils se dirigèrent vers le troisième monde… celui de la troisième race, soit les Lémuriens et les Atlantes. Pourquoi race au singulier? Parce que les Atlantes et les Lémuriens étaient au départ de la même souche… deux nations un peu comme les français et les anglais… Alors, les Hopis s’établir sur le continent de Kásskara (la Lémurie).

      Les Hopis sont un ensemble de clan qui se sont partagés tour à tour le pouvoir. En Lémurie, la plupart d’entre eux restèrent fidèle aux principes des Créateurs, les Kachinas. Ceux-ci étaient très présent pour eux, car ils les guidaient lors de leur migration et même parfois davantage. Aujourd’hui, les Kachinas ne sont plus apparus depuis que les Hopis se sont déchirés entre eux il y a de ça très longtemps. Peuple pacifique, les Hopis n’ont jamais participé aux guerres entre la Lémurie et les Atlantes, sauf pour une minorité d’entre eux.

      Lors de la guerre, les Hopis occupaient tous une région spécifique du continent et ils se réunirent pour se protéger grâce à des boucliers d’énergie contre les attaques incessantes des Atlantes. Alors, une jour, les Kachinas, vint et leur demanda de migrer vers un nouveau continent qui venait de surgir à l’est (l’Amérique). Ils partirent clan par clan en direction de ces nouvelles terres. Certains furent conduit vers les sommets des montagnes pour se mettre à l’abri du cataclysme comme les actuelles îles d’Hawaï, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Japon, l’île de Pâques et plusieurs autres îles. Finalement, les Hopis furent presque tous réunis en Amérique du Sud où ils établir une nouvelle cité, Táotoóma. Après 4 000 ans, celle-ci couvrait une superficie égale à Los-Angeles!

      Les Hopis possédaient un savoir scientifique impressionnant, pas étonnant puisqu’ils avaient vécu en Lémurie! Ils construisirent aisément leur cité ainsi que les Temples de la connaissance ou école où tous leur savoir sur les plantes, l’univers, l’histoire et même la technologie étaient largement enseigné par des Kachinas. Ceux-ci, les Kachinas, possédaient des machines volantes et parfois, ils permettaient à certains Hopis de venir avec eux dans leur monde.

      Plusieurs clans se réunir à l’emplacement actuel, à Oraibi. C’est à ce moment que les clans réunis s’appelèrent des Hopis. Tous les autres clans qui sont venus et qui ont oublié leur passé ont pris des noms différents, pensons au Najavos, Pueblos, Apaches et Zunis. Toutes ces tributs vivent dans la même région.

      Selon les Hopis l’heure est presqu’arrivée pour entreprendre une nouvelle migration, mais cette fois pour entrer dans le cinquième monde! Oui, selon eux, nous répétons leur histoire passé et nous allons bientôt vivre de nouvelles guerres intestines comme eux dans le passé. Les Hopis ont assistées à leur propre rivalité et même à la venue des espagnoles et pourtant, il semble que l’histoire se répète sans cesse. Espérons que nous aurons pas la fâcheuse idée de les imiter jusqu’à disparaître comme l’ont fait les Atlantes et les Lémuriens.

      D’autre part, il y a quelques années, certains membres du conseil Hopis se sont réunis afin de comprendre un pourquoi le monde ne basculait pas comme dans leur vision reçu il y a fort longtemps… Alors, ensemble, ils regardèrent à l’intérieur de leur cœur et laissèrent venir les visions de notre monde… et surprise! Ils virent apparaître des petites lumières partout sur la terre! Oui, là où il n’y avait que noirceur, il y avait maintenant des veilleuses «allumées»! L’humanité a commencé à s’éveiller! Aujourd’hui, nous avons la chance de «migrer» dans le cinquième monde (cinquième dimension) sans passer par une guerre comme dans les précédents passages. Les Hopis ont vu l’espoir; aurions-nous compris les leçons de notre passé guerrier?

       
    2.   
       

      Ceci est un compte-rendu résumé d’un discours donné par Lee Brown au Concile Indigène Continental en 1986 à Tanana Valley Fairgrounds, Fairbanks, Alaska.

      Il y a eu le cycle du minéral, de la roche. Il y eut le cycle des plantes. Et maintenant nous sommes à la fin du cycle des animaux et au début du cycle des êtres humains.

      Quand nous serons dans le cycle des êtres humains, alors les plus hauts et les plus grands pouvoirs que nous possédons nous seront enfin donnés.

      Ils nous seront donnés par cette lumière ou âme que nous portons dans notre esprit. Mais pour l’instant nous arrivons à la fin du cycle des animaux et nous avons appris par nous-mêmes ce que c’est que d’être un animal sur cette terre.

      Au début de ce cycle, il y a très longtemps, le Grand Esprit est descendu et Il est apparu et Il a rassemblé ensemble les peuples de cette terre, dit-on, sur une île qui est maintenant sous les eaux, et Il a dit aux êtres humains : « Je vais vous envoyer dans les quatre directions et avec le temps je vais vous répartir en quatre couleurs, mais je vais vous donner une partie de mon savoir et vous appellerez celui-ci « Les Enseignements Originelles ». Et quand vous vous rassemblerez à nouveau, vous les partagerez afin de pouvoir vivre en paix sur cette terre, et ce sera le début d’une grande civilisation.

      Et il dit : « Pendant ce cycle je vous donnerai à chacun deux tablettes de pierre. Quand je vous aurai donné ces tablettes, ne les jetez pas au sol. Si un de vos frères ou une de vos soeurs des quatre directions venait à jeter les tablettes au sol, alors, non seulement les humains vivront de dures épreuves mais la terre elle-même mourra presque. »

      Et donc Il a donné à chacun d’entre nous une responsabilité, et nous appelons ça « la Garde ».

      Au peuple indien, le peuple rouge, il donna la Garde de la Terre. Pendant ce cycle nous devions apprendre les enseignements de la terre, les plantes qui poussent qui poussent du sol, les nourritures que nous pouvons manger, et les herbes qui soignent afin que nous puissions nous rassembler, avec nos autres frères et sœurs, et partager ce savoir avec eux. Quelque chose de bien devait arriver sur terre.

      Au sud, Il donna au peuple jaune la Garde du Vent. Ils devaient apprendre tout sur le vent et la respiration et comment les assimiler en nous pour notre avancement spirituel.

      A l’Est Il donna au peuple noir la Garde de l’Eau. Ils devaient apprendre les enseignements de l’eau qui est l’élément principal car à la fois le plus humble et le plus puissant.

      Au Nord, Il donna au peuple blanc la Garde du feu. Si vous regardez ce qui est au centre de la plupart de ce qu’ils font vous y trouverez le feu. On dit que les ampoules électriques sont le feu de l’homme blanc. Si vous regardez ce qui fait fonctionner une voiture, vous y verrez une étincelle. Dans les avions et dans les trains vous y trouverez le feu. Le feu consume mais avance également. C’est pour cela que ce sont les frères et sœurs blancs qui commencèrent à voyager à la surface de la terre pour nous réunir tous en une grande famille.

      Et ainsi beaucoup de temps s’est écoulé, et le Grand Esprit donna à chacune des 4 races 2 tablettes de pierre. Les nôtres sont conservées dans la réserve Hopi en Arizona, dans la Zone des 4 Coins sur la 3ème Mesa.

      J’ai parlé à des gens du peuple noir et leurs tablettes sont au pied du Mont Kenya. Elles sont gardées par la tribu des Kikuyu.

       

      J’ai eu l’honneur de donner un calumet sacré taillé dans la pierre rouge du mont Kenya à la Tribu des Kikuyu. J’étais à un rassemblement spirituel indien il y a 15 ans. Un guérisseur du Dakota du Sud posa une roue magique en perles au centre du groupe et demanda « D’où vient-elle ? » On lui répondit : « Probablement du Montana, ou du Dakota du Sud, ou peut-être du Saskatchewan. »

        

      Il dit : « Ceci vient du Kenya ».

        

      Les perles étaient exactement comme les nôtres, de la même couleur.

       

      Les tablettes de pierre de la race jaune sont gardées par les Tibétains, au Tibet. Si vous pouviez traverser la terre en partant de la Réserve Hopi vous arriveriez au Tibet.

        

      Le mot tibétain pour « soleil » est le mot Hopi

       

      pour « Lune », et le mot Hopi pour « soleil » est le mot tibétain pour « lune ».

       

      Les gardiens des traditions pour l’Europe sont les Suisses.

        

      En Suisse il y a toujours une tradition où un jour par an tous les membres de la famille sortent leur masque.

        

      Ils connaissent encore les couleurs des différentes familles, leurs symboles, enfin certains d’entre eux. Je suis allé à l’école avec des suisses à l’Université de Washington, et c’est ce qu’ils m’ont dit.

       

       

      Et ces 4 peuples vivent tous dans les montagnes.

      En 1976 l’Amérique fêtait son bicentenaire de liberté. Certains indiens pensaient que c’était une occasion importante et ils ont porté un calumet sacré de la côte Ouest à la côte est.

      Ils ont dit que les chemins de ce pays devaient aller soit du Nord au sud, soit de l’Est à l’Ouest. S’ils allaient du Nord au sud, alors nous nous retrouverions comme frères et sœurs, mais s’ils allaient d’est en Ouest alors il y aurait des destructions et la terre elle-même en souffrirait. Et donc vous savez que les chemins sont allé d’est en Ouest.

      Ils ont dit alors que des choses seraient perdues d’est en Ouest, et du sud au Nord, et qu’ils reviendraient de l’Ouest vers l’est, et du Nord vers le sud.

      Et il y a 9 ans, en 1976, des gens ont porté ce calumet sacré à pied de la côte Ouest à la côte est de San Francisco à Washington DC. Ma tante avait rêvé, il y a 15 ans, que ça ne plairait pas à certains et qu’on jetterait des pierres et des bouteilles à ce calumet pendant le voyage. Et bien sûr c’est arrivé. Mais comme dans le rêve de ma tante, les pierres ne se sont jamais approchées du calumet et sont tombées sans rien toucher.

      Ils ont dit qu’un feu spirituel serait allumé dans le Nord et descendrait la côte Nord-Ouest de ce pays. Quand il atteindrait Puget Sound (dans l’état de Washington), il se dirigerait alors vers l’intérieur du pays. Personnellement je pense qu’il s’agit, 9 ans plus tard, de ce rassemblement dans le Nord. C’est pour cela que je suis venu ici. Voilà. Nous avons la capacité de commencer ce feu spirituel, ici, maintenant. Les anciens l’avaient vu il y a bien longtemps et l’avaient prédit et je vais y venir.

      Nous avons donc traversé ce cycle et chacune des 4 races est allée dans sa propre direction, et elle a appris ses propres choses.

      On nous a donné une poignée de main sacrée comme signe de reconnaissance pour montrer que, lorsque nous nous retrouverions comme frères et sœurs, nous nous souvenions encore de ces enseignements. Il était indiqué sur les tablettes de pierre que les Hopis possèdent que les premiers frères et sœurs qui reviendraient vers eux voyageraient comme des tortues à travers le pays. Ils seraient humains, mais viendraient comme des tortues.

      Et quand le temps est venu, les Hopis se rassemblaient dans un village spécial pour accueillir les tortues. Ils se sont levé au petit matin et ont attendu le lever du soleil. Ils ont regardé dans le désert et ils ont vu arriver les conquistadors espagnols, qui étaient couverts d’armures, comme des tortues. C’était donc eux. Ils allèrent vers l’homme espagnol et lui tendirent la main en espérant la poignée de main sacrée, mais à la place, l’homme espagnol y a déposé des objets de pacotille.

      Et la parole s’est propagée à travers l’Amérique du nord que les temps qui venaient allaient être durs, car certains de nos frères et sœurs avaient oublié le caractère sacré en toute chose, et les êtres humains allaient souffrir sur terre.

      Alors les tribus ont commencé à envoyer des gens sur les tumulus pour trouver comment survivre. A cette époque il y avait 100.000 villes uniquement dans la vallée du Mississippi, appelée la civilisation des tumulus : des cités bâties sur de grands tumulus. Ces tumulus étaient encore là. Si vous allez dans l’Ohio ou dans la vallée du Mississippi, ce sont maintenant des attractions touristiques. Il y avait 100.000 cités indigènes, et toutes se demandaient comment survivre.

      Ils commencèrent à essayer d’apprendre comment vivre de la terre car ils savaient que des temps très durs allaient venir. Ils commencèrent à envoyer des gens pour qu’ils aient des visions et trouvent des moyens de survie.

      Des gens vinrent sur la côte Est et ils traversèrent le pays vers l’Est, et il était écrit dans les prophéties que nous devions essayer de rappeler à tout ce qui venaient ici la nature sacrée de toute chose. Si nous parvenions à faire cela, alors il y aurait la paix sur terre. Mais si nous n’y parvenions pas, alors que les routes iraient d’Est en Ouest, et quand les autres races et autres couleurs de la terre auraient marché à travers le pays, si à ce moment nous ne nous étions pas tous rassemblés en une grande famille humaine, le Grand Esprit attraperait la terre et la secouerait.

      Et si vous avez lu le traité de négociation entre Red Jacket des Six Nations, de la côte Est, le Chef Joseph et le Chef Seattle de la côte Ouest, vous savez qu’ils ont tous dit la même chose. Le Chef Joseph dit : « Je vous accorde le droit, j’espère que vous me l’accordez également, de vivre dans ce pays ». Nous étions destinés à vivre ensemble. Mais au lieu de ça, vous savez tous qu’il y a eu une séparation, il y eut la ségrégation. Ils séparèrent les races : ils séparèrent les Indiens, et ils séparèrent les Noirs.

      Alors quand ils arrivèrent sur la côte Ouest de ce pays, les anciens qui connaissaient les prophéties dirent qu’ils commenceraient à construire un ruban noir. Et un insecte voyagerait sur ce ruban noir. Et quand vous commenceriez à voir bouger cet insecte, ce serait le signe pour le Premier Tremblement de Terre.

      Le Premier Tremblement de Terre serait si violent que l’insecte serait jeté dans les airs, et il commencerait alors à bouger et voler dans les airs. Et à la fin de ce tremblement, l’insecte volerait autour du monde. Derrière lui il y aurait une traînée de saleté et finalement le ciel de la terre entière serait sali, et cela provoquerait beaucoup de maladies, qui deviendraient de plus en plus compliquées. Et l’insecte a commencé à voyager dans le pays, comme il est facile de le voir maintenant.

      En 1908 la Ford T a été produite en masse pour la première fois. Les anciens surent alors que le Premier Tremblement de Terre allait avoir lieu, ce fut la Première Guerre Mondiale. Pendant cette guerre on utilisa les avions à grande échelle pour la première fois. C’était l’insecte dans le ciel. Alors ils surent que quelque chose de très important allait se produire.

      On essayerait de faire la paix sur terre sur la côte Ouest de ce pays, et les anciens se mirent à attendre. Ils entendirent qu’il y allait avoir une Ligue des Nations à San Francisco, et les anciens se réunirent en Arizona vers 1920 pour écrire une lettre à Woodrow Wilson (le Président des USA). Ils demandèrent à ce que le peuple indien soit inclus dans la Ligue des Nations.

      A cette époque, la Court Suprême des USA avait décrété que les réserves étaient des nations séparées et semi-souveraines, pas une partie des USA mais sous leur protection quand même. Ce fut un problème car les gens ne voulaient pas que les réserves soient de plus en plus séparées. Ils ne voulaient pas qu’on les considère comme des nations à part entière. Alors ils ne répondirent pas et le peuple Indien fut laissé à l’écart de la Ligue des Nations, et le cercle état donc incomplet.

      Dans le cercle de la Ligue des Nations il y avait la porte du Sud, le peuple jaune, une porte Ouest, le peuple noir, une porte Nord, le peuple blanc, mais il n’y avait personne pour la porte Est. Les anciens savaient qu’il n’y aurait pas de paix sur terre tant que le cercle de l’humanité n’était pas au complet, quand les 4 couleurs seraient assises ensemble dans ce cercle et partageraient pas leur savoir alors la paix viendrait.

      Ils savaient donc ce qui allait se passer. Les choses allaient s’accélérer. On construirait une toile autour de la terre, et les gens se parleraient à travers cette toile. Quand cette toile parlante, le téléphone, serait construite autour de la terre, un signe de vie apparaîtrait à l’Est, mais il se renverserait et apporterait la mort. Il viendrait avec le soleil.

      Et un jour le soleil lui-même ne se lèverait pas à l’est mais à l’ouest. Et les anciens dirent que lorsque nous verrions le soleil se lever à l’ouest et le signe de vie être renversé, alors nous saurions que la Grande Mort allait s’abattre sur terre, et le Grand Esprit saisirait le monde à nouveau, et le secouerait encore plus fort que la première fois.

      Et le signe de vie fut renversé et inversé, ce que nous appelons le svastika, et le soleil de l’est était le soleil levant du Japon. Ces 2 symboles étaient gravés dans la pierre en Arizona. Quand les anciens virent ces 2 drapeaux, ils surent que la terre allait à nouveau trembler.

      La plus mauvaise des utilisations de la Garde du Feu est appelé « gourde de cendres ». Ils dirent que la gourde de cendres tomberait des airs. Les gens seraient comme des brins d’herbe dans un feu de prairie, et rien ne pousserait plus pendant plusieurs saisons. Il n’y a pas longtemps j’ai vu à la TV qu’ils parlaient des bombes atomiques, les gourdes de cendres. Ils disaient que c’était le secret le mieux gardé dans l’histoire des USA. Les anciens voulaient en parler en 1920.

      Ils en auraient parlé et prévenu l’arrivée de ces choses s’ils avaient pu entrer dans la Ligue des Nations.

      Les anciens essayèrent de contacter le Président Roosevelt pour lui demander de ne pas utiliser les gourdes de cendres car elles auraient de grands effets sur la terre, et causeraient à la longue encore plus de destruction, et un troisième Tremblement de Terre, une troisième guerre mondiale. J’y viendrai dans une minute.

      Ils surent donc après le deuxième Tremblement après avoir vu les gourdes de cendre tomber du ciel, qu’il y aurait à nouveau une tentative de paix de l’autre côté du pays. Et puisque la tentative de la côte Ouest avait échoué, ils construirent une maison spéciale sur la côte Est de cette Ile Tortue, et toutes les nations et les peuples de la terre iraient dans cette maison, et elle serait appelée la Maison de Mica, et elle brillerait comme le mica brille dans le désert.

      Alors les Anciens virent que l’on commençait à bâtir les Nations Unies, un building fait de verre qui brille au soleil comme le mica dans le désert, et ils surent que c’est la Maison de Mica, et que tous les peuples de la terre devaient y être représentés. Ils se rencontrèrent pour en parler.

      Ils dirent que dans les années 1920 ils avaient écrit et qu’on ne leur avait jamais répondu, alors ils décidèrent que cette fois-ci il valait mieux se rendre devant la porte de la Maison de Mica car les choses pouvaient empirer gravement.

      Alors les Anciens de plusieurs tribus, je pense, se rendirent dans la ville de New York. Quand les Nations Unies ouvrirent leurs portes, ils se rendirent devant la Maison de Mica et prononcèrent ces mots :

      « Nous représentons les peuples indigènes de l’Amérique du Nord et nous voulons nous adresser aux nations de la terre. Nous allons vous donner 4 jours pour décider si vous nous permettez de parler. »

      Ils se retirèrent dans la Réserve des Six Nations dans l’état de New York. La Réserve des Six Nations est la gardienne de la Grande Loi de la Paix du prophète qui est apparu ici en Amérique du Nord, Dagonnorida. Et cette Loi de la Paix est encore récitée, et cela prend quatre jours entre le lever du soleil et midi. Chaque année à cette époque un indien doit, de mémoire, réciter la Loi.

      Quatre jours plus tard ils retournèrent et je crois que les nations de la terre avaient entendu dire que des indiens s’étaient présentés à la porte. Et ils votèrent de laisser entrer les Indiens. Ils voulaient entendre ce qu’ils avaient à dire. Mais les USA sont l’un des pays qui a un droit de veto, et ils étaient toujours inquiets car la souveraineté de la Nation Indienne était de plus en plus forte. Et ils ont opposé leur veto à l’entrée des Nations indiennes.

      Alors les Anciens ont su que d’autres choses allaient se passer sur terre, et que les Nations Unies n’amèneraient pas la paix sur terre, mais que la confusion n’allait que grandir et s’approfondir. Alors ils se retirèrent dans la Réserve des Six Nations et ils parlèrent, et décrétèrent que le temps était presque venu, en 1949.

      Ils dirent : « Nous allons diviser les USA en 4 sections, et chaque année nous nous retrouverons. Nous appellerons ces rassemblements « Rassemblements de la Blancheur de la Paix ». Ils commencèrent vers 1950. Certains hommes furent autorisés à parler des prophéties en anglais pour la première fois.

      J’ai écouté souvent et à nombreuses reprises Thomas Benyaka. C’est un Hopi. Je pense qu’il est encore en vie (il est mort depuis, NDT). Il avait été autorisé à parler en anglais du contenu des tablettes de pierre et il avait dédié sa vie à cette entreprise. Ils nous racontèrent que « nous verrions beaucoup de choses se produire de notre vivant. »

      Cela nous parut étrange dans les années 50 et 60, mais tout paraît maintenant très clair. Mais à l’époque c’était inhabituel. Ils dirent « Vous allez voir des hommes qui deviennent des femmes. Le Grand Esprit va créer un homme sur terre. Le Grand Esprit l’a fait homme mais l’homme dira « J’en sais plus que le Grand Esprit, je vais devenir une femme », et ils auront même des enfants. Le Grand Esprit va créer une femme sur terre qui dira : « J’en sais plus que le Grand Esprit. Je veux être un homme ». Et elle deviendra physiquement un homme. »

      Ils dirent aussi : « Vous verrez de votre vivant que les hommes vont découvrir les plans selon lesquels nous sommes conçus. » On appelle maintenant ça l’ADN. Ils dirent : « Les hommes couperont ce plan ». Et c’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’épissage génétique.

      Et ils dirent « Les hommes créeront de nouveaux animaux, et ils penseront que cela va nous aider. Et d’abord on pensera que c’est vrai, mais peut-être que les petits-enfants et arrière-petits-enfants en payeront le prix. »

      Les hommes fabriquent de nouveaux animaux. Les Anciens en ont parlé. Ils ont dit « Vous verrez de nouveaux animaux, et même les anciens animaux reviendront, des animaux que l’on pensait disparu. On en verra ci et là. Ils commenceront à réapparaître. »

      Ils dirent encore : (et je sais que beaucoup d’entre vous proviennent de tribus qui connaissent cette prophétie ) « Vous verrez le temps où l’aigle volera au plus haut des cieux au cœur de la nuit, et il atterrira sur la Lune ». Certaines tribus disent qu’il volera autour de la Lune. Certaines tribus disent qu’il volera au plus haut des cieux. « Et à ce moment, beaucoup de tribus dormiront ». Ce qui signifie symboliquement que ces tribus auront perdu les enseignements. Certaines tribus disent que ce sera comme si elles avaient été gelées : elles traverseront un long hiver. »

      Mais ils dirent aussi : « Quand l’aigle volera au plus haut des cieux au cœur de la nuit, ce sera également la première lueur d’un nouveau jour. Le premier dégel du printemps ». Et vous savez que la première lueur du jour, si vous êtes resté debout toute la nuit, semble toujours être le moment le plus sombre. Et vous voulez voir cette première lueur, mais vous en êtes incapables. Elle arrive petit à petit. Vous voulez voir le changement mais il fait noir, et bientôt c’est le jour sans que vous vous en soyez rendu compte.

      Nous sommes à cette époque. L’Aigle (Eagle) a atterri sur la Lune en 1969. Quand ce vaisseau spatial a aluni, il a envoyé ce message : « L’aigle a atterri ». Traditionnellement, toutes les tribus, des Inuits au Nord jusqu’au Quechuas d’Amérique du Sud, ont partagé cette prophétie. Et quand ils entendirent ces mots : « L’aigle a atterri », tout le monde sut qu’un nouvel âge et un nouveau pouvoir étaient arrivé pour les peuples indiens. Il n’y avait absolument plus rien de fort devant nous. Nous pouvions faire tout ce que nous voulions.

      En 1776 quand le gouvernement américain a imprimé le dollar, dans une des pattes (de l’aigle), si vous avez remarqué, il y a une branche d’olivier. On dit que cela représente la paix. Les Anciens m’ont dit au Dakota du Sud que cela représentait pour eux l’esclavage du peuple noir.

      Dans les prophéties du peuple des Six Nations, il est dit qu’il y aura deux grands soulèvements du peuple noir pour se libérer. Nous en avons vu un en 1964. Il y en aura un autre plus violent. J’y reviendrai dans une minute. Dans l’autre patte de l’aigle il y a 13 flèches. Les pères fondateurs des USA disaient que cela représentait les 13 états des USA de l’époque. Mais les Anciens disent qu’en fait cela représente l’esclavage du peuple indien.

      Quand l’Aigle a atterri sur la Lune, il fut décidé de frapper un dollar spécial en argent. Je ne sais pas si quelqu’un parmi vous a jamais remarqué, le dessin original montrait le vaisseau alunir, mais au dernier moment il a été remplacé par le dessin d’un vrai aigle. D’un côté il tient la branche d’olivier, mais rien de l’autre. Les Anciens disent que c’est notre prophétie, nous avons été libérés.

      Il y aura encore un soulèvement du peuple noir, et ensuite ils seront libres, et cela aura aussi un effet sur le peuple indien, un effet bénéfique. Il y a un nouvel ensemble de prophéties du peuple Iroquois qui en parle mais je n’aurais pas le temps de parler de ça ce matin.

      Mais nous sommes arrivés à cette époque maintenant. Nous sommes entre la première lueur du jour et le lever du soleil. Le soleil va se lever, et quand il sera dans le ciel tout le monde le verra. Mais vous savez comment c’est dans les villages, certains se lèvent tôt, et certains dorment jusque midi. Je suis probablement l’un de ceux qui dorment jusque midi. Ils ont dit que lorsque l’Aigle se serait posé sur la Lune, nos pouvoirs commenceraient à nous être rendus.les Peintres de l'OUEST

      Dans les 7 jours qui ont suivi l’alunissage de l’Aigle, le « Freedom of Indian Religion Act » (la loi garantissant la liberté de religion aux indiens, ce qui n’était pas du tout le cas jusqu’alors, il y avait même des peines de prison pour toute personne pratiquant des actes religieux indiens en dehors des réserves NDT) fut proposée au Congrès. Ce projet de loi fut introduit en 1969, moins de 7 jours après l’atterrissage de l’Aigle sur la Lune. La loi fut votée en novembre 1978, signée par le président Carter. Cette loi est la manifestation de nos prophéties spirituelles.

      Alors Il dit qu’à cette époque nous verrions les choses s’accélérer, que les gens sur terre iraient de plus en plus vite. Les petits enfants n’auraient plus de temps pour leurs grands-parents. Les parents n’auraient plus de temps pour leurs enfants. Le temps semblerait s’écouler de plus en plus vite. Les Anciens nous conseillèrent de ralentir quand le monde semblera accélérer. Plus les choses iront vite, plus vous devrez ralentir. Car la terre va trembler une troisième fois.

      Le Grand Esprit a déjà secoué la terre deux fois. : les première et deuxième guerres mondiales pour nous rappeler que nous sommes la famille humaine, pour nous rappeler que nous aurions dû nous reconnaître comme frères et sœurs. Nous avons eu l’occasion après chaque tremblement de nous réunir en un cercle qui aurait amené la paix sur terre mais nous avons raté ces occasions.

      Ce soir nous parlerons des signes annonçant le troisième tremblement de terre. J’en ai entendu parler à l’aéroport après avoir raté mon avion. On parle de construire ce que les Anciens appellent « une maison dans le ciel. »

      On en parlait déjà dans les années 50 : on construirait une maison qu’on enverrait dans le ciel. Quand vous verrez des gens vivre dans le ciel de manière permanente, vous saurez que le Grand Esprit va saisir la terre, et cette fois pas à une main, mais des deux mains.

      Beaucoup de vous qui êtes d’origine indienne devez avoir entendu l’expression « les esprits vous avertiront deux fois, mais à la troisième vous serez seuls ». Nous avons eu nos deux avertissements, les deux guerres mondiales, mais cette fois nous sommes seuls pour affronter la troisième. Comme il est dit dans les écrits Baha‘i, personne ne sera à l’abri. Quand cette maison sera dans le ciel, le Grand Esprit va secouer la terre une troisième fois, et celui qui lâchera la gourde de cendres, la recevra sur lui-même.

      Ils dirent qu’à cette époque il y aurait des villages si grands, qu’en vous tenant à l’intérieur vous serez incapables d’en voir les limites, et les prophéties appellent ces villages « les villages de pierres » ou « prairies de pierres ». Et Ils dirent que les pierres pousseraient du sol et que vous ne pourriez pas voir au-delà du village. Au centre de chacun de ces villages il y aurait des indiens, mais ils marcheraient comme des coquilles vides sur une prairie de pierres. Ils utilisèrent l’expression « coquilles vides », ce qui signifient qu’ils auront perdu toutes leurs traditions, qu’ils seraient vides à l’intérieur.

      Ils dirent que lorsque l’aigle se serait posé sur la lune, certains commenceraient à quitter ces prairies de pierres, et rentreraient chez eux, et prendraient le temps de renaître, car ce serait un nouveau jour. Mais beaucoup ne feront rien. Et Ils ont dit que le jour viendrait où au lever du soleil ces villages seraient là et le soir ce ne serait plus que de la vapeur venant du sol. Ils seraient réduits en vapeur. Et au centre de beaucoup de ces villages de pierres, quand ils se transformeront en vapeur, les Indiens également se transformeront en vapeur, car ils ne se seront pas réveillé et n’auront pas quitté le village.

      Cela me perturbait quand j’étais jeune. Je demandais sans cesse aux Anciens, « N’y-t-il rien que nous puissions faire ? » Et ils répondirent que c’était ainsi, si une personne n’a pas les yeux spirituels pour voir c’est très difficile de leur montrer. Et s’ils n’ont pas les oreilles pour entendre, c’est très difficile de leur parler. Nous voudrions les aider mais nous ne le pouvons pas. Tout le monde ne se réveillera pas. Mais certains si.

      Ils dirent donc qu’il y aurait un troisième tremblement de terre. Ce ne sera pas une bonne chose à voir mais nous survivrons. Nous survivrons. Et quand nous aurons survécu, alors il y aura une nouvelle tentative pour réunir le cercle des humains sur terre.

      Et cette fois les Indiens n’auront pas à demander l’autorisation pour en faire partie, ils seront invités à se joindre au cercle car leur attitude envers nous aura changé, et ils nous laisseront entrer dans le cercle, et les quatre couleurs des quatre directions partageront leur sagesse, et il y aura la paix sur terre. Le temps est proche.

      Souvent quand je partage le message de ces prophéties on me demande : « Pouvons-nous changer quelque chose ? Pouvons-nous arrêter ça ? »

      La réponse est oui.

      Les prophéties sont toujours au conditionnel. Nous aurions pu nous réunir en 1565, et nous aurions pu avoir une grande civilisation, mais nous ne l’avons pas fait. Tout au long de ces prophéties nous aurions pu nous rassembler. On peut encore le faire. Si on pouvait arrêter la disharmonie raciale et religieuse, nous n’aurions pas à subir ce troisième tremblement.

      Les Anciens disent que les chances sont plutôt minces. Elles me semblent bien minces. Mais Ils disent que nous pouvons essayer d’amortir. Le mot que nous utilisons est « amortir ». Nous pouvons amortir afin que ce ne soit pas si terrible. Comment faire ? Nous le faisons en partageant les connaissances qui nous réuniront.

      Dans leurs prophéties les Hopis disent qu’il y aura une religion qui arrivera. C’est peut-être vrai, et elle amènera l’unité, et peut-être pas. Si elle n’apporte pas l’unité, une deuxième religion viendra, et le peuple de cette religion est connu en langue Hopi sous le nom de Bahani, le peuple de Baha. « Ni » signifie le « peuple de ».

      Quand j’ai entendu ces prophéties, aucune n’avait de sens. Maintenant elles se sont quasiment toutes accomplies. J’ai entendu aux nouvelles que la « maison dans le ciel » serait prête en 1996. Elle devait être prête plus tôt mais il y a eu un retard de 4 ans. Peut-être qu’il y aura un nouveau délai. Mais elle sera bientôt dans le ciel. La terre telle que nous la connaissons va changer.

      Je crois que chacun de nous porte en lui une goutte sacrée de lumière.

      Mais maintenant nous nous avançons dans le monde humain. L’esprit va s’ouvrir au rayonnement de notre propre âme et le cycle des êtres humains va revenir, et quelque chose de tellement positif qu’il en est indescriptible va arriver sur terre.

      Les Anciens utilisent d’autres mots. Ils disent qu’il y aura de l’herbe quand nous formerons le cercle et ramènerons la paix sur terre. Il y aura des brins d’herbe qui n’auront pas encore complètement poussé. Mais ces brins d’herbe essayeront de pousser pour voir le jour quand le soleil se lèvera.

      Vous savez, des scientifiques sont venus chez les Hopis et ont dit « Nous voudrions prendre un morceau de vos tablettes de pierre. Nous voudrions les emmener dans un laboratoire pour déterminer leur âge. » Les Hopis ont répondu « Nous savons quel âge nous avons. » Les scientifiques répondirent qu’ils voulaient confirmation. Les Hopis les ont laissé emmener un petit morceau des tablettes, et ils l’ont analysé au carbone 14.

      Ils découvrirent que ces tablettes avaient au moins 10.000 ans, peut-être même 50.000. Donc quand je dis « il y a des milliers d’années, des indiens parlaient de ces choses » c’est exactement cela. Ils en parlèrent à leurs enfants il y a des milliers d’années, leurs enfants ont grandi et l’ont raconté à leurs enfants, etc. Et ils parlaient des gens qui vivent aujourd’hui.

      Il s’agit de nous. Nous sommes ceux dont on parlait il y a si longtemps. Ils ont dit que vivre, naître et vivre à cette époque est un grand honneur.

      Dans le cycle du temps, du début à la fin, notre époque changera la purification de toute chose. Ils ont dit que c’était la plus dure des époques à vivre, mais que c’est également le plus grand des honneurs que de la vivre et de voir ceci.

      Dans l’état de Washington en 1855, on a signé des traités et créé 22 réserves indiennes. Ils voulaient y parvenir avant qu’il y ait des problèmes. Ils pensaient être très en avance à cette époque, ils avaient appris la leçon de ce qui s’était passé ailleurs. Ils créèrent les 22 réserves, et les anciens en 1855 dirent : Nous allons nous affaiblir mais vous allez devenir plus forts, et si vous désirez ne pas respecter ces traités vous pourrez le faire. Mais il viendra un temps où la terre elle-même se rebellera et se purifiera, et ce sera annoncé. »

      Les 16 Grands de la côte ouest l’annonceront. Et quand ils parleront la purification aura commencé. Il y a eu un nouveau ? ? ? ? (signe ?) quand le Mont St Hélène, l’un des grands volcans de la côte ouest, a « parlé ».

      Le Seattle Times en a fait un article. Ils sont allé parler à Watson Totus et Woodrow Bill. C’est le fils de Woodrow Bill qui a fait ce cerceau que j’ai apporté ici aujourd’hui. Ils leur demandèrent en tant que chefs spirituels de la nation Yakuma, « Qu’est-ce que cela signifie ? Leur réponse était si profonde qu’elle ne fut pas imprimée en page 16 mais en couverture du Seattle Times.

      Ils répondirent que cela voulait dire que les races et les nations de la terre devaient ralentir, se rassembler et parler les unes aux autres. Que nous avions 4 ans et 4 jours pour le faire.

      4 ans et 4 jours plus tard le Mont St Hélène entrait en éruption pour la seconde fois. C’était le printemps dernier, à cette époque de l’année. C’est notre période de grâce. Nous pouvons encore améliorer les choses. Mais tout va s’accélérer maintenant. Le temps va passer très vite.

      Plus nous partageons le message, plus nous amortirons le troisième tremblement de terre et plus nous rendrons les choses faciles pour nous-mêmes et pour les autres.

      Nous sommes maintenant à l’époque de la purification de toute chose. Les non-indiens appellent ça l’Apocalypse. Les anciens appellent ça la Purification.

      Mais ne désespérez pas. Cela peut sembler terrible mais nous survivrons. Nous traverserons cela. Je ne pense pas que quiconque ait été choisi pour traverser ceci et vivre, mais certains y parviendront.

      Donc, pour terminer je voudrais m’adresser à tout le monde, qui que vous soyez, jeune ou vieux, indien ou pas, et vous demander de vous réveiller, d’embrasser cette époque, d’apprendre tout ce que vous pouvez à propos des enseignements et des écritures, de vous lever, de vous réveiller et d’aller de l’avant, vous peuples de la terre.

      Partout des gens reçoivent maintenant ce message. Cette année est celle où tout va commencer. Je le pense moi-même. Levez-vous et réveillez-vous.

      Il y a des gens qui attendent pour entendre ce message.

        
    3. Prophéties    Hopi dévoilées en 1968 et interprétées de nos jours    accompagnées du résumé d’un texte prophétique récent    décrivant l’avenir de l’homme au cours de ce siècle.

      Une première série d’avertissements      avait eu pour but d’alerter les Anciens Hopis futurs de l’approche de cet      avènement ; signe qui leur était donné de rompre le silence      et de livrer au monde une deuxième série de prédictions      annonçant l’imminence de la purification par le feu.

      Voici la première série      de prédictions :

      Avertissement : Un cheval de      fer viendra au pays de l’homme rouge. Réalisation : Le chemin de fer a été construit      au XIXe siècle.

      Avertissement : L’homme blanc      dressera des fils de métal dans le ciel. Réalisation : Ce sont les lignes télégraphiques      au XIXe, et, au XXe siècle les câbles porteurs d’électricité.

      Avertissement : Des toiles d’araignées      sillonneront le ciel. Réalisation : Ce sont les traînées de condensation      des avions.

      Avertissement: Les puissances      du rouge, de la svastika et du soleil menaceront l’île de la Tortue. Réalisation : Vue de l’espace, l’Amérique du nord ressemble      au profil d’une tortue (Ne me demandez pas comment des voyants pré-colombiens      savaient cela). Pendant la seconde guerre mondiale et la guerre froide qui      suivit, l’Amérique du nord fut menacée par ces trois « puissances ».      La croix gammée des nazis et plus tard, les forces rouges communistes      russes et chinoises entourèrent l’île de la Tortue. La toute      puissance du soleil brûla le sol natal lorsque l’homme blanc essaya      ses bombes atomiques dans le Nevada et au Nouveau Mexique, proches de la terre      sacrée des Hopi en Arizona.

      Avertissement: L’homme blanc      créera une gangue de cendres qui empoisonnera la terre et la rendra      stérile pour des générations. Réalisation : Les bombes atomiques encore et les radiations      stérilisantes.

      Avertissement : L’accomplissement      de cette première série de signes autorisera les Anciens Hopi      à sortir de leur long silence et à répandre le message      prophétique de l’imminence de la grande purification. Ils partageront      leur connaissance et leur sagesse avec les peuples du monde, afin que chacun      puisse se préparer ou amortir le choc sur la Terre. Réalisation : Il y a 50 ans, en effet, les Anciens Hopi reconnurent      que le premier train de signes était avenu. Ils commencèrent      donc à révéler au monde les prophéties d’une purification      prochaine. Certains Anciens, tel que Thomas Banyaca, ont expliqué ces      prophéties à la télévision et ont parlé      devant l’Assemblée Générale des Nations Unies.

      Et voici la seconde et dernière      série d’avertissements :

      Avertissement : Une tribu d’hommes      vêtus de capes rouges et coiffés de chapeaux de même viendront      de l’est en grand nombre, voyageant par les airs. Ils coloniseront les terres      de l’ouest américain, se disperseront et disparaîtront. Réalisation : Lorsque les trois premiers signes précurseurs      de leur prophétie, vieille de 1200 ans, concernant la transplantation      de leur religion vers l’Amérique furent accomplis, les tibétains      rendirent visite aux Anciens Hopi. Cette prophétie donnée par      le fondateur du bouddhisme tibétain, Padmasambhava, s’énonce      : « Quand volera l’oiseau de fer (l’avion) et que le cheval courra sur      les routes (autos), le peuple tibétain sera dispersé comme des      fourmis sur la face de la Terre, et le Dharma viendra au pays des hommes rouges ».      Depuis 1970, le Dalaï Lama et un certain nombre de prêtres aux      capes marrons accomplissent la prophétie Hopi en visitant les Anciens      Hopi, puis en poursuivant leur migration. De nombreux Hopi croient aussi que      leur prophétie se complète par une seconde visite, dans les      années 80, des disciples vêtus de rouge de Bhagwan Sri Rajneesh,      arrivés par milliers dans l’ouest de l’Oregon. Effectivement, un groupe      de partisans de Rajneesh rendit visite au chef des Anciens Hopi, Grand Père      David Monogye, en 1985, pour ensuite disparaître suivis de leurs compagnons      de voyage en capes rouges. Cette rencontre est très bien évoquée      dans le livre : »Les Messies : Visions et Prophéties du 2ème      avènement « .

      Avertissement : L’homme blanc      volera des roches de la lune. Ceci est un signe de danger car nous serons      dans les derniers jours avant la purification. Réalisation : Les missions Appolo ramenèrent sur Terre      des centaines de kilos de roches prélevées sur la Lune.

      Avertissement : L’homme blanc      construira une maison permanente dans le ciel. Ceci est l’avertissement final      avant la purification. Réalisation : Les fragments de MIR ont tracé une trajectoire      de feu jusqu’à l’océan, mais aujourd’hui la Station Internationale      de l’Espace, bien plus permanente, parcourt le ciel. Elle sera tout à      fait opérationnelle dans quelques années. On pourrait même      dire qu’elle est opérationnelle et que les temps de la purification      sont arrivés.


      Il y a des centaines de prophéties      d’autres traditions apocalyptiques qui parlent de mort et de renaissance du      monde, peu après le tournant du siècle. Ceux qui ont lu John      Hogue, savent qu’il propose deux interprétations de la purification      selon les Hopi. Si notre destinée demeure motivée par des forces de la peur      et de l’attachement aveugle à des traditions désormais fossiles,      alors les « feux » de la guerre, du réchauffement planétaire,      de l’ire collective et du stress consumeront notre civilisation dans les 50      prochaines années.

      Cependant, si dans le même temps      l’appel à la transformation personnelle et à la méditation      est entendu par un nombre suffisant d’individus à travers le monde      et qu’ils commencent à changer (cf : l’homme nouveau que représente      Neo dans Matrix, voir l’article traitant de l’interprétation du film) alors les « feux » purificateurs      seront ceux de l’amour, de la conscience, du génie et de la compassion. Dans les années à venir nous verrons certainement flamber les      feux extérieurs et intérieurs. La question demeure : par quel      feu souhaitez-vous être purifié ?

      Je pense (Peter Tavy) que les textes      et les dires de tous les peuples de la Terre sont à prendre au sérieux.      J’ai un lien très fort et cristallin avec les peuplades amérindiennes      : Mayas, Hopi, Navajos, Incas… et de leurs enseignements ainsi que de leur      philosophie découle une Sagesse millénaire, proche de celle      des anciens Esseniens, qui me donne un regard neuf et constructif sur notre      monde : redonnons la place qu’elle mérite à notre Mère      la Terre !


      Sources Nexus n°16 John Hogue le 16 Avril 2001 de ses Hogue Prophecy Archives au site web http://www.hogueprophecy.com. Erudit se disant non-conformiste Hogue      est l’auteur de « Messiahs : The Vision and Prophecies of the Second Coming », « Nostradamus : The Complete Prophecies » et « The Last Pope :      The Decline and Fall of the Church of Rome »

       
    4.   

      Merci à vous deux de faire circuler ces messages de sagesse.

      Ces prophéties et enseignements sacrés ont traversé le temps pour nous rappeler l’élémentaire, l’essentiel même de ce que nous aurions du garder du respect de tout être et de toute chose dans son aspect le plus divin. Mais comme chaque chose a sa raison d’être, que les « erreurs » de l’humanité nous servent à comprendre, à observer quelles sont les conséquences des choix qui ont été fait, et que nos consciences s’élèvent à présent avec suffisamment de profondeur et de sagesse, pour accomplir ce passage et l’ouverture à ce nouveau monde magnifique et subtil que seul l’Amour en nos cœurs lui permettra de naitre.

      Nous sommes sur ce chemin mes amis, mes frères. C’est effectivement un grand honneur que de vivre cette période de transformation là.  :razz: J’en suis pleine de gratitude…

      Que L’AMOUR  soit !!!

       
    5.  
        

      Je vous recommande ce livre fascinant, rempli d’anecdotes, de simplicité, de gaité, d’amour et de joie.

      L’auteur, Don C. Talayesva, est un Indien Hopi, chef du Clan du Soleil, né à Oraïbi, à l’est du Grand Canyon du Colorado, en mars 1890. Il a assisté à l’implantation graduelle de l’administration gouvernementale et aux efforts d’américanisation soutenus en ces territoires pueblos par les autorités, parfois avec le concours de l’armée. La présente autobiographie, Soleil hopi, est un livre singulier.

      C’est tout d’abord un rare document sur une tribu indienne qui nous est décrite de l’intérieur, comme un ensemble vivant et gouverné par une harmonie interne. A ce titre, il est considéré comme un des grands classiques de l’ethnologie.

      C’est ensuite, et surtout, un homme qui témoigne avec naïveté, vivacité et sagesse de son attachement réfléchi aux cadres traditionnels hopis, à une attitude religieuse dans tous les grands moments de la vie. Hostile par expérience à une américanisation des siens et de sa tribu, Talayesva ne se refuse toutefois pas à une évolution nécessaire, qu’il estime, quant à lui, tragique.

      La richesse de la personnalité de ce chef indien, les événements historiques qu’il a vécus, nous valent un livre exceptionnel que son caractère établit comme une œuvre littéraire d’avant-garde.         

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  • PREFACE de Joseph F. Blumrich

    Dans notre histoire‚ il y a eu des hommes qui reconnaissaient clairement combien ils savaient peu de choses.

     Mais‚ il en a existé d’autres qui croyaient tout savoir. Aujourd’hui ce sont les équations différentielles‚ les ordinateurs et les statistiques qui l’emportent. Les faits solides expliquent tout et le savoir qui provient de la croyance ne vaut guère plus qu’une bulle de savon ! Il existe des courants qui partant de la beauté d’une bulle de savon arrivent à des conclusions surprenantes. Des changements s’annoncent et jettent leur ombre en avant – ou devrions-nous plutôt dire leur lumière ? C’est pourquoi‚ parmi nous‚ ceux qui cherchent la vérité écoutent – ou commencent à écouter – peut-être des mots venant de sources qui ne sont pas influencées par notre sorte de logique‚ notre manière de penser ou nos traditions.

    Ce sont des mots qui sont exprimés par des êtres humains qui proviennent d’un monde lointain qui nous est totalement étranger. Peut-être aimerions-nous établir des relations‚ former des ponts pour pouvoir comprendre ce dont on parle de l’autre côté ? D’une manière très humble‚ ce livre aimerait contribuer à former de tels ponts. Le livre « Book of the Hopi » m’a donné la meilleure introduction au monde des Hopis.

    Il m’a permis de reconnaître les ficelles subtiles qui se trouvent dissimulées sous la surface de nos faits solides. Quelques circonstances que l’on pourrait appeler coïncidences – je n’y crois pas – ont conduit ma femme et moi chez Ours Blanc et sa femme Naomi. Il s’en suivit un temps long – il semblait long mais ne dura que quelques années – jusqu’à l’instauration d’une confiance mutuelle. Enfin‚ Ours Blanc commença à parler. C’était à moi‚ non seulement de l’écouter‚ mais également à apprendre et à comprendre un monde totalement nouveau pour moi.

    Comme il fallait s’y attendre‚ la tentative de former un pont entre deux mondes si différents comme celui des Indiens et le nôtre était accompagnée de difficultés de compréhension. Mais‚ il me semble néanmoins que pour diverses raisons‚ notre relation a été favorisée par la chance. L’histoire familiale d’Ours Blanc‚ ainsi que son rôle lors les préparatifs pour le livre « Book of the Hopi » lui a procuré un regard sur les traditions de son peuple qui est sans doute plus vaste que celui de n’importe quel Hopi aujourd’hui.

    Sa capacité intuitive artistique lui a permis de dessiner et de peindre des images murales qu’il était impossible de se procurer d’une autre manière. Les trois ans de sa vie passée dans notre société occidentale lui ont souvent facilité à donner des explications sous forme d’exemples. De tels éclaircissements étaient nécessaires afin de rendre sa façon de s’exprimer compréhensible pour des gens extérieurs.

    D’un autre côté‚ sa connaissance de notre monde‚ n’a jamais conduit Ours Blanc à s’écarter des traditions de sa tribu. Dans la présentation de faits‚ événements et particularités‚ il a toujours été imperturbable. En ce qui concerne sa tribu‚ ses traditions ou religion‚ il est rempli d’une profonde solennité. Si j’ai jamais rencontré un homme qui aiment et préserve passionnément ses racines et convictions ainsi que celles de sa tribu‚ c’est bien Ours Blanc. Son état d’esprit est l’un des principaux piliers de ma conviction en ce qui concerne son intégrité‚ qui devait bien naturellement être démontrée. J’ai découvert une différence fondamentale entre la façon de penser d’Ours Blanc et la mienne qui reflète non seulement notre origine oppositionnelle‚ mais jette également un trait de lumière sur les problèmes du présent.

    C’est la différence – et le conflit – entre le savoir qui provient de la croyance et celui basé sur des preuves tangibles. L’incident suivant en rend compte : J’avais suivi l’affirmation des Hopis concernant les îles par lesquelles ils seraient venus en Amérique du Sud. Et j’avais effectivement trouvé les confirmations décrites plus bas. Cette découverte m’avait enthousiasmé et lorsque j’ai eu l’occasion d’en parler à Ours Blanc‚ j’ai attendu de sa part une réaction similaire. Au lieu de cela‚ il me regarda avec ses yeux sereins et tranquilles et me dit : “Je te l’avais bien dit que nous étions venus par ce chemin‚ n’est-ce pas ?” Il faut mentionner que notre travail était strictement dirigé sur des développements historiques et leur signification et il n’existait aucune intention de créer une réplique du livre remarquable « Book of the Hopi ». Le texte transcrit dans la première partie est exclusivement le récit d’Ours Blanc.

    Il provient de bandes enregistrées qu’il a réalisées lui-même dans ce but‚ ainsi que de nos conversations enregistrées qui étaient nécessaires et servaient à éclaircir‚ compléter et arrondir de l’image. Toutefois‚ comme déjà indiqué‚ j’ai collaboré avec lui pour chercher des formulations et exemples en vue d’une meilleure compréhension‚ c’était ma tâche en temps qu’intermédiaire. En dehors de cela‚ ma participation à cette partie a contribuée à fixer le contenu dans une forme facilement lisible. Les propres mots d’Ours Blanc et ses manières de s’exprimer sont restés intactes autant que possible. En outre‚ la disposition des chapitres et sous-paragraphes ont été réalisés par moi-même. Afin de pouvoir plus facilement retrouver les différentes phases et thèmes.

    Ma contribution à l’écriture de la première partie était guidé dans l’intention inconditionnelle de retranscrire le contenu et la forme des révélations d’Ours Blanc sans modifications et autant que possible avec ses propres mots.

    INTRODUCTION

    Ours Blanc

    Ceci est l’histoire de mes ancêtres et des clans qui sont venus sur ce continent. Le continent sur lequel mon peuple vécut longtemps a sombré dans la mer et les gens durent le quitter. Ils durent aller sur un nouveau continent qui sortait de la mer à l’est‚ afin d’avoir un nouveau monde pour eux et faire un nouveau commencement. Tout ceci fut provoqué par leur attitude dans certaines situations. Je te raconterai pourquoi c’est arrivé‚ comment ils sont parvenus sur le nouveau continent que nous appelons le quatrième monde‚ Tóowakachi‚ et ce qui leur est arrivé après.

    Mais d’abord‚ je voudrais dire que je suis très reconnaissant à tous ces gens qui m’ont donné le savoir et la compréhension. Beaucoup m’a été raconté quand j’était encore enfant et j’ai appris certaines choses quand j’étais un jeune homme et d’autres quand j’ai été moi-même plus vieux. Mais‚ pendant toutes ces années‚ les grandes cérémonies furent célébrées. C’est grâce à elles que mon peuple tient éveillés les souvenirs de notre histoire.

    Comme tu le sais‚ les Hopis‚ dans leurs familles‚ suivent la lignée de la mère. C’est pourquoi j’appartiens au clan de ma mère‚ le clan des coyotes‚ et je dois à ma mère et à ma grand-mère une grande partie de mon savoir‚ ainsi qu’à mon oncle du même clan. Ils m’ont donné un bon enseignement.

    Du clan de l’ours‚ d’où est originaire mon père‚ sont sortis les guides et chefs d’Oraibi durant des centaines et des centaines d’années. Ce que j’ai appris‚ par mon père et mon oncle‚ le chef Tawaquaptiwa‚ provient donc de la connaissance du clan de l’ours et des autres clans qui se sont fixés ici.

    Il y a encore beaucoup d’autres gens qui m’ont transmis une partie de leur sagesse et de leur savoir et je leur en suis très reconnaissant. Ils font tous partie des clans qui vivent maintenant ici. Ces clans ont conservé leurs souvenirs à travers les peines et les difficultés endurées et causées par leurs migrations qu’ils ont considérées comme faisant partie de leurs devoirs‚ dans le but d’arriver à Oraibi pour aider à la construction de ce lieu en réalisant ainsi les plans du créateur.

    Maintenant‚ il est temps de parler de notre peuple‚ pour vous dire qui nous sommes et pourquoi nous sommes ici dans l’espoir que quelqu’un‚ un jour‚ nous comprendra. Même si c’est moi qui parle ici‚ il s’agit du savoir des Hopis que vous allez connaître. De la longue‚ longue histoire des Hopis ressort un avertissement pour vous. Vous allez comprendre plus tard ce que je veux dire quand je raconterai mon histoire. C’est la raison pour laquelle je parle maintenant. Cela nous concerne tous. Peut-être cet avertissement ne viendra pas trop tard.

    En racontant notre histoire‚ il faut que tu saches que le temps n’avait pas la même importance. Aujourd’hui‚ le temps semble important‚ le temps rend tout compliqué‚ le temps devient un obstacle. Mais‚ dans l’histoire de mon peuple‚ le temps n’était pas vraiment important‚ ni pour le créateur lui-même. Ce qui compte vraiment est la beauté que nous mettons dans notre vie‚ la manière dont nous accomplissons nos devoirs et notre responsabilité envers le créateur. Les choses matérielles de ce monde sont de peu d’importance pour les Hopis‚ comme tu t’en apercevras quand tu seras chez moi et que tu verras comment nous vivons notre histoire.

    Quand tu seras parmi mon peuple‚ dans nos villages‚ tu commenceras à comprendre que ces vieilles femmes et ces vieux hommes‚ qui font l’histoire actuelle‚ n’oublieront jamais l’ancienne histoire qui est écrite dans leur cœur. Et comme l’histoire m’a été révélée‚ je vais essayer maintenant de la transmettre aussi fidèlement que possible.

    LES TEMPS ANCIENS

    D’après nos traditions‚ nous avons vécu dans deux autres mondes avant de venir dans le troisième monde – puis‚ dans le quatrième‚ dans lequel nous sommes maintenant.

    Dans le premier monde‚ la divinité Táiowa créa l’homme. Táiowa a créé toutes les choses dans cet univers. Il n’y a rien qu’il n’ait réalisé. L’endroit où il se trouve est appelé “la hauteur”‚ beaucoup de gens l’appellent “ciel”. Personne ne sait où cela se trouve‚ mais à partir de là‚ il dirige l’univers. Il a donné un cerveau à l’homme‚ il lui a donné le savoir‚ il lui a donné tout ce dont l’homme a besoin dans sa vie. Et il lui a donné la loi et les devoirs auxquels il doit obéir dans cet univers.

    Le premier monde fut détruit par le feu‚ parce que les hommes sont devenus méchants. Mais notre peuple‚ ceux qui dans des temps plus récents sont devenus les Hopis‚ survécut à la destruction‚ parce que notre peuple fut choisi pour conserver la connaissance de ces faits à travers les temps‚ jusque dans le présent‚ et de la transmettre dans le futur.

    Le deuxième monde fut détruit par la glace. Encore une fois‚ notre peuple survécut et arriva dans le troisième monde‚ le troisième continent. Tous ces événements et les événements ultérieurs sont encore vivants dans nos coutumes religieuses.

    LE TROISIEME MONDE

    Kásskara

    Mu (la Lémurie) selon Cortezz & morgana  
    Mu (la Lémurie) selon Cortezz & morgana
     

    Le nom du troisième monde était Kásskara. Peu de gens‚ aujourd’hui‚ connaissent la signification de ce très vieux mot. Je l’ai apprise par Otto Péntewa qui s’en est souvenu‚ cela signifie “mère terre”. Nous l’appelons aussi “le pays du soleil” parce que nous aimons bien faire référence au soleil et à la terre qui nous gardent en vie.

    Kásskara était un continent. Peut-être était-ce le même qui est appelé aujourd’hui Mu ou Lémurie. La plus grande partie du continent se situait au sud de l’Equateur‚ seulement une petite partie se trouvait au nord. C’était un pays très beau. Comparé à aujourd’hui‚ c’était presque un paradis. Nous devions travailler mais nous n’avions pas besoin de travailler dur. Depuis nos débuts dans le premier monde‚ nous avions suivi le plan de notre créateur et avions cultivé notre nourriture nous-mêmes. Dans ces temps‚ nous avions choisi le maïs comme nourriture principale‚ nous l’avons amené dans le deuxième monde et nous avons continué à en vivre dans le troisième monde. Quand tu vois notre maïs‚ pense au fait que les Hopis l’ont depuis des temps très très anciens‚ déjà depuis le premier monde.

    La connaissance que nous cherchions et qui nous fut donnée concernait les plantes et les animaux. Nous voulions savoir pourquoi les feuilles étaient vertes et les fleurs multicolores. Nous pouvions communiquer avec les plantes et les animaux. Nous avions ce que vous appelez des connaissances scientifiques‚ mais nous ne les utilisions pas pour la fabrication d’objets dont on a besoin pour soumettre d’autres gens.

    Les gens avaient de l’estime les uns pour les autres. Les clans avaient leurs propres chefs‚ mais ils avaient tous un grand chef spirituel. Dans la vie des Hopis‚ il y a toujours eu un clan qui a la suprématie pour un certain temps afin de veiller à ce que nous remplissions bien nos obligations et responsabilités‚ ainsi que notre bonne conduite dans la vie. Quand nous avons hérité de ce monde-là‚ c’était le clan de l’arc qui avait le pouvoir. Pour cette raison‚ le chef de tribu du clan de l’arc était le souverain de Kásskara.

    Au début‚ tout allait bien à Kásskara. Beaucoup plus tard‚ les hommes commencèrent‚ petit à petit‚ à perdre l’estime les uns pour les autres ; d’abord quelques-uns‚ puis de plus en plus. Comme tu le vois‚ nous sommes exactement comme les autres hommes. Je peux comparer cela avec ce qui se passe aujourd’hui dans les organisations : les gens veulent avoir un certain rang‚ du pouvoir‚ ils veulent leur part. La même chose est arrivée à Kásskara. Ce fut surtout le cas pour le clan de l’arc‚ mais les chefs de haut rang de ce clan restèrent bons.

    Avant de continuer l’histoire de Kásskara‚ je dois te dire que‚ naturellement‚ nous n’étions pas les seuls sur la terre. Dans d’autres pays‚ il y avait aussi des gens.

    Atlantis

    A l’est de chez nous se trouvait un continent que nous avons appelé Talawaitichqua‚ “le pays de l’est”. Dans la langue hopie‚ tichqua veut dire “terre”‚ la surface d’un continent‚ et la première partie du mot signifie “matin”‚ ou “lever du soleil”.

    Entre ce continent et nous‚ il y avait une grande surface d’eau. Aujourd’hui‚ on appelle ce continent Atlantis et je continuerai à l’appeler ainsi car‚ pour toi‚ c’est un mot plus familier.

    Au début du troisième monde‚ les gens d’Atlantis étaient aussi paisibles que nous. Nous avons‚ bien sûr‚ la même origine divine. Ils avaient les mêmes symboles que nous. Mais‚ avec le temps‚ ils changèrent. Ils commencèrent à explorer les secrets du créateur que l’homme ne doit pas connaître. Tu sais‚ il existe des secrets qui ne sont destinés qu’à la déité et‚ quand les hommes commencèrent à les étudier‚ ils enfreignirent cette loi. L’homme‚ en fait‚ a le même pouvoir que le créateur‚ mais le créateur garde des secrets que les hommes ne doivent pas chercher à comprendre. Cette affaire concernant les secrets est très très sérieuse. Parlons de notre temps à nous pour que tu comprennes ce que je veux dire et pour te permettre d’avoir une idée sur ce que les Hopis croient.

    Vous avez développé beaucoup de choses‚ par exemple des avions. Quand mon oncle m’a amené à Oraibi voir la lithographie d’un avion à réaction‚ qui est naturellement beaucoup plus ancien que vos avions à réaction d’aujourd’hui‚ il m’a dit : “Ce sera très très bien de voler à nouveau à travers les airs‚ comme l’a fait notre peuple avant. Quand il y a quelque part‚ dans le monde‚ très loin‚ une catastrophe‚ on peut apporter du secours (nourriture‚ médicaments‚ outils). Mais on va également apporter la mort aux hommes à des centaines de miles de distance. Et c’est en cela que l’on désobéira à la loi divine.”

    Comment pouvez-vous séparer ces deux choses si vous faites des recherches sur des secrets dont les hommes ne savent pas encore faire une bonne utilisation ? Pense à toi : supposons que tu aies fait une découverte scientifique dans le domaine des fusées et que quelqu’un fasse un mauvais usage de ta découverte. Toi‚ tu ne le ferais pas‚ mais c’est ta découverte. Sais-tu vraiment où commence et se termine ta responsabilité ?

    Et maintenant‚ ils essaient de produire la vie artificiellement – et un jour également l’homme. Cela fait partie de ce que nous appelons des recherches sur le sang. Et il n’est pas bien de faire cela !

    Naturellement‚ vous pouvez faire des recherches sur le fonctionnement de votre corps afin de savoir ce qui guérit et ce qui vous donne une longue vie. Le créateur veut que nous le fassions. Il veut que nous profitions de la vie et que nous ayons aussi peu de travail pénible que possible et que tout ce qui est bon‚ toute la joie‚ tout le bonheur de ce monde nous échoient. Mais ces autres choses‚ vous ne devez pas les faire‚ non !

    Nous pouvons résumer tout cela en deux phrases. Le créateur divin nous a dit : “Si vous voulez être mes enfants‚ vous ne devez pas utiliser votre savoir pour soumettre‚ détruire‚ tuer ou faire une mauvaise utilisation de ce que je vous ai donné. Si vous ne respectez pas cette loi‚ vous n’êtes pas mes enfants.”

    Vers la fin du troisième monde‚ il y avait une femme comme guide suprême d’Atlantis. Dans notre langue‚ nous pouvons l’appeler une Kickmongwuity‚ une prêtresse suprême ; à vos yeux‚ elle aurait été tout simplement une reine. Elle était très puissante et très belle. Elle a utilisé sa puissance et la beauté de son corps pour soumettre les chefs de son peuple. Elle reçut d’eux tellement de bijoux que nous l’avons appelée “la femme turquoise”. Parmi ces personnalités‚ se trouvaient des savants que l’on pourrait appeler des “leaders douteux”. Un homme savant n’est pas systématiquement un homme bon. Elle avait beaucoup de succès auprès de ces hommes et c’est ainsi qu’elle est devenue souveraine de tout le continent. Atlantis étendit son influence et soumit des peuples dans les pays qui se trouvaient plus loin à l’est‚ que nous appelons aujourd’hui Europe et Afrique. Bien qu’Atlantis fut un petit pays‚ il avait une très grande influence. Tu peux le comparer à l’Angleterre. C’est également un petit pays‚ mais quelle influence il avait !

    Les Atlantes avaient également fait des recherches sur les secrets du créateur‚ qu’ils n’auraient pas dû connaître. Comme je te l’ai dit‚ ils en ont pris connaissance trop tôt. Spirituellement‚ ils n’étaient pas encore prêts‚ ils ont utilisé leur savoir pour soumettre d’autres peuples. Et en cela‚ ils ont enfreint l’ordre divin. Certains y ont même perdu leur vie. Ils ont également étudié d’autres planètes et ils s’y sont même rendus‚ mais comme c’étaient des planètes mortes‚ ils ne pouvaient y vivre. Ils devaient donc rester sur notre vieille terre.

    C’est alors qu’ils se sont retournés contre Kásskara. Ils savaient que‚ moralement et spirituellement‚ nous étions beaucoup plus forts‚ cela les a rendus envieux. C’est pourquoi la reine voulut également conquérir notre pays et soumettre notre peuple. Elle a menacé notre souverain de réunir tous ses vaisseaux spatiaux au-dessus de notre continent et de nous détruire de là-haut. Mais il refusa de céder. Il y eut un long temps de pourparlers que l’on peut aussi appeler conférences. Tous les grands hommes de cette époque tinrent des réunions.

      Mu (la Lémurie) selon Loren adams (Moonlight Over Lemuria)
     
    Mu (la Lémurie) selon Loren adams (« Moonlight Over Lemuria »)

    Comme je te l’ai déjà dit‚ il y avait parmi nous des gens qui étaient devenus avides de rang et de pouvoir. Leur croyance religieuse devenait plus faible et les gens n’avaient plus beaucoup d’estime les uns pour les autres. Nous étions dans une situation que l’on peut très bien comparer à la situation actuelle.

    Avec le temps‚ l’influence de cette femme conduisit à une scission de notre peuple. Elle commença à en amener de son côté. Il s’agissait d’hommes avides de pouvoir dont je t’ai parlé. Ils se détournèrent de nos lois et se dirent à eux-mêmes : “Si nous sommes du côté des Atlantes et acceptons leurs exigences‚ nous aurons peut-être plus tard une bonne part du pouvoir.”

    Les méchants prirent le dessus. Ils avaient étudié de nombreux secrets du créateur que l’humanité ne doit pas connaître‚ mais nous‚ nous n’y avons pas pris part. Nous voulions être et rester le peuple pacifique qui était reconnu‚ à cette époque‚ comme tel. Je crois qu’en réalité ce fut le créateur qui utilisa son pouvoir pour nous détourner de ces choses.

    Les chefs se réunirent de nombreuses fois. Mais le groupe de ceux qui avaient des connaissances scientifiques fut beaucoup plus fort et ils vinrent pour attaquer mon peuple avec le matériel de leurs pouvoirs et de leur invention.

    Tout ce que je te raconte‚ ainsi que les événements ultérieurs‚ je les ai appris par ma grand-mère. Mais j’ai aussi discuté avec un homme qui est le dernier à connaître l’histoire du clan de l’arc. Je l’ai fait parce que‚ dans notre histoire‚ on dit que ceux du clan de l’arc avaient fait les pires choses. Il confirma ce qui s’était passé et dit : “Oui‚ nous l’avons fait.”

    De très haut dans les airs‚ ils dirigèrent leur force magnétique sur nos villes. Mais ceux de notre peuple qui n’avaient pas quitté le chemin véritable de notre créateur furent rassemblés dans une certaine région afin d’être sauvés.

    Hier‚ lors d’une réunion dans une kiva de Shongopovi‚ nous avons eu une longue discussion sur notre situation actuelle. Nous voyons en ce moment survenir les mêmes choses que celles qui se sont passées juste avant la destruction du troisième monde. La raison de nos soucis est que nous savons ce qui arrivera. Dans cette réunion‚ il fut clair que le problème crucial des Hopis est le problème de la terre et ce fut un problème semblable qui amenât les spationautes vers nous. Nous savons que nous avons atteint le point de non retour.

    Nous avons également évoqué Kásskara‚ la reine d’Atlantis et comment fut détruit le troisième monde. J’ai pensé à ma grand-mère qui m’a dit qu’il arriverait la même chose que ce qui est survenu il y a très longtemps.

    LA DESTRUCTION DU TROISIEME MONDE

    Notre peuple avait des connaissances comparables à celles d’Atlantis‚ mais il les a utilisées uniquement à des fins utiles et bonnes. Comme je te l’ai déjà dit‚ nous avons étudié les secrets de la nature‚ la puissance du créateur dans les choses vivantes.

    Mon peuple ne se défendit pas quand il fut attaqué. Et il eut raison !

    Si cela te semble étrange‚ regarde ce que les Hopis font aujourd’hui. Le gouvernement des Etats-Unis nous a donné une réserve. Te rends-tu compte ? Et puis ils sont venus pour en couper des morceaux. Notre pays‚ ils l’ont réduit de plus en plus. Mais nous ne nous sommes pas défendus par la force. Chaque fois que le gouvernement fait cela‚ nous disons : “ce n’est pas juste”‚ comme nous l’a demandé le créateur. Nous savons que nous ne serons pas détruits‚ ce sont eux qui le seront les premiers.

    Mais même si nous ne nous sommes pas défendus activement‚ nous avions quand même notre bouclier de protection. Je ne sais pas t’expliquer scientifiquement ce qu’était ce bouclier et comment il fonctionnait. Mais ma grand-mère me l’a expliqué de la façon suivante : s’il y a de la foudre‚ celle-ci peut atteindre le bouclier mais là elle explose. Elle ne traverse pas le bouclier. Je me rappelle bien comment ma grand-mère m’a montré la façon dont le bouclier agit. Un jour‚ j’étais encore enfant‚ elle prit une cuvette‚ la retourna et dit : “maintenant‚ tu es sous la cuvette‚ si quelque chose tombe dessus‚ cela ne te fera pas mal.” Peut-être devrais-je te dire ici que toutes les histoires qu’elle me racontait‚ il me fallait toutes les répéter. Quand je me trompais‚ elle m’interrompait et je devais recommencer. C’est pourquoi je connais par cœur tout ce que ma grand-mère m’a raconté.

    C’est ainsi que toutes les bombes‚ ou quoi que cela ait pu être‚ ont explosé loin au-dessus et le bouclier protégea tous les gens qui devaient être sauvés et qui avaient été rassemblés dans une certaine région. Nous seuls avons été sauvés. Des villes furent attaquées et beaucoup de gens périrent.

    Et puis – comme disait ma grand-mère – quelqu’un a appuyé sur le mauvais bouton et les deux continents ont sombré. Ce ne fut pas le déluge universel. La terre entière ne fut pas détruite et tous les hommes ne furent pas tués. Atlantis s’enfonça très vite dans l’océan‚ mais notre troisième monde‚ Kásskara‚ s’enfonça très lentement.

    Le déluge selon Loren Adams (The Augmented Sea) 

    Le déluge selon Loren Adams (« The Augmented Sea »)

    Laisse-moi t’expliquer pourquoi cela s’est passé ainsi : Supposons que je veux tuer quelqu’un et que j’ai un complice. Nous sommes d’accord pour le faire. Même si c’est moi qui tue‚ lui‚ le complice‚ le fait en pensée. Mais il n’est pas autant coupable que moi. Il aura une nouvelle chance par la réincarnation‚ mais pas moi. C’est la raison de la destruction rapide d’Atlantis : ce sont eux qui ont attaqué. Nous‚ ou quelques-uns des nôtres‚ étions seulement des collaborateurs lors de l’attaque de Kásskara par Atlantis.

    C’est pourquoi la faute de notre côté fut mineure et notre groupe eut une nouvelle chance. Si nous avions été aussi fautifs que les Atlantes‚ nous aurions été détruits aussi rapidement.

    La puissance qui se trouve hors de toute capacité humaine ne voulut pas permettre que le peuple de la paix soit anéanti complètement. Ces gens étaient des réincarnations d’hommes qui avaient vécu dans le deuxième monde‚ Topka‚ et qui avaient suivi les lois du créateur. C’était sa volonté de donner à ceux qui devaient être sauvés les moyens d’y parvenir.

    Je sais que beaucoup de gens auront une opinion différente‚ mais nous sommes le peuple élu. Nous avons été sauvés et nous sommes venus ici parce que‚ depuis le premier monde‚ nous avons toujours obéi à la loi !

    Nous allons voir maintenant ce qui se passa ensuite et quel rôle jouèrent les Kachinas qui nous ont amenés sur ce continent‚ dans le quatrième monde.

    Mais d’abord‚ je dois te parler des Kachinas eux-mêmes.

    Les Kachinas

    Dans le troisième monde‚ et déjà depuis le premier monde‚ nous étions en relation avec les Kachinas. Kachine signifie “initié estimé de haut rang”. Dans les premiers temps‚ ils s’appelaient Kyápchina‚ mais comme notre langage a évolué avec le temps‚ nous disons maintenant Kachinas. En fait‚ Kyápchina désigne une seule personne. Quand on veut parler de plusieurs Kachinas‚ on dit Kyákyapichina‚ c’est le pluriel. Le mot Chinakane signifie “pousse”‚ la pousse d’une plante‚ mais ici il désigne la croissance spirituelle que les Kachinas nous donnent.

    Représentation d’un Kachina  
    Représentation d’un Kachina
     

    Les Kachinas peuvent être visibles‚ mais parfois ils sont également invisibles. Ils viennent de l’espace. Ils ne viennent pas de notre système solaire‚ mais de planètes très éloignées. Il faudrait à nos astronautes plusieurs générations pour y parvenir. Le nom Hopi pour ces planètes est Tóónátakha‚ cela signifie qu’elles sont proches les unes des autres‚ pas dans le sens matériel mais dans le sens spirituel‚ parce que tous leurs habitants ont la même responsabilité‚ ils travaillent tous étroitement ensemble. C’est pourquoi nous pouvons traduire le mot par “Confédération des planètes”. Comme nous savons qu’il s’agit de douze planètes‚ nous pourrions dire également “Confédération des douze planètes”.

    Les Kachinas peuvent se déplacer très rapidement et‚ pendant que je prononce cette phrase‚ ils peuvent parcourir de longues distances. Ils n’ont besoin que de quelques secondes ; leurs vaisseaux volent grâce à une force magnétique‚ même quand ils font le tour de la terre.

    Les rangs des Kachinas dépendent de leurs capacités. Ils s’appellent tous Kachinas‚ mais certains sont appelés également “Wu’yas”. Dans votre langue‚ “Wu’ya” signifie “divinit锂 mais cela n’est pas tout à fait exact car Wu’ya désigne quelqu’un qui possède une grande sagesse‚ un homme ou une femme vieux et sages. Si tu voulais comparer les Kachinas et les Wu’yas avec vos personnages chrétiens‚ vous diriez “anges” pour les Kachinas et “archanges” pour les Wu’yas. Ce sont tous des anges‚ mais les plus élevés de rang vous les appelleriez archanges. Les divinités se situent au-dessus des Kachinas et au-dessus de tous se trouve le créateur. Seuls les Kachinas sont en relation avec les êtres humains‚ pas les divinités. Ce sont elles qui donnent les instructions aux Kachinas.

    Pour les enfants‚ on les appelle tous des Kachinas. On fait cela pour familiariser l’enfant avec les “initiés”. Il serait trop difficile de leur expliquer la différence. C’est ici que les poupées Kachinas jouent un rôle‚ car elles habituent l’enfant à l’apparence physique pour que l’enfant n’ait pas peur en voyant les danseurs.

    Même les étrangers qui viennent acheter ces poupées les appellent des Kachinas car‚ n’y connaissant rien‚ ils ne font pas la différence. Nous faisons de même avec les montagnes de San Francisco. On peut les voir‚ elles sont hautes et un enfant comprend lorsqu’on lui dit que c’est là que se rendent les Kachinas quand ils nous quittent. Pense à ce que vous dites à vos enfants au sujet du Père Noël et de l’enfant Jésus.

    Mais quand l’enfant est accueilli parmi les adultes‚ on lui explique la différence. Pour les adultes‚ les Kachinas viennent d’une planète très éloignée‚ et quand ils nous quittent ils y retournent. Les hommes qui exécutent les danses représentent des êtres savants de différents rangs qui sont venus chez nous il y a longtemps.

    Il y a trois sortes de Kachinas. Les premiers s’occupent de la continuité de la vie (survivance). Dans nos danses‚ ils apparaissent au milieu de l’hiver quand‚ dans la nature‚ toute vie dort. Ils nous offrent la certitude que la vie reviendra et continuera. Et comme la réincarnation fait partie de la continuité de la vie‚ cela signifie que nous naîtrons à nouveau et que nous aurons la possibilité de nous améliorer.

    Le deuxième groupe est constitué par les enseignants. Nous apprenons d’eux qui nous sommes et où nous sommes‚ quelles sont les influences que nous pouvons subir et ce que nous devons faire.

    Le troisième groupe représente les gardiens de la loi. On peut aussi les appeler “ceux qui nous avertissent‚ nous mettent en garde”‚ car ils nous parlent pendant longtemps‚ mais un jour viendra où il ne nous avertiront plus‚ mais au contraire ils nous puniront pour tout le mal que nous aurons fait.

    Des enfants sont nés à la suite d’une relation mystique entre nos femmes et les Kachinas. Je te raconterai plus tard des légendes qui relatent ce fait. Nos gens pouvaient toucher les Kachinas‚ il y avait donc une proximité physique entre les Kachinas et les êtres humains. Mais‚ même si cela semble étrange‚ il n’y a jamais eu de rapports sexuels. Les enfants ont été conçus de façon mystique. De tels enfants‚ quand ils grandissaient‚ avaient une grande connaissance et une grande sagesse‚ et même parfois des pouvoirs surnaturels qu’ils avaient reçus par leur père spirituel. C’étaient toujours des hommes magnifiques‚ puissants‚ qui étaient toujours prêts à aider et jamais à détruire.

    Les Kachinas sont des êtres corporels‚ c’est pourquoi ils ont besoin de vaisseaux pour les voyages dans nos airs et pour retourner sur leurs planètes. Les vaisseaux spatiaux ont différentes tailles et noms. L’un d’eux est Patoowa‚ “l’objet qui peut voler au-dessus de l’eau”. Pahu veut dire eau dans notre langue‚ et Toowata est un objet avec une surface courbe. En raison de cette forme‚ nous l’appelons aussi “bouclier volant”.

    Je vais te raconter à quoi il ressemble. Si on coupe une calebasse en deux‚ on obtient une forme qui a l’aspect d’une coupe ou soucoupe ; si on assemble deux de ces parties‚ on obtient la forme du vaisseau que l’on utilisa jadis pour se rendre sur ces planètes. Quand on est assis à l’intérieur‚ on peut se déplacer dans toutes les directions et on ne tombe pas‚ quelle que soit la vitesse. Comme il a cette forme‚ nous l’appelons Inioma.

    Chez les Hopis‚ on sait que quelques-uns des nôtres ont volé dans ces vaisseaux et que ces vaisseaux ont également été utilisés dans d’autres pays‚ car les Atlantes sont venus chez nous dans ces vaisseaux.

    Près d’Oraibi se trouve un dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant. La flèche est un signe de grande vitesse. La femme porte les cheveux d’une femme mariée.

    Dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant près d’Oraibi 

    Dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant‚ près d’Oraibi

    Les deux moitiés sont tenues ensemble par une “bride”. Celui qui conduit le vaisseau doit actionner cette “bride”. Quand il la tourne à droite‚ le vaisseau monte‚ quand il la tourne à gauche‚ il descend. Le vaisseau n’a pas de moteur comme les avions et n’a pas besoin de carburant. Il vole dans un champ magnétique. On doit seulement connaître la bonne hauteur. Si l’on veut se diriger vers l’est‚ on choisit une certaine hauteur‚ si l’on veut aller vers le nord‚ on choisit une autre hauteur‚ etc. Il suffit de monter à la hauteur correspondant à la direction choisie et le vaisseau vole dans le courant désiré. De cette manière‚ on peut atteindre n’importe quel endroit à l’intérieur de notre atmosphère‚ mais on peut également quitter la terre.

    C’est très simple !

    La migration dans le quatrième monde

    Maintenant‚ nous allons continuer à parler des événements historiques.

    Longtemps avant que notre continent et Atlantis soient engloutis‚ les Kachinas remarquèrent qu’il y avait‚ à l’est de chez nous‚ un continent qui sortait de l’eau. D’ailleurs‚ selon nos traditions‚ le monde a changé plusieurs fois. Ce qui était en train de sortir de l’eau était‚ en fait‚ le même pays que celui dans lequel nous avions vécu dans notre deuxième monde‚ Topka. Mais maintenant‚ nous l’appelons le quatrième monde‚ car son apparence est différente.

    On dit aussi que la terre a basculé plusieurs fois‚ je veux dire que le pôle nord était à l’endroit où le pôle sud se trouve actuellement et vice versa. Aujourd’hui‚ les pôles sont inversés et le véritable pôle nord se trouve au sud et le véritable pôle sud au nord. Mais‚ dans le cinquième monde‚ cela changera à nouveau‚ et les pôles seront à leur vraie place. A chaque fois‚ la terre a basculé complètement du nord au sud et pas seulement de la moitié‚ sinon il y aurait eut beaucoup trop de dommages et ce n’était pas l’intention du créateur. Durant Topka‚ le deuxième monde‚ la terre a basculé seulement de moitié et tout a gelé.

    Les Kachinas ont donc fait des recherches et observé cette nouvelle terre et‚ quand elle fut au-dessus de l’eau‚ ils commencèrent leurs préparatifs. La grande migration pouvait commencer.

    Cette nouvelle terre devait devenir notre nouvelle patrie‚ que nous appelons Toowakachi‚ le quatrième monde. Nous avons aussi un autre nom‚ Sistaloakha‚ un mot pour désigner tout ce qui est créé rapidement et qui apparaît dans une forme parfaite.

    Le créateur avait donc décidé de nous sauver‚ et les Kachinas nous aidèrent pour atteindre ce nouveau continent. Notre peuple arriva du troisième au quatrième monde de trois façons différentes. Les premiers arrivèrent dans des boucliers volants (c’est ainsi que nous les appelons chez nous). Ils étaient destinés aux gens importants‚ de haut rang. Ils étaient prioritaires parce qu’ils devaient fonder la nouvelle colonie et s’occuper de tous les préparatifs. Comme ils sont arrivés les premiers‚ tous les considéraient comme des gens estimés. Les Kachinas‚ en tant que spationautes‚ savaient où se trouvait la nouvelle terre et ils les y ont amenés. Les Kachinas pouvaient le faire car ils possédaient des boucliers volants ; notre peuple non‚ nous ne savions pas les construire. Mais tu te rappelles que les gens d’Atlantis avaient également des boucliers volants. Ils ne les avaient pas reçus des Kachinas qui les avaient quittés‚ mais ils les avaient construits eux-mêmes avec leur force malveillante ; mais ça‚ je te l’ai déjà raconté.

    Longtemps avant que le continent du troisième monde‚ Kásskara‚ soit englouti‚ les premiers clans arrivèrent ici. Parmi les clans qui sont arrivés par les boucliers volants‚ se trouvaient le clan du feu‚ le clan du serpent‚ le clan de l’araignée‚ le clan de l’arc‚ le clan du lézard‚ le clan de l’aigle et le clan de l’eau. En fait‚ il y avait encore plus de clans‚ mais je t’indique ici les principaux. Sur la liste complète‚ le clan de l’arc est indiqué bien plus bas‚ contrairement à ce qui apparaît ici‚ car ce clan a mal agi dans le troisième monde. Mais les gens du clan de l’arc étaient encore importants. Même si beaucoup avaient participé à la destruction du troisième monde‚ ils n’avaient pas tous quitté le chemin du créateur. C’est pourquoi ils ont été sauvés.

    Il y avait aussi une sorte de gens (le deuxième groupe) qu’il fallut transporter ici et on l’a fait à l’aide de grands oiseaux. La fête du mois de mars‚ Powamu‚ nous rappelle ces événements. J’ai participé moi-même à cette cérémonie‚ à Oraibi‚ quand je fus enfin admis dans la société Powamu. Avant la cérémonie‚ le chef de tribu chanta un chant qui évoquait le troisième monde que nous avions quitté et qui parlait de la méchante reine qui avait conquis la plus grande partie du monde et dont l’influence fut si néfaste.

    C’est donc avec des oiseaux que sont venus des gens qui se trouvaient dans une phase intermédiaire vers les marches plus élevées d’une connaissance spirituelle.

    Pendant ce temps‚ les gens avaient très peur‚ car le vieux continent s’enfonçait de plus en plus. Ils avaient peur et pourtant ils savaient qu’ils devaient être sauvés. Une ville après l’autre fut détruite. L’eau n’arrêtait pas de monter et couvrait une grande partie du continent.

    Dans le troisième groupe se trouvaient ceux qui étaient encore au début de leur quête vers une force spirituelle. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ en faisait partie. Je le sais de ma mère qui faisait partie de ce clan‚ ainsi que ses parents à elle. Ils avaient une connaissance précise de ces événements car ils les gardaient en mémoire afin de transmettre ce savoir comme héritage à ce continent‚ le quatrième monde.

      Les différentes directions que prirent les rescapés du continent de Kásskara (Mu) et de l’île de Talawaitichqua (Atlantis) lors de la grande destruction il y 80.000 ans.
     
    Les différentes directions que prirent les rescapés du continent de Kásskara (Mu) et de l’île de Talawaitichqua (Atlantis) lors de la grande destruction il y 80.000 ans.

    Ces gens devaient donc venir par le troisième moyen‚ c’est-à-dire par bateaux. Ils durent lutter durement pendant longtemps. Alors que beaucoup de monde put venir par les airs‚ on dit aujourd’hui que tout le monde dut lutter pour pouvoir venir sur ce continent. On agit de cette façon pour ne pas oublier ces événements‚ car tout ce que l’on a du mal à obtenir‚ on l’estime davantage et on le garde en mémoire.

    Ces gens qui étaient transportés par bateaux faisaient partie des clans inférieurs qui possédaient peu de pouvoir. C’est pour cette raison qu’ils avaient subi l’influence du clan de l’arc‚ avec son plan destructeur. Ils y participèrent mais ne firent rien de leur propre gré‚ c’est pourquoi on leur offrit d’échapper à la destruction. Dans le cas contraire‚ ils auraient été détruits comme les autres.

    Pendant tout le temps où ce groupe fut en route sur les bateaux‚ ils reçurent la protection des Kachinas. Chaque clan avait un Kachina dont la tâche était de l’accompagner et de l’amener sur le continent. C’est ainsi que ce groupe fut conduit‚ en sécurité‚ sur ce continent. Les Kachinas savaient se faire comprendre mais les êtres humains n’avaient pas le privilège de pouvoir parler avec eux. Les Kachinas leur donnaient des conseils et leur indiquaient dans quelle direction ils devaient se diriger vers des îles où ils pouvaient se reposer.

    Et enfin‚ ils arrivèrent dans le quatrième monde !

    Il existe une cérémonie qui rappelle ce voyage en bateaux et qui est célébrée par le clan de la flûte. Ainsi‚ nous nous rappelons chaque détail et chaque étape de ce voyage. Ce même événement nous est rappelé également par les sept statues de l’île de Pâques. Il y a sept statues pour figurer les sept mondes que nous devons traverser. L’île de Pâques est la seule île sur notre chemin qui n’a pas sombré complètement dans l’océan après notre passage.

    Par ces trois moyens‚ les gens furent emmenés sur le continent sud-américain afin de s’y établir. A ce moment-là‚ la partie la plus haute était déjà au-dessus de l’eau.

    Mais tu dois savoir que tous ceux qui ont survécu à Kásskara n’ont pas tous pu venir ici. Nous‚ le clan des coyotes‚ étions les derniers à venir ici. Ceux qui sont partis après nous furent emmenés par des courants vers d’autres pays‚ parce qu’ils n’avaient pas été choisis pour venir ici. Certains arrivèrent à Hawaï‚ une partie du troisième monde qui n’a pas été engloutie‚ d’autres arrivèrent sur des îles du Pacifique sud et d’autres sur une île qui fait partie‚ aujourd’hui‚ du Japon‚ comme je l’ai appris il y a quelques années. Un jeune homme venu de cette île m’a rendu visite. Il avait lu “Le livre des Hopis”. Il est venu me dire que sa grand-mère lui avait raconté exactement les mêmes histoires concernant l’ancien monde. Il y a donc un certain nombre de gens qui n’ont pas pu venir ici‚ alors qu’ils ont la même origine et viennent du même continent‚ Kásskara. C’est pourquoi‚ sur les îles Hawaï‚ les initiés s’appellent Kahuna qui était le même nom que Kachina.

    Le destin des Atlantes

    Tous les habitants d’Atlantis ne périrent pas quand leur continent fut englouti. Ceux qui ne voulurent pas participer à l’attaque de Kásskara par leur reine furent sauvés. Naturellement‚ ils voulurent‚ eux aussi‚ venir sur notre nouveau continent‚ mais le créateur nous avait promis que nous aurions la nouvelle terre pour nous seuls‚ pendant très longtemps. Bien qu’il n’y eut encore aucun Hopi sur ce nouveau continent‚ les Atlantes ne pouvaient pas venir ici‚ en Amérique du Sud. Le créateur ne voulait pas les avoir ici. Il envoya des Kachinas pour les empêcher de se diriger vers l’Ouest‚ car même si les survivants n’avaient pas suivi leurs chefs‚ ils restaient quand même des Atlantes.

    Dans des temps anciens‚ quand fut créé le troisième monde‚ les Atlantes avaient des Kachinas comme nous. Mais les Kachinas partirent quand les Atlantes commirent des péchés. Alors‚ il ne restât aux Atlantes que le chemin vers l’Est‚ dans des régions que l’on appelle aujourd’hui l’Europe et l’Afrique. Mais on leur avait ôté leurs pouvoirs. Ils étaient cloués au sol‚ ils ne pouvaient plus voler. Ils ne pouvaient survivre que s’ils partaient par petits groupes et chaque groupe n’emportait qu’une petite partie du savoir global qu’ils possédaient auparavant.

    C’est la raison pour laquelle les hommes‚ là-bas‚ n’ont aucun souvenir de leur histoire qui fut comparable à la nôtre. Quand ils détruisirent le troisième monde‚ le créateur les mit à un niveau culturel très bas. Mais après leur punition‚ qui dura des centaines d’années‚ ils recommencèrent à se développer. Pense à la culture des Egyptiens. Pour nous‚ les Hopis‚ ce temps n’est pas loin.

    Tout ceci fait également partie de la tradition des Hopis.

    TOOWAKACHI‚ LE QUATRIEME MONDE

    Táotoóma‚ la terre

    La Porte du Soleil à Tiahuanaco  
    La Porte du Soleil à Tiahuanaco
     

    Ceci est maintenant notre nouveau continent‚ Tóówákachi‚ le quatrième monde. Le mot signifie “le beau pays pour tous les hommes”. Nous savons que nous sommes les premiers hommes à être venus ici et que le créateur nous a promis que nous y serions seuls‚ entre nous‚ pendant longtemps. Avec ce quatrième monde‚ nous sommes au milieu de la durée de la terre et de l’humanité. Nous sommes dans le quatrième d’un total de sept mondes que nous devons traverser. Trois sont derrière nous‚ trois sont devant nous. Ce fait est exprimé dans nos rites impénétrables ainsi que dans les ruines qui furent trouvées au Mexique et en Amérique du Sud. En ce qui concerne le temps‚ nous avons déjà dépassé le milieu des sept mondes‚ car la durée de chaque monde à venir est plus courte.

    La partie du quatrième monde qui est sortie la première de l’eau s’appelle Táotoóma. C’est une abréviation‚ nous les utilisons souvent. Dans votre langue‚ ce nom signifie “l’endroit qui fut touché par le bras du soleil”. Nous‚ les Hopis‚ disons que c’est la première partie vue par les aigles qui furent envoyés par les Kachinas. Les aigles volent très haut et ils ont vu le nouveau pays sortant de l’eau‚ c’est pourquoi nous avons de l’estime pour les aigles. Ainsi‚ nous étions dans le nouveau pays et le dernier groupe arriva enfin par bateau. Avec leur arrivée‚ la migration se terminait.

    Quand nous fûmes debout sur la côte de ce continent‚ nous regardâmes en arrière et nous vîmes les îles qui sombraient. Les Kachinas nous donnèrent le troisième œil et nous vîmes tout : la disparition de notre terre mère et des îles.

    Les deux symboles de la Terre-Mère des Hopis. 

    Les deux symboles de la Terre-Mère des Hopis.

    Je dois t’expliquer encore quelque chose. Tous les gens qui sont venus dans le quatrième monde et qui ont vécu à Táotoóma‚ n’étaient pas tous des Hopis. Nous devrions plutôt dire que nos ancêtres se trouvaient parmi ces gens‚ seulement ceux qui sont arrivés à Oraibi et qui y furent accueillis définitivement s’appellent des Hopis.

    Un temps assez long s’est déroulé entre l’arrivée des premiers‚ sur les boucliers volants‚ et des derniers‚ en bateaux. On dit qu’il fallut 3.000 ans pour que nous soyons tous rassemblés. Tout cela s’est passé il y a très longtemps‚ car l’arrivée de ceux qui étaient sur les boucliers volants eut lieu il y a 80.000 ans. Nous avons une façon très simple de parler des grandes périodes de temps : un Soomody signifie 1.000 ans‚ Soo veut dire étoile et tu sais combien il y a d’étoiles ! 4.000 ans ne sont donc que quatre Soomody et il y a 80 Soomody depuis que la migration a commencé.

    Ceux qui sont arrivés ici ne purent s’installer que dans cette région qui n’était pas très grande. Dans cette région‚ nous devions tous vivre ensemble. Cela montre pourquoi mon peuple est certain que nous étions les premiers‚ les seuls sur ce continent. Il y a des tribus en Amérique qui sont venues beaucoup plus tard‚ parce que la glace avait fondu dans le nord‚ je t’en parlerai plus tard.

    Longtemps avant que tout ceci ne se passât‚ le créateur nous avait montré les planètes. Il nous fit cette offre formidable après nous avoir créés en tant que créatures vivantes. Mais nous avons failli‚ nous n’avons pas suivi les instructions qu’il nous avait données‚ nous n’avons pas respecté sa loi. C’est pourquoi nous eûmes d’abord cette petite partie de terre afin d’apprendre à dominer nos sentiments et à vivre ensemble.

    La ville Táotoóma

      Ruines à Tiahuanaco.
     
    Ruines à Tiahuanaco

    Quand les premiers hommes arrivèrent sur le nouveau continent‚ ils se trouvèrent immédiatement à l’endroit où ils durent construire leur première ville.

    La première ville‚ Táotoóma‚ ne fut pas construite en haut de la montagne‚ mais plus bas. Aujourd’hui‚ on ne voit plus cette ville car elle est couverte de terre et d’eau. Je te raconterai la raison plus tard. La ville était plus grande que toutes celles que nous avions eues à Kásskara. Elle avait presque la dimension de la ville de Los Angeles aujourd’hui. Tu connais bien les ruines de Tiahuanaco. Tiahuanaco était une partie de la ville de Táotoóma. Mais Táotoóma n’était pas assez grande pour tous les gens qui devaient encore venir. Et comme tu peux l’imaginer‚ le pays n’était pas encore cultivable puisqu’il venait de sortir de l’eau. Mais les Kachinas avaient demandé que tout soit prêt pour nous‚ et comme les Kachinas étaient encore avec nous‚ ils nous montrèrent comment cultiver la terre le matin et rentrer la récolte le soir. Ce fut très important pour nous‚ pendant de longues années‚ jusqu’à ce que l’eau diminue.

    Petit à petit‚ la terre devint de plus en plus grande. Notre peuple commença à aller vers le Nord‚ le Sud‚ l’Est et l’Ouest. Nous pouvions commencer à explorer le nouveau continent et pour cela nous utilisions les boucliers volants. Quelques-uns de chez nous avaient atteint un rang assez élevé pour avoir le droit d’accompagner les Kachinas lors de leurs explorations pour voir comment les nouvelles colonies étaient fondées.

    Et petit à petit‚ il y eut à nouveau des gens qui eurent leurs propres idées sur la façon de suivre les lois du créateur divin. Ils quittèrent le droit chemin. Parmi eux‚ il y avait des gens de haut rang qui voulaient avoir des positions importantes. Ils commencèrent les premiers à faire un mauvais usage des Tawúya‚ personne n’avait jamais fait cela auparavant. Les Kachinas essayèrent de les empêcher de s’envoler dans l’univers. Nous ne devions pas nous y rendre tant que nous n’avions pas rempli toutes nos obligations dans ce monde. Mais ces gens croyaient être déjà prêts.

    Le créateur fut au courant de ce qui se passait et‚ peu de temps après‚ il vint en personne et dit : “Dès la première occasion dans ce nouveau pays‚ vous faillissez. Je dois vous punir.” Et il prit la ville‚ l’éleva dans le ciel‚ la renversa (la tête en bas) et l’enfonça dans le sol. Dans tous les bâtiments alentour on ressentit l’énorme souffle d’air‚ le sol trembla‚ c’était comme un tremblement de terre. Ce fut une déception pour notre créateur que nous ayons désobéi à la première occasion. Après cela‚ notre peuple décida de partir dans différentes directions. C’est ainsi que se passa la première dispersion de notre peuple sur ce continent.

    Nouvelles migrations

    Tout cela s’est déroulé au cours des 4.000 ans après que notre peuple fut réuni sur le nouveau continent. Tout le continent était maintenant sorti de l’eau et avait l’aspect de celui d’aujourd’hui. La terre pouvait être cultivée. Progressivement‚ notre peuple quitta les ruines de Táotoóma‚ la première ville construite dans le quatrième monde.

    Ce sont surtout ceux qui restèrent fidèles au créateur qui partirent. Ils voulaient se séparer des autres afin de préserver leur vraie croyance et remplir les tâches qu’ils devaient accomplir. C’est pour cela que‚ dans toute l’Amérique du Sud‚ on fonda de nouvelles colonies. Ils ne partirent pas tous en même temps mais progressivement durant un temps assez long. Cette fois encore‚ chaque groupe eut un Kachina pour le guider. Les groupes‚ que nous appelons clans‚ durent se séparer afin de pouvoir survivre‚ mais également pour suivre l’enseignement du créateur‚ cela faisant partie de son plan divin. Durant ces migrations‚ les Kachinas purent communiquer entre eux et ils nous aidèrent de la même façon qu’auparavant. Ils nous apprirent comment semer et récolter le même jour sans attendre pendant des mois que les fruits mûrissent.

    Quand nous nous fûmes éloignés des ruines de la ville détruite‚ certains Kachinas furent destinés à des garçons et des filles qui n’étaient pas encore nés. Ces enfants étaient choisis pour transmettre la mémoire véritable des événements du passé. Cela arriva bien souvent dans notre histoire. L’enfant reçoit le savoir lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. Parfois‚ c’est la mère qui le reçoit pour que toutes ses pensées puissent pénétrer l’enfant avant la naissance. Pour cette raison‚ l’enfant n’a plus besoin d’apprendre plus tard‚ il faut seulement lui rappeler ce savoir qu’il reçut avant sa naissance. Tout ce que je te raconte ici ne s’est pas déroulé comme cela en peu de temps.

     Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent depuis le début de la migration. Mais les enseignements des Kachinas permirent de garder nos traditions en mémoire. Souvent‚ à la vitesse de l’éclair‚ les Kachinas se rendaient chez le créateur afin de l’informer de nos progrès sur la terre. Et‚ comme je l’ai déjà dit‚ certains de nous avaient acquis un haut rang et étaient devenus très proches des Kachinas‚ alors ces derniers leur permettaient de les accompagner durant leurs vols.

    Les migrations du clan de l’ours

    Comme les clans se dirigeaient dans différentes directions‚ je vais te raconter maintenant l’histoire d’un seul clan‚ c’est-à-dire le clan de l’ours‚ dont faisaient partie mes pères. Je le choisit également parce qu’il fut sélectionné pour tenir un rôle de guide et de dirigeant dans le quatrième monde.

    J’ai tout appris de mon père et de mon frère qui étaient parfaitement au courant de l’histoire des clans et de leurs migrations jusqu’à notre hémisphère‚ parce que nos ancêtres étaient les chefs des Hopis et des clans de l’ours depuis l’arrivée dans le quatrième monde.

    Mais avant‚ je veux t’apprendre quelque chose que m’a raconté ma mère. Quand nous avons quitté la grande ville détruite‚ les Kachinas ont effacé la mémoire de tous ceux qui sont restés‚ ainsi que des générations futures. Donc‚ tous ceux qui‚ plus tard‚ vécurent aux environs des ruines‚ n’eurent pas la moindre idée de ce qui s’était passé avant. De ceux qui sont partis‚ seuls les Hopis connaissaient la vérité.

    Dans le troisième monde‚ le clan de l’ours était l’un des clans les moins importants. Il n’avait pas participé à la destruction du monde précédent. C’est justement parce qu’il n’avait pas de passé chargé (par des fautes commises) qu’il fut choisi pour être le clan dominant à l’arrivée dans le quatrième monde. Le clan de l’ours a donc toujours un rang plus élevé que le clan du feu qui détruisit le premier monde‚ ou que le clan de l’araignée et le clan de l’arc qui détruisirent le deuxième et le troisième monde.

    En raison de leur position de chef du clan de l’ours parmi les Hopis‚ un Kachina du plus haut rang fut désigné pour les gens de ce clan. En réalité‚ ce n’était pas un Kachina mais une déité. Il s’appelait Eototo et devait les accompagner où qu’ils aillent. Quand‚ sous la direction de Eototo‚ ils se dirigèrent d’Amérique du Sud vers le nord‚ ils connurent une période très difficile. La région qu’ils devaient traverser était terriblement chaude. Ils mirent beaucoup de temps pour traverser les forêts et pour s’habituer au climat ; beaucoup d’enfants moururent à la naissance en raison de la chaleur. Les temps furent difficiles. Ils voulaient chercher des montagnes pour sortir de cette chaleur‚ mais les Kachinas les encouragèrent à continuer et les protégèrent tout au long de la longue marche à travers la jungle. Il existe encore aujourd’hui une cérémonie qui rappelle cette protection.

    Kachina oiseau. 

    Kachina oiseau

    Comme je te l’ai dit‚ plusieurs groupes quittèrent la ville détruite après nous‚ avec un Kachina à la tête de chaque groupe. Et comme les Kachinas pouvaient communiquer entre eux‚ ces groupes savaient ce qui les attendait.

    Il se passa beaucoup de temps avant que la zone chaude fut derrière eux. Ils arrivèrent à mieux respirer‚ les enfants ne moururent plus et le peuple s’agrandit. Ils continuèrent en direction du nord et furent guidés vers des lacs et des fleuves par Eototo.

    Après beaucoup d’années‚ ils arrivèrent à une barrière de glace et ne purent aller plus loin vers le nord. Ce n’était pas beaucoup plus au nord que la frontière canadienne d’aujourd’hui. Eototo leur dit qu’il s’agissait d’une porte qui serait ouverte plus tard pour d’autres gens qui viendraient de par là pour immigrer vers le sud. Alors‚ ils rebroussèrent chemin pour chercher un endroit accueillant. Mais le voyage n’était pas terminé. Ils durent d’abord se diriger en direction du soleil levant en traversant des régions d’où l’eau n’était pas partie depuis longtemps. Un jour‚ ils ne purent aller plus loin car ils arrivèrent devant une grande étendue d’eau. Eototo leur dit que c’était la fin du voyage vers l’est. “Maintenant‚ vous devez vous retourner et marcher dans la direction du soleil couchant.” Ils obéirent et allèrent vers l’ouest. Après de nombreuses années‚ ils arrivèrent de nouveau devant une étendue d’eau et Eototo leur dit : “Vous avez maintenant terminé votre migration‚ vous pouvez choisir où vous voulez vivre.” Mais le clan ne savait pas encore où il voulait s’installer. Après des recherches‚ il choisit cet endroit-ci où ils construisirent leur premier village et où les Hopis vivent depuis lors.

    Les anciens qui venaient du ciel

    Je vais te décrire une cérémonie qui nous rappelle le temps que nous avons passé dans la jungle. Elle exprime qu’il fallait montrer le chemin aux êtres humains et qu’ils avaient besoin de protection contre les animaux sauvages. J’ai vu moi-même cette cérémonie qui est célébrée tous les quatre ou huit ans au temps des Shaátlako (des Kachinas de haut rang) et elle est inhabituelle parce que l’on ne danse pas‚ on ne fait que marcher !

    Dans cette cérémonie‚ on montre un groupe accompagné de quatre Kachinas : le premier marche devant‚ puis un de chaque côté‚ et le dernier marche derrière le groupe. Les Kachinas qui marchent devant et derrière sont des Kachinas de haut rang‚ des déités appelées Sólawúchim. Só veut dire “étoiles”‚ la veut dire “contenir quelque chose” et wuchim signifie “être élu”. Le nom peut donc être traduit pas “Les étoiles qui possèdent le savoir secret”.

    Les deux Sólawúchim tiennent dans leur main gauche un arc et portent sur l’épaule un carquois en peau de jaguar pour montrer leur pouvoir et leur force. La ligne noire en travers de la figure‚ cachant les yeux‚ les distinguent comme étant les détenteurs du savoir secret de leur pays d’origine. L’ornement noir et blanc au cou montre qu’ils connaissent les corps célestes. La peinture bleue de leurs mocassins signifie qu’ils sont des initiés qui viennent de très loin‚ d’au-delà des étoiles. Celui qui porte la peau de jaguar est le chef‚ celui qui porte une corne sur le côté droit de la tête marche derrière le groupe et il est le deuxième chef. Le dessin de losanges de couleur bleue sur la corne montre la force électrique ou électromagnétique qui rassemble (unit) leurs planètes d’origine.

    Les Kachinas marchant sur les côtés sont d’un rang inférieur. Il est important que les divinités et les Kachinas fassent partie du clan de l’arc‚ car cela démontre que le clan de l’arc a connu les mêmes événements que le clan de l’ours. Le clan du soleil et le clan du coyote ont également les mêmes traditions‚ mais seul le clan de l’arc‚ dont la tradition est la plus complète‚ célèbre la cérémonie des “anciens qui venaient du ciel”.

    Et maintenant voici l’histoire : le clan de l’arc commença sa migration vers le nord à travers la jungle‚ en partant d’une ville appelée “la ville du brouillard” parce qu’il y avait souvent du brouillard. Le mot Hopi pour cette ville est Pamísky. Elle était située très haut dans la montage‚ mais Tewáletsíwa‚ du clan de l’arc‚ ne savait pas exactement où‚ en Amérique du Sud‚ mais il disait : “Si je la voyais‚ je reconnaîtrais facilement l’endroit où se trouvait la ville du brouillard.” Tewáletsíwa connaissait aussi l’histoire de la ville de Táotoóma (Tiahuanaco). Les Kachinas avaient dit au clan d’aller vers la jungle et‚ en partant de la ville du brouillard‚ le clan descendit vers les terres basses. Je suppose que la ville devait se situer quelque part en Equateur .

    Quand le clan de l’arc fut prêt à entreprendre les migrations‚ les Kachinas arrivèrent pour les aider à traverser la jungle. Ils leur montrèrent le chemin et les protégèrent pendant la marche. Ils avaient surtout besoin de protection pour les enfants. Mais les enfants nés en altitude ne purent survivre‚ seulement les enfants nés dans les basses terres. Pendant la journée‚ les Kachinas protégeaient les gens ainsi que cela est montré dans la cérémonie. Les divinités faisaient du bruit avec leurs instruments (crécelles) et les autres Kachinas enfonçaient leur bâton dans la terre‚ ce qui faisait fuir les animaux sauvages. C’est seulement aujourd’hui que l’on utilise des os d’animaux pour les crécelles‚ avant on utilisait des coquillages. Aujourd’hui‚ on n’utilise plus de cuir de jaguar comme avant‚ mais du cuir de biche. Tewáletsíwa disait que les instruments en coquillages dégageaient également des ondes magnétiques.

    Il parlait très sérieusement des ondes et du bruit des coquillages. Quand le clan se reposait la nuit‚ les Kachinas s’élevaient comme des étoiles au-dessus de la jungle et leur lumière protégeait les gens contre les bêtes sauvages. Je voudrais ajouter que les arcs des Kachinas servaient uniquement à la protection‚ les Hopis ne tuaient pas d’animaux pour se nourrir. A Táotoóma‚ les Kachinas leur avaient demandé de réduire leur consommation de viande et de se nourrir plutôt par des plantes‚ car cela augmentait le niveau du savoir spirituel. Les Kachinas restèrent avec les gens du clan de l’arc jusqu’à ce qu’ils arrivent à Palátquapi.

    Palátquapi

    Quand les clans furent encore en migration en Amérique du Sud et au Mexique d’aujourd’hui‚ longtemps avant la fondation d’Oraibi par le clan de l’ours‚ beaucoup voulurent se réunir à nouveau. Ils se rappelaient le temps du malheur en Amérique du Sud et de la destruction de leur première ville et ils voulurent‚ à nouveau‚ vivre en harmonie avec le grand esprit Táiowa. Ils ne lui avaient pas obéi et s’étaient éparpillés dans toutes les directions. Sous l’influence des Kachinas‚ ils étaient maintenant décidés à revenir sur le droit chemin. Ceux des chefs qui pouvaient encore se servir de leur troisième œil‚ rassemblèrent les clans afin de fonder un centre culturel d’un niveau élevé de savoir spirituel.

    Chaque Hopi se rappelle cet endroit. Je crois qu’aucun Hopi ne pourrait jamais oublier cette ville qui fut construite et qui portait le nom de Palátquapi. Dans notre langue‚ cela veut dire “ville rouge”. D’après ma grand-mère‚ Palátquapi fut la première grande ville dans la partie moyenne de l’hémisphère ouest. Les groupes qui ne venaient pas dans ce centre sombrèrent de plus en plus et commencèrent à vénérer le soleil comme leur dieu et ils continuèrent à le faire. Je voudrais encore ajouter que le clan de l’ours avait‚ depuis longtemps‚ traversé cette contrée pour se rendre en Amérique du Nord afin d’ouvrir (gagner) ce pays pour nous. On a retrouvé l’endroit où se situait cette ville.

    Elle s’appelle maintenant Palenque et se trouve dans l’était mexicain du Chiapas. C’était une grande communauté. Elle ne fut pas construite par des esclaves‚ au contraire‚ cela ne fut pas difficile. Le fondement de tous ces travaux se situaient dans le domaine spirituel. Tout ce qui fut entrepris pour cette communauté le fut pour des raisons spirituelles. Les gens avaient fait l’expérience de ce qui était arrivé à leur première ville et voulurent se prouver à eux-mêmes que‚ cette fois-ci‚ ils feraient mieux. C’était comme s’ils voulait se racheter. C’est ainsi que fut construite cette ville et que des gens de très haut rang s’y retrouvèrent. De plus‚ les relations et les possibilités d’entente avec les Kachinas furent renouées.

    Vue de Palenque. 

    Vue de Palenque

    La Grande Ecole du savoir

      Pyramide de Tajin (Mexique).
     
    Pyramide de Tajin (Mexique). Elle rappelle énormément « la Grande école du savoir » des traditions hopies. Celle qui se trouvait à Palenque (Palátquapi) n’existe plus aujourd’hui.

    A Palátquapi‚ il y avait un édifice qui fut bâti avec un soin particulier. C’était l’édifice le plus important car il devait servir à l’apprentissage. Mon père m’en a parlé quand je n’allais pas encore à l’école. Il me parla des quatre étages de l’édifice et de son utilité. Au rez-de-chaussée‚ les jeunes gens apprenaient l’histoire de leur clan et celle du monde précédent. C’était à peu près la même chose que ce qui leur avait toujours été enseigné. Les étages supérieurs étaient les plus importants‚ laisse-moi t’en parler maintenant. Dans le deuxième étage‚ les élèves étaient instruits sur tout ce qui concerne le plan de vie. Ils apprenaient tout sur la nature qui nous entoure‚ sur les plantes et les animaux‚ à travers un enseignement théorique et pratique – comment poussent les fleurs‚ d’où viennent les insectes‚ les oiseaux et les autres animaux‚ tout ce qui vit dans la mer‚ comment pousse et se développe chaque espèce. Ici‚ on demandait instamment aux élèves d’ouvrir et d’utiliser leur troisième œil. Ils apprenaient aussi les matières chimiques sur lesquelles est basée notre vie. Le corps est composé d’éléments qui proviennent de la terre.

    Si nous n’obéissons pas aux lois et maltraitons la terre‚ nous devons souffrir non seulement psychiquement‚ mais aussi physiquement. Les maladies qui frappent le corps humain sont causées par la faute des hommes eux-mêmes – ceux qui sont malveillants et que l’on appelle aujourd’hui les faux et les hypocrites. Cela se transmet de monde en monde et c’est encore ainsi que cela se passe aujourd’hui‚ et cela restera ainsi jusqu’à ce que le créateur lui-même change cet état de fait‚ mais ça ne sera pas avant le neuvième monde.

     En dehors des études‚ les élèves devaient produire la nourriture pour toute la communauté. On se nourrissait de la façon la plus pure et on ajoutait à la nourriture du corps‚ la nourriture de l’esprit. De cette manière‚ les jeunes gens avaient une grande estime pour tout ce qui les entourait. Ils apprenaient que‚ suivant l’ordre établi par le créateur‚ ils pouvaient utiliser les plantes et les animaux pour leur nourriture et pour la construction de leurs maisons.

     Ils en avaient la permission‚ mais avant ils devaient prier pour qu’ils comprennent que ce qu’ils prenaient était un cadeau. De cette façon‚ ils ne détruisaient rien‚ ils acceptaient les cadeaux et la vie qui les entourait restait telle qu’elle était. Encore aujourd’hui‚ chaque Hopi bien éduqué spirituellement prie et remercie. Cela est important et notre peuple devrait toujours le faire. Cette deuxième étape était‚ en fait‚ le vrai début de leurs études et toutes leurs connaissances les accompagnaient toute leur vie.

    Au troisième étage de l’édifice se trouvaient les jeunes qui avaient traversé les deux premières étapes de l’apprentissage. Ils avaient entre douze et vingt ans. Avant d’atteindre le troisième étage‚ ils avaient eu l’occasion de connaître différents hommes‚ différentes mentalités et pensées. Ils étaient assez mûrs pour avoir pu faire leurs propres observations et expériences. A présent‚ ils devaient faire connaissance avec le corps humain‚ l’esprit et notre relation avec notre origine divine. D’abord ils s’occupaient de la tête. Le créateur nous a donné un merveilleux instrument‚ le cerveau. Là‚ toutes les pensées agissent ensemble avec la partie corporelle de l’être humain. Ils étudiaient aussi la structure de l’esprit et comment le créateur agit sur l’humanité et sur tout ce qui existe dans l’univers. Celui qui a tout parfaitement appris‚ ne connaît plus de barrières de langage. Il peut communiquer avec les plantes‚ les animaux‚ avec chaque créature de notre monde.

    Cela constituait une partie de ce qui était enseigné au troisième étage‚ c’est-à-dire d’accorder cet esprit merveilleux avec celui de dieu‚ comme vous l’appelez‚ ou avec notre créateur‚ comme notre peuple l’appelle. Le deuxième point important était la voix. Les ondes sonores que nous produisons ne sont pas destinées (et limitées) uniquement à ceux qui nous écoutent‚ mais elles atteignent l’univers tout entier. C’est la raison pour laquelle elles doivent être harmoniques‚ car ainsi nous louons notre créateur.

    C’est pourquoi les Hopis‚ dans leurs cérémonies‚ chantent des louanges pour la nature qui nous entoure et pour les éléments. Tout ce que nous disons est écrit continuellement‚ mais tout ce qu’un être humain dit pendant toute sa vie ne prend pas plus de place qu’une petite tête d’épingle. Tu vois combien ton magnétophone‚ ici sur la table‚ est démodé et en retard ? Toutes les voix‚ tout ce qui a été dit dans le troisième monde‚ sont gardés dans une grotte quelque part en Amérique du Sud. Ma grand-mère m’en a parlé un jour‚ mais elle m’a dit aussi que plus personne ne connaît l’endroit où se trouve cette grotte.

    Puis venait l’enseignement sur tout ce qui concerne le cœur. C’est le siège de nos pensées ; ici nous trouvons la compréhension et la pitié qui sont si importantes.

    L’autre côté essentiel de notre cœur est sa relation avec le sang contenu dans notre corps. Le sang a une telle importance que l’homme ne doit jamais expérimenter avec lui. Le créateur a interdit tout mauvais usage du sang. Le grand danger de ce mauvais usage se trouve encore dans le futur‚ c’est ce que l’on nous a dit.

    Maintenant‚ nous arrivons à l’étage le plus élevé de l’édifice. A ce niveau‚ on étudie l’univers qui nous entoure‚ la création et le pouvoir divin.

    Les étudiants étaient informés de toutes les particularités de notre système planétaire‚ pas seulement ce que l’on peut observer‚ mais aussi sur leur ordre. Ils savaient‚ et c’est pourquoi nous le savons aussi‚ que sur la lune se trouve du sable fin‚ que la terre est ronde et qu’il n’y a pas de vie sur Vénus‚ Mars ou Jupiter. Ce sont des planètes mortes sur lesquelles l’homme ne peut pas vivre. Si vos scientifiques nous l’avaient demandé‚ nous aurions pu leur dire qu’ils allaient trouver du sable fin sur la lune.

    Nous avons aussi appris qu’il existe un plan global du créateur que l’être humain doit suivre. S’il faillit au plan‚ il n’est plus l’enfant de la force divine et doit être puni. La loi du créateur a l’air très simple‚ mais il est quand même très difficile de lui obéir. Tout ce qui porte préjudice à l’être humain‚ tout ce qui trouble la tranquillité (la paix) de l’homme‚ viole la loi du créateur. Il en ressort que le crime le plus grave que l’on peut commettre est la destruction de la vie d’un être humain. Rien n’est pire.

    Puis on nous a donné des informations concernant le huitième monde. Ce monde existe mais personne ne sait où il se trouve. Tous les êtres humains qui meurent s’y rendent. Il consiste en deux planètes‚ l’une pour les gens bons‚ l’autre pour les méchants. Quand ce sera la fin du septième monde‚ tous les gens bons du septième monde et du huitième monde iront dans le neuvième monde. Le neuvième monde n’existe donc pas encore. Il ne sera créé qu’en temps voulu‚ ici sur cette terre. Le neuvième monde ne se terminera jamais‚ il sera éternel. Les gens méchants resteront pour toujours sur leur planète‚ aveugles et dans les ténèbres.

    Dans le neuvième monde‚ il n’y aura plus de différences de races. Tu prendras ma couleur de peau ou moi la tienne‚ nous ne le savons pas‚ mais il n’y aura plus de races différentes. Nous devrons travailler et tout sera merveilleux. Mais ce dont parlent les Chrétiens – des anges et tous ces gens qui jouent de la harpe – ça n’existera pas. Notre créateur n’est pas un paresseux.

    C’est tout‚ en ce qui concerne l’apprentissage et l’enseignement. L’édifice même‚ dans sa construction en gradins‚ du sol jusqu’au dernier étage‚ représentait pour nous le savoir croissant‚ l’ascension vers les niveaux supérieurs de l’esprit‚ la compréhension croissante pour les miracles de notre monde. D’après notre tradition‚ un tel édifice existait également à Táotoóma.

    L’enseignement était donné par les Kachinas. Le créateur était mis au courant de nos progrès car il était en relation avec les Kachinas par transmission de pensées. Le choix des personnes pouvant aller dans cette école était également décidé par les Kachinas‚ car ce sont eux qui désignaient les enfants avant leur naissance pour une telle vie d’apprentissage‚ de dévouement et d’abnégation. C’est pourquoi seuls les Kachinas étaient capables de désigner ceux qui pouvaient monter de niveau et atteindre finalement le dernier étage de cette grande école de la vie. Peu d’entre eux atteignaient le but. Ceux qui y parvenaient étaient en harmonie parfaite avec le créateur divin‚ c’est pourquoi je les appellerai des “grands hommes saints”. A ce propos‚ je dois te parler d’un homme que j’ai eu la chance de connaître.

     Son nom était Aápa. Il appartenait au clan de mon grand-père‚ le clan du blaireau‚ et il fut l’un des grands visionnaires de notre temps. De tels hommes sont parfois appelés hommes-médecine‚ même par nos gens‚ mais en fait ils ne le sont pas. Les événements que j’ai vécu avec lui‚ et les choses qu’il faisait étaient pour moi remplis de mystère. Souvent‚ il utilisait son troisième œil. Un jour‚ il m’a dit que l’on pouvait changer de côté‚ c’est-à-dire passer du côté corporel de notre vie vers le côté spirituel. La frontière entre les deux serait à peine perceptible.

    Tous ceux qui voient avec leur troisième œil peuvent la traverser. Aápa nous a montré également comment on peut‚ à l’aide de la lune‚ voir l’autre côté de la terre. Il nous a montré et enseigné beaucoup de choses que tu ne pourrais pas croire sans les voir toi-même. Il fit ces choses en présence de mes parents et‚ en tant que fils aîné‚ je pus y assister. Je pourrais t’en dire plus mais‚ pour quelqu’un qui n’a pas vécu lui-même de telles expériences‚ ce serait difficile à croire ou à comprendre. Il nous disait encore que tout ce savoir provenait justement du quatrième étage de l’édifice en question et fut transmis à ses ancêtres desquels il le tenait.

    Tous ces hommes qui consacrent tout leur temps à ces tâches importantes‚ marchant sur un chemin étroit‚ sont confrontés à de nombreux dangers et tentations. Mais il a toujours existé des hommes qui atteignirent ce but élevé. Aujourd’hui‚ un tel homme est appelé Náquala‚ ce qui signifie conseiller ou bienfaiteur‚ et cela montre son abnégation et son dévouement dans la vie et ses devoirs envers son peuple en tant que guide. Un tel homme ne se laisse pas détourner de son chemin de vérité.

    A tous ceux qui avaient atteint ce but‚ les Kachinas leur accordaient la faveur de ne pas être obligés de mourir ; ils pouvaient quitter notre terre sans être morts. Cela a déjà existé dans la ville de Táotoóma (Tiahuanaco). Ces gens nous ont quitté réellement dans leur corps humain et sont partis vers un système planétaire que nous ne connaissons pas.

    Les Kachinas nous encouragèrent à apprendre beaucoup pour pouvoir atteindre le plus haut rang. Ils nous rappelaient toujours que la vie était devant nous et que nous ne devions jamais oublier ce que nous avions appris dans cette Grande Ecole. Ils nous dirent aussi qu’un jour‚ dans l’avenir‚ il y aurait encore des malheurs et que nous devions tout faire pour rester proches du pouvoir divin.

    Malheur et déchéance

    Pendant des siècles‚ les gens de Palátquapi restèrent sur le droit chemin. Partout régnait l’harmonie. Après un certain temps‚ certains clans commencèrent à partir pour s’installer plus loin. Plus les nouvelles colonies s’éloignaient et moins elles avaient de contacts avec nos enseignants les Kachinas. Les hommes qui avaient atteint le niveau le plus élevé de notre Grande Ecole furent envoyés comme délégués dans ces nouvelles colonies. Ils utilisaient leur troisième œil pour choisir les jeunes gens à qui ils pouvaient transmettre leur savoir. Mais‚ finalement‚ beaucoup de colonies perdirent le contact avec nos guides et quittèrent le droit chemin. A l’intérieur des clans et aussi entre les différents clans‚ des disputes éclatèrent et eurent pour conséquence de séparer les clans. Encore plus de gens quittèrent Palátquapi. Ils partirent en Amérique Centrale et au Yucatán. Ils construisirent des villes‚ et de grandes cultures y prirent également naissance.

    A nouveau une époque survint où même des guides spirituels se mirent du côté des pécheurs‚ je veux dire que eux aussi quittèrent le droit chemin. Et le temps arriva où notre peuple fut à nouveau séparé.

    Les clans les plus importants qui quittèrent Palátquapi furent le clan du serpent et le clan de l’arc. Mais de ces deux clans‚ des parties importantes restèrent à Palátquapi. Il s’agissait de gens qui continuaient à obéir aux lois du créateur. Je dois ici t’expliquer la structure de nos clans‚ pour que tu comprennes la répercussion que peut avoir une telle scission.

    Pour comparer‚ imagine deux frères portant naturellement le même nom de famille. Quand un des frères déménage‚ il y aura deux fois le même nom de famille‚ une fois dans la ville et une fois ailleurs. Je vais citer le clan du serpent comme exemple. Comme tous les clans‚ le clan du serpent comprend plusieurs groupes. Dans le cas présent‚ ce sont six groupes appelés également clans‚ car nous avons un serpent à six têtes. Le groupe le plus élevé est le clan Kaátoóya. Kaátoóya est le serpent qui montre la direction de l’ouest‚ c’est-à-dire du coucher du soleil‚ la mort. D’après la tradition du clan du serpent‚ c’est le serpent le plus important car c’est lui qui prononce la sentence quand nous quittons la terre. Ici‚ tu peux voir comment nous utilisons et parlons des symboles.

    Les gens pensent que nous n’avons rien d’autre‚ mais c’est faux car nous savons ce qu’il y a derrière les symboles. Dans le cas présent‚ Kaátoóya est la divinité la plus importante du clan du serpent‚ mais nous parlons d’elle comme d’un serpent. Pour les autres cinq directions‚ il y a chaque fois un serpent et un clan. Quelques-uns des clans du serpent étaient devenus désobéissants envers leur divinité Kaátoóya‚ à Palátquapi‚ et sont partis. Mais trois clans – ouest‚ est et nord – sont restés avec leur divinité.

    C’est pourquoi nous pouvons dire d’un côté que le clan du serpent avait quitté la ville et de l’autre côté que le clan du serpent était resté en ville. Tu vois‚ il n’y a pas de contradiction. Dans le cas du clan du serpent‚ il arriva même que ceux qui sont partis ont fait plus tard la guerre contre leur propre divinité la plus élevée. Comme je l’ai dit‚ les clans qui sont partis de Palátquapi ont construit beaucoup de villes. Quelques ruines de ces villes furent retrouvées‚ mais on en découvrira davantage dans le futur‚ il y aura donc plus de preuves pour notre tradition. La capitale du clan de l’arc était le grand centre de Tikal. On y a trouvé une sculpture d’une tête en pierre avec un serpent dans la bouche. Il s’agit de la divinité Saáviki. Je te raconterai plus tard une histoire à son sujet.

      Vue aérienne de Tikal.
     
    Vue aérienne de Tikal

    Le Yucatán fut peuplé par le très puissant clan du serpent. Là aussi‚ beaucoup de villes furent construites. Sur de nombreux rochers se trouve le serpent à plumes. Chichen Itza était la capitale. Les chefs de ces clans étaient partis de Palátquapi parce qu’ils voulaient régner eux-mêmes et‚ bientôt‚ ils se sentirent aussi forts que ceux de Palátquapi. Ils quittèrent le droit chemin et prirent des chemins différents. Jusqu’à ce moment-là‚ et pendant toute la première phase de la séparation‚ Palátquapi fut toujours le vrai centre. Je dirais que les autres villes au Yucatán et en Amérique Centrale furent des villes secondaires. Mais l’émigration affaiblissait la puissance de Palátquapi et ses chefs pressentaient qu’il y aurait la guerre. En même temps‚ beaucoup de clans restèrent attachés à leur croyance‚ la plupart d’entre eux demeurèrent à Palátquapi. Mais certains furent également parmi les émigrants et purent être‚ malgré tout‚ en mesure de rester sur le droit chemin car ils n’avaient jamais participé à la destruction des anciens mondes‚ ils étaient les élus. Quand les initiés de très haut rang‚ qui avaient atteint le quatrième niveau‚ virent le danger‚ ils se rendirent dans les autres villes afin d’obtenir une réunification‚ mais ils n’eurent plus de pouvoir sur elles. Il y eut de nombreux démêlés guerriers dans toute la région. Le clan du serpent et le clan de l’arc – les parties de ces clans qui avaient quitté Palátquapi – se combattirent. Finalement‚ les guerres eurent pour conséquence la complète destruction des villes. Les continuelles atteintes contre les lois divines provoquèrent une telle perversion et un tel désordre dans toute la région que les gens voulurent simplement ne plus y vivre. Tout fut dégradé et personne ne put remplir correctement ses obligations religieuses.

    Ils ne purent rien faire d’autre que de partir à nouveau en migration. Certains de ces clans s’installèrent ici‚ à Shingópovi‚ puis à Oraibi‚ et enfin à Hotevilla. C’est pourquoi à Hotevilla‚ encore aujourd’hui‚ chaque année au mois de février a lieu la célébration du serpent à plumes.

    Au cours de ces temps terribles à Palátquapi et au Yucatán‚ les Kachinas nous quittèrent. C’est depuis ce temps qu’ils ne sont plus avec nous et tout ce que nous pouvons faire est de prendre exemple sur eux. Quand ils sont partis‚ ils nous ont dit : “A partir de maintenant‚ vous ne pouvez compter que sur vous-mêmes.”

    Peut-être te demandes-tu comment ce malheur a pu s’abattre sur Palátquapi et le Yucatán en dépit de la présence des Kachinas. Je peux te dire qu’à chaque fois‚ dans le passé‚ que quelque chose du même genre est arrivé‚ cela n’était pas le plan des Kachinas mais des hommes. Les Kachinas les ont mis en garde‚ mais la plupart des hommes voulaient conquérir et faire des guerres. Ils n’écoutaient pas les sermons et conseils et continuèrent à porter atteinte aux lois du créateur. C’est la raison pour laquelle beaucoup de clans et peuples furent détruits.

    Quand les clans menaient réellement la guerre‚ les Kachinas ne s’en mêlaient pas. Ils ne voulaient pas s’en mêler car la terre appartient aux hommes. C’est l’homme qui est responsable et il détermine ses actes lui-même. Ce que les hommes ont fait‚ ils l’ont fait d’eux-mêmes‚ et ils vont en subir les conséquences. Mais le jour du règlement des comptes n’est pas encore là. Seulement aujourd’hui‚ à notre époque‚ l’humanité approche du temps de la punition.

    Beaucoup de légendes existent concernant les combats pendant ces temps de troubles et de destructions.

    Háhäwooti

    Un groupe de clans émigra vers le nord en direction de la barrière de glace. Quand ils arrivèrent‚ des différences d’opinion éclatèrent entre les chefs. Certains clans restaient fidèles aux anciennes croyances pendant que d’autres s’en détachaient. Ces derniers décidèrent d’arrêter la migration et de retourner à Palátquapi. Ces clans qui revenaient du nord avaient développé leurs propres idées et enseignements. Quand‚ enfin‚ ils arrivèrent à Palátquapi‚ ils virent cette ville épanouie et les gens qui continuaient à suivre les anciennes croyances ; ils en devinrent très envieux. Les gens de Palátquapi et les nouveaux arrivants ne purent vivre ensemble à cause de leurs différences de croyances. C’est ainsi que ces derniers s’installèrent en dehors de la ville mais pas trop loin.

    Ils appartenaient à un clan puissant‚ le clan du feu. C’était le clan qui régna pendant le premier monde et‚ finalement‚ causa sa destruction. L’envie et la jalousie poussèrent le clan du feu à attaquer Palátquapi. Nous gardons vivant le souvenir de ce combat par quelques-unes de nos cérémonies dans lesquelles les héros de ces démêlés apparaissent.

    L’un des clans qui restèrent à Palátquapi et ne continua pas sa migration fut le clan Aása. Aása veut dire graines de moutarde‚ qui faisait partie de notre nourriture en hiver à nos débuts ici‚ à Oraibi. Le nom du clan fut transformé plus tard en Astak mais‚ à l’époque‚ c’était toujours le clan Aása. Les gens de ce clan obéissaient à leurs chefs et restaient fidèles aux enseignements des Kachinas. Parmi eux se trouvait une famille avec trois enfants‚ une fille et deux garçons‚ qui jouèrent un rôle important dans cet événement de notre histoire tribale. La fille s’appelait Háhäwooti. Elle était très têtue et écoutait à peine ses parents. Mais elle était forte et‚ tout en étant la cadette‚ n’avait pas peur d’exécuter des travaux d’homme quand ses frères étaient absents. Le frère aîné s’appelait Cháckwaina et l’autre Héoto. Palátquapi était entouré d’un mur de pierres et bien protégé. La ville avait déjà été attaquée de nombreuses fois‚ mais elle avait toujours pu se défendre et détruire l’ennemi.

    Quand le clan du feu commença son attaque‚ Héoto courut vers la maison pour prévenir ses parents. La mère était justement en train de coiffer Háhäwooti. Elle avait disposé les cheveux en rosette en haut du côté gauche de la tête‚ maintenant elle passait le peigne dans les cheveux du côté droit. C’est alors que Cháckwaina fit irruption dans la maison pour relater ce qui se passait. Puis il regarda sa sœur et dit : “Tu as toujours agi selon ta propre volonté et tu n’obéis jamais ni n’écoutes les parents ; maintenant‚ nous allons voir si tu es courageuse et si tu peux nous aider à défendre la ville.” Háhäwooti répondit à son frère : “Je vais te le montrer.” Et avant que sa mère n’ait pu lui attacher les cheveux du côté droit‚ elle prit l’arc et les flèches et partit en courant.

     

    C’est pourquoi‚ dans la cérémonie‚ elle porte un carquois‚ un arc et des flèches‚ et ses cheveux sont défaits d’un côté. Elle montra vraiment beaucoup de courage pendant le combat‚ mais c’était son frère qui l’avait encouragée. Tous les trois se battirent avec courage – mais c’est surtout Háhäwooti qui guida le peuple – ils boutèrent l’ennemi hors de la ville et le poursuivirent très loin. Plus jamais il ne revint attaquer la ville. Háhäwooti‚ Cháckwaina et Héoto sont devenus des Kachinas grâce à leurs exploits. Pendant la cérémonie‚ les danseurs qui représentent les trois héros répètent et imitent leurs gestes et‚ en témoignage de leur grand courage‚ Háhäwooti et Cháckwaina ne sont pas obligés de danser avec les autres danseurs (Kachinas)‚ ils ont un rôle déterminant et peuvent sortir du rang. Ils portent des masques noirs‚ ce qui n’a rien à voir avec la race mais est le signe qu’ils sont maintenant des initiés et ne sont plus des êtres humains. La vraie signification de la couleur noire est le symbole de tout ce qui est mystérieux‚ connu seulement du créateur. Sur un côté du visage de Cháckwaina est dessinée une lune‚ et sur l’autre une étoile. Ces symboles sont très importants. Comme nous le savons‚ la lune est loin de la terre‚ mais encore visible‚ la lune attire l’attention sur une grande distance dans l’univers‚ c’est pour reconnaître la distance encore plus grande de l’étoile. Cette étoile est le signe du système planétaire où habitent les Kachinas. Cette étoile et ses planètes ne sont même pas encore connues par les astronomes actuels. Elles ne seront découvertes qu’à la fin du septième monde. C’est à ce moment-là que nous serons informés de la Confédération des planètes mais aujourd’hui‚ dans l’état actuel de nos connaissances‚ nous ne pouvons pas encore nous y rendre. Tu vois que pendant nos cérémonies‚ les actes de Háhäwooti et de ses frères jouent un rôle important. C’est de cette manière que nous gardons l’histoire en mémoire et que nous savons exactement ce qui s’est passé.

    Le combat entre le clan du serpent et le clan de l’arc

    C’est également une histoire importante. Depuis le combat‚ beaucoup de temps s’est écoulé et notre peuple a beaucoup marché pour arriver enfin ici‚ sur notre terre. Mais nous avons toujours gardé vivant le souvenir de tous ces événements réels qui se sont passés‚ même si les membres d’un certain clan‚ qui sont toujours parmi les Hopis‚ n’aiment pas beaucoup y penser. Je veux te raconter cette histoire parce que l’on a trouvé des preuves sous forme de dessins rupestres et de sculptures. Comme je l’ai déjà mentionné‚ parmi les guides spirituels‚ une scission s’était produite. Certains voulurent continuer à enseigner et à éduquer les jeunes gens en harmonie avec notre important héritage spirituel. Le clan du serpent en faisait partie.

    Mais d’autres‚ dont le clan de l’arc‚ ne voulurent pas continuer ainsi. Ce clan avait déjà agi de la sorte quand il participa à des accords qui conduisirent vers la destruction du troisième monde‚ ce fait étant connu par les Hopis. Nous connaissons également la forme d’énergie qui fut utilisée pendant ce combat. Les scientifiques de nombreux pays travaillent au développement de telles armes. Le clan de l’arc affirmait que sa façon de vivre l’avait rendu plus fort et il a provoqué le clan du serpent‚ ainsi que d’autres clans.

    Ils acceptèrent le défi. Avant de continuer cette légende‚ je dois te dire encore quelque chose sur le clan du serpent. Nous‚ les Hopis‚ nous sommes les seuls à avoir comme symbole le serpent à six têtes. Une tête est dirigée vers l’est‚ une vers le nord‚ une vers l’ouest‚ une vers le sud‚ une vers le haut et l’autre vers le bas. Il s’agissait des directions spirituelles des différents clans du serpent de cette époque-là. Chacun des six serpents avait sa propre signification et ses propres tâches. Je ne veux pas tous les expliquer ici mais seulement celui qui joue un rôle dans cette histoire‚ à savoir celui qui montre la tête vers le bas‚ qui agit sous la surface de la terre. Nous connaissons vraiment un serpent qui s’enterre sous le sable et que nous appelons serpent des sables‚ il est connu sous le nom de “Sidewinder” (un serpent à sonnette du désert).

    En raison de la puissance de ce serpent‚ le clan du serpent fut “invité” à assurer la défense de la ville et tu verras bientôt pourquoi. Les chefs des deux côtés se rencontrèrent afin de fixer les règles du combat. Il y eut d’importantes querelles comme aujourd’hui parmi les chefs d’états. On se mit d’accord pour que le combat commence deux jours après la fin de la réunion et que chaque côté essaye‚ pendant quatre jours‚ de conquérir la ville de l’ennemi. Le clan de l’arc voulut bien que ce soit le clan du serpent qui commence les hostilités‚ mais ce dernier dit : “Non‚ vous nous avez provoqués‚ c’est donc vous qui commencerez.”

    On s’est mis d’accord ainsi. Le combat devait commencer chaque jour au lever du soleil et se terminer quand le soleil touche l’horizon. Ce ne fut pas une guerre où l’on se bat homme contre homme avec des massues ou des arcs et des flèches. Les villes étaient distantes de 80 à 100 kilomètres l’une de l’autre et il s’est agi d’une guerre scientifique et technologique entre deux groupes très puissants.

    C’est pourquoi les deux clans n’aiment pas en parler‚ même aujourd’hui. Pendant les deux jours suivants‚ toutes les préparations furent entreprises et‚ le troisième jour‚ quand le soleil apparut au-dessus de l’horizon‚ le combat commença. Le clan de l’arc bombarda la ville du clan du serpent avec les armes les plus fortes et les plus effrayantes dont il disposait.

    Ce qu’il utilisa est appelé aujourd’hui de l’énergie électrique‚ similaire à la foudre. Ce clan du serpent s’y était préparé. Le serpent que j’ai mentionné précédemment aida les gens à aller sous la terre et à se protéger avec un bouclier puissant et une sorte d’énergie électrique. Pendant la journée‚ seuls les chefs apparaissaient de temps à autre sous un bouclier pour voir la position du soleil.

    Ce fut difficile pour tous et tout le monde était soulagé quand le soleil se couchait et que tout redevenait tranquille. Il n’y avait plus ce tonnerre comme à chaque fois que la force puissante touchait le bouclier. On enleva le bouclier et tout le monde put sortir. Le clan de l’arc savait qu’il n’avait fait aucun mal au clan du serpent et que ce dernier l’attaquerait le lendemain. Et maintenant‚ c’était au tour du clan de l’arc de faire des préparatifs de protection. Le jour se leva et le clan du serpent attaqua la ville du clan de l’arc.

    Il se donna beaucoup de mal ; ce fut comme un tir avec des explosifs atomiques tant les armes du clan du serpent étaient puissantes ! Mais le clan de l’arc avait également un bouclier puissant‚ car les deux côtés avaient fait d’importants progrès scientifiques. Et ainsi‚ le clan de l’arc put survivre ce deuxième jour. Le troisième jour‚ aucune décision ne tomba‚ mais le clan de l’arc perdit sa chance de victoire. Le quatrième jour arriva et donc la dernière chance de victoire était pour le clan du serpent. Il fit tout son possible mais ne put briser le bouclier de l’adversaire. Après quelques heures‚ dans l’après-midi‚ le clan du serpent décida de tenter quelque chose d’autre pour montrer sa force à l’adversaire. On cessa de tirer et on fit l’usage des capacités du serpent de pouvoir s’enterrer.

     Ils construisirent un tunnel au-dessous des fortifications du clan de l’arc. Les gens du clan de l’arc s’étonnèrent que les bombardements s’arrêtent avant le coucher du soleil. Ils se demandèrent ce qui se passait ou si le clan du serpent avait abandonné. Ils étaient encore à se poser ces questions quand le chef du clan du serpent sortit du tunnel et dit : “Nous sommes ici et vous êtes vaincus. Nous pourrions vous tuer maintenant. Nous n’allons pas vous tuer‚ mais à partir de maintenant votre divinité Sáaviki doit porter un serpent dans la bouche lors de notre cérémonie‚ tous les quatre ans.” Ce fut la fin du combat. Dans notre région‚ il y a des dessins rupestres avec un homme portant un serpent dans la bouche et‚ à d’autres endroits‚ se trouvent des sculptures qui montrent la même chose‚ par exemple à Tikal. Pour rester dans notre mémoire‚ la divinité du clan de l’arc porte un serpent dans la bouche pendant la cérémonie Powámuya‚ ici à Oraibi. C’est ainsi que les Hopis se rappellent ce qui se passa il y a longtemps au Yucatán.

    L’éclatement

    Après ces temps très troubles à Palátquapi et au Yucatán‚ nous nous sommes désunis. Palátquapi même ne fut pas détruite par la guerre. Les gens sont partis‚ Palátquapi avait perdu sa puissance et fut finalement détruite par un tremblement de terre. C’était quand le serpent fut remonté (parvenu en haut) et les jumeaux commencèrent leur long voyage. Beaucoup de clans reprirent leur migration‚ mais d’une manière isolée les uns des autres. Les Kachinas nous aidaient seulement en nous montrant le chemin. On n’utilisait plus de vaisseaux spatiaux. Cette fois-ci‚ nous devions vraiment nous battre. Nous devions mériter de posséder cette terre.

    Ancien dessin gravé sur un rocher près d’Oraibi. Cette gravure est antérieure à l’invention des avions ! 

    Ancien dessin gravé sur un rocher près d’Oraibi. Cette gravure est antérieure à l’invention des avions !

    Les migrations s’effectuèrent en direction des quatre points cardinaux. Les gens étaient venus du sud et maintenant‚ sur cette partie du continent‚ ils devaient se diriger vers le nord‚ l’est et l’ouest. Notre peuple était en marche dans toute l’Amérique du Nord. Des ruines et des tombeaux sur l’ensemble du continent attestent de nos mouvements. Nous sommes le seul peuple qui‚ même durant les migrations‚ construisirent des maisons en dur. Le créateur le souhaitait ainsi. Nous ne montions ni tentes ni huttes légères‚ seulement de vraies maisons‚ dans lesquelles nous restions parfois plusieurs années avant de poursuivre notre chemin. De tels lotissements ou leurs ruines montraient aux groupes qui arrivaient après nous que nous étions passés là longtemps avant eux. D’autres groupes méprisaient l’ordre.

    Certains commencèrent les migrations et ne les terminèrent jamais ; d’autres restaient sur place quand ils trouvaient une région qui leur plaisait.

    Le rocher où les différentes tribus ont gravé leurs symboles lors des différentes migrations (Grand Canyon) 

    Le rocher où les différentes tribus ont gravé leurs symboles lors des différentes migrations (Grand Canyon)

    Ils ne restaient que peu de groupes qui obéissaient toujours aux lois et qui transmettaient les vraies traditions. Tous les autres n’avaient plus la même religion‚ il leur manquait le savoir‚ alors que Táiowa les avait tous créés.

    Casas Grande

    Les clans s’étendaient sur toute l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord. Les quelques clans qui continuèrent à respecter les lois essayèrent de trouver des guides spirituels. Ils cherchaient des enseignants car ils savaient qu’ils ne pouvaient pas remplir ce rôle eux-mêmes.

    Alors‚ à nouveau‚ quelques chefs spirituels décidèrent de réunir leurs clans afin d’enseigner aux jeunes générations le plus haut niveau de compréhension concernant les relations entre les hommes et le créateur‚ et enfin pour leur transmettre tous nos merveilleuses traditions qui‚ depuis le premier monde‚ sont restées vivantes à travers et malgré toutes les migrations et les temps difficiles. A cette époque‚ on construisit la merveilleuse ville que l’on appelle aujourd’hui Casas Grande.

    Il semblerait que seulement quatre clans importants y aient vécu. Aujourd’hui‚ nous y trouvons les symboles du clan de l’aigle‚ du clan du serpent‚ du clan du maïs et du clan des fantômes. Il reste également des traces pouvant être des symboles d’autres clans. Je me rappelle bien d’un jour‚ quand j’allais encore à l’école‚ où j’étais assis près de mon père. Il me demanda ce que j’avais appris à l’école. Il ne sembla pas satisfait de ma réponse et commença à me parler de cette ville. Quand plus tard j’eus la chance de pouvoir la visiter avec mon père‚ je l’ai trouvée exactement telle qu’il me l’avait décrite‚ ainsi que son frère ultérieurement. Or‚ ils n’avaient jamais été à cet endroit. Alors comment ont-ils pu la décrire aussi précisément ? Naturellement‚ parce que leurs pères leur en avaient parlé de nombreuses fois.

    C’est de cette manière que nous gardons nos traditions. Les quatre clans se donnèrent beaucoup de mal pour attirer d’autres clans et‚ pendant un certain temps‚ cette ville devint un centre important. Sa fin arriva quand elle fut attaquée par le clan de l’araignée. Les clans qui habitaient la ville se défendirent avec courage‚ mais quand l’ennemi détourna la rivière qui alimentait la ville‚ ils durent renoncer. Ils n’ont pas capitulé car ils ont creusé un tunnel par lequel ils se sont tous sauvés. Les Kachinas ne les accompagnaient pas car‚ comme je l’ai déjà dit‚ ces derniers pouvaient se rendre invisibles pour quitter la ville. Cette ville fut le dernier grand lieu de rassemblement avant la réunification finale‚ ici à Oraibi.

    Oraibi

    Shungópovi est (avec Oraibi) un des plus ancien village du continent américain ayant été habité continuellement depuis sa fondation.  
    Shungópovi est (avec Oraibi) un des plus ancien village du continent américain ayant été habité continuellement depuis sa fondation.
     

    Il est connu que d’ici viendra la vraie connaissance. Oraibi est le plus vieux village de ce continent ayant été habité continuellement depuis sa fondation. Même les scientifiques furent obligés de l’admettre‚ d’une certaine façon. Ils ont examiné le bois ayant servi à la construction de nos maisons et ont conclu que le village fut créé vers 1150. Cela vous semble peut-être vieux‚ mais pour nous ce n’est que quelques siècles. Les archéologues ont jugé‚ d’après le bout de bois le plus vieux qu’ils ont trouvé‚ mais en réalité trois villages se trouvent en-dessous des bâtiments actuels et le premier village fut fondé il y a 4.000 ans. Oraibi ne fut pas le premier village de cette région. Le tout premier s’appelait Shungópovi et se trouvait au pied de la falaise du deuxième plateau‚ en-dessous du village actuel qui porte le même nom. Après quelques temps‚ il y eut une dispute entre deux frères à propos de la femme de l’un d’eux. Le plus jeune‚ Machito‚ décida de quitter le village et de fonder son propre village. Il l’appela Oraibi‚ et il s’appelle encore ainsi aujourd’hui. Comme Machito faisait partie du clan de l’ours et connaissait toutes les traditions de ses ancêtres‚ il apporta quelque chose qui‚ aujourd’hui‚ représente la possession la plus précieuse des Hopis‚ c’est-à-dire les quatre tablettes (planches) sacrées. Ce sont ses aînés qui les lui ont remis quand il décida de fonder son village.

      Seconde tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)
     
    Seconde tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)

    Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent avant que tous les clans qui devaient venir soient arrivés. Déjà‚ longtemps avant la fondation d’Oraibi‚ les clans qui devaient venir s’installer ici avaient été choisis. Mais même ces clans choisis ne purent venir quand ils le désirèrent. Ce sont leurs Kachinas qui devaient leur dire : “Maintenant‚ il est temps pour vous d’y aller”‚ et ils sont venus. Ce fut la dernière fois que les êtres humains purent voir leurs divinités. A partir de là‚ d’autres Kachinas furent désignés pour rester avec les clans‚ mais seulement sous une forme spirituelle‚ et non plus corporelle‚ ne l’oublie pas. Chaque clan qui désirait venir à Oraibi devait d’abord s’installer à quelques kilomètres d’ici. Il y a de nombreuses ruines dans les environs qui furent de tels sites provisoires. Après un certain temps‚ les clans pouvaient envoyer leurs représentants pour rencontrer nos chefs afin de demander la permission de pouvoir s’installer ici durablement. Ils devaient raconter toute leur histoire passée‚ l’histoire de leurs migrations‚ où ils étaient allés‚ ce qu’ils avaient fait et s’ils avaient suivi les lois divines.

    Toute leur histoire complète devait être rapportée à mes pères du clan de l’ours. Mais‚ pour pouvoir être acceptés‚ il ne suffisait pas d’avoir terminé la migration‚ les clans devaient aussi préciser comment ils pensaient participer aux cérémonies successives annuelles. Il existe un cycle annuel qui n’est complet que si toutes les cérémonies de chacun des clans sont représentées et si l’ensemble se complète. Par conséquent‚ un clan qui voulait s’installer à Oraibi devait être en mesure de contribuer à notre cycle‚ avec sa propre cérémonie.

    Les premiers clans qui arrivèrent après le clan de l’ours furent le clan des fantômes (clan du feu)‚ le clan de l’araignée et le clan du serpent. Tous ces clans réunis ne représentaient pas un très grand nombre d’habitants‚ car seuls les clans choisis étaient ceux qui vivaient en concordance avec le plan du créateur.

    Certains clans ne purent être acceptés‚ bien qu’ayant la même origine que nous‚ mais ils n’avaient pas terminé leur migration. Ils s’installèrent dans les environs et on les désigne aujourd’hui comme les tribus pueblos. Bien sûr‚ le mot pueblo est d’origine espagnole‚ mais nous‚ nous leur donnons toujours leur vrai nom‚ comme par exemple les Si’os‚ que l’on appelle maintenant souvent Zuni‚ ou les Lagunas‚ les Pawaatees et les Hóotitim‚ entre autres.

     

    Cérémonie chez les Indiens Pueblos de Santa Clara

    D’autres clans ne purent être acceptés pour d’autres raisons‚ notamment le clan Aása. Ses membres vécurent un certain temps dans le Chaco Cañon‚ puis ils souhaitèrent venir ici. Ils nous montrèrent leur cérémonie‚ mais nos chefs dirent : “Non‚ nous n’en n’avons pas besoin.” Alors ils se sont souvenus des champs fertiles quelque part dans le Sud et ils y sont retournés. Beaucoup plus tard‚ ils sont devenus le grand peuple des Aztèques. Comme je te l’ai déjà dit‚ le clan Aása s’appelait à cette époque-là Astak‚ et les Espagnols en firent Aztèques. Quelques membres sont restés dans les environs‚ et c’est pourquoi nous avons toujours un clan Aása.

      Troisième tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)
     
    Troisième tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)

    Plusieurs siècles passèrent avant que nous soyons tous réunis. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ arriva en dernier. Le clan des coyotes arrivait toujours à la fin. C’était déjà le cas en quittant Kásskara pour venir sur ce continent‚ et ce fut pareil à Oraibi. Cela ne veut pas dire que nous sommes lents‚ mais simplement que c’est notre destin. C’est comme un signal quand le clan des coyotes arrive : c’est la fin‚ après ça plus personne ne sera accepté. C’est aussi la raison pour laquelle les Kachinas portent une queue de renard dans le dos. Quand‚ après cette grande marche de Sikyátki‚ nous sommes arrivés à Oraibi‚ nous étions encore une fois les derniers‚ et plus personne ne vint à Oraibi après nous. Comme tu le sais‚ Oraibi se trouve dans une région sèche et il n’est pas facile de comprendre pourquoi nous nous sommes installés ici définitivement. Laisse-moi te dire la raison : le clan de l’ours n’est pas venu dans cette région par hasard. C’est sa divinité qui le lui a demandé‚ car ici se trouve le centre de l’univers. En réalité‚ il se trouve à environ trois kilomètres au sud d’Oraibi‚ dans la vallée. L’endroit s’appelle Tuwánassáwi. Des gens du clan des Kachinas y ont vécu‚ il reste encore des ruines.

    Je ne t’en dirai pas plus‚ nous n’en parlons pas à d’autres gens. Aujourd’hui‚ notre village tombe en ruines‚ parce que nous nous trouvons à la fin d’une période. Nous le reconstruirons dans le cinquième monde‚ mais ce sera à un autre endroit. Peut-être notre Oraibi actuel sera reconstruit comme lieu de souvenir national‚ mais il ne s’agit pas de la reconstruction d’Oraibi dans le cinquième monde dont je viens de parler. Je voudrais répéter ici un point important : seulement quand un clan avait la permission de s’installer ici définitivement‚ les membres devenaient des Hopis‚ ceux qui sont restés fidèles aux lois du créateur‚ les rares élus‚ sont venus ici et sont devenus des Hopis.

    Tant que nous étions en migration‚ on nous appelait le peuple d’alêne‚ ce qui se dit dans notre langue “Móochi”. Bien sûr‚ les Espagnols ont encore une fois mal prononcé ce mot et nous ont appelés Moquis. Pendant des millénaires‚ nous étions un petit peuple parmi les nombreuses tribus. Il y eut toujours des épreuves‚ des échecs et des tentations‚ et beaucoup furent éliminés.

    Même ici nous avons eu nos problèmes‚ même encore aujourd’hui. Je te rappelle seulement les disputes parmi notre peuple il n’y a pas si longtemps‚ comme à l’époque de Patátquapi. Comme les disputes‚ les séparations de Patátquapi se répétèrent quand des gens sont partis d’Oraibi et fondèrent Hotevilla‚ puis Bakávi‚ et sont partis à Móenkopi et Kyákostsmovi. Vois-tu comment l’histoire se répète ?

    Parmi les autres événements‚ c’est l’arrivée des Espagnols qui a bien sûr tout changé. Mais avant de t’en parler‚ je veux d’abord te raconter l’histoire de Húck’ovi.

    Húck’ovi

    J’ai entendu cette histoire très souvent depuis ma plus tendre enfance. Húck’ovi se trouve sur le prochain plateau‚ de l’autre côté des basses terres‚ juste en face d’Oraibi. Nous gardons ce souvenir vivant‚ car il nous montre ce qu’il va arriver au monde entier. Nous saurons quand le temps sera venu‚ car tout se passera à nouveau comme ça.

    Le village fut fondé par le clan du front. C’est un des trois clans qui ont un rapport avec la chaleur et l’énergie. C’est la chaleur qui détruit et c’est la chaleur qui purifie‚ c’est pourquoi ces clans sont si importants. Par ordre de puissance‚ il y a d’abord le clan du feu‚ puis le clan du soleil‚ puis le clan du front. Leur divinité est Macháqua‚ le crapaud à cornes. Nous trouvons le signe du crapaud à cornes de nombreuses fois dans les dessins rupestres et les rochers‚ en bas. En ce qui concerne le clan du feu‚ on sait ce qu’il a fait avec le premier monde‚ il l’a détruit.

    Le clan du front reçut son nom durant la migration. Ce fut le dernier des trois clans qui arrivèrent au Pacifique. Les deux autres clans furent là bien avant et c’est pourquoi le clan du front devait se dépêcher pour arriver ici‚ dans cette région. Les gens de ce clan ne pouvaient reposer leur front qu’une nuit sur la plage‚ puis ils devaient prendre le chemin du retour. Et comme ils furent en retard et durent se presser‚ ils ont moins de considération et de puissance que les deux autres.

    Le temps arriva où les gens n’écoutèrent plus leur chef dans leur village‚ jusqu’à lui désobéir et lui manquer de respect. D’après une vieille coutume‚ on ne peut régler une telle chose que par le départ des gens et la destruction du village. C’est ce qui s’est passé avant‚ avec le troisième monde‚ puis avec Táotoóma‚ Palátquapi‚ Casas Grande – ça se répète sans cesse. Et ça se répète aujourd’hui dans le monde entier‚ pense à toutes les disputes‚ contradictions et au manque de respect. C’est pourquoi nous‚ les Hopis‚ nous savons que la fin du quatrième monde arrivera bientôt. Nous en sommes proches.

    Donc‚ on a pris la décision de détruire le village par un feu et une explosion après une dernière cérémonie. Certains ne crurent pas au feu et à l’explosion et restèrent au village pour voir ce qui allait se passer. D’autres sont partis avant la cérémonie. Trente hommes et trente femmes participèrent à la cérémonie. Chaque femme portait un plateau tressé sur lequel se trouvait de la farine de maïs pressée‚ avec un trou au milieu. Autour du trou‚ il y avait deux anneaux‚ l’un d’hématite rouge‚ l’autre d’hématite jaune.

    La masse jaune avait peut-être un rapport avec l’uranium que l’on a découvert à l’est de chez nous. Du trou sortait une flamme‚ quand la flamme s’étend‚ ou plutôt quand la flamme descend dans le trou‚ il y a une explosion‚ mais ça plus tard. Le groupe de femmes et d’hommes arriva à travers les rochers par le côté ouest du village. Les femmes posèrent leur plateau à l’intérieur d’un cercle sur la place du village. Un des plateaux fut donné au chef. Il le prit et alla dans une maison pour le bénir. Puis il sortit rejoindre les hommes et les femmes qui avaient quitté le village plus tôt et les hommes et femmes qui avaient participé à la cérémonie partirent avec lui.

    Comme je te l’ai dit‚ quelques hommes et femmes ne crurent pas quand on les mit en garde et ils restèrent. Quand les flammes disparurent dans les trous‚ il y eut une grande explosion et une chaleur intense‚ et tout le village et les gens qui étaient restés périrent. Même certains de ceux qui étaient partis plus tôt furent incommodés par la chaleur et il fallut les porter.

    Les survivants ne purent aller à Oraibi parce que le temps n’était pas encore venu. Comme je te l’ai déjà dit‚ uniquement ceux qui pouvaient venir à Oraibi étaient ceux pour lesquels les Kachinas avaient déterminé le bon moment. C’est ainsi que le clan du front continua sa migration. Plus tard‚ ce clan fut le dernier à être accepté parmi les clans du feu. L’événement de Húck’ovi s’est déroulé il y a plus de 3.000 ans. Nous avons toujours une chanson concernant cet événement. On n’y dit pas pourquoi Húck’ovi fut détruite‚ mais seulement ce qui arriva après l’explosion.

    On chante cette chanson lors de la cérémonie de Húck’ovi‚ mais en fait il s’agit d’une mise en garde pour le monde entier. Dans cette région‚ un seul village fut détruit‚ et les gens qui sont partis à temps furent sauvés. Mais dans la chanson on dit que les gens vont de village en village et ne trouvent pas de refuge. Ils ne le trouveront nulle part‚ car ça brûle partout. Il n’y a pas de remède‚ car ce sera le feu qui détruira notre quatrième monde. Ce ne sera pas une guerre atomique‚ mais une arme électrique que l’on est en train de développer et qui sera découverte bientôt. Je ne sais pas comment agira cette arme exactement‚ mais elle enverra quelque chose qui ressemble à des ondes radio et ça partira d’une station et ça ira partout.

    Arrivée des Espagnols à Oraibi

    Quand les Kachinas sont partis‚ ils nous ont dit de ne pas oublier qu’il y aura‚ un jour‚ des gens d’un autre pays qui viendront nous voir pour nous parler d’une autre croyance. Ils ont donné à mes pères du clan de l’ours un bâton d’environ deux mètres de longueur sur lequel ils nous demandaient de marquer chaque année qui passait. Le bâton était de couleur noire et‚ chaque année‚ au moment de Soyál‚ nous y avons fait un trait blanc. Les gens d’un autre pays devaient venir quand le bâton serait couvert de traits du haut jusqu’en bas.

    Les Kachinas nous avaient demandé de rencontrer ces gens à un endroit appelé Kowáwayma‚ qui se trouve sur le Rio Grande‚ à environ cinquante kilomètres au nord d’Albuquerque. Là-bas se trouve maintenant une ruine avec‚ à l’intérieur‚ une belle et grande peinture dont j’ai copié une partie pour “Le livre des Hopis”. C’est d’ailleurs le même endroit où les Navajos s’arrêtèrent sur leur chemin de retour après avoir été libérés de prison. Ils cassèrent leurs flèches‚ les posèrent dans les ruines et ont juré de ne plus jamais causer d’ennuis aux Hopis.

    Si les étrangers ne venaient pas cette année-là‚ nous devions encore ajouter cinq années sur un nouveau bâton et le lieu de rencontre‚ dans ce cas‚ devait être Sikiá’ova‚ ce qui veut dire “pierre jaune”. Cet endroit se trouve près de la vieille route menant vers Oraibi. Si‚ après ce délai‚ ils n’étaient toujours pas là‚ nous devions les rencontrer cinq ans plus tard à un endroit plus haut‚ sur la route qui s’appelle Chiwáchukha‚ ce qui veut dire “glaise durcie”. Après cinq autres années‚ nous devions les rencontrer à un endroit appelé Nahúyangowasha‚ “champs croisés”. Après encore cinq ans‚ comme dernier lieu de rencontre‚ fut fixée une place sur le bord de la falaise à l’est d’Oraibi.

    Le nom de cette place est Táotoóma. Quand le premier bâton fut rempli‚ les gens n’étaient toujours pas venus. Cinq ans passèrent encore‚ et toujours rien. Ainsi passèrent cinq années après cinq années. D’après notre tradition‚ c’est Pahána‚ le frère‚ qui devait conduire ces gens sur notre continent. Pahú veut dire “eau”‚ mais nous ne le prononçons pas entièrement‚ nous le contractons et ne disons que “pa”‚ et la syllabe “ha” signifie “un voyage sur l’eau”‚ c’est-à-dire avec un bateau. Pahána est donc “l’homme qui traverse l’eau avec un bateau”‚ ce qui montre que plusieurs millénaires avant l’événement on savait déjà que les gens viendraient en bateau et non sur des boucliers volants. Nos gens commencèrent à se faire du souci que personne n’arrivât. Le grand retard signifiait que ce n’était pas les gens attendus qui viendraient.

    Enfin‚ avec un retard de vingt ans‚ ils arrivèrent et nous nous préparâmes à les attendre à Táotoóma‚ comme on nous l’avait demandé. Tu te rappelles sûrement que Táotoóma était aussi le pays du continent qui sortait de l’eau‚ l’endroit “qui fut touché par le bras du soleil”. Les étrangers arrivèrent donc à cet endroit qui portait le même nom. Il y a longtemps‚ ce nom signifiait un nouveau commencement‚ et cette fois-ci‚ ce fut aussi un nouveau commencement. Comme je l’ai dit‚ ce retard de vingt ans inquiétait mon peuple et quand les Espagnols arrivèrent‚ tout avait été préparé pour les recevoir. Nos anciens et les chefs religieux vinrent pour les accueillir.

    Les étrangers portaient des armures et toutes leurs armes‚ mais nous n’avions pas peur. Nous pensions encore qu’il s’agissait de frères‚ d’êtres humains civilisés. Puis la tragédie commença. Le chef d’Oraibi tendit sa main pour un “nackwách”‚ le signe de la vraie fraternité. Si l’homme en face avait compris ce signe‚ tout aurait été bien. Mais quand le chef tendit sa main‚ l’Espagnol crut qu’il voulait un cadeau et lui donna des babioles sans valeur. Ce fut un coup dur pour les Hopis‚ les étrangers ne connaissaient pas le signe de la fraternité ! Notre peuple prit alors conscience qu’à partir de ce moment le malheur s’abattrait sur les Hopis. Et cela s’est passé ainsi‚ nous l’avons vécu.

    LEGENDES

    Yucca-Boy

    Pendant un certain temps‚ quelques-uns de nos clans vécurent encore à Palátupka‚ dans le cañon Rouge‚ qui s’appelle aujourd’hui Cañon de Chelly. Les clans importants qui s’y installèrent avant de venir ici‚ dans nos villages hopis‚ furent le clan du soleil‚ le clan du maïs et le clan des nuages. En plus‚ il y avait le clan du feu et le clan du roseau. Le petit clan du Yucca était peu connu‚ avec seulement quelques membres. Ils migraient et s’installaient toujours avec d’autres clans et‚ à l’époque‚ ils s’installèrent dans un petit cañon latéral.

    Le village de Walpi situé sur la première Messa  
    Le village de Walpi situé sur la première Messa.
     

    Dans une des familles naquit une fille qui‚ en grandissant‚ devint une très gentille jeune fille‚ courageuse et serviable‚ et tout le monde l’aimait bien. Un jour‚ très loin à l’ouest (l’endroit exact n’est pas connu)‚ il y eut une irruption volcanique. Des nuages noirs couvrirent le pays et‚ pendant trois ans‚ il n’y eut plus de pluie. Le maïs‚ les haricots‚ courges et autres légumes desséchèrent. Rien ne poussa plus et les gens furent obligés d’aller dans le désert pour chercher quelque chose à manger. Tout le monde souffrit beaucoup. Les parents de la fille étaient trop vieux pour y aller. C’est donc la fille qui alla chercher de la nourriture pour tous les trois. Avant de partir‚ elle remplit une cruche avec l’eau qui continuait à couler faiblement sous un rocher. Quand elle ne trouvait pas de nourriture‚ elle ne rentrait pas et restait dormir dehors pour poursuivre sa recherche le lendemain. La troisième année‚ la famine fut si grande que la fille fut obligée d’aller de plus en plus loin. Un jour‚ elle décida d’aller encore plus loin‚ là où personne n’avait jamais été avant elle. Elle se dirigea vers le nord‚ vers une colline‚ et pendant trois jours elle ramassa ce qu’elle trouvait‚ quand elle arriva à un joli endroit rempli de céréales et de baies séchées qui étaient encore mangeables. En fin d’après-midi elle mangea puis décida de passer la nuit et de dormir près d’une falaise.

    Quand elle s’installa‚ il lui sembla entendre un bruit‚ mais ne voyant aucun animal elle s’endormit dans le sable fin. Le lendemain matin‚ pensant qu’elle avait trouvé à manger‚ elle décida de rentrer lorsqu’elle entendit de nouveau le bruit de la veille. Elle se dirigea vers la colline et un étranger vint à sa rencontre. C’était un beau jeune homme dans un habit magnifique. Bien sûr‚ depuis longtemps‚ son peuple connaissait les Kachinas‚ mais depuis l’arrivée des nuages noirs‚ ces derniers semblaient avoir disparu. Quand il fut près d’elle‚ elle comprit ce qu’elle avait entendu la veille. Sa poitrine et son corps étaient couverts de coquillages qui tintaient en marchant. Mais maintenant c’était le matin et elle n’avait absolument pas peur.

    Il s’adressa à elle en disant : “Je vois que tu as ramassé suffisamment à manger pour ta famille.” Sa voie était douce et gentille et il semblait au courant de la famine. Elle répondit : “Oui‚ c’est la première fois que je suis allée aussi loin et que j’ai trouvé autant.” “Oui‚ je comprends‚ nous vous avons observé tout ce temps et nous savons ce qui est arrivé.” Elle demanda d’où il venait et il répondit : “Nous sommes les initiés et nous n’habitons pas sur cette terre. Nous venons d’une planète très éloignée‚ mais nous surveillons tout le pays. Vous allez surmonter ces temps difficiles‚ cela fait partie des changements qui interviennent actuellement sur la terre entière.” La jeune fille fut tellement étonnée qu’elle ne posa plus de questions. Il continua : “Cela va te sembler étrange‚ mais d’où je viens tout est beau et vert.” Après s’être assis tous les deux‚ elle parla de son peuple et lui du sien.

     Ce fut une conversation merveilleuse et il demanda‚ au bout d’un moment : “Tu n’es pas rentrée aujourd’hui. Tu ne te fais pas de soucis pour tes parents ?” “Non‚ c’est tellement intéressant de connaître quelqu’un comme toi‚ quelqu’un qui est si bien nourri.” Il répondit : “Je sais que cela t’étonne‚ mais nous ne mangeons pas de votre nourriture‚ nous vivons de l’esprit qui est dans la nourriture‚ c’est comme la rosée sur les perces-neige et il y en a beaucoup dans l’univers.” Puis le jeune homme demanda si elle avait faim. Elle voulut faire cuire quelque chose de ce qu’elle avait trouvé‚ mais le jeune homme lui offrit quelque chose qu’il lui avait apporté. C’était du maïs sucré‚ cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas mangé. Ils restèrent ensemble jusqu’à la tombée de la nuit et décidèrent de passer la nuit au même endroit et de partir ensemble le lendemain.

    Il l’accompagna un bout de chemin et‚ quand elle arriva chez ses parents‚ elle leur donna tout ce qu’elle avait trouvé‚ et le maïs que le jeune homme lui avait donné. Elle raconta ce qui lui était arrivé mais ils décidèrent de n’en parler à personne. Après un certain temps‚ la jeune fille retourna chercher de la nourriture et elle se dirigea vers la colline. Le jeune homme était là et l’attendait. Mais l’hiver arrivait et chacun savait qu’il serait encore plus difficile de trouver de la nourriture. Elle y retourna une troisième et dernière fois et le jeune homme lui donna une cruche remplie de graines.

    Il lui expliqua qu’elle devait conserver ces graines à l’intérieur de la maison et qu’elle devait en répandre un peu dans le noir total. Elle devait mettre les graines qui sortaient les premières de la cruche dans un panier et quitter la pièce. Quand elle y retournerait‚ les graines se seraient multipliées. Elle fit comme il lui avait demandé et‚ chaque fois qu’elle retourna dans la pièce‚ c’était une surprise. Une fois il y avait des haricots‚ une autre fois des graines de courges et parfois du maïs. A chaque fois la corbeille était remplie. Cette cruche‚ que nous appelons la “cruche sacrée”‚ nourrit la famille tout l’hiver. Comme elle n’avait toujours pas raconté aux autres ce qui lui était arrivé‚ elle sortait parfois pour faire semblant d’aller chercher de la nourriture. Au printemps‚ la jeune fille s’aperçut qu’elle attendait un enfant. Elle en fut étonnée et en parla à sa mère qui se fit aussitôt du souci par rapport à ce que les gens allaient penser. L’étranger était le seul homme qu’elle avait connu et à qui elle avait parlé‚ mais elle n’avait pas eu de relations avec lui. La mère était‚ elle aussi‚ soucieuse et un peu honteuse. Un jour‚ la fille décida : “Nous allons dire que j’ai rencontré un étranger et que j’ai eu des relations avec lui.” Un matin‚ l’enfant vint au monde. C’était un garçon. Toute la famille fut heureuse et l’accueillit bien. Après vingt jours‚ il fut temps de lui laver les cheveux. C’est un événement important dans la vie des Hopis. La famille était soucieuse car cette cérémonie doit être faite par les parents du père. Mais qui était le père et où était-il ? Alors quelque chose d’étrange se produisit. Quand la mère de la jeune fille se décida à laver elle-même les cheveux de l’enfant‚ le brouillard se leva dans le cañon. C’était la réponse. Les initiés étaient venus pour laver les cheveux de l’enfant. Le brouillard fut le plus épais à l’endroit où la famille habitait‚ puis le brouillard devint de la pluie. Comme la mère du père n’était pas là pour donner un nom à l’enfant‚ c’est donc la mère de la mère qui donna comme nom “Silíomoho”‚ car la mère était du clan du Yucca‚ et elle donna le nom de la plante de Yucca qui y poussait beaucoup plus haut qu’ici‚ dans cette région.

    La pluie était revenue‚ ce fut la fin de la famine. L’enfant était magnifique et grandissait de manière superbe. Quand il fut devenu un beau jeune homme‚ il demanda la permission d’aller chasser seul. Il se dirigea vers le nord‚ vers la colline‚ mais c’est seulement le troisième jour qu’il réussit à tuer un animal. Il se prépara un bon repas et mit le reste de la viande à sécher. Le lendemain‚ quand il se réveilla‚ un jeune étranger se tenait à côté de la viande. Il lui dit : “Tu es enfin venu pour chasser.” Sa voix était amicale et Silíomoho lui répondit : “Oui‚ c’est la première fois que je chasse seul.” “Oui‚ je sais‚ je te connais bien” répondit l’étranger. Silíomoho fut étonné : “Tu me connais ?” “Oui‚ mais le temps n’est pas encore venu pour te dire qui je suis.” Le soir‚ la viande fut presque sèche et l’étranger aida Silíomoho à la porter et lui demanda de le suivre. Il le fit monter le versant abrupt de la colline. Il faisait presque noir quand ils arrivèrent au sommet. Là‚ il y avait une maison‚ exactement comme nos kivas‚ mais plus grande. L’étranger le fit entrer. Il entendit des voix et‚ en descendant l’échelle‚ il vit un groupe de femmes et de filles Kachinas assises le long du mur. La plupart des femmes étaient des Hahá-i‚ les plus gentilles des femmes Kachinas. Elles lui souhaitèrent la bienvenue et il s’assit près des hommes‚ au milieu de la pièce. On lui servit un bon repas et l’étranger lui dit : “Comme tu es venu dans notre maison‚ je veux te dire que nous sommes nombreux sur toute la terre‚ et moi je suis ton père.” Silíomoho fut incapable de parler. C’était donc ça‚ son père était l’un des initiés‚ c’est pourquoi sa mère et ses grand-parents ne lui avaient rien dit. Son père lui dit : “Le temps n’est pas encore venu pour te dire exactement qui je suis et ce que je fais.”

    Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas en haut d’une Kiva (dans les années 1920) 

    Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas en haut d’une Kiva (dans les années 1920)

    “Tu es un être humain et tu n’es pas encore l’un des nôtres‚ mais tu le seras un jour. Mais maintenant‚ tu dois passer trois épreuves. Nous allons voir si tu vas survivre.” Pendant les trois nuits suivantes‚ le garçon dut choisir soigneusement des endroits pour passer la nuit et il fut assailli par des bêtes sauvages et des tempêtes terribles. Mais comme il avait‚ à chaque fois‚ bien choisi son emplacement‚ il réussit à survivre et à passer les épreuves avec succès. Le matin‚ après la troisième nuit‚ son père apparut et lui dit : “J’ai tout le temps espéré que tu survives. Je t’ai mis à l’épreuve de toutes mes forces‚ mais maintenant je sais que tu es fort. Tu dois être fort‚ car l’avenir apportera beaucoup de difficultés pour ton peuple. ”Ils retournèrent à la kiva ensemble où Silíomoho fut reçu avec beaucoup de chaleur et de gentillesse. On lui servit un bon repas et beaucoup de Kachinas chantèrent et dansèrent pour lui. Après une bonne nuit‚ son père arriva : “J’ai déjà fait mon travail ce matin. J’ai béni la terre avec de la rosée et maintenant nous pouvons partir car ta mère et tes grand-parents doivent se faire du souci pour toi.” Puis il prit le paquet avec la viande séchée que le garçon avait préparée et ils prirent le chemin du village du garçon. Près du village‚ ils s’arrêtèrent et le père dit : “Maintenant‚ tu dois continuer seul. Je vais t’aider à porter ton paquet mais tu ne me verras pas.” Le père était devenu invisible. Le garçon fut accueilli avec joie. La mère partagea tout de suite la viande avec ses voisins. Puis Silíomoho raconta ce qui lui était arrivé‚ tout ce que son père lui avait appris concernant l’avenir difficile de leur peuple et que plus tard‚ dans sa vie‚ lui Silíomoho deviendrait le chef d’une planète très éloignée. Le nom de son père était Hólolo.

    Par la suite‚ chaque fois qu’il y avait du brouillard dans le cañon‚ les gens disaient “c’est Hólolo‚ le père de Silíomoho.” Et même encore aujourd’hui‚ nous appelons le cañon de Chelly‚ cañon du brouillard. Silíomoho devint un membre important et plus tard un chef apprécié de son peuple. Ses capacités furent d’une grande aide. Il pouvait prédire quand il pleuvrait ou combien il y aurait de neige‚ quand ils devaient semer et comment conserver les récoltes.

    Ce don fut un cadeau de son père.

    L’ENERGIE

    A Kásskara‚ toute la puissance et l’énergie dont nous avions besoin provenaient du soleil. Nous pouvions en bénéficier partout et les lignes électriques n’étaient pas nécessaires. Mais je ne sais pas comment cela fonctionnait.

    Nous avions un appareil‚ en fait nous en avions beaucoup‚ avec un cristal à l’intérieur pas plus gros qu’un pouce. A l’époque‚ les gens n’avaient pas besoin de travailler la pierre avec un burin‚ pendant des jours. Tout ce qu’ils avaient à faire‚ c’était d’orienter l’appareil par rapport au soleil et ils pouvaient fendre la pierre avec l’énergie solaire.

    Tous les sons étaient mémorisés dans des cristaux. Tous les enregistrements du troisième monde se trouvent dans une grotte en Amérique du Sud. Ma grand-mère me l’a dit un jour mais personne ne sait plus où elle se trouve. Si la grotte était découverte un jour‚ je pourrais tout reconnaître à l’intérieur.

    Quand nous sommes venus sur ce continent‚ nous avons bien sûr emmené de tels appareils‚ ainsi que toutes nos connaissances. Là-bas‚ en Amérique du Sud‚ les gens pouvaient soulever d’énormes blocs de roche en tendant les mains sans y toucher. Aujourd’hui‚ on est étonné et on ne comprend pas comment les gens ont pu bâtir de telles villes‚ mais à l’époque c’était facile.

    La plus grande efficacité des capacités de l’être humain se trouve dans le bout des doigts. Ils peuvent émettre beaucoup de force et en absorber autant. Pense aux hommes-médecine qui posent leurs doigts sur ton corps et sentent toutes les vibrations. Ils ressentent aussi les vibrations qui ne devraient pas s’y trouver et localisent ainsi la maladie.

    A une certaines époque‚ on utilisait aussi le mercure‚ mais je ne sais pas exactement dans quel but. D’après notre tradition‚ il en existait deux sortes‚ une liquide et une solide. Il y aurait un rapport avec la chaleur et l’équilibre‚ mais je ne sais pas si‚ au point de vue scientifique‚ cela signifie quelque chose pour toi. Les gens du clan “deux cornes” l’ont utilisé‚ c’est ce que m’a dit un homme du clan de l’arc.

    Les gens avaient techniquement un niveau élevé‚ mais ils n’ont jamais utilisé la force pour détruire des vies. Tout ce savoir s’est progressivement perdu et les gens ont dû travailler de plus en plus dur. Aujourd’hui‚ toutes ces bonnes choses sont dissimulées et nous voyons avec étonnement ce que l’on a réussi à faire dans le passé. Pour comparer‚ on pourrait dire que c’est aujourd’hui que nous vivons dans une époque sombre.

    LES SYMBOLES

    Le symbole du plan de vie des Hopis.  
    Le symbole du plan de vie des Hopis.
     

    Quand nous sommes installés en Amérique du Sud‚ après notre arrivée‚ nous avons commencé à documenter notre présence. Nous avons exprimé notre savoir historique et spirituel à travers des symboles. Nous en faisons autant aujourd’hui‚ car nous avons hérité ces symboles de nos pères et nous connaissons le sens des chiffres et des lignes. Nous savons ce qu’ils signifient et ce que l’on peut exprimer à travers ces symboles.

    Nous avons laissé nos symboles partout où nous avons vécu ou migré. On peut trouver les preuves de notre savoir dans toute l’Amérique du Sud jusqu’au continent nord-américain : des dessins rupestres‚ des céramiques‚ des bâtiments. Les gens disent que nous n’avions pas d’écriture. Mais c’est justement notre écriture et ce sont nos messages qui sont présents partout sur les deux continents et qui n’ont pas encore été détruits.

    Nous avons écrit nos symboles sur de la roche car elle n’est pas facile à détruire par le temps. Nous avons décoré nos céramiques avec des symboles et nous en faisons toujours autant aujourd’hui. A chaque fois que nous avons quitté une installation provisoire‚ pendant nos migrations‚ nos enfants brisaient dans tout le village toutes les céramiques et les laissaient comme un legs. La céramique ne peut pas être détruite. On peut la briser mais les morceaux restent toujours. D’autres peuples et des générations futures viendront et les trouveront‚ et ils sauront que nous avons été là avant eux.

    Et il y a les bâtiments‚ les ruines. Si on fait attention à certains signes caractéristiques‚ alors on peut les trouver partout en Amérique du Sud et ici. Par exemple‚ il existe des tours‚ des tours circulaires et des tours carrées. La tour ronde est le symbole féminin‚ la tour carrée le symbole masculin.

    La forme en T ou le trou de serrure est très importante. Nous l’avons depuis le premier monde. Cette forme est un symbole pour le plan du créateur. C’est pourquoi les fondations de nos kivas ont cette forme en T. Et comme je parle justement des kivas‚ je veux ajouter quelques autres significations symboliques de cette construction. L’étage inférieur représente le premier monde‚ l’étage supérieur le deuxième monde‚ et l’ensemble‚ de l’arrière jusqu’au devant‚ représente le troisième monde. Sur le toit plat se trouve une plate-forme surélevée qui représente notre monde actuel‚ le quatrième monde. Maintenant‚ tu comprends pourquoi les kivas sont si importantes pour nous.

    Et naturellement‚ il existe les grands édifices du passé. Les références aux multiples mondes ne manquent pas. Combien de symbolisme et de savoir sont exprimés à travers eux. La référence aux différents mondes se trouve partout‚ dans le nombre d’étages des pyramides‚ le nombre des portes sur les toits des bâtiments : les trois mondes du passé‚ le quatrième‚ le monde actuel‚ le cinquième monde et les sept mondes que l’humanité doit traverser au total. Même les neuf mondes sont mentionnés‚ à savoir les deux mondes appartenant au créateur. Et les sculptures et la position des bâtiments. Nous pourrions écrire un livre supplémentaire sur la signification des découvertes dans les ruines mexicaines et sud-américaines. Je t’ai déjà parlé de la forme en T à Teotihuacan‚ de la signification des degrés‚ pourquoi il y a un trou dans l’édifice de la pyramide du soleil et la signification des serpents des deux côtés des marches. Dans toute chose il y a une signification‚ et l’histoire est inscrite partout. Nous sommes des gens ayant une orientation spirituelle et les historiens et les archéologues doivent se rendre compte qu’ils devront d’abord nous comprendre‚ avant de pouvoir expliquer les ruines.

    A l’époque actuelle‚ nous portons ces chiffres symboliques avec nous ou plutôt dans nous. Pas dans une forme matérielle mais d’une manière plus subtile. Par exemple‚ pendant une cérémonie‚ quand des Kachinas dansent sur la place du village‚ ils forment leurs groupes à seulement trois endroits‚ pour montrer les trois mondes que nous avons traversés. Ils ne peuvent pas former un quatrième groupe puisque le quatrième monde n’est pas terminé. Je dois également mentionner les chants que nous chantons pendant les cérémonies. Un tel chant comporte cinq strophes‚ ce qui signifie que nous allons nous rendre dans le cinquième monde. Comme tu le vois‚ les Hopis savent exactement où ils se situent dans le plan des mondes : entre le troisième qui a été détruit‚ et le cinquième‚ le prochain monde que nous devons atteindre. Nous savons que nous nous trouvons dans le quatrième monde situé au milieu de sept mondes que nous devons traverser au total. Nous n’avons pas besoin de le dire‚ car tout est exprimé symboliquement dans nos cérémonies. Pourquoi noter quelque chose par écrit qui est enracinée si profondément et exprimée si clairement dans nos cérémonies ?

    Tout le symbolisme utilisé par les Hopis nous rappelle les vérités que nous avons apprises il y a longtemps. Mais seulement nous‚ les Hopis‚ connaissons et comprenons ce symbolisme‚ aucune autre tribu ne peut en faire autant‚ même si beaucoup d’entre elles utilisent maintenant des symboles hopis. Elles ne voient que l’extérieur et n’ont pas la connaissance.

    Si tu vois nos symboles quelque part en Amérique du Sud‚ en Amérique Centrale ou sur ce continent‚ pense que nous savons encore aujourd’hui ce qu’ils signifient. Et pense que nous savons tout cela par notre passé et par ce que nos pères nous ont transmis et que nous gardons toujours vivant.

    Et n’oublie pas que le savoir des Hopis est encore plus étendu : nous savons que nos voix‚ même sans son‚ sont imprimées dans l’atmosphère et que c’est indestructible ! Des rochers et des ruines peuvent disparaître un jour‚ mais ce que nous disons‚ et ce qui se passe dans nos âmes sur un niveau plus élevé‚ ne sera jamais détruit.

    LE MOT DE LA FIN

    Chacun d’entre nous est né avec une prédestination et doit remplir sa tâche dans ce monde. Longtemps avant ma conception‚ il fut décidé que cela ferait partie de ma destinée de transmettre toutes ces choses. C’est pourquoi je suis venu pour parler avec toi.

    Tout au début de ton enregistrement‚ je t’ai dit que l’histoire de mon peuple représente une mise en garde pour vous. J’espère que tu as maintenant bien compris cet avertissement. As-tu remarqué comment l’histoire se répète toujours et toujours ? Et tu as vu que le créateur punit l’humanité quand elle transgresse les lois et dévie ou quitte le droit chemin.

    Je t’ai parlé beaucoup de notre histoire‚ de l’histoire du peuple élu. Je sais qu’elle ne correspond pas à ce que vous avez cru jusqu’à maintenant. Naturellement‚ les scientifiques voudront nous corriger‚ comme ils le font toujours. Ils ne nous comprennent pas et ne peuvent donc pas comprendre notre histoire et nos opinions. Mais nous‚ les Hopis‚ reconnaissons dans les événements d’aujourd’hui la même chose que ce qui est arrivé vers la fin du troisième monde. Nous voyons ce qui se passe dans le monde‚ la corruption‚ les assassinats‚ et nous savons que nous sommes sur le chemin de la destruction. On peut éviter cette fin terrible si nous retournons sur le chemin du créateur‚ mais je n’y crois pas. La prochaine grande catastrophe n’est pas loin‚ seulement quelques années. Cela doit vous sembler étrange dans votre monde‚ mais nous le savons.

    Nous‚ les Hopis‚ nous le savons.

    Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis. Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚ car ils n’ont jamais fini leur migration Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis. Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚ car ils n’ont jamais fini leur migration

    (source: AntonParks.com)

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    8 commentaires pour “L’histoire de l’humanité selon la tradition des Indiens Hopis”
    1.  
       
      Les Hopis sont une tribu amérindienne vivant en Arizona au États-Unis. Depuis des centaines d’années, les Hopis occupent cette région dont leur principale ville est Oraibi. Pourquoi vous parler de ces amérindiens? Simplement parce que les Hopis ont gardé le souvenir de leur lointain passé… et celui-ci remonte à bien avant la glaciation, la Lémurie et l’Atlantide! Une histoire fascinante qui remet en perspective notre propre histoire…

       

      Avant toute chose, je dois vous expliquer quelque chose… la Terre a reçu à quatre reprises des civilisations différentes de leur naissance à leur maturité (ou ascension). Chaque âge ou monde comme les appellent les Hopis ont vu le jour d’un race. À la fin de chaque âge ou monde, la Terre a changé géologiquement pour s’adapter à la venue d’une nouvelle cuvée, d’une nouvelle race… l’ancienne disparaît soit par l’ascension, soit par la mort lors des bouleversements… La Terre a donc vu jusqu’à maintenant qutre mondes, le quatrième étant le nôtre…

       

      Selon les Hopis, ceux-ci ont gardé les souvenirs de leur passé, mais ont-ils gardé les connaissances d’autrefois? Ils ont, certes, encore leur sagesse spirituelle, mais le reste? Je crois que leur histoire a démontré qu’il était facile d’utiliser leur savoir pour faire le mal… voilà peut-être pourquoi aujourd’hui, ils apparaissent comme une tribut parmi les autres…

      Les Hopis sont arrivées lors du premier monde… lors de la première race. Puis, ils sont parvenus par migration à franchir les bouleversements géologiques qui ont transformé la planète vers un nouveau monde… le deuxième. Ce fut l’avènement de la deuxième race, les Hyperborea. Ceux-ci sont maintenant en Agartha et ont créé le Royaume de Thulé situé en Antarctique. Encore une fois, à la fin de ce monde, la Terre subit des bouleversements géologiques importants et les Hopis migrèrent à nouveau vers de nouvelles terres à l’abri des cataclysmes, ils se dirigèrent vers le troisième monde… celui de la troisième race, soit les Lémuriens et les Atlantes. Pourquoi race au singulier? Parce que les Atlantes et les Lémuriens étaient au départ de la même souche… deux nations un peu comme les français et les anglais… Alors, les Hopis s’établir sur le continent de Kásskara (la Lémurie).

      Les Hopis sont un ensemble de clan qui se sont partagés tour à tour le pouvoir. En Lémurie, la plupart d’entre eux restèrent fidèle aux principes des Créateurs, les Kachinas. Ceux-ci étaient très présent pour eux, car ils les guidaient lors de leur migration et même parfois davantage. Aujourd’hui, les Kachinas ne sont plus apparus depuis que les Hopis se sont déchirés entre eux il y a de ça très longtemps. Peuple pacifique, les Hopis n’ont jamais participé aux guerres entre la Lémurie et les Atlantes, sauf pour une minorité d’entre eux.

      Lors de la guerre, les Hopis occupaient tous une région spécifique du continent et ils se réunirent pour se protéger grâce à des boucliers d’énergie contre les attaques incessantes des Atlantes. Alors, une jour, les Kachinas, vint et leur demanda de migrer vers un nouveau continent qui venait de surgir à l’est (l’Amérique). Ils partirent clan par clan en direction de ces nouvelles terres. Certains furent conduit vers les sommets des montagnes pour se mettre à l’abri du cataclysme comme les actuelles îles d’Hawaï, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Japon, l’île de Pâques et plusieurs autres îles. Finalement, les Hopis furent presque tous réunis en Amérique du Sud où ils établir une nouvelle cité, Táotoóma. Après 4 000 ans, celle-ci couvrait une superficie égale à Los-Angeles!

      Les Hopis possédaient un savoir scientifique impressionnant, pas étonnant puisqu’ils avaient vécu en Lémurie! Ils construisirent aisément leur cité ainsi que les Temples de la connaissance ou école où tous leur savoir sur les plantes, l’univers, l’histoire et même la technologie étaient largement enseigné par des Kachinas. Ceux-ci, les Kachinas, possédaient des machines volantes et parfois, ils permettaient à certains Hopis de venir avec eux dans leur monde.

      Plusieurs clans se réunir à l’emplacement actuel, à Oraibi. C’est à ce moment que les clans réunis s’appelèrent des Hopis. Tous les autres clans qui sont venus et qui ont oublié leur passé ont pris des noms différents, pensons au Najavos, Pueblos, Apaches et Zunis. Toutes ces tributs vivent dans la même région.

      Selon les Hopis l’heure est presqu’arrivée pour entreprendre une nouvelle migration, mais cette fois pour entrer dans le cinquième monde! Oui, selon eux, nous répétons leur histoire passé et nous allons bientôt vivre de nouvelles guerres intestines comme eux dans le passé. Les Hopis ont assistées à leur propre rivalité et même à la venue des espagnoles et pourtant, il semble que l’histoire se répète sans cesse. Espérons que nous aurons pas la fâcheuse idée de les imiter jusqu’à disparaître comme l’ont fait les Atlantes et les Lémuriens.

      D’autre part, il y a quelques années, certains membres du conseil Hopis se sont réunis afin de comprendre un pourquoi le monde ne basculait pas comme dans leur vision reçu il y a fort longtemps… Alors, ensemble, ils regardèrent à l’intérieur de leur cœur et laissèrent venir les visions de notre monde… et surprise! Ils virent apparaître des petites lumières partout sur la terre! Oui, là où il n’y avait que noirceur, il y avait maintenant des veilleuses «allumées»! L’humanité a commencé à s’éveiller! Aujourd’hui, nous avons la chance de «migrer» dans le cinquième monde (cinquième dimension) sans passer par une guerre comme dans les précédents passages. Les Hopis ont vu l’espoir; aurions-nous compris les leçons de notre passé guerrier?

       
    2. Ceci est un compte-rendu résumé d’un discours donné par Lee Brown au Concile Indigène Continental en 1986 à Tanana Valley Fairgrounds, Fairbanks, Alaska.

      Il y a eu le cycle du minéral, de la roche. Il y eut le cycle des plantes. Et maintenant nous sommes à la fin du cycle des animaux et au début du cycle des êtres humains.

      Quand nous serons dans le cycle des êtres humains, alors les plus hauts et les plus grands pouvoirs que nous possédons nous seront enfin donnés.

      Ils nous seront donnés par cette lumière ou âme que nous portons dans notre esprit. Mais pour l’instant nous arrivons à la fin du cycle des animaux et nous avons appris par nous-mêmes ce que c’est que d’être un animal sur cette terre.

      Au début de ce cycle, il y a très longtemps, le Grand Esprit est descendu et Il est apparu et Il a rassemblé ensemble les peuples de cette terre, dit-on, sur une île qui est maintenant sous les eaux, et Il a dit aux êtres humains : « Je vais vous envoyer dans les quatre directions et avec le temps je vais vous répartir en quatre couleurs, mais je vais vous donner une partie de mon savoir et vous appellerez celui-ci « Les Enseignements Originelles ». Et quand vous vous rassemblerez à nouveau, vous les partagerez afin de pouvoir vivre en paix sur cette terre, et ce sera le début d’une grande civilisation.

      Et il dit : « Pendant ce cycle je vous donnerai à chacun deux tablettes de pierre. Quand je vous aurai donné ces tablettes, ne les jetez pas au sol. Si un de vos frères ou une de vos soeurs des quatre directions venait à jeter les tablettes au sol, alors, non seulement les humains vivront de dures épreuves mais la terre elle-même mourra presque. »

      Et donc Il a donné à chacun d’entre nous une responsabilité, et nous appelons ça « la Garde ».

      Au peuple indien, le peuple rouge, il donna la Garde de la Terre. Pendant ce cycle nous devions apprendre les enseignements de la terre, les plantes qui poussent qui poussent du sol, les nourritures que nous pouvons manger, et les herbes qui soignent afin que nous puissions nous rassembler, avec nos autres frères et sœurs, et partager ce savoir avec eux. Quelque chose de bien devait arriver sur terre.

      Au sud, Il donna au peuple jaune la Garde du Vent. Ils devaient apprendre tout sur le vent et la respiration et comment les assimiler en nous pour notre avancement spirituel.

      A l’Est Il donna au peuple noir la Garde de l’Eau. Ils devaient apprendre les enseignements de l’eau qui est l’élément principal car à la fois le plus humble et le plus puissant.

      Au Nord, Il donna au peuple blanc la Garde du feu. Si vous regardez ce qui est au centre de la plupart de ce qu’ils font vous y trouverez le feu. On dit que les ampoules électriques sont le feu de l’homme blanc. Si vous regardez ce qui fait fonctionner une voiture, vous y verrez une étincelle. Dans les avions et dans les trains vous y trouverez le feu. Le feu consume mais avance également. C’est pour cela que ce sont les frères et sœurs blancs qui commencèrent à voyager à la surface de la terre pour nous réunir tous en une grande famille.

      Et ainsi beaucoup de temps s’est écoulé, et le Grand Esprit donna à chacune des 4 races 2 tablettes de pierre. Les nôtres sont conservées dans la réserve Hopi en Arizona, dans la Zone des 4 Coins sur la 3ème Mesa.

      J’ai parlé à des gens du peuple noir et leurs tablettes sont au pied du Mont Kenya. Elles sont gardées par la tribu des Kikuyu.

      J’ai eu l’honneur de donner un calumet sacré taillé dans la pierre rouge du mont Kenya à la Tribu des Kikuyu. J’étais à un rassemblement spirituel indien il y a 15 ans. Un guérisseur du Dakota du Sud posa une roue magique en perles au centre du groupe et demanda « D’où vient-elle ? » On lui répondit : « Probablement du Montana, ou du Dakota du Sud, ou peut-être du Saskatchewan. » Il dit : « Ceci vient du Kenya ». Les perles étaient exactement comme les nôtres, de la même couleur.

      Les tablettes de pierre de la race jaune sont gardées par les Tibétains, au Tibet. Si vous pouviez traverser la terre en partant de la Réserve Hopi vous arriveriez au Tibet. Le mot tibétain pour « soleil » est le mot Hopi pour « Lune », et le mot Hopi pour « soleil » est le mot tibétain pour « lune ».

      Les gardiens des traditions pour l’Europe sont les Suisses. En Suisse il y a toujours une tradition où un jour par an tous les membres de la famille sortent leur masque. Ils connaissent encore les couleurs des différentes familles, leurs symboles, enfin certains d’entre eux. Je suis allé à l’école avec des suisses à l’Université de Washington, et c’est ce qu’ils m’ont dit.

      Et ces 4 peuples vivent tous dans les montagnes.

      En 1976 l’Amérique fêtait son bicentenaire de liberté. Certains indiens pensaient que c’était une occasion importante et ils ont porté un calumet sacré de la côte Ouest à la côte est.

      Ils ont dit que les chemins de ce pays devaient aller soit du Nord au sud, soit de l’Est à l’Ouest. S’ils allaient du Nord au sud, alors nous nous retrouverions comme frères et sœurs, mais s’ils allaient d’est en Ouest alors il y aurait des destructions et la terre elle-même en souffrirait. Et donc vous savez que les chemins sont allé d’est en Ouest.

      Ils ont dit alors que des choses seraient perdues d’est en Ouest, et du sud au Nord, et qu’ils reviendraient de l’Ouest vers l’est, et du Nord vers le sud.

      Et il y a 9 ans, en 1976, des gens ont porté ce calumet sacré à pied de la côte Ouest à la côte est de San Francisco à Washington DC. Ma tante avait rêvé, il y a 15 ans, que ça ne plairait pas à certains et qu’on jetterait des pierres et des bouteilles à ce calumet pendant le voyage. Et bien sûr c’est arrivé. Mais comme dans le rêve de ma tante, les pierres ne se sont jamais approchées du calumet et sont tombées sans rien toucher.

      Ils ont dit qu’un feu spirituel serait allumé dans le Nord et descendrait la côte Nord-Ouest de ce pays. Quand il atteindrait Puget Sound (dans l’état de Washington), il se dirigerait alors vers l’intérieur du pays. Personnellement je pense qu’il s’agit, 9 ans plus tard, de ce rassemblement dans le Nord. C’est pour cela que je suis venu ici. Voilà. Nous avons la capacité de commencer ce feu spirituel, ici, maintenant. Les anciens l’avaient vu il y a bien longtemps et l’avaient prédit et je vais y venir.

      Nous avons donc traversé ce cycle et chacune des 4 races est allée dans sa propre direction, et elle a appris ses propres choses.

      On nous a donné une poignée de main sacrée comme signe de reconnaissance pour montrer que, lorsque nous nous retrouverions comme frères et sœurs, nous nous souvenions encore de ces enseignements. Il était indiqué sur les tablettes de pierre que les Hopis possèdent que les premiers frères et sœurs qui reviendraient vers eux voyageraient comme des tortues à travers le pays. Ils seraient humains, mais viendraient comme des tortues.

      Et quand le temps est venu, les Hopis se rassemblaient dans un village spécial pour accueillir les tortues. Ils se sont levé au petit matin et ont attendu le lever du soleil. Ils ont regardé dans le désert et ils ont vu arriver les conquistadors espagnols, qui étaient couverts d’armures, comme des tortues. C’était donc eux. Ils allèrent vers l’homme espagnol et lui tendirent la main en espérant la poignée de main sacrée, mais à la place, l’homme espagnol y a déposé des objets de pacotille.

      Et la parole s’est propagée à travers l’Amérique du nord que les temps qui venaient allaient être durs, car certains de nos frères et sœurs avaient oublié le caractère sacré en toute chose, et les êtres humains allaient souffrir sur terre.

      Alors les tribus ont commencé à envoyer des gens sur les tumulus pour trouver comment survivre. A cette époque il y avait 100.000 villes uniquement dans la vallée du Mississippi, appelée la civilisation des tumulus : des cités bâties sur de grands tumulus. Ces tumulus étaient encore là. Si vous allez dans l’Ohio ou dans la vallée du Mississippi, ce sont maintenant des attractions touristiques. Il y avait 100.000 cités indigènes, et toutes se demandaient comment survivre.

      Ils commencèrent à essayer d’apprendre comment vivre de la terre car ils savaient que des temps très durs allaient venir. Ils commencèrent à envoyer des gens pour qu’ils aient des visions et trouvent des moyens de survie.

      Des gens vinrent sur la côte Est et ils traversèrent le pays vers l’Est, et il était écrit dans les prophéties que nous devions essayer de rappeler à tout ce qui venaient ici la nature sacrée de toute chose. Si nous parvenions à faire cela, alors il y aurait la paix sur terre. Mais si nous n’y parvenions pas, alors que les routes iraient d’Est en Ouest, et quand les autres races et autres couleurs de la terre auraient marché à travers le pays, si à ce moment nous ne nous étions pas tous rassemblés en une grande famille humaine, le Grand Esprit attraperait la terre et la secouerait.

      Et si vous avez lu le traité de négociation entre Red Jacket des Six Nations, de la côte Est, le Chef Joseph et le Chef Seattle de la côte Ouest, vous savez qu’ils ont tous dit la même chose. Le Chef Joseph dit : « Je vous accorde le droit, j’espère que vous me l’accordez également, de vivre dans ce pays ». Nous étions destinés à vivre ensemble. Mais au lieu de ça, vous savez tous qu’il y a eu une séparation, il y eut la ségrégation. Ils séparèrent les races : ils séparèrent les Indiens, et ils séparèrent les Noirs.

      Alors quand ils arrivèrent sur la côte Ouest de ce pays, les anciens qui connaissaient les prophéties dirent qu’ils commenceraient à construire un ruban noir. Et un insecte voyagerait sur ce ruban noir. Et quand vous commenceriez à voir bouger cet insecte, ce serait le signe pour le Premier Tremblement de Terre.

      Le Premier Tremblement de Terre serait si violent que l’insecte serait jeté dans les airs, et il commencerait alors à bouger et voler dans les airs. Et à la fin de ce tremblement, l’insecte volerait autour du monde. Derrière lui il y aurait une traînée de saleté et finalement le ciel de la terre entière serait sali, et cela provoquerait beaucoup de maladies, qui deviendraient de plus en plus compliquées. Et l’insecte a commencé à voyager dans le pays, comme il est facile de le voir maintenant.

      En 1908 la Ford T a été produite en masse pour la première fois. Les anciens surent alors que le Premier Tremblement de Terre allait avoir lieu, ce fut la Première Guerre Mondiale. Pendant cette guerre on utilisa les avions à grande échelle pour la première fois. C’était l’insecte dans le ciel. Alors ils surent que quelque chose de très important allait se produire.

      On essayerait de faire la paix sur terre sur la côte Ouest de ce pays, et les anciens se mirent à attendre. Ils entendirent qu’il y allait avoir une Ligue des Nations à San Francisco, et les anciens se réunirent en Arizona vers 1920 pour écrire une lettre à Woodrow Wilson (le Président des USA). Ils demandèrent à ce que le peuple indien soit inclus dans la Ligue des Nations.

      A cette époque, la Court Suprême des USA avait décrété que les réserves étaient des nations séparées et semi-souveraines, pas une partie des USA mais sous leur protection quand même. Ce fut un problème car les gens ne voulaient pas que les réserves soient de plus en plus séparées. Ils ne voulaient pas qu’on les considère comme des nations à part entière. Alors ils ne répondirent pas et le peuple Indien fut laissé à l’écart de la Ligue des Nations, et le cercle état donc incomplet.

      Dans le cercle de la Ligue des Nations il y avait la porte du Sud, le peuple jaune, une porte Ouest, le peuple noir, une porte Nord, le peuple blanc, mais il n’y avait personne pour la porte Est. Les anciens savaient qu’il n’y aurait pas de paix sur terre tant que le cercle de l’humanité n’était pas au complet, quand les 4 couleurs seraient assises ensemble dans ce cercle et partageraient pas leur savoir alors la paix viendrait.

      Ils savaient donc ce qui allait se passer. Les choses allaient s’accélérer. On construirait une toile autour de la terre, et les gens se parleraient à travers cette toile. Quand cette toile parlante, le téléphone, serait construite autour de la terre, un signe de vie apparaîtrait à l’Est, mais il se renverserait et apporterait la mort. Il viendrait avec le soleil.

      Et un jour le soleil lui-même ne se lèverait pas à l’est mais à l’ouest. Et les anciens dirent que lorsque nous verrions le soleil se lever à l’ouest et le signe de vie être renversé, alors nous saurions que la Grande Mort allait s’abattre sur terre, et le Grand Esprit saisirait le monde à nouveau, et le secouerait encore plus fort que la première fois.

      Et le signe de vie fut renversé et inversé, ce que nous appelons le svastika, et le soleil de l’est était le soleil levant du Japon. Ces 2 symboles étaient gravés dans la pierre en Arizona. Quand les anciens virent ces 2 drapeaux, ils surent que la terre allait à nouveau trembler.

      La plus mauvaise des utilisations de la Garde du Feu est appelé « gourde de cendres ». Ils dirent que la gourde de cendres tomberait des airs. Les gens seraient comme des brins d’herbe dans un feu de prairie, et rien ne pousserait plus pendant plusieurs saisons. Il n’y a pas longtemps j’ai vu à la TV qu’ils parlaient des bombes atomiques, les gourdes de cendres. Ils disaient que c’était le secret le mieux gardé dans l’histoire des USA. Les anciens voulaient en parler en 1920.

      Ils en auraient parlé et prévenu l’arrivée de ces choses s’ils avaient pu entrer dans la Ligue des Nations.

      Les anciens essayèrent de contacter le Président Roosevelt pour lui demander de ne pas utiliser les gourdes de cendres car elles auraient de grands effets sur la terre, et causeraient à la longue encore plus de destruction, et un troisième Tremblement de Terre, une troisième guerre mondiale. J’y viendrai dans une minute.

      Ils surent donc après le deuxième Tremblement après avoir vu les gourdes de cendre tomber du ciel, qu’il y aurait à nouveau une tentative de paix de l’autre côté du pays. Et puisque la tentative de la côte Ouest avait échoué, ils construirent une maison spéciale sur la côte Est de cette Ile Tortue, et toutes les nations et les peuples de la terre iraient dans cette maison, et elle serait appelée la Maison de Mica, et elle brillerait comme le mica brille dans le désert.

      Alors les Anciens virent que l’on commençait à bâtir les Nations Unies, un building fait de verre qui brille au soleil comme le mica dans le désert, et ils surent que c’est la Maison de Mica, et que tous les peuples de la terre devaient y être représentés. Ils se rencontrèrent pour en parler.

      Ils dirent que dans les années 1920 ils avaient écrit et qu’on ne leur avait jamais répondu, alors ils décidèrent que cette fois-ci il valait mieux se rendre devant la porte de la Maison de Mica car les choses pouvaient empirer gravement.

      Alors les Anciens de plusieurs tribus, je pense, se rendirent dans la ville de New York. Quand les Nations Unies ouvrirent leurs portes, ils se rendirent devant la Maison de Mica et prononcèrent ces mots :

      « Nous représentons les peuples indigènes de l’Amérique du Nord et nous voulons nous adresser aux nations de la terre. Nous allons vous donner 4 jours pour décider si vous nous permettez de parler. »

      Ils se retirèrent dans la Réserve des Six Nations dans l’état de New York. La Réserve des Six Nations est la gardienne de la Grande Loi de la Paix du prophète qui est apparu ici en Amérique du Nord, Dagonnorida. Et cette Loi de la Paix est encore récitée, et cela prend quatre jours entre le lever du soleil et midi. Chaque année à cette époque un indien doit, de mémoire, réciter la Loi.

      Quatre jours plus tard ils retournèrent et je crois que les nations de la terre avaient entendu dire que des indiens s’étaient présentés à la porte. Et ils votèrent de laisser entrer les Indiens. Ils voulaient entendre ce qu’ils avaient à dire. Mais les USA sont l’un des pays qui a un droit de veto, et ils étaient toujours inquiets car la souveraineté de la Nation Indienne était de plus en plus forte. Et ils ont opposé leur veto à l’entrée des Nations indiennes.

      Alors les Anciens ont su que d’autres choses allaient se passer sur terre, et que les Nations Unies n’amèneraient pas la paix sur terre, mais que la confusion n’allait que grandir et s’approfondir. Alors ils se retirèrent dans la Réserve des Six Nations et ils parlèrent, et décrétèrent que le temps était presque venu, en 1949.

      Ils dirent : « Nous allons diviser les USA en 4 sections, et chaque année nous nous retrouverons. Nous appellerons ces rassemblements « Rassemblements de la Blancheur de la Paix ». Ils commencèrent vers 1950. Certains hommes furent autorisés à parler des prophéties en anglais pour la première fois.

      J’ai écouté souvent et à nombreuses reprises Thomas Benyaka. C’est un Hopi. Je pense qu’il est encore en vie (il est mort depuis, NDT). Il avait été autorisé à parler en anglais du contenu des tablettes de pierre et il avait dédié sa vie à cette entreprise. Ils nous racontèrent que « nous verrions beaucoup de choses se produire de notre vivant. »

      Cela nous parut étrange dans les années 50 et 60, mais tout paraît maintenant très clair. Mais à l’époque c’était inhabituel. Ils dirent « Vous allez voir des hommes qui deviennent des femmes. Le Grand Esprit va créer un homme sur terre. Le Grand Esprit l’a fait homme mais l’homme dira « J’en sais plus que le Grand Esprit, je vais devenir une femme », et ils auront même des enfants. Le Grand Esprit va créer une femme sur terre qui dira : « J’en sais plus que le Grand Esprit. Je veux être un homme ». Et elle deviendra physiquement un homme. »

      Ils dirent aussi : « Vous verrez de votre vivant que les hommes vont découvrir les plans selon lesquels nous sommes conçus. » On appelle maintenant ça l’ADN. Ils dirent : « Les hommes couperont ce plan ». Et c’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’épissage génétique.

      Et ils dirent « Les hommes créeront de nouveaux animaux, et ils penseront que cela va nous aider. Et d’abord on pensera que c’est vrai, mais peut-être que les petits-enfants et arrière-petits-enfants en payeront le prix. »

      Les hommes fabriquent de nouveaux animaux. Les Anciens en ont parlé. Ils ont dit « Vous verrez de nouveaux animaux, et même les anciens animaux reviendront, des animaux que l’on pensait disparu. On en verra ci et là. Ils commenceront à réapparaître. »

      Ils dirent encore : (et je sais que beaucoup d’entre vous proviennent de tribus qui connaissent cette prophétie ) « Vous verrez le temps où l’aigle volera au plus haut des cieux au cœur de la nuit, et il atterrira sur la Lune ». Certaines tribus disent qu’il volera autour de la Lune. Certaines tribus disent qu’il volera au plus haut des cieux. « Et à ce moment, beaucoup de tribus dormiront ». Ce qui signifie symboliquement que ces tribus auront perdu les enseignements. Certaines tribus disent que ce sera comme si elles avaient été gelées : elles traverseront un long hiver. »

      Mais ils dirent aussi : « Quand l’aigle volera au plus haut des cieux au cœur de la nuit, ce sera également la première lueur d’un nouveau jour. Le premier dégel du printemps ». Et vous savez que la première lueur du jour, si vous êtes resté debout toute la nuit, semble toujours être le moment le plus sombre. Et vous voulez voir cette première lueur, mais vous en êtes incapables. Elle arrive petit à petit. Vous voulez voir le changement mais il fait noir, et bientôt c’est le jour sans que vous vous en soyez rendu compte.

      Nous sommes à cette époque. L’Aigle (Eagle) a atterri sur la Lune en 1969. Quand ce vaisseau spatial a aluni, il a envoyé ce message : « L’aigle a atterri ». Traditionnellement, toutes les tribus, des Inuits au Nord jusqu’au Quechuas d’Amérique du Sud, ont partagé cette prophétie. Et quand ils entendirent ces mots : « L’aigle a atterri », tout le monde sut qu’un nouvel âge et un nouveau pouvoir étaient arrivé pour les peuples indiens. Il n’y avait absolument plus rien de fort devant nous. Nous pouvions faire tout ce que nous voulions.

      En 1776 quand le gouvernement américain a imprimé le dollar, dans une des pattes (de l’aigle), si vous avez remarqué, il y a une branche d’olivier. On dit que cela représente la paix. Les Anciens m’ont dit au Dakota du Sud que cela représentait pour eux l’esclavage du peuple noir.

      Dans les prophéties du peuple des Six Nations, il est dit qu’il y aura deux grands soulèvements du peuple noir pour se libérer. Nous en avons vu un en 1964. Il y en aura un autre plus violent. J’y reviendrai dans une minute. Dans l’autre patte de l’aigle il y a 13 flèches. Les pères fondateurs des USA disaient que cela représentait les 13 états des USA de l’époque. Mais les Anciens disent qu’en fait cela représente l’esclavage du peuple indien.

      Quand l’Aigle a atterri sur la Lune, il fut décidé de frapper un dollar spécial en argent. Je ne sais pas si quelqu’un parmi vous a jamais remarqué, le dessin original montrait le vaisseau alunir, mais au dernier moment il a été remplacé par le dessin d’un vrai aigle. D’un côté il tient la branche d’olivier, mais rien de l’autre. Les Anciens disent que c’est notre prophétie, nous avons été libérés.

      Il y aura encore un soulèvement du peuple noir, et ensuite ils seront libres, et cela aura aussi un effet sur le peuple indien, un effet bénéfique. Il y a un nouvel ensemble de prophéties du peuple Iroquois qui en parle mais je n’aurais pas le temps de parler de ça ce matin.

      Mais nous sommes arrivés à cette époque maintenant. Nous sommes entre la première lueur du jour et le lever du soleil. Le soleil va se lever, et quand il sera dans le ciel tout le monde le verra. Mais vous savez comment c’est dans les villages, certains se lèvent tôt, et certains dorment jusque midi. Je suis probablement l’un de ceux qui dorment jusque midi. Ils ont dit que lorsque l’Aigle se serait posé sur la Lune, nos pouvoirs commenceraient à nous être rendus.

      Dans les 7 jours qui ont suivi l’alunissage de l’Aigle, le « Freedom of Indian Religion Act » (la loi garantissant la liberté de religion aux indiens, ce qui n’était pas du tout le cas jusqu’alors, il y avait même des peines de prison pour toute personne pratiquant des actes religieux indiens en dehors des réserves NDT) fut proposée au Congrès. Ce projet de loi fut introduit en 1969, moins de 7 jours après l’atterrissage de l’Aigle sur la Lune. La loi fut votée en novembre 1978, signée par le président Carter. Cette loi est la manifestation de nos prophéties spirituelles.

      Alors Il dit qu’à cette époque nous verrions les choses s’accélérer, que les gens sur terre iraient de plus en plus vite. Les petits enfants n’auraient plus de temps pour leurs grands-parents. Les parents n’auraient plus de temps pour leurs enfants. Le temps semblerait s’écouler de plus en plus vite. Les Anciens nous conseillèrent de ralentir quand le monde semblera accélérer. Plus les choses iront vite, plus vous devrez ralentir. Car la terre va trembler une troisième fois.

      Le Grand Esprit a déjà secoué la terre deux fois. : les première et deuxième guerres mondiales pour nous rappeler que nous sommes la famille humaine, pour nous rappeler que nous aurions dû nous reconnaître comme frères et sœurs. Nous avons eu l’occasion après chaque tremblement de nous réunir en un cercle qui aurait amené la paix sur terre mais nous avons raté ces occasions.

      Ce soir nous parlerons des signes annonçant le troisième tremblement de terre. J’en ai entendu parler à l’aéroport après avoir raté mon avion. On parle de construire ce que les Anciens appellent « une maison dans le ciel. »

      On en parlait déjà dans les années 50 : on construirait une maison qu’on enverrait dans le ciel. Quand vous verrez des gens vivre dans le ciel de manière permanente, vous saurez que le Grand Esprit va saisir la terre, et cette fois pas à une main, mais des deux mains.

      Beaucoup de vous qui êtes d’origine indienne devez avoir entendu l’expression « les esprits vous avertiront deux fois, mais à la troisième vous serez seuls ». Nous avons eu nos deux avertissements, les deux guerres mondiales, mais cette fois nous sommes seuls pour affronter la troisième. Comme il est dit dans les écrits Baha‘i, personne ne sera à l’abri. Quand cette maison sera dans le ciel, le Grand Esprit va secouer la terre une troisième fois, et celui qui lâchera la gourde de cendres, la recevra sur lui-même.

      Ils dirent qu’à cette époque il y aurait des villages si grands, qu’en vous tenant à l’intérieur vous serez incapables d’en voir les limites, et les prophéties appellent ces villages « les villages de pierres » ou « prairies de pierres ». Et Ils dirent que les pierres pousseraient du sol et que vous ne pourriez pas voir au-delà du village. Au centre de chacun de ces villages il y aurait des indiens, mais ils marcheraient comme des coquilles vides sur une prairie de pierres. Ils utilisèrent l’expression « coquilles vides », ce qui signifient qu’ils auront perdu toutes leurs traditions, qu’ils seraient vides à l’intérieur.

      Ils dirent que lorsque l’aigle se serait posé sur la lune, certains commenceraient à quitter ces prairies de pierres, et rentreraient chez eux, et prendraient le temps de renaître, car ce serait un nouveau jour. Mais beaucoup ne feront rien. Et Ils ont dit que le jour viendrait où au lever du soleil ces villages seraient là et le soir ce ne serait plus que de la vapeur venant du sol. Ils seraient réduits en vapeur. Et au centre de beaucoup de ces villages de pierres, quand ils se transformeront en vapeur, les Indiens également se transformeront en vapeur, car ils ne se seront pas réveillé et n’auront pas quitté le village.

      Cela me perturbait quand j’étais jeune. Je demandais sans cesse aux Anciens, « N’y-t-il rien que nous puissions faire ? » Et ils répondirent que c’était ainsi, si une personne n’a pas les yeux spirituels pour voir c’est très difficile de leur montrer. Et s’ils n’ont pas les oreilles pour entendre, c’est très difficile de leur parler. Nous voudrions les aider mais nous ne le pouvons pas. Tout le monde ne se réveillera pas. Mais certains si.

      Ils dirent donc qu’il y aurait un troisième tremblement de terre. Ce ne sera pas une bonne chose à voir mais nous survivrons. Nous survivrons. Et quand nous aurons survécu, alors il y aura une nouvelle tentative pour réunir le cercle des humains sur terre.

      Et cette fois les Indiens n’auront pas à demander l’autorisation pour en faire partie, ils seront invités à se joindre au cercle car leur attitude envers nous aura changé, et ils nous laisseront entrer dans le cercle, et les quatre couleurs des quatre directions partageront leur sagesse, et il y aura la paix sur terre. Le temps est proche.

      Souvent quand je partage le message de ces prophéties on me demande : « Pouvons-nous changer quelque chose ? Pouvons-nous arrêter ça ? »

      La réponse est oui.

      Les prophéties sont toujours au conditionnel. Nous aurions pu nous réunir en 1565, et nous aurions pu avoir une grande civilisation, mais nous ne l’avons pas fait. Tout au long de ces prophéties nous aurions pu nous rassembler. On peut encore le faire. Si on pouvait arrêter la disharmonie raciale et religieuse, nous n’aurions pas à subir ce troisième tremblement.

      Les Anciens disent que les chances sont plutôt minces. Elles me semblent bien minces. Mais Ils disent que nous pouvons essayer d’amortir. Le mot que nous utilisons est « amortir ». Nous pouvons amortir afin que ce ne soit pas si terrible. Comment faire ? Nous le faisons en partageant les connaissances qui nous réuniront.

      Dans leurs prophéties les Hopis disent qu’il y aura une religion qui arrivera. C’est peut-être vrai, et elle amènera l’unité, et peut-être pas. Si elle n’apporte pas l’unité, une deuxième religion viendra, et le peuple de cette religion est connu en langue Hopi sous le nom de Bahani, le peuple de Baha. « Ni » signifie le « peuple de ».

      Quand j’ai entendu ces prophéties, aucune n’avait de sens. Maintenant elles se sont quasiment toutes accomplies. J’ai entendu aux nouvelles que la « maison dans le ciel » serait prête en 1996. Elle devait être prête plus tôt mais il y a eu un retard de 4 ans. Peut-être qu’il y aura un nouveau délai. Mais elle sera bientôt dans le ciel. La terre telle que nous la connaissons va changer.

      Je crois que chacun de nous porte en lui une goutte sacrée de lumière.

      Mais maintenant nous nous avançons dans le monde humain. L’esprit va s’ouvrir au rayonnement de notre propre âme et le cycle des êtres humains va revenir, et quelque chose de tellement positif qu’il en est indescriptible va arriver sur terre.

      Les Anciens utilisent d’autres mots. Ils disent qu’il y aura de l’herbe quand nous formerons le cercle et ramènerons la paix sur terre. Il y aura des brins d’herbe qui n’auront pas encore complètement poussé. Mais ces brins d’herbe essayeront de pousser pour voir le jour quand le soleil se lèvera.

      Vous savez, des scientifiques sont venus chez les Hopis et ont dit « Nous voudrions prendre un morceau de vos tablettes de pierre. Nous voudrions les emmener dans un laboratoire pour déterminer leur âge. » Les Hopis ont répondu « Nous savons quel âge nous avons. » Les scientifiques répondirent qu’ils voulaient confirmation. Les Hopis les ont laissé emmener un petit morceau des tablettes, et ils l’ont analysé au carbone 14.

      Ils découvrirent que ces tablettes avaient au moins 10.000 ans, peut-être même 50.000. Donc quand je dis « il y a des milliers d’années, des indiens parlaient de ces choses » c’est exactement cela. Ils en parlèrent à leurs enfants il y a des milliers d’années, leurs enfants ont grandi et l’ont raconté à leurs enfants, etc. Et ils parlaient des gens qui vivent aujourd’hui.

      Il s’agit de nous. Nous sommes ceux dont on parlait il y a si longtemps. Ils ont dit que vivre, naître et vivre à cette époque est un grand honneur.

      Dans le cycle du temps, du début à la fin, notre époque changera la purification de toute chose. Ils ont dit que c’était la plus dure des époques à vivre, mais que c’est également le plus grand des honneurs que de la vivre et de voir ceci.

      Dans l’état de Washington en 1855, on a signé des traités et créé 22 réserves indiennes. Ils voulaient y parvenir avant qu’il y ait des problèmes. Ils pensaient être très en avance à cette époque, ils avaient appris la leçon de ce qui s’était passé ailleurs. Ils créèrent les 22 réserves, et les anciens en 1855 dirent : Nous allons nous affaiblir mais vous allez devenir plus forts, et si vous désirez ne pas respecter ces traités vous pourrez le faire. Mais il viendra un temps où la terre elle-même se rebellera et se purifiera, et ce sera annoncé. »

      Les 16 Grands de la côte ouest l’annonceront. Et quand ils parleront la purification aura commencé. Il y a eu un nouveau ? ? ? ? (signe ?) quand le Mont St Hélène, l’un des grands volcans de la côte ouest, a « parlé ».

      Le Seattle Times en a fait un article. Ils sont allé parler à Watson Totus et Woodrow Bill. C’est le fils de Woodrow Bill qui a fait ce cerceau que j’ai apporté ici aujourd’hui. Ils leur demandèrent en tant que chefs spirituels de la nation Yakuma, « Qu’est-ce que cela signifie ? Leur réponse était si profonde qu’elle ne fut pas imprimée en page 16 mais en couverture du Seattle Times.

      Ils répondirent que cela voulait dire que les races et les nations de la terre devaient ralentir, se rassembler et parler les unes aux autres. Que nous avions 4 ans et 4 jours pour le faire.

      4 ans et 4 jours plus tard le Mont St Hélène entrait en éruption pour la seconde fois. C’était le printemps dernier, à cette époque de l’année. C’est notre période de grâce. Nous pouvons encore améliorer les choses. Mais tout va s’accélérer maintenant. Le temps va passer très vite.

      Plus nous partageons le message, plus nous amortirons le troisième tremblement de terre et plus nous rendrons les choses faciles pour nous-mêmes et pour les autres.

      Nous sommes maintenant à l’époque de la purification de toute chose. Les non-indiens appellent ça l’Apocalypse. Les anciens appellent ça la Purification.

      Mais ne désespérez pas. Cela peut sembler terrible mais nous survivrons. Nous traverserons cela. Je ne pense pas que quiconque ait été choisi pour traverser ceci et vivre, mais certains y parviendront.

      Donc, pour terminer je voudrais m’adresser à tout le monde, qui que vous soyez, jeune ou vieux, indien ou pas, et vous demander de vous réveiller, d’embrasser cette époque, d’apprendre tout ce que vous pouvez à propos des enseignements et des écritures, de vous lever, de vous réveiller et d’aller de l’avant, vous peuples de la terre.

      Partout des gens reçoivent maintenant ce message. Cette année est celle où tout va commencer. Je le pense moi-même. Levez-vous et réveillez-vous.

      Il y a des gens qui attendent pour entendre ce message.

      (source: lepost.fr)
       
    3. Bouddha_Hindy dit :

      Prophéties    Hopi dévoilées en 1968 et interprétées de nos jours    accompagnées du résumé d’un texte prophétique récent    décrivant l’avenir de l’homme au cours de ce siècle.

      Une première série d’avertissements      avait eu pour but d’alerter les Anciens Hopis futurs de l’approche de cet      avènement ; signe qui leur était donné de rompre le silence      et de livrer au monde une deuxième série de prédictions      annonçant l’imminence de la purification par le feu.

      Voici la première série      de prédictions :

      Avertissement : Un cheval de      fer viendra au pays de l’homme rouge. Réalisation : Le chemin de fer a été construit      au XIXe siècle.

      Avertissement : L’homme blanc      dressera des fils de métal dans le ciel. Réalisation : Ce sont les lignes télégraphiques      au XIXe, et, au XXe siècle les câbles porteurs d’électricité.

      Avertissement : Des toiles d’araignées      sillonneront le ciel. Réalisation : Ce sont les traînées de condensation      des avions.

      Avertissement: Les puissances      du rouge, de la svastika et du soleil menaceront l’île de la Tortue. Réalisation : Vue de l’espace, l’Amérique du nord ressemble      au profil d’une tortue (Ne me demandez pas comment des voyants pré-colombiens      savaient cela). Pendant la seconde guerre mondiale et la guerre froide qui      suivit, l’Amérique du nord fut menacée par ces trois « puissances ».      La croix gammée des nazis et plus tard, les forces rouges communistes      russes et chinoises entourèrent l’île de la Tortue. La toute      puissance du soleil brûla le sol natal lorsque l’homme blanc essaya      ses bombes atomiques dans le Nevada et au Nouveau Mexique, proches de la terre      sacrée des Hopi en Arizona.

      Avertissement: L’homme blanc      créera une gangue de cendres qui empoisonnera la terre et la rendra      stérile pour des générations. Réalisation : Les bombes atomiques encore et les radiations      stérilisantes.

      Avertissement : L’accomplissement      de cette première série de signes autorisera les Anciens Hopi      à sortir de leur long silence et à répandre le message      prophétique de l’imminence de la grande purification. Ils partageront      leur connaissance et leur sagesse avec les peuples du monde, afin que chacun      puisse se préparer ou amortir le choc sur la Terre. Réalisation : Il y a 50 ans, en effet, les Anciens Hopi reconnurent      que le premier train de signes était avenu. Ils commencèrent      donc à révéler au monde les prophéties d’une purification      prochaine. Certains Anciens, tel que Thomas Banyaca, ont expliqué ces      prophéties à la télévision et ont parlé      devant l’Assemblée Générale des Nations Unies.

      Et voici la seconde et dernière      série d’avertissements :

      Avertissement : Une tribu d’hommes      vêtus de capes rouges et coiffés de chapeaux de même viendront      de l’est en grand nombre, voyageant par les airs. Ils coloniseront les terres      de l’ouest américain, se disperseront et disparaîtront. Réalisation : Lorsque les trois premiers signes précurseurs      de leur prophétie, vieille de 1200 ans, concernant la transplantation      de leur religion vers l’Amérique furent accomplis, les tibétains      rendirent visite aux Anciens Hopi. Cette prophétie donnée par      le fondateur du bouddhisme tibétain, Padmasambhava, s’énonce      : « Quand volera l’oiseau de fer (l’avion) et que le cheval courra sur      les routes (autos), le peuple tibétain sera dispersé comme des      fourmis sur la face de la Terre, et le Dharma viendra au pays des hommes rouges ».      Depuis 1970, le Dalaï Lama et un certain nombre de prêtres aux      capes marrons accomplissent la prophétie Hopi en visitant les Anciens      Hopi, puis en poursuivant leur migration. De nombreux Hopi croient aussi que      leur prophétie se complète par une seconde visite, dans les      années 80, des disciples vêtus de rouge de Bhagwan Sri Rajneesh,      arrivés par milliers dans l’ouest de l’Oregon. Effectivement, un groupe      de partisans de Rajneesh rendit visite au chef des Anciens Hopi, Grand Père      David Monogye, en 1985, pour ensuite disparaître suivis de leurs compagnons      de voyage en capes rouges. Cette rencontre est très bien évoquée      dans le livre : »Les Messies : Visions et Prophéties du 2ème      avènement « .

      Avertissement : L’homme blanc      volera des roches de la lune. Ceci est un signe de danger car nous serons      dans les derniers jours avant la purification. Réalisation : Les missions Appolo ramenèrent sur Terre      des centaines de kilos de roches prélevées sur la Lune.

      Avertissement : L’homme blanc      construira une maison permanente dans le ciel. Ceci est l’avertissement final      avant la purification. Réalisation : Les fragments de MIR ont tracé une trajectoire      de feu jusqu’à l’océan, mais aujourd’hui la Station Internationale      de l’Espace, bien plus permanente, parcourt le ciel. Elle sera tout à      fait opérationnelle dans quelques années. On pourrait même      dire qu’elle est opérationnelle et que les temps de la purification      sont arrivés.


      Il y a des centaines de prophéties      d’autres traditions apocalyptiques qui parlent de mort et de renaissance du      monde, peu après le tournant du siècle. Ceux qui ont lu John      Hogue, savent qu’il propose deux interprétations de la purification      selon les Hopi. Si notre destinée demeure motivée par des forces de la peur      et de l’attachement aveugle à des traditions désormais fossiles,      alors les « feux » de la guerre, du réchauffement planétaire,      de l’ire collective et du stress consumeront notre civilisation dans les 50      prochaines années.

      Cependant, si dans le même temps      l’appel à la transformation personnelle et à la méditation      est entendu par un nombre suffisant d’individus à travers le monde      et qu’ils commencent à changer (cf : l’homme nouveau que représente      Neo dans Matrix, voir l’article traitant de l’interprétation du film) alors les « feux » purificateurs      seront ceux de l’amour, de la conscience, du génie et de la compassion. Dans les années à venir nous verrons certainement flamber les      feux extérieurs et intérieurs. La question demeure : par quel      feu souhaitez-vous être purifié ?

      Je pense (Peter Tavy) que les textes      et les dires de tous les peuples de la Terre sont à prendre au sérieux.      J’ai un lien très fort et cristallin avec les peuplades amérindiennes      : Mayas, Hopi, Navajos, Incas… et de leurs enseignements ainsi que de leur      philosophie découle une Sagesse millénaire, proche de celle      des anciens Esseniens, qui me donne un regard neuf et constructif sur notre      monde : redonnons la place qu’elle mérite à notre Mère      la Terre !


      Sources Nexus n°16 John Hogue le 16 Avril 2001 de ses Hogue Prophecy Archives au site web http://www.hogueprophecy.com. Erudit se disant non-conformiste Hogue      est l’auteur de « Messiahs : The Vision and Prophecies of the Second Coming », « Nostradamus : The Complete Prophecies » et « The Last Pope :      The Decline and Fall of the Church of Rome »

       
    4. Melodia dit :

      Merci à vous deux de faire circuler ces messages de sagesse.

      Ces prophéties et enseignements sacrés ont traversé le temps pour nous rappeler l’élémentaire, l’essentiel même de ce que nous aurions du garder du respect de tout être et de toute chose dans son aspect le plus divin. Mais comme chaque chose a sa raison d’être, que les « erreurs » de l’humanité nous servent à comprendre, à observer quelles sont les conséquences des choix qui ont été fait, et que nos consciences s’élèvent à présent avec suffisamment de profondeur et de sagesse, pour accomplir ce passage et l’ouverture à ce nouveau monde magnifique et subtil que seul l’Amour en nos cœurs lui permettra de naitre.

      Nous sommes sur ce chemin mes amis, mes frères. C’est effectivement un grand honneur que de vivre cette période de transformation là.  :razz: J’en suis pleine de gratitude…

      Que L’AMOUR  soit !!!

       
    5. Bouddha_Hindy dit :

      Je vous recommande ce livre fascinant, rempli d’anecdotes, de simplicité, de gaité, d’amour et de joie.

      L’auteur, Don C. Talayesva, est un Indien Hopi, chef du Clan du Soleil, né à Oraïbi, à l’est du Grand Canyon du Colorado, en mars 1890. Il a assisté à l’implantation graduelle de l’administration gouvernementale et aux efforts d’américanisation soutenus en ces territoires pueblos par les autorités, parfois avec le concours de l’armée. La présente autobiographie, Soleil hopi, est un livre singulier.

      C’est tout d’abord un rare document sur une tribu indienne qui nous est décrite de l’intérieur, comme un ensemble vivant et gouverné par une harmonie interne. A ce titre, il est considéré comme un des grands classiques de l’ethnologie.

      C’est ensuite, et surtout, un homme qui témoigne avec naïveté, vivacité et sagesse de son attachement réfléchi aux cadres traditionnels hopis, à une attitude religieuse dans tous les grands moments de la vie. Hostile par expérience à une américanisation des siens et de sa tribu, Talayesva ne se refuse toutefois pas à une évolution nécessaire, qu’il estime, quant à lui, tragique.

      La richesse de la personnalité de ce chef indien, les événements historiques qu’il a vécus, nous valent un livre exceptionnel que son caractère établit comme une œuvre littéraire d’avant-garde.         

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  • Cliparts Amérindiens

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  • Apaches

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  • PAWNEE

    L'histoire de sword bearer

    L’année 1887 sera marquée par un drame. Beaucoup de jeunes Crows ressentent douloureusement l’impossibilité où ils se trouvent de montrer leur courage et leur virilité dans les combats, la chasse, la capture de chevaux, comme l’ont toujours fait leurs pères. Dans l’été, plusieurs de ces jeunes braves participent à une danse du soleil tenue chez leurs voisins et anciens ennemis les Cheyennes du Nord. Les jeunes Crows s’y montre très courageux, en particulier l’un d’eux auquel les Cheyennes offrent un sabre pris à la bataille de Little Bighorn et donnent le nom de Sword Bearer. Le jeune homme décide de ne plus accepter l’oppression des Blancs et de vivre comme un guerrier crow. Il en aura bientôt l’occasion. Fin août, des Blackfeet volent des chevaux aux Crows. Sword Bearer entraîne vingt-deux de ses jeunes compagnons vers la réserve blackfeet, au nord du Montana, pour récupérer les chevaux. 

     Les journaux annoncent une nouvelle "guerre indienne" qui pourrait embraser toute la nation crow et à laquelle les Sioux tant redoutés pourraient se joindre. Mais l’ensemble des Crows demeure neutre et Sitting Bull, avec lequel les rebelles ont pris contact, refuse d’entraîner les Lakotas dans l’aventure. Finalement le petit groupe de Sword Bearer est rejoint et encerclé par les soldats et la police indienne. Les jeunes guerriers font une fière résistance. Huit d’entre eux, dont Sword Bearer, sont tués, les autres capturés et jetés en prison. A Crow Agency, les Crows, très émus, rendent longuement hommage à leurs derniers guerriers morts.

    Fiers d'être crow

    En 1904, les Crows perdent leurs terres du nord qui bordent la Yellowstone River. Ce sera la dernière réduction territoriale qu’ils auront à subir. Beaucoup de Crows se sont engagés dans les deux guerres mondiales, le prestige militaire étant demeuré très grand dans leur société. En 1973, une délégation crow vient aux Invalides à Paris se recueillir sur la tombe du maréchal Foch. Actuellement, les Crows tirent leurs principaux revenus de leurs mines de charbon et de l’élevage, et, depuis peu, du tourisme. Ils sont parmi les Indiens des Plaines ceux qui ont le mieux conservé leur culture et leur langue, ce qui montre que ce n’était pas par admiration pour la culture des Blancs qu’ils avaient combattu à leurs côtés. Jusque dans les années 1970, 90% des Crows parlaient leur langue.

     En 1995, une enquête révélait que la langue crow n’était plus parlée que par 25% des enfants. En 1997, la langue crow est déclarée langue officielle de la tribu. Un important effort est entrepris pour l’éducation des jeunes Crows à leur langue et à leur culture traditionnelles. Tous les ans, sur leur belle réserve du Montana, les Crows organisent la "Crow Fair" un immense pow wow qui rassemble des milliers de tipis. C’est aussi sur la réserve crow qu’à lieu tous les ans, le 25 juin, la reconstitution de la bataille de Little Bighorn, durant laquelle des Crows jouent le rôle des combattants indiens.

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  • Les Grands Chefs Indiens

     

     

     

     

    American Horse (Sioux Oglala)

     

    Black Bull (Sioux Brulé)

    Chief Joseph (Nez Percé)

     

    Cochise (Apache)

     

    Crow King (Sioux Hunkpapa)

    Curley (Crow)

     

    Dull knife (Cheyenne du Nord)

     

    Eskadi (Apache)

    Gall (Sioux Hunkpapa)

     

    Geronimo (Apache Bedonkohe)

     

    Little Horse (Sioux Oglala)

    Mangas (Apache Mimbres)

    Manuelito (Navajo)

     

    Naichez (Apache Chiricahua)

    Oiti (Shoshone)

    Ouray (Ute)

     

    Petalesharro (Pawnee)

    Plenty Coups (Crow)

     

    Red Cloud (Sioux Oglala)

     

    Revenger (Crow)

    Scabby Bull (Arapaho)

     

    Sitting Bull (Sioux Hunkpapa)

     

    Thunder Chief (Blackfoot)

    Two Moons (Cheyenne)

     

    Wanduta (Sioux Lakota)

     

     

    White Horse (Kiowa)

    Crazy Horse (Sioux Oglala)

     

    Américan Horse

     

    Américan Horse est né en 1840 et est mort en 1908. Il devint grâce à ses talents d'orateur et de négociateur. Il était cependant aussi un guerrier : pendant la guerre de la piste Bozeman, il participa à la bataille Fetterman de décembre 1866, l'une des pires défaites de l'armée des Etats Unis. En 1890, American Horse s'opposa à la religion de la Gost Dance et persuada Big Foot de retourner avec sa bande dans la réserve de Pine Ridge, où elle fut massacrée à Wounded Knee. En 1891, au cours d'un de ses voyages à Washington, Américan Horse fit sur cet événement un discours passionné, qui contribua à améliorer les conditions de vie de son peuple.

     

    "Les hommes furent séparés des femmes et entourés de soldats. Puis ce fut tout le village indien que les soldats encerclèrent. Lorsque les tirs commencèrent, ceux qui se trouvaient aux côtés du jeune homme qui lâcha le premier coup de fusil furent évidemment tous tués aussitôt. Puis on retourna les fusils et les canons Hotchkiss contre les femmes dans les tentes sous un drapeau blanc. Bien entendu, dés qu'on leur tira dessus, tous prirent la fuite, les hommes dans une direction et les femmes dans deux différentes. Il y avait donc, globalement, trois directions de fuite. Il y avait une femme avec un bébé dans les bras qui fut touchée alors qu'elle touchait presque le drapeau blanc. Bien entendu, les femmes et les enfants s'égaillaient dans tout le village circulaire jusqu'à ce qu'ils trouvent une issue. Et donc, tout près du drapeau blanc, une mère fut abattue avec son bébé : ne sachant pas que sa mère était morte, l'enfant tétait encore, et c'était un spectacle particulièrement pénible. Des femmes qui fuyaient avec leur bébé furent tuées elles aussi, à bout portant ; de même pour certaines qui étaient visiblement enceintes. Tous les indiens prirent la fuite dans ces trois directions. Enfin, après que la plupart d'entre eux eurent été tués, un cri se fit entendre, disant que ceux qui n'avaient été ni tués ni blessés devaient s'avancer et qu'ils auraient la vie sauve. Les petits garçons qui n'étaient pas blessés quittèrent leur refuge et, dès qu'ils furent en vue, une foule de soldats les entoura et les massacra sur place."

    Récit du massacre de Wounded Knee par un soldat qui y participa.

     

    Chef Joseph

    "Ecoutez-moi ! Je suis fatigué. Mon coeur est triste et malade.

    Le soleil est mon témoin : aujourd'hui, je dépose les armes à tout jamais."

    Ces paroles, sans doute les plus connues venant d'une bouche indienne, ont été prononcées par le leader Nez Perçés "Hinmató Wyalahtqit" (Tonnerre qui déferle au-dessus des montagnes). Cela se passait le 5 Octobre 1877, date de sa reddition, devant deux officiers américains, le Général Olivier Howard et le Colonel Nelson Miles, dans les montagnes de Bear-Paw, dans le Nord du Montana ; 60 Km à peine le séparait encore, lui et son groupe composé de 87 guerriers, 184 femmes et 147 enfants exténués, de la frontière canadienne salvatrice, où ils avaient espéré la fin des persécutions et le début d'une nouvelle existence. Ils avaient parcouru plus de 2.000 Km dans leur fuite.

    Hinmató Wyalahtqit était né vers 1840 et mourut en 1904. Son père était l'un des premiers Nez Perçés. Comme son père, il refusa de quitter sa Terre de Wallowa Valley et de s'établir dans la réserve de l'Idaho.

    Avec les nombreux blessés, les femmes et les enfants épuisés, décharnés, il n'était plus possible de s'échapper ; plus de 150 Nez Perçés avaient déjà succombé. Son espoir de revenir dans la Wallowa Valley et de pouvoir conserver ses biens s'avéra illusoire : les soldats embarquèrent les survivants en Oklahoma, où près du quart d'entre eux fut emporté par la malaria.

    Jusqu'à sa mort, il resta un fervent défenseur de l'ancien mode de vie.

     

    Cochise

     

    "Ceci est un bien long voyage. Là-bas, les mouches dévorent les yeux des chevaux.

    De mauvais esprits hantent ces lieux. Je veux rester dans nos montagnes, là où leurs eaux m'ont si souvent désaltéré.

    Je ne veux pas quitter mon pays."

    Réponse faite après la proposition concernant le déplacement de son peuple sur la réserve de Tularosa au nouveau-Mexique.

    Il fut, de 1861 à 1872, dans le sud-est de l'Arizona, le plus célèbre chef de guerre de sa tribu (les Chiricahuas) et unifia la nation apache avec Geronimo. Il fut le chef du groupe Chokonen de la tribu Apache Chiricahua et ne fut pas, dès le début, hostile aux blancs. Il commença à se battre contre eux en 1861 à cause d'une gaffe commise par le lieutenant George Bascom de l'armée américaine. Cette année-là, Cochise et quelques-uns des siens se rendent chez les soldats pour se disculper d'un enlèvement d'enfant dont on les accuse. (Plus tard, on apprit qu'une autre bande d'indiens l'avait capturé). Ils sont alors traité en prisonniers. Cochise s'échappe mais le lieutenant fit pendre les indiens qui l'avaient accompagné. Dès lors, Cochise rejoint Mangas Coloradas pour combattre les blancs. Vers la fin de 1861, les soldats quittèrent la région de Chiricahua, pour partir à la guerre dans l'Est. Bascom mourut plus tard au cours d'une bataille, fauché par une boule de canon. Pendant dix ans Cochise effectuera des raids contre les ranches isolés, les mines, les diligences et les soldats américains, qui le feront entrer dans la légende de la résistance indienne. En 1865, la guerre de Sécession étant terminée, de nouvelles forces militaires sont envoyées dans l'Ouest pour en finir avec la guérilla apache. La troupe de Cochise, très mobile, se réfugiant dans les collines entre deux raids parvient à tenir l'armée en échec jusqu'en 1871. Après sa reddition, Cochise est sommé de conduire sa tribu dans une réserve du Nouveau Mexique. Il refuse et prend à nouveau le maquis. Au matin du 30 avril 1871, 150 mercenaires anglais, mexicains et indiens Papago attaquèrent un camp indien endormi, où ils massacrèrent une centaine d'innocents, des femmes et des enfants pour la plupart. Les survivants furent placés en esclavage. Le président américain, Ulysse S. Grant, fut indigné par cet épisode, et envoya une commission de paix en Arizona, conduite par le général Oliver Howard et Vincent Coyler. Howard arrangea également une rencontre avec Cochise à l'automne, grâce à l'intervention de Thomas Jeffords. Cochise était amer, mais réalisait qu'il menait un combat perdu d'avance. Après onze jours de négociation, le général accorda à Cochise une réserve sur les terres Chiricahua, avec Jeffords en tant qu'agent. En contrepartie, Cochise tint parole, son peuple vécut paisiblement jusqu'à sa mort en 1874. A partir de cette date, le gouvernement brisa le traité signé par Cochise et déplaça sa tribu de leurs montagnes vertes vers le désert aride de l'Arizona. Le plus jeune fils de Cochise, Naiche, et Geronimo s'enfuirent avec la tribu et se cachèrent dans les montagnes de Chiricahua. Ils réussirent à rester libres pendant dix ans, ne se rendant finalement qu'en 1886.

     

    Dull Knife

    "Nous sommes malades et affaiblis, nous voulons seulement vivre en Paix mais on nous a forcés à vivre dans les Mauvaises Terres et l'amertume et le désespoir sont dans nos coeurs...

    Puis nous avons tenté de rejoindre les réserves de Red Cloud, mais l'homme blanc nous en a empêchés.

    Aujourd'hui, plutôt que de retourner dans les Mauvaises Terres, nous préférons sacrifier nos vies en combattant.

    Dites au Grand Père (nom que les Indiens donnaient au président des Etats-Unis) que s'il veut nous repousser,

    nous nous égorgerons l'un l'autre avec nos propres couteaux plutôt que de céder. Ce sera notre mort à tous."

     

    Enfant de la tribu des Cheyennes du Nord, il était réputé pour être très débrouillard et se sortir de toutes sortes de situations. Par exemple, alors qu'il était âgé de neuf ans, un troupeau de bisons passa dans le camp installé près d'un rivière. Il se réfugia dans l'abri abandonné d'un castor qui dépassait le niveau de l'eau et y attendirent la fin du passage des bisons. Il était honnête et simple malgré ses exploits. Il était d'usage que, lors des déplacements de la tribu, les anciens marchent au-devant pour repérer l'endroit où faire halte. Un jour, un grizzly sortit des fourrés pour les attaquer. Le jeune guerrier vint à la rescousse et se battit contre l'ours avec son couteau. Il combattit souvent armé de son couteau et réussit une fois à battre un ennemi porteur d'un bouclier faite du cuir épais d'un bison que la lame ne pouvait percer. Le Cheyenne alors gagna le nom de "Dull Knife" (littéralement "Couteau Emoussé").

    Vers 1875, les Américains commencèrent à enfermer les Indiens dans les réserves, afin de s'emparer de leurs terres. Le gouvernement entama des négociations de paix, mais toujours avec l'appui militaire. Un petit nombre résista, et se déclara en guerre : le Chef Joseph des Nez-Percés, et le Chef Standing Bear des Poncas, attirèrent leur peuple aux Etats-Unis et réussirent à obtenir des portions de terre où ils partirent s'installer. Dull Knife n'eut pas cette chance. Il fut considéré comme un homme dangereux par les autorités et fut placé avec sa tribu sans son consentement sur des réserves indiennes. Quand il réalisa que son peuple était en train de mourir lamentablement, il s'enfuit avec l'accord de sa tribu vers leur sol natal.

    Bien que le trajet soit long et périlleux, il parvint à éviter les troupes militaires à sa poursuite et à atteindre leur sol natal. Mais, du fait de la famine, quelques Indiens trahirent Dull Knife et livrèrent sa tribu aux soldats. Il fut alors encerclé et il du se rendre, avec ceux qui l'avaient suivis, à Fort Robinson. Les hommes furent jetés en prison et les femmes gardées au camp. Tous avaient le coeur brisé et ne souhaitaient plus vivre dans ces conditions.

    Alors les femmes, autorisées à porter des mocassins aux hommes, réussirent à se procurer des armes (quelques fusils et couteaux) qu'elles amenèrent aux guerriers. La totalité des hommes ne pu bien sûr être armée. Néanmoins ils attaquèrent les soldats jusqu'à épuisement des munitions puis s'exposèrent aux tirs. Les femmes et les enfants qui les avaient rejoints s'exposèrent également au feu des soldats. Il ne resta plus aucun Cheyenne en vie.

     

    Gall

     

    Le chef Gall est l'un des leaders les plus agressifs de la Nation Sioux Hunkpapa. Il se fit une réputation de guerrier très tôt dans sa carrière. Il fut l'un des proches de Sitting Bull, son principal soutien. Il défendait vigoureusement les droits de son peuple sur les plaines des buffles et croyait pouvoir faire respecter les accords passés avec le gouvernement.

    Pendant l'hiver 1865-1866, il reçut un coup de baïonnette et fut laissé pour mort. Mais il survécut et pendant 10 ans, il tua un grands nombre de soldats.

    Quand le Traité de 1868 fut bafoué, il rejoignit Sitting Bull pour défendre leurs territoires, et s'enfuit avec lui au Canada après la bataille de Custer. Ils pensaient être entendus par le gouvernement canadien, et furent très déçus de devoir rentrer sur le territoire américain.

    Finalement, Gall se présenta à Fort Peck, au Montana, en 1881, suivi par la moitié du groupe Hunkpapa, où il fut bientôt rejoint par Sitting Bull. Malgré le fait que Gall avait reçu l'assurance qu'il n'y aurait pas de représailles sur son peuple, il sut rapidement que beaucoup d'indiens furent attaqués.

    Dès le printemps, le chef Gall et son peuple furent considérés comme prisonniers de guerre, et transférés à l'agence de Standing Rock où il mourut.

     

    Geronimo

     

    Des yeux noirs perçants, des lèvres serrées en une ligne mince, les mains désespérément agrippées à son fusil : c'est sous ces traits que Geronimo est devenu célèbre.

    Né vers 1825 dans l'ouest du Nouveau Mexique, Geronimo (dont le nom apache était Goyaalé "celui qui baille", souvent écrit Goyathlay) était un Chiricahua Bedonkohe. Leader des Apaches à Sonora, sa carrière guerrière fut liée à celle de son beau-frère, Juh, un chef Chiricahua. Il fut entre autre son porte-parole. Geronimo ne fut jamais un chef indien, mais un Homme Médecine, hautement respecté par tous les chefs Apaches de sa région.

    En 1858, un événement va bouleverser sa vie : le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois jeunes enfants par des soldats Mexicains. Cette date clé évoquée dans ses mémoires sera le point de départ d'une interminable expédition punitive, au cours de laquelle il se livrera au meurtre et au pillage dans les villages situés au Sud de la frontière.

    Geronimo fut le meneur des derniers combattants indiens qui capitulèrent cérémonieusement devant le gouvernement américain. Il a toujours combattu le découragement de son peuple, et est celui qui a tenu le plus longtemps face aux troupes américaines.

    En 1875, tous les Apaches du Rio Grande furent transférés dans la réserve de San Carlos, une terre aride. Geronimo parvint à s'enfuir plusieurs fois de cette réserve, mais se rendit à chaque fois. En 1876, Geronimo se réfugia au Mexique. Une seule fois, un adversaire réussit à le capturer : en 1877, il se fit piéger par John Clum, l'agent de la réserve de San Carlos, qui le fit ramener enchaîné à la réserve.

    En 1882, retrouvé par les indiens au service du gouvernement américain, il accepta de se rendre pour retrouver son peuple. Mais, en 1885, il s'échappa de nouveau avec, cette fois, 35 guerriers et 109 femmes et enfants. En janvier 1886, des apaches à la solde du général Crook les forcèrent à se rendre. De nouveau, il s'échappa, mais fut rattrapé par le général Nelson Miles en septembre 1886. Geronimo et 450 apaches furent envoyés en Floride en détention dans les forts Marion et Pickens. En 1894, ils furent transférés à Fort Sill, en Oklahoma. Geronimo devint alors un rancher, et participa à la parade d'inauguration de Théodore Roosevelt, en 1905. C'est également cette année là, alors qu'il était encore prisonnier de guerre, qu'il dicta ses mémoires. Son neveu Daklugie, qui lui servait d'interprète, a raconté que Geronimo avait regretté jusqu'à la fin de s'être rendu.

    Il mourut en 1909 en prisonnier de guerre, sans avoir jamais pu rentrer chez lui, d'une pneumonie contractée à la suite d'une beuverie.

     

    Mangas

    Né en 1797, Mangas était un Apache Mimbres du Sud Ouest du Nouveau Mexique. En 1837, des Mexicains massacrèrent des indiens Mimbres. Suite à cette action, Mangas Coloradas s'imposa comme chef. Il cherchait à être en paix avec les Américains mais haïssait les Mexicains. Néanmoins il aida Geronimo à Apache Pass où il faillit perdre la vie. En 1863 il se fit capturer par des chercheurs d'or. Un an plus tard, pendant la marche qui menait les Apaches à la réserve de San Carlos, il fut tué par un blanc qui prétendit que le chef indien avait tenté de s'enfuir. Comme Mangas Coloradas était grand et fort, on coupa sa tête, on la fit bouillir puis on l'expédia dans l'Est où elle fut exhibée !

     

    Manuelito

    Manuelito était un indien Navajo né en 1818. En 1868 lui et d'autres chefs Navajos se rendirent au fort Summer (Nouveau-Mexique), pour plaider la cause du retour sur leurs Terres natales. Après y avoir signé un traité, ils purent quitter la réserve haîe de Bosque Redondo et rentrer chez eux. Manuelito fut alors nommé premier chef de la nation Navajo, titre qu'il conserva jusqu'en 1885. En 1876, il fit le voyage à Washington, où il rencontra le président Grant, pour protester contre l'ouverture au peuplement blanc d'une partie des Terres de la tribu.

     

    Red Cloud

     

    " Ils nous ont fait beaucoup de promesses, plus que je ne puis me rappeler, mais ils n'en ont jamais tenu qu'une : ils avaient promis de prendre notre terre, et ils l'ont prise. "

     

    Red Cloud (1822-1909), fut le chef des Lakota Oglala, qui pour un temps, résistèrent avec succès à l'occupation par les Etats-Unis du territoire qui fait maintenant partie du Wyoming, Montana et Dakota du Sud. Pendant l'année 1860, Red Cloud combattit pour empêcher l'armée américaine d'ouvrir la piste Bozeman, qui conduisait aux mines d'or du Montana à travers un important territoire de chasse Sioux. En 1866 Red Cloud assuma le commandement d'un groupe de Sioux et de Cheyennes qui s'opposa au projet de l'armée de bâtir trois fortifications destinées à maintenir la piste ouverte. Pendant deux ans Red Cloud et ses alliés assiégèrent ces forts.

    Finalement en 1868 le gouvernement américain accepta d'abandonner trois forts. Red Cloud signa le traité de Fort Laramie le 29 Avril 1869. Le gouvernement des Etats-Unis, une fois de plus, abusa Red Cloud : bien qu'il abandonnait la piste Bozeman, le traité inclus une clause installant les Sioux dans une réserve actuellement située dans le Dakota du Nord.

    En 1874 George Armstrong Custer guida des experts en mines dans une expédition dans les Black Hills et y découvrirent de l'or ; de nombreuses personnes y déferlèrent afin de prospecter.

    Les Sioux furent ainsi trahis par la violation de leurs collines sacrées, et la guerre Sioux de 1875-1876 commença. Red Cloud n'était pas d'accord avec le chef radical, Crazy Horse, mais ne voulait pas non plus sacrifier les Black Hills.

    A cause de sa supériorité en matériel et en armes, l'armée américaine vainquit ainsi les Sioux et les plaça de force dans les réserves.

    Red Cloud fut destitué de son rôle de chef Oglala après une dispute avec un agent gouvernemental en 1881, et il passa le reste de ses jours à Pine Ridge, Dakota du Sud,

    Red Cloud fut destitué de son rôle de chef Oglala aprés une dispute avec un agent gouvernemental en 1881, et il passa le reste de ses jours à Pine Ridge, Dakota du Sud, ou il mourut en 1909.

    Il décéda en 1909, à l'âge de quatre-vingt dix ans.

     

    Sitting Bull

     

    "Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a recu les baisers du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour"

     

    Héros et martyr de la résistance amérindienne, Sitting Bull, grand chef Sioux Hunkpapa, vainqueur à Little Big Horn, incarna le courage et la fierté légendaire des cavaliers des Plaines.

    Cet homme aux traits durs, à l'expression emplie de sagacité perçante, tel qu'il apparaît sur les clichés de l'époque, a porté à bout de bras la destinée de son peuple pour lequel il ne désirait qu'une chose, une vie libre. Guerrier, il le fut jusqu'au tréfonds de l'être. Et pourtant, il n'y eut pas plus ardent défenseur de la paix que lui. Sa vie entière se passa à essayer de trouver un terrain d'entente avec les Blancs et le gouvernement américain.

    Rares sont les chefs indiens qui déployèrent une semblable volonté de paix. Mais quand il dut livrer bataille, il le fit avec une rage féroce. La légende qui le poursuit fait de lui un homme-médecine, un sage, un "saint homme" peu enclin aux choses de la guerre. C'est en grande partie faux.

    Les témoignages laissent penser en effet que Sitting Bull avait un don de prophétie avéré, mais il fut aussi et surtout un homme de guerre, meneur de combats. C'est ainsi qu'il se distingua parmi les siens, et qu'il réussit, au milieu du XIXe siècle, être l'unificateur de plusieurs tribus des Plaines.

    Comme tout leader indien il tendit entre ses mains les deux pôles qu'on pourrait croire opposés de la conscience indienne : d'un côté, une spiritualité orientée vers la paix et l'entente avec tout ce qui vit, et de l'autre une éducation guerrière extraordinairement poussée et certainement rarement égalée.

    Sitting Bull fut un de ceux qui parvinrent peut-être le mieux à gérer cette apparente incompatibilité. L'envergure du personnage n'en est que plus marquante à une époque ou, côté blanc, tous ceux qui participèrent de près ou de loin à la "politique Indienne" du gouvernement américain ne furent que de médiocres figures, dont le principal souci était la carrière personnelle et l'obtention des faveurs gouvernementales, en espérant, pour certains, qu'elles finiraient bien par les hisser en haut de la hiérarchie sociale et politique, voire, ainsi que l'escomptait le général Custer, au rang de président des Etats-Unis.

    Custer paya de sa vie l'aveuglement que lui valut son extravagante ambition.

    Quelques années plus tard, ce fut au tour de Sitting Bull, dont l'autorité, devenue plus que gênante pour ses ennemis de tous bords, Blancs et Indiens, fut à l'origine de son assassinat, il y a plus de cent ans, en cette année 1890 marquée par tant de violences et de troubles, et dont le massacre de Wounded Knee fut, en quelque sorte, la sanglante apothéose. La famine eut raison de son courage et de sa force : les troupeaux de bisons avaient été détournés par des feux de plaines et plus personne n'acceptait de lui fournir des vivres.

    Il dut bien se rendre à l'évidence que presque tout le monde l'avait laissé tomber. La mort dans l'âme, il décida de rejoindre ceux des siens qui s'étaient déjà rendus, abandonnant leurs précieux chevaux, leurs armes, tout ce qui faisait leur prestance guerrière. Les journaux américains se firent l'écho de sa reddition et prétèrent à Sitting Bull ces paroles : "Notez que je suis le dernier homme de mon peuple à baisser les armes."

    Un de ses neveux qui l'avait accompagné jusqu'au bout, affirma qu'il n'en fut rien, et que, solitaire comme il était, fatigué, il n'avait pas eu le coeur à tenir de tels propos, son seul souci étant de savoir ce qu'il allait pouvoir obtenir des Américains pour son peuple. Le gouvernement décida de l'envoyer dans la réserve de Standing Rock (Dakota du Nord), où il fut assassiné en 1890.

     

    Crazy Horse

     

    "Ma femme est malade. Ce terrible et dur hiver a allumé un grand feu dans sa poitrine.

    Laissez-moi la conduire chez le médecin à l'agence Spotted Tail, car si je ne le fais pas, elle va mourir.

    Si je dois attendre la réponse du Père de Tous (Président des Etats Unis), ma femme sera morte.

    D'ailleurs, je ne chasse pour aucun Père de Tous.

    Mon père et avec moi et il n'y a aucune sorte d'interlocuteur entre moi et le Grand Esprit."

     

    Crazy Horse (Tashunka Witko ou Cheval Fou en français) de son vivant était considéré par son peuple comme le Sauveur. Il était pourvu de toutes les qualités qui font les grands chefs : une grande force de caractère, un grand dévouement à la cause de son peuple et un courage incomparable.

    Dès son plus jeune âge, Crazy Horse nourrit une profonde haine à l'égard des Blancs. Ce sentiment lui avait été notamment inspiré par la découverte du campement dans lequel il vivait près de Ash Hollow dans le Nebraska, complètement détruit par l'armée américaine, le 3 septembre 1855.

    Les manifestations d'hostilité des Indiens à l'égard des Américains n'avaient jamais complètement cessé pendant la guerre civile (guerre de Sécession) mais, en 1864, le massacre de Sand Creek marqua le début d'une nouvelle période de conflit ouvert. C'est à cette époque que Crazy Horse devint un grand chef de guerre. Il fut impliqué dans le massacre du capitaine Fetterman et de ses hommes, le 21 décembre 1866, et participa au combat de Waggon-Box, le 21 août 1867.

    Il était toujours le premier à mener l'attaque et le dernier à battre en retraite.

    Tashunka Witko est né vers 1842 et selon certains, il serait né près de la colline nue dans le site sacré des Black Hills. Enfant, il était plutôt doux et renfermé. Mais, plutard, il devint un redoutable guerrier.

    Il combattit avec les plus grands chef Lakotas, tout d'abord aux cotés de Makhpiya Luta (Red Cloud ou Nuage Rouge en français) puis aux cotés de Tatanka Yotanka (Sitting Bull ou "Taureau Assis" en français).

    Dès 1866, Tashunka Witko participe à la guerre de Nuage Rouge contre les blancs, et le 21 décembre de cette même année, il anéantit à la tête de ses guerriers un détachement de 80 hommes sous le commandement du capitaine Fetterman au Fort Phil Kearney. Pendant la décennie suivante, Tashunka Witko ne cessa de lutter contre les Blancs et, lorsqu'il ne les combattait pas, il les évitait soigneusement. Au mois de juin 1876, Tashunka Witko rejoint, comme beaucoup de Sioux et de Cheyenne, le campement du chef Sitting Bull. L'armée envoya trois colonnes armées pour forcer les indiens à regagner leur réserves. Le 17 juin, Tashunka Witko, à la tête de ses guerriers, bat et repousse les troupes du général Crook près de la Rosebud River, puis il rejoint Sitting Bull et le 25 juin, leur force conjointe remporte la célèbre bataille de la Little Big Horn sur le 7ème régiment de cavalerie du général Custer. L'année suivante fut désastreuse pour les indiens. L'armée, désireuse de venger Custer, ne cessa de les pourchasser. Les soldats étaient supérieurs en nombres et en armes et ne laissèrent aucun répit aux Sioux et aux Cheyennes, forçant ainsi le chef Sitting Bull à se réfugier avec ses Hunkpapas au Canada. Dans cette traque, l'armée utilisa même l'artillerie pour venir à bout des indiens. Au printemps 1877, à bout de force, les Sioux de Tashunka Witko durent se rendre. Et c'est la tête haute que le chef prit le chemin de la réserve à la tête de près de 300 familles Sioux soit environ deux milles hommes, femmes et enfants.

    Pour éviter d'éventuels troubles dûs à la présence de ce grand chef, l'armée décida d'enfermer celui-ci. Il fut lâchement assassiné, le 7 septembre de la même année, par une sentinelle qui prétendit qu'il avait cherché à s'enfuir. Tashunka Witko s'éteignit dans la nuit après avoir prononcé c'est paroles : "Mon père, je suis mortellement blessé, que l'on fasse savoir aux miens qu'il est inutile de compter sur moi plus longtemps". Quelques temps avant cela, Tashunka Witko avait déjà perdu sa femme et sa fille mortes de tuberculose. Crazy Horse fut conduit à sa dernière demeure par quelques amis et, aujourd'hui encore, seuls quelques initiés savent où il est enterré.

     

     

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    sources : http://yakimas.free.fr/Chefs.htm

     

     

     

     

     

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    Histoire du QUEBEC

    Historique:
     C'est en l'an 507 qu'apparaît pour la première fois la fleur de lys sur le drapeau de Clovis, Roi des Francs. La fleur de lys devait à jamais symboliser la royauté française. Beaucoup plus tard, c'est lors de la guerre de Cent ans(1337-1453) que les peuples de France adoptèrent définitivement la croix blanche. Il revient toutefois au roi Charles VII de former un drapeau populaire, fait d'un champ d'azur parsemé de lis d'or et traversé par une croix blanche, pour cimenter l'unité politique de la France. Selon la tradition venue du Moyen Âge, il symbolise la culture du peuple français qui est à la fois chrétienne et occidentale.

    Histoire du QUEBEC

       Au XVIe siècle, la fleur de lys fait son apparition en Amérique. La croix que Jacques Cartier planta à Gaspé en 1534, portait un écusson avec trois fleurs de lis. Plus tard, le navire sur lequel Champlain voyageait portait à son mât un étendard bleu azur et blanc, le blanc en forme de croix. En Nouvelle-France, les représentants du roi, la chevalerie et les miliciens arborèrent tour à tour des drapeaux qui comprenaient un, deux ou même trois éléments de ce qui deviendrait le drapeau du Québec.
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    Histoire du QUEBEC

     

    En Nouvelle-France, le sacrement du mariage est un événement de première importance.

    Le mariage est régi par une législation très élaborée que le curé applique strictement:

    L’âge légal pour contracter un mariage est de 14 ans pour les garçons, et de 12 ans pour les filles.

     Pas question d’en parler avant cet âge, mais à 12 ans, une fille peut devenir épouse et mère.

    Les futurs époux doivent se soumettre à un examen prénuptial effectué par le curé de la paroisse.

    Au cours du test, monsieur le curé pose des questions sur le mariage.

    À ce propos, dans les années 1740, Mme Élisabeth Rocbert de la Morandière, dite Mme Bégon, raconte dans ses lettres à son «cher fils» l’anecdote suivante:

    «Tu sais, ou ne sais point, que le curé doit avant d’administrer le sacrement du mariage savoir si les futurs époux sont instruits. Le curé de Québec, qui est un jeune homme venu cette année de France, homme très scrupuleux, questionna M. De Bonaventure qui lui répondit sur tout fort sagement. Après quoi, il le pria de faire entrer, comme il avait fait, dans la sacristie, Mlle La Ronde, à qui il demanda si elle savait ce que c’était que le sacrement du mariage. Elle lui répondit qu’elle n’en savait rien, mais que s’il était curieux, que dans quatre jours, elle lui en dirait des nouvelles. Le pauvre curé baissa la tête et la laissa là. Cette pointe a fait beaucoup rire».

    Il y avait alors quatorze empêchements propres à rendre nul un mariage. En voici quelques-uns:

    • Défense est faite aux proches parents de se marier entre eux, et ce jusqu’au quatrième degré inclusivement.
    • Un veuf ne peut épouser un des parents de sa défunte épouse à cause des affinités qui ont existé entre les prétendants.
    • Un fiancé ne peut contracter mariage avec la mère, la soeur ou la fille de sa défunte femme.
    • Le curé n’a pas la permission de célébrer de mariage pendant l’avent et le Carême.
    • Les fiancés, jusqu’à l’âge de 30 ans pour le garçon, et de 25 ans pour la fille, même si elle est déjà veuve, sont tenus d’obtenir le consentement de leurs parents avant de se marier.

    Toutefois, il est parfois possible de se passer de l’accord des parents en recourant au «mariage à la gaumine». Cette méthode doit son nom à un certain M. Gaumin, qui aurait imaginé la méthode en France. Il suffit pour les futurs conjoints de se rendre dans une église; pendant la célébration de la messe, prenant comme témoins les personnes présentes, ils n’ont qu’à déclarer à haute voix qu’ils se prennent mutuellement pour mari et femme.

    (par Elba)

     

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    Histoire du QUEBEC

    Première description des Amérindiens

     

    Au printemps de l'an de grâce 1632, le Père Jésuite Paul Le Jeune, arrivant à Tadoussac, voit des Amérindiens pour la première fois. Il les décrit ainsi:

    «II y en avait qui avaient le nez peint en bleu, les yeux, les sourcils, les joues peintes en noir et le reste du visage en rouge, et ces couleurs sont vives et luisantes comme celles de nos masques.

    D'autres avaient des raies noires, rouges et bleues, tirées des oreilles à la bouche. D'autres étaient tous noirs hormis le haut du front et les parties voisines des oreilles et le bout du menton, si bien qu'on eut vraiment dit qu'ils étaient masqués.

    Il y en avait qui n'avaient qu'une raie noire, large d'un ruban, tirée d'une oreille à l'autre, au travers des yeux, et trois petites raies sur les joues.

    Leur couleur naturelle est comme celle de ces gueux de France qui sont demi rôtis au soleil, et je ne doute point que les Sauvages ne fussent très blancs s'ils étaient bien couverts.

    De dire comme ils sont vêtus, il est bien difficile; les hommes, quand il fait un peu chaud, vont tout nus, hormis une pièce de peau qu'ils mettent au-dessous du nombril jusques aux cuisses.

    Amérindiens

    Village indien. © droit d'auteur Nadia Fetisova

    Quand il fait froid, ou bien à l'imitation des Européens, ils se couvrent de peaux de castor, d'ours, de renards et d'autres tels animaux, mais si maussadement, que cela n'empêche pas qu'on en voie la plupart de leurs corps.

    J'en ai vus vêtus de peau d'ours justement comme on peint Saint Jean-Baptiste.

    Cette peau velue au dehors leur allait sous un bras et sur l'autre, et leur battait jusques aux genoux; ils étaient ceints au travers du corps d'une corde de boyau. Il y en a de vêtus entièrement, ils ressemblent tous à ce philosophe de la Grèce, qui ne portait rien sur soi qu'il n'eut fait. Il ne faut pas employer beaucoup d'années pour apprendre tous leurs métiers. Ils vont tous tête nue, hommes et femmes; ils portent les cheveux longs : ils les ont tous noirs, graissés et luisants ; ils les lient par derrière, sinon quand ils portent le deuil.

    Les femmes sont honnêtement couvertes, elles ont des peaux jointes sur les épaules avec des cordes, et ces peaux leur battent depuis le col jusques aux genoux ; elles se ceignent aussi d'une corde le reste du corps, la tête, les bras et les jambes sont découvertes: il y en a néanmoins qui portent des manches des chausses et des souliers, mais sans autre façon que celle que la nécessité leur a appris.»

    On peut seulement regretter de ne pas avoir une description des «visages pâles» par les autochtones ! Voir aussi :

    sources : http://grandquebec.com/histoire/indiens-nouvelle-france/

      Histoire du QUEBEC

    Après la défaite huronne en 1649, un certain nombre de Hurons se réfugièrent à Québec et s'établirent finalement à Lorette où leurs descendants habitent encore. Au printemps de 1650, quelques 300 réfugiés hurons convertis au christianisme qui vivaient sous la protection des Français sur l'île Saint-Joseph (Christian Island) dans la baie Georgienne demandèrent asile à Québec et, au mois de mars 1651, ils s'établirent à l'île d'Orléans. Des Hurons installés à Sillery depuis 1640, et d'autres Hurons convertis, originaires de la région qui est aujourd'hui l'Ontario, vinrent les y rejoindre.

    L'année suivante, la majorité des Hurons de Québec qui appartenaient à la tribu des Ahrendarrhonons (nation de la Pierre) furent forcés d'aller vivre chez les Onontagués et ceux de la tribu des Attignaouantans (nation de l'Ours), d'aller chez les Agniers.

    Les Hurons qui restèrent à Québec appartenaient presque tous à la tribu des Attingueenougnahacs (nation de la Corde). Ils continuèrent d'habiter à Québec non loin du fort jusqu'à ce qu'ils aillent s'installer à Beauport en 1668.

    Là encore ils cultivaient la terre selon les traditions huronnes. Ils s'établirent à Sainte-Foy en 1669 et les Iroquois convertis vinrent s'intégrer à leur village. Puis en 1673, à cause de l'accroissement de leur population, ils se déplacèrent de nouveau, allant d'abord à l'Ancienne Lorette puis, en 1697, à la Jeune Lorette. Au cours du siècle dernier ils tiraient une bonne partie de leurs revenus de la vente des mocassins, des raquettes et des paniers qu'ils fabriquaient. Les Hurons de Lorette étaient connus pour leur fidélité à la foi chrétienne. Beaucoup d'entre eux s'allièrent par mariage à des familles canadiennes-françaises et dès le début du XIXme siècle ils cessèrent de parler huron mais ils n'en continuèrent pas moins de se considérer comme faisant partie de la race indienne.

      

    Alliance Français-Hurons


     

    Quand Samuel de Champlain arrive à Tadoussac en 1603, les ennemis des Iroquois sont presque anéantis.

     

    Champlain s’allie aux Algonquins, Etchemins et Montagnais qu’il rencontre sur place. Aujourd’hui, nous pouvons faire des hypothèses sur les raisons qui ont motivé Champlain à cette alliance, décidée sans évaluer les relations des nouveaux amis avec les forces opposées. L’alliance est signée et l’assistance militaire est promise.

     

    Mais sans l’aide d’une des parties en guerre, il était impossible d’obtenir de grandes quantités de fourrures, de construire le poste de Québec en toute sécurité et de continuer le voyage vers l’intérieur du nouveau pays.

     

    Dès le printemps 1609, Champlain remonte donc la rivière dite «des Iroquois», le Richelieu actuel, jusqu’au lac Champlain (il lui donne son nom). Là-bas, Champlain rencontre un groupe d’Iroquois. La bataille commence mais les Iroquois, probablement occupés à une partie de chasse, sont mis facilement en déroute. Trois de leurs chefs sont tués d’un coup d’arquebuse (du moins, Champlain clame-t-il que c’étaient les chefs…et qu’il n’a tiré qu’une fois!).

     

    Les Iroquois sont d’abord surpris de la puissance de ces armes à feu. Néanmoins, il jurent de se venger des visages pâles. La longue guerre commence. La colonie de la Nouvelle-France paiera un lourd tribut à cette décision prise par Champlain de s’allier aux hurons.

     

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  •  Ô CANADA!

     

     





     

     

    L'origine de ce qui est maintenant l'hymne national du Canada en surprendra plusieurs.

    La fédération canadienne de 1867 eut pour effet immédiat de mettre fin au cauchemar du Canada-Uni et de remettre les Québécois en position de majorité dans leur province. Les marches et les chants patriotiques devinrent alors de plus en plus à la mode. C'est vers la fin du XIXe siècle que débutent d'ailleurs les défilés de la Saint-Jean-Baptiste à saveur patriotique.

    La Saint-Jean du 24 juin 1880 réservait une surprise aux Québécois. Toutes les sociétés Saint-Jean-Baptiste francophones du Canada et des États-Unis furent conviées dans la ville de Québec pour une grande célébration de leurs origines culturelles communes. Le comité organisateur avait commandé pour l'occasion un nouveau chant national. On choisit à l'unanimité les paroles d'un poème composé par le juge Adolphe-Basile Routhier et on demanda à Calixa Lavallée
    d'en composer la musique. Lavallée, originaire de Verchères, avait servi dans l'armée de l'Union pendant la guerre civile américaine et avait également été chef d'orchestre et directeur artistique de la New York Grand Opera House avant de revenir au Québec.

    En ce matin du 24 juin, une foule énorme se dirigea vers les plaines d'Abraham pour assister à la messe traditionnelle. Elle fut suivie par un grand défilé dans les rues de la vieille capitale auquel prirent part plus d'une centaine de sociétés et d'associations canadienne-françaises. Les spectateurs y applaudirent de nombreuses fanfares et plusieurs chars allégoriques représentant les villes et villages du Québec et les sociétés Saint-Jean-Baptiste de l'Ontario, de l'Acadie et d'une douzaine d'états américains.

    En soirée, la population fut conviée au pavillon des patineurs pour un grand banquet, ponctué de discours et de chants patriotiques. Des bannières suspendues saluaient la grande famille francophone d'Amérique. Sous la direction de Joseph Vézina, l'orchestre assemblé pour l'occasion était composé de trois corps de musique; le corps de Beauport, celui de Fall River ainsi que celui du 9e Bataillon de la milice (mieux sous le nom «Les Voltigeurs de Québec»). Pendant la soirée, on annonça le nouveau chant patriotique et l'orchestre l'éxécuta devant une foule silencieuse et émue.
    CHANT NATIONAL



     La prestation fut ensuite longuement applaudie par une foule envoûtée. Les Canadiens français avaient enfin un hymne bien à eux qu'ils entonneraient pendant plusieurs décennies. Voici les paroles de la version originale du juge Routhier:

    Ô Canada! Terre de nos aïeux,
    Ton front est ceint de fleurons glorieux!
    Car ton bras sait porter l'épée,
    Il sait porter la croix!
    Ton histoire est une épopée
    Des plus brillants exploits.
    Et ta valeur, de foi trempée,
    Protégera nos foyers et nos droits,
    Protégera nos foyers et nos droits.

    Sous l'oeil de Dieu, près du fleuve géant,
    Le Canadien grandit en espérant.
    Il est né d'une race fière,
    Béni fut son berceau.
    Le ciel a marqué sa carrière
    Dans ce monde nouveau.
    Toujours guidé par sa lumière,
    Il gardera l'honneur de son drapeau,
    Il gardera l'honneur de son drapeau.

    De son patron, précurseur du vrai Dieu,
    Il porte au front l'auréole de feu.
    Ennemi de la tyrannie
    Mais plein de loyauté,
    Il veut garder dans l'harmonie,
    Sa fière liberté;
    Et par l'effort de son génie,
    Sur notre sol asseoir la vérité,
    Sur notre sol asseoir la vérité.

    Amour sacré du trône et de l'autel,
    Remplis nos coeurs de ton souffle immortel!
    Parmi les races étrangères,
    Notre guide est la loi:
    Sachons être un peuple de frères,
    Sous le joug de la foi.
    Et répétons, comme nos pères,
    Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le roi!»
    Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le roi!»

     Plusieurs versions anglaises furent proposées dans les années suivantes, dont celle de l'avocat montréalais Robert Stanley Weir en 1908. Mais pour plusieurs anglophones, l'hymne britannique «God save the queen» demeure longtemps le chant préféré. C'est en 1980, peu avant le référendum et exactement un siècle après son inauguration à Québec, que l'oeuvre de Routhier et Lavallée fut adoptée à Ottawa comme hymne national du pays. L'hymne des anciens Canadiens français devenait ainsi celui de tout le pays. La version anglaise est basée sur la traduction de Weir, modifiée par un comité du Sénat et de la Chambre des communes. La version originale française n'a jamais été modifiée mais plutôt raccourcie.

     




     

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    sources : http://www.republiquelibre.org/cousture/OCANADA.HTM

     

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    Histoire du QUEBEC

     

    Histoire du QUEBEC


     

     

    Première période: de la fédération à la révolution tranquille (1867-1960)

     

     




    1867 : Signature de la fédération canadienne entre quatre colonies britanniques ; l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et le Bas-Canada qu'on appellera désormais le Québec (acceptée à 27 contre 22). Mais George-Étienne Cartier, l'un des pères de cette fédération, commet une erreur en croyant qu'il s'agit là d'un pacte entre deux peuples. Au contraire, le Québec n'est plus qu'une province parmi quatre et rien de plus. Le dominion du Canada connaît une période de grande prospérité, mais les Canadien-Français ne participent en aucune façon au grand jeu du commerce et de la finance anglaise et demeurent des travailleurs exploités. De plus, ils sont désormais minoritaires dans un pays «bilingue» où en réalité, la pratique impose l'anglais.

    1867: Lors des premières élections en août, les Québécois doivent choisir entre les Bleus proconfédéraux et les Rouges qui s'opposent à la nouvelle constitution. Le programme de ces derniers est plutôt mal défini mais il n'est pas sans rappeler la souveraineté-association dont on reparlera 90 ans plus tard. Malgré la menace de l'Église qui déclare que voter contre la confédération constitue un péché mortel, pas moins de 45% des Québécois choisissent quand même de voter pour les Rouges. On sait aujourd'hui que les élections ont été volées par les Bleus dans plusieurs circonscriptions. Certains candidats proconfédération ont remporté des victoires douteuses avec des majorités de seulement 6 votes.

    Joseph Cauchon est choisi Premier ministre du Québec. Mais l'antipathie des Anglo-québécois l'empêche de former un cabinet. Il sera remplacé par Pierre-Joseph-Olivier Chauveau.

    1868: Le député de Montréal-Ouest,
    Thomas D'Arcy McGee, prononce en Chambre un vibrant plaidoyer en faveur de la nouvelle constitution. Le soir même, alors qu'il rentre chez lui, un Fenian irlandais, Patrick Whelan, l'assassine à coups de revolver!

    1869 et 1884-85: Ottawa entreprend d'étendre ses frontières vers l'ouest. Ce faisant, le gouvernement de Macdonald ne prend aucunement en considération les Métis francophones et les Amérindiens qui y habitent déjà. Louis Riel prend la tête des Métis du Manitoba dans une révolte qui l'opposera à Ottawa. Le gouvernement canadien n'a aucune intention de reconnaître des francophones dans l'ouest et y envoie l'armée. La révolte est écrasée, Riel et huit chefs amérindiens sont condamnés à mort par un jury exclusivement anglais. Montréal est au bord de la guerre ethnique. Macdonald jette de l'huile sur le feu en déclarant: «Même si tous les chiens du Québec aboient, Riel sera pendu!» Au Québec, on porte les brassards noirs marquant la perte du «frère disparu».

    Histoire du QUEBEC
     Louis Riel

     

     1870: Une année noire pour le Saguenay. En une journée, un terrible incendie dévaste tout sur 150 kilomètres. Pour survivre, les habitants affolés se réfugient dans des caveaux creusés sous terre ou dans les cours d'eau les plus proches. Suite à ce sinistre, rien de moins que le tiers de la population se retrouve complètement démuni. Les pertes humaines sont heureusement très basses.

    1871: Le «Common School Act» du Nouveau-Brunswick (l'ancienne Acadie) enlève aux minorités françaises vivant sur son territoire, leurs droits à l'école en français.

    1871: Montréal compte maintenant 107 225 habitants et Québec 59 699 (comparativement à 56 092 pour Toronto).

    1876: Un inspecteur québécois de la Gendarmerie Royale du Canada, Éphrem Brisebois, fonde un avant-poste dans l'ouest canadien et le nomme Fort Brisebois (aujourd'hui Calgary).

    1876 : Pour mettre librement la main sur les terres de l'ouest, Ottawa adopte la Loi des Indiens, qui parque les Amérindiens dans des réserves dont ils deviennent les prisonniers, ne pouvant en sortir sans permission.

    1877 : Le «Public School Act» interdit l'enseignement du français à l'Île-du-Prince-Édouard (un autre morceau de l'ancienne Acadie).

    1877: Début de la construction de l'hôtel du parlement de Québec.

    1879: Trois étudiants de l'université McGill de Montréal rédigent les premiers règlements du hockey.

    1880: Lors de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, on chante pour la première fois à Québec l'hymne des Canadiens français «Ô Canada!»

    1885: Un grand rassemblement sur le Champ de Mars, à Montréal, dénonce l'éxécution de Louis Riel.

    1887: Honoré Mercier récupère l'indignation provoquée par la mort de Riel et prend le pouvoir au Québec avec son Parti National. Ce sera le premier parti à réclamer plus d'autonomie pour les provinces.

    1889: Le 19 septembre, à Québec, une partie de la falaise du promontoire s'effondre sur la rue Petit-Champlain, détruisant 7 maisons et tuant 45 personnes.

    1890 : L'immigration ayant permis aux anglophones protestants de devenir majoritaires au Manitoba, le premier ministre manitobain Greenway abolit les écoles françaises ainsi que les droits au français au Parlement et devant les tribunaux. En 1916, la loi Thornton abolit complètement l'enseignement du français dans cette province. Pourtant, lorsque la province du Manitoba fut créée en 1870 (avec le Manitoba Act), on avait garantit aux Métis que leur système scolaire qui était semblable à celui du Québec (des écoles protestantes et d'autres catholiques) continuerait d'exister.

    1890 : Les temps sont durs au Québec. Plusieurs quittent la campagne pour chercher du travail en ville, où ils sont exploités par des patrons qui leur versent des salaires ridicules en échange de six jours de travail, à un minimum de dix heures de labeur par jour. D'autres choisissent l'exil vers les manufactures des États-Unis. Pas moins d'un million de Québécois quittent ainsi leur patrie, un nombre faramineux! C'est un véritable ghetto de francophones qui se crée en Nouvelle-Angleterre. Mais après quelques générations, ces francophones seront absorbés par le melting pot américain.

    1891: Montréal compte maintenant 182 695 habitants et Québec 63 090 (comparativement à 144 023 pour Toronto).

     

    1892: Pour la première fois, les Montréalais peuvent se déplacer en tramway électrique.

    1894: Louis Cyr soulève 4562 livres et devient l'homme le plus fort du monde! Les prouesses de ce légendaire homme fort demeurent encore aujourd'hui sans égal.

    1896 : Wilfrid Laurier est le premier Québécois élu à la tête du pays. Henri Bourassa est élu député libéral dans le comté de Labelle. Il se rallie à Laurier à condition de n'être pas obligé de voter comme le parti en chambre et que sa campagne électorale soit payée à ses frais.

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     Louis Cyr

    1897: Le gouvernement de Félix-Gabriel Marchand présente un projet de loi visant à créer un ministère de l'éducation indépendant de l'Église catholique. L'évêque de Montréal fait appel à Rome pour arrêter le projet, sans succès. La loi sera adoptée par les députés mais ensuite rejetée par le Conseil législatif composé d'une majorité de Conservateurs sensibles aux pressions épiscopales.

    1898: Un premier barrage hydro-électrique est mis en chantier à Shawinigan Falls.

    1899: Montréal est l'hôte du Championnat International de cyclisme.

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    1899 : Dans le cadre de la guerre des Boers le Premier ministre canadien Wilfrid Laurier et le jeune député québécois Henri Bourassa s'affrontent au sujet de la participation du Canada dans cette guerre.

    1900 : Fondation de la première caisse populaire par Alphonse Desjardins, aujourd'hui l'institution banquaire la plus populaire du Québec. L'objectif de Desjardins était de combattre l'usure et d'offrir un véritable instrument d'émancipation économique aux gens. Avec le tournant du siècle, plusieurs technologies modernes font leur apparition, comme l'automobile, l'électricité, le téléphone et le cinéma.


    1900: À Montréal, une émeute éclate en février et oppose les étudiants de l'université McGill, qui célèbrent la victoire britannique dans la guerre des Boers, aux étudiants francophones, qui protestent contre l'engagement du Canada dans les guerres impériales de la Grande-Bretagne.

    1904: Le policier montréalais Étienne Desmarteaux est le premier champion olympique québécois et canadien. Il obtient la médaille d'or de lancer du marteau aux olympiques de Saint-Louis.

    1904 : Henri Bourassa commence à plaider en faveur de l'utilisation du bilinguisme dans les institutions fédérales. Il appuie une motion d'Armand Lavergne mais celle-ci ne récolte presqu'aucun appui.

    1910 : Henri Bourassa fonde le journal Le Devoir.
    Henri
    Bourassa

    1910: Pour la première fois, une femme obtient un baccalauréat ès arts d'une université de langue française; l'Université de Montréal.

    1910: Arrivée de plusieurs immigrants en provenance d'Europe de l'est et du sud (Juifs, Italiens, Polonais, Russes, etc.), fuyant la misère, la famine et les persécutions. Malgré tout, Ottawa favorise une immigration anglophone en provenance du Royaume-Uni.

    1912: Le gouvernement fédéral remet au Québec l'Ungava (maintenant appelé Nouveau-Québec), augmentant ainsi de façon considérable sa superficie et faisant du Québec la plus grande province canadienne.

    1912: L'université McGill engage la première femme au pays à occuper le poste de professeur. Il s'agit de la botaniste Carrie Derrick.

    1914: Robert Macaulay, président de la société d'assurance Sun Life, pose la pierre angulaire du siège social de la compagnie à Montréal. Avec ses 26 étages, l'édifice sera, pendant des décennies, le plus haut de tout l'empire britannique. La compagnie déménagera son siège social à Toronto en 1979 pour intimider les souverainistes québécois.

    1914: Le navire Empress of Ireland coule dans le fleuve Saint-Laurent, causant la mort de plus de mille passagers.

    1914: La première guerre mondiale éclate. Les Canadiens-Anglais réclament la conscription mais le Québec la rejette en bloc. En guise de représailles, l'Ontario bannit le français de ses écoles. La police fédérale ratisse le Québec à la recherche des conscrits cachés. À Québec, la population révoltée incendie les bureaux de la police fédérale. Après 5 jours d'émeutes, un régiment de Toronto est dépêché sur les lieux et tire sur la foule: 5 morts et 70 blessés.

    1917 : C'est la conscription. Les militaires ouvrent le feu sur des manifestants en colère. Le départ des hommes pour l'Europe entraîne l'arrivée des femmes sur le marché du travail. Celles-ci coupent leurs cheveux et leurs robes, se débarassent de leurs corsets. Ce sont les débuts du féminisme.

    1918: On fonde au Québec la première station de radio au monde; X.W.A. Quatre ans plus tard, c'est au tour de CKAC, première station francophone sur Terre, sous l'égide de Douglas Fairbanks et Jacques N. Cartier.

    Montréal à vol d'oiseau


    1918: Grâce à la mobilisation des sufragettes, le gouvernement fédéral accorde le droit de vote aux femmes.


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     Lionel Groulx
    1918-25: Les années d'après-guerre correspondent au Québec, à un réveil et à un renouveau intellectuel. L'Université de Montréal ouvre ses portes en 1920. La pensée nationaliste canadienne-française du chanoine et historien Lionel Groulx nourrit les nouvelles élites des collèges classiques. On dénonce l'absence de monnaie bilingue, l'absence du français à Ottawa et le visage anglais de Montréal. Groulx déclare «Notre état français, nous l'aurons! À l'intérieur de la confédération si possible, à l'extérieur s'il le faut.»


    1919: Les premiers autobus entrent en fonction à Montréal.

    1921: Le KKK (Klu Klux Klan, une organisation de fanatiques protestants anti-noirs, anti-juifs, anti-catholiques et anti-francophones) est implanté à Montréal. On soupçonne certains de ses militants d'être à l'origine de plusieurs incendies criminels, notamment à la sainte cathédrale de Québec et à la maison de retraite des Sulpiciens d'Oka (entraînant des dommages estimés à 100 000$) ainsi que la destruction d'archives de la Nouvelle-France.

    1921: La première union de travailleurs, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, est organisée par l'Église québécoise pour contrer l'influence des unions américaines.

    1922: Alors âgé de 15 ans, Joseph-Armand Bombardier construit le premier protoype de son «autoneige». Son premier véhicule entièrement opérationnel sera assemblé en 1935. Un modèle plus petit et ultra-léger, baptisé la «motoneige», sera inventé en 1958 et mis en vente l'année suivante.

    Histoire du QUEBEC
     Joseph-Armand
    Bombardier

    1926: La pasteurisation du lait est finalement appliquée, ce qui entraîne finalement une baisse des taux de mortalité infantile.

    1927: Le privy council de Londres accorde le Labrador à Terre-Neuve, et ce malgré les revendications légitimes et historiques du Québec.

    1927: Montréal est la scène de l'une des pires catastrophes de son histoire. Un incendie mineur éclate au cinéma Laurier Palace durant une séance de l'après-midi et 78 enfants périssent la panique qui s'ensuit.

    1929 : La grande crise. Le Québec connaît le plus haut taux de chômage du Canada. On tente tant bien que mal de venir en aide aux miséreux. En ces temps difficiles, on assiste à la naissance d'un embryon de parti nazi en Ontario et au Québec. Heureusement, celui-ci ne prendra pas d'ampleur mais suscitera quand même de l'inquiétude chez les travailleurs juifs. L'université McGill donnera dans l'antisémitisme en refusant d'accepter des étudiants juifs de l'extérieur de Montréal, dans le but de limiter leurs nombres.

    1930: La Bolduc (Mary Travers de son nom de fille) devient célèbre avec la grande dépression économique. «Ça va v'nir, ça va v'nir, mais décourageons-nous pas» est son message d'espoir au peuple démuni. Sa musique séduit tout le monde et bientôt elle enregistre pas moins d'un nouveau disque à chaque mois. Elle décrit avec génie et humour les événements de l'époque: les nouveaux ballons dirigeables, les quintuplés Dionne, le rapt du fils Lindberg, Hitler et la guerre, etc. Ses chansons dénoncent la pauvreté et le chômage et revendiquent plus de liberté pour les femmes. Premier auteur-compositeur-interprète de haute stature au Québec, La Bolduc demeure encore aujourd'hui une artiste unique et incomparable.

    1931 : L'Ontario et le Québec s'opposent au rapatriement de la constitution, craignant qu'une nouvelle constitution canadienne donne trop de pouvoirs au gouvernement fédéral. La même année, Londres accorde au dominion du Canada le Statut de Westminster, reconnaissant ainsi sa pleine souveraineté.

    1931: Le Québec est de plus en plus urbain. Environ 60% de sa population habite maintenant la ville. Ce phénomène est dû à un très haut taux de natalité et à une surpopulation des fermes. Bien que les quartiers riches bénéficient de la plupart des services modernes comme l'eau courante, l'électricité et le téléphone, les quartiers ouvriers populaires (majoritairement francophones) ont la vie dure et les taux de mortalité infantile y sont affreusement hauts. Au tournant du siècle, un enfant montréalais sur quatre meurt avant l'âge d'un an. Cela fait de Montréal la deuxième ville la plus malsaine du monde après Calcutta! Des milliers d'enfants de 14 à 16 ans sont exploités dans les usines comme la «Dominion Textiles» où ils reçoivent 10$ pour 55 heures de travail hebdomadaire.

    1935: Le docteur Wilder Penfield fonde l'Institut neurologique de Montréal. À la recherche d'un remède contre l'épilepsie, ses recherches sur le cerveau humain allèrent plus loin que tout ce qui avait été fait à l'époque et permirent de révéler les fonctions spécifiques des diverses régions du cerveau jusqu'alors inexplorées.

    1936 : Adoption de la monnaie bilingue au Canada (il était temps!)

    1937: Le décès du frère André, réputé comme ayant des talents de guérisseur, attire un million de personnes à l'Oratoire Saint-Joseph. Des trains spéciaux sont mis sur pied aux États-Unis pour amener les pélerins à Montréal.

    1937: Le 17 juin, le docteur Norman Bethune, chirurgien de Montréal et l'un des premiers à préconiser un régime public d'assurance maladie, est accueilli en héros à son retour d'Espagne où il dirigeait le corps médical de l'armée républicaine durant la guerre civile. Il a révolutionné la médecine de guerre en pratiquant des interventions chirurgicales à quelques mètres du front et en créant la première unité mobile de transfusion de sang. Bethune repart bientôt pour se joindre à la résistance chinoise contre l'envahisseur japonais. Il succombe d'une septicémie en Chine en 1939.

    1938: Le docteur Armand Frappier fonde l'institut de microbiologie et d'hygiène de Montréal (qui sera rebaptisée en son honneur en 1975). En 1945, il fonde la première école d'hygiène de langue française au monde. Il est connu pour ses travaux de recherche sur la résistance aux infections et à la maladie.

    1939: Adoption des nouvelles armoiries du Québec et de la devise «Je me souviens».

    1940 : Grâce au combat de Thérèse Casgrain, Idola Saint-Jean et des suffragettes, les Québécoises ont dorénavant le droit de vote. Vaut mieux tard que jamais! Le Premier ministre libéral Adélard Godbout réussit à taire l'opposition des évêques en menaçant de démissionner (il aurait alors été remplacé par l'anticlérical T.-D. Bouchard).

    1940: Le jardin botanique de Montréal ouvre ses portes, le rêve du brillant botaniste québécois, le frère Marie Victorin.

    Histoire du QUEBEC
     Camilien Houde
    1940: C'est la seconde guerre mondiale et le Premier ministre canadien Mackenzie-King, malgré sa promesse au Québec, adopte une mesure qui force tous les citoyens à s'enregistrer. Le maire de Montréal, Camilien Houde, voit cette mesure comme un premier pas vers la conscription (avec raison), la dénonce publiquement et encourage les citoyens à ne pas la respecter. Il est jeté en prison et y demeurera quatre ans, sans procès. Il faut comprendre que les gens de l'époque ne s'opposaient pas à la participation du Canada à la guerre, et les soldats Canadiens-Français étaient traités en véritables héros. Les gens s'opposaient à la conscription elle-même, cette loi qui les force à aller se battre outre-mer au nom de la couronne britannique.



    1942: La seconde guerre mondiale s'intensifie. Mackenzie-King organise un référendum sur la conscription pour se libérer de sa promesse. Le Canada anglais vote OUI, alors que le Québec vote massivement NON. Évidemment, King décrètera la conscription sans tenir compte de l'opinion des Québécois. Le président américain Roosevelt, suggère à Mackenzie-King un projet d'assimilation des francophones du Québec et de la Nouvelle-Angleterre. Pendant l'été, des U-boats allemands pénètrent dans le fleuve et torpillent plusieurs bateaux.

    Avec la deuxième guerre, le chômage disparaît au profit de l'industrie de guerre qui utilise une importante main d'œuvre féminine. La profession d'infirmière se développe rapidement et plusieurs femmes la choisissent. On installe des prisons militaires au Québec pour les soldats allemands capturés. Des sous-marins allemands s'aventurent dans le fleuve Saint-Laurent et torpillent une vingtaine de navires.

    Histoire du QUEBEC
     La guerre!

     

    Histoire du QUEBEC
     Roosevelt et Churchill
    à Québec
    1943: Conférence de Québec entre le Premier ministre britannique Winston Churchill et le Président américain Franklin Roosevelt. C'est dans notre capitale que les deux chefs discutent du fameux débarquement de Normandie, nom de code «Opération Overlord». Ils discutent également d'un débarquement en Italie pour diminuer la pression sur l'Union soviétique au front Est.

     

    1943 : C'est le début le l'instruction obligatoire pour les enfants de six à quatorze ans. La même année, le Québec demande par décret la restitution du Labrador.

    1944: Le Québec ré-élit à sa tête Maurice Duplessis, chef de l'Union Nationale, qui réclame plus de pouvoirs pour les provinces. Bien qu'il ne soit vraiment pas un admirable démocrate (comme le démontrent son opposition aux syndicats et le traitement qu'il réserve aux circonscriptions libérales), Duplessis s'engage dans une politique d'électrification des campagnes, fait construire écoles et hôpitaux et donne à la province de Québec, enfin, son drapeau, inspiré des anciens symboles de la Nouvelle-France.

    Drapeau du Québec

    1944: Création d'Hydro-Québec par le gouvernement québécois.

    Après la guerre, c'est une grande vague d'immigration au Québec. Ces gens viennent principalement d'Europe, ce sont des Italiens, des Juifs, etc.

    1946: Jackie Robinson entre dans les rangs du club de baseball des Royaux de Montréal, la ligue mineure affiliée aux Dodgers de Brooklyn. Robinson conquit le coeur des Montréalais lors des parties du stade Delorimier et devient le premier joueur noir du baseball professionnel. Plusieurs années plus tard, Robinson déclara qu'il n'aurait jamais réussi sa brillante carrière sans la force qu'il tirait de ses partisans montréalais.

    1948: Le peintre Paul-Émile Borduas et ses amis signent le Refus global qui dénonce le conformisme artistique et moral au Québec et la corruption de l'Église catholique. Quatre cents exemplaires du manifeste sont distribués. Par représailles, Borduas est renvoyé de son poste de professeur à l'École du meuble de Montréal.

    Histoire du QUEBEC
     Paul-Émile
    Borduas

    1954: Jean Drapeau est élu une première fois à la mairie de Montréal contre Camilien Houde. Le jeune avocat a acquis une certaine notoriété à titre de procureur d'une enquête publique qui a fait la lumière sur la corruption du régime de Houde. L'enqête, déclenchée par le congédiement du procureur de la police municipale, Pacifique Plante, a duré quatre ans.

      1955 : Maurice (Le Rocket) Richard, joueur-vedette de l'équipe de hockey les Canadiens de Montréal est suspendu. Enragés qu'on ait ainsi traité ce véritable héros national, les spectateurs bombardent le président le la LNH de projectiles pendant la partie Canadiens-Red Wings. Une bombe lacrimogène explose et une véritable émeute éclate au Forum.

    1957: Fondation de l'Alliance laurentienne, qui prône l'indépendance du Québec.

    1959: Inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent par la reine Elizabeth II et le président américain Dwight Eisenhower en présence de 15,000 personnes, à l'écluse de Saint-Lambert.

    1959: Montréal compte deux millions d'habitants. La population a doublé en moins de 20 ans!!




    PÉRIODE SUIVANTE:

    Le Québec moderne: 1960 à aujourd'hui

    L'histoire du français québécois

    Plan du site

     AUTRES PAGES DE CE SITE PORTANT SUR LE QUÉBEC DE 1867 À 1960:

    4.01) Ô CANADA!
    4.02) Le rassemblement de novembre 1885 au Champ de Mars
    4.03) 1885: Montréal au bord de la guerre ethnique
    4.04) Honoré Mercier, Premier ministre du Québec
    4.05) L'identité canadienne selon Wilfrid Laurier
    4.06) Henri Bourassa et le nationalisme canadien
    4.07) Guerres et conscriptions
    4.08) Lettre du président Roosevelt
    4.09) Les Nazis envahissent le fleuve
    4.10) 19 août 1942: débarquement de Dieppe
    4.11) Maurice Duplessis, Premier ministre du Québec
    4.12) Le drapeau et les armoiries du Québec
     sources : http://www.republiquelibre.org/cousture/QUEB.HTM

     

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  • Le Bas-Canada: 1763-1867




    Note: notre patrie ne portera pas exclusivement le nom de Bas-Canada tout au long du Régime britannique, je l'utilise ici comme terme générique. En réalité, le territoire changera de nom trois fois: d'abord "Province of Québec", puis "Lower Canada" (Bas-Canada) en 1791 et finalement "United Canada" (Canada-Uni ou Canada-Est) de 1840 jusqu'en 1867.



    Province of Quebec

    1763: Signature du traité de Paris qui cède toute l'Amérique du Nord française à l'Angleterre, à l'exception des îles de Saint-Pierre et Miquelon. Le serment du Test (qui implique un reniement du pape et du culte de la Vierge) devient obligatoire pour entrer dans la fonction publique, garantissant ainsi l'exclusion des francophones catholiques du gouvernement. La livre sterling devient la devise monétaire officielle. Le territoire est considérablement réduit.

    En octobre de la même année, Londres dans sa «Royal Proclamation», accorde le droit aux francophones catholiques de pratiquer leur religion. La Grande-Bretagne fait toutefois connaître au gouverneur Murray son intention de fonder des écoles uniquement protestantes dans le but d'assimiler la population. La proclamation entend également remplacer le code civil français par la «British Common Law». Le gouverneur Murray juge toutefois cette mesure impraticable et décide plutôt de garder les anciennes lois françaises.

    1765: 95 Canadiens adressent une pétition et réclament que la justice soit rendue en français, que les ordres du roi soient promulgés en français et que les Canadiens puissent agir comme jurés et avocats.

    1766: Les premiers à profiter de la conquête sont les commerçants anglais et américains qui prennent le contrôle de toute l'activité économique. Le premier gouverneur britannique, James Murray, n'aime pas beaucoup ces marchands qu'il juge être "la plus immorale collection d'individus que j'aie jamais connue." Il écrit encore "Rien ne pourra satisfaire les fanatiques déréglés qui font le commerce, hormis l'expulsion des Canadiens, qui constituent la race la plus brave et la meilleure du globe peut-être!" Les commerçants auront finalement la peau de Murray qui sera rappelé à Londres et remplacé. "Je quitte un pays et un peuple que j'aime sincèrement", a-t-il déclaré.

    Murray
    Le gouverneur Murray

    1766 : Retour du premier évêque catholique : Monseigneur Briand. Dès lors, son rôle sera de prêcher la soumissiondu peuple aux nouvelles autorités britanniques.

    1767: Les Sulpiciens ouvrent le futur Collège de Montréal, les Ursulines de Québec reprennent leur enseignement.

    portrait
    Le gouverneur
    Carleton
    1774: Suivant les recommandations du gouverneur Carleton, Londres décrète le «Quebec Act» dont le but est d'apaiser les Canadiens pour qu'ils ne se joignent pas à la révolution américaine des 13 colonies. Le territoire du Québec est considérablement agrandi pour inclure la vallée de l'Ohio et la région des Grands Lacs. Le Serment du Test est changé; les catholiques peuvent maintenant avoir accès à la fonction publique si toutefois ils prononcent un serment d'allégeance à la couronne d'Angleterre (qui existe d'ailleurs toujours pour nos députés fédéraux). Le texte demeure muet au sujet du statut des langues française et anglaise.

    Les Américains sont outrés que l'Angleterre permette aux Canadiens de garder leur religion catholique et empêche leur expansion vers l'ouest. Pour cette raison et en réaction à des taxes jugées excessives, les Américains lancent leur révolution. Ils tentent de convaincre les Canadiens se joindre à eux alors que le clergé prend position pour l'Angleterre. Les habitants choisiront finalement la neutralité.

    1775: Après la signature du Quebec Act, des Anglais choqués vandalisent le buste de George III qui avait été installé sur la Place d'Arme à Montréal. Ils y inscrivent sur la base «Voici le pape du Canada et l'idiot d'Angleterre» (traduit de l'anglais). Ceci démontre bien le mécontentement des marchands anglais établis ici.

    Le Continental Colors américain
    Le «Continental Colors» américain
    1775: Les «Bastonnais» (nom que les Canadiens donnaient aux rebelles américains) tentent alors de conquérir le Québec par les armes. En septembre, ils assiègent le fort Saint-Jean et sont victorieux sur l'armée britannique. Le 12 septembre, Montréal capitule et devient une ville américaine. Les nouveaux occupants établissent leur quartier général au château Ramezay. Les Anglais quant à eux, fuient vers Québec qui est assiégée à son tour. C'est dans la nuit du 30 au 31 décembre que les célèbres généraux Montgomery et Arnold tentent un assaut contre la basse ville qui s'avère infructueux. Montgomery y trouvera même la mort. C'est le début de la fin pour les Américains qui devront évacuer le territoire en juin 1776. Le sort en est jeté, le Canada sera britannique.

    1778: Publication du premier journal uniquement français: La Gazette littéraire de Montréal.

    1782: Le Traité de Paris reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique (les anciennes 13 colonies). La révolution américaine est donc un succès. Le Québec perd la vallée de l'Ohio. Des colons anglais, hollandais, irlandais, écossais et américains loyaux à l'Angleterre (environ 6000 Loyalistes) quittent le nouveau pays et viennent s'établir au Canada. Plusieurs s'installent sur des terres confisquées aux Acadiens (la Nouvelle-Écosse est divisée en deux, c'est la fondation du New Brunswick en 1784). Dès lors, le Canada n'a plus une population uniquement exclusivement française et amérindienne, mais les francophones sont toujours les seuls à se désigner comme «Canadiens» et le resteront encore longtemps.

    1783: L'Angleterre est forcée de signer la paix avec la France et l'Espagne et reconnaît l'indépendance des États-Unis. Cette signature intervient alors qu'une expédition française est en préparation. Commandée par Lafayette, elle avait entre autres pour objectif la reconquête du Canada français après la prise de la Jamaïque avec l'aide des Espagnols.

    Le Bas-Canada

    Les nouveaux arrivants Anglais rejettent le régime seigneurial, les lois françaises et exigent un district distinct. La Province of Quebec est alors divisée en deux ; le Haut-Canada (Ontario, environ 10 000 habitants) et le Bas-Canada (Québec, 150 000 habitants).

    Les Anglais veulent tout!
    Extrait de «Il était une fois le Québec»

    1791 : L'Angleterre proclame l'Acte constitutionnel qui accorde à la population un parlement élu, mais malheureusement, sans véritable pouvoir. C'est la première version d'une constitution canadienne. Le Parlement de Grande-Bretagne accorde aux députés canadiens la permission d'utiliser le français dans l'enceinte et dans le journal de l'assemblée.

    1793
    Première assemblée du Bas-Canada
    1792 : Premières élections de l'histoire du Québec. La chambre d'assemblée du Bas-Canada, malgré le fait que la population soit française à 95%, est formée de 35 Canadiens et de 15 Anglais. Jean-Antoine Panet est élu président de la chambre du Bas-Canada, en dépit de l'opposition britannique. Les deux groupes s'affrontent en chambre dès la première séance. Le gouverneur, à la demande des députés anglais, déclare que les textes de lois devront être rédigés en anglais.

    Dans ce parlementarisme truqué où le français n'est plus qu'une langue de traduction, le gouverneur et les conseils législatif et éxécutif renversent toutes les initiatives canadiennes. C'est une impasse politique complète qui durera cinquante ans.



    1795: À Québec, les Britanniques (et ce malgré qu'ils soient la nette minorité) représentent 65 % des membres des professions libérales et 44 % des hommes d'affaires, mais seulement 18 % des artisans et 10 % des simples ouvriers.

    1800 : Le peuple canadien, majoritairement rural, s'appauvrit. Depuis la conquête, plus qu'une minorité de Canadiens savent lire et écrire. Ils sont exploités par la riche minorité anglaise. Les Canadiens deviennent bûcherons, scieurs de bois et «raftmen», au service des riches marchands anglais qui fournissent l'Angleterre en bois dans sa guerre contre Napoléon Bonaparte. Les raftmen (dont le légendaire Joe Montferrand) doivent conduire les énormes troncs d'arbres, sur les eaux du fleuve, de Hull jusqu'à Québec. Il s'agit d'un métier extrêmement périlleux. Coeurs fragiles s'abstenir.

    Un groupe de Canadiens enverra même une missive à Paris à l'intention de Napoléon, lui demandant de venir libérer le Canada de l'emprise britannique. La lettre demeurera sans réponse.
    Napoléon Bonaparte
    Napoléon Bonaparte



    1800: Des Canadiens sont engagés par la Norhwest Company pour transporter fourrures et passagers entre Montréal et les postes de traite de l'Ouest. Ils seront désormais connus sous le nom de "Voyageurs". Les unions parfois temporaires et parfois permanentes entre ces courageux voyageurs et les Amérindiennes de l'Ouest donnera naissance à un nouveau peuple: les Métis. Le français devient la langue de l'Ouest. Plusieurs de ces Métis francophones s'établiront dans l'actuel Manitoba, près de la rivière Rouge, et deviendront chasseurs de bisons.

    1802: Joseph Quesnel écrit sa première pièce de théâtre: «L'anglomanie ou le Le dîner à l'angloise».

    1805: La bourgeoisie britannique de Québec fonde le journal «Quebec Mercury» qui se donne pour mission d'assurer la suprématie de l'oligarchie britannique. L'année suivante, Pierre Bédard réplique en fondant «Le Canadien», pour défendre les intérêts et les droits des Canadiens français.

    1810 : Le journal «Le Canadien» (fondé en 1806) entreprend une campagne de dénonciation de la minorité dominante, en réaction à plusieurs articles racistes du journal anglophone The Mercury appelant à l'assimilation des francophones. Le gouverneur ordonne que le journal soit saisi et que l'imprimeur, les propriétaires et les journalistes soient jetés en prison.

    1812: Les États-Unis déclarent la guerre à l'Angleterre et les Canadiens se préparent à se défendre. Les Américains quittent Détroit et attaquent le Haut-Canada.

    Chateauguay
    Bataille de Châteauguay
    1813: Dans le cadre de la guerre opposant les Américains à l'Angleterre, les États-Unis attaquent le Bas-Canada! Leur marche vers Montréal est arrêtée à Châteauguay par les Voltigeurs canadiens. Le corps de volontaires est victorieux malgré qu'il soit en nombres inférieurs.

    1815: Louis-Joseph Papineau, chef du parti réformiste, occupe le poste de président de l'Assemblée législative jusqu'en 1837.

    1820: Des Anglais mettent sur pied un projet d'union des deux Canadas. Le projet ne reconnaît que l'anglais comme langue officielle et exige qu'une personne possède une propriété d'au moins 500 livres sterling pour être membre de l'Assemblée. Louis-Joseph Papineau et John Neilson s'opposent au projet et réunissent une pétition de 60 000 signatures. Londres leur donnera raison en 1823.



    1824: Une loi encourageant l'ouverture d'écoles de paroisse marque le début d'un système scolaire confessionnel.

    1825: L'ouverture du canal Lachine permet enfin aux bateaux de naviguer vers l'ouest sans avoir à faire face aux rapides. Montréal compte maintenant 31 516 habitants et Québec 22 101 (comparativement à 1677 pour Toronto).

    1829: Fondation de la McGill University, le premier établissement du genre au Canada.

    Après 1830, le Bas-Canada connut une pénurie de blé au point où les importations de l'étranger devinrent nécessaires. Les méthodes de culture archaïques et l'épuisement des sols sont les grands responsables de cette crise. Le surpeuplement des seigneuries n'aida pas la situation.

    McGill
    James McGill



    1831: Pour la première fois, un navire à vapeur traverse l'océan Atlantique. Il s'agit du «Royal William», un bateau construit à Québec.

    1831-1865: Pendant cette période, la population de Montréal sera majoritairement anglophone.

    1832 : Encore une fois, des élections. À Montréal, lors d'une réunion pacifique, l'armée anglaise ouvre le feu sur la foule désarmée, blessant plusieurs personnes et en tuant trois.

    1832 : L'Assemblée législative du Bas-Canada, Papineau à sa tête, adopte un projet de loi qui garantit les pleins droits des personnes pratiquant la religion juive. Il faudra attendre 25 ans pour voir l'Angleterre et les autres colonies adopter des mesures semblables.

    1832-34 : Le gouvernement anglais encourage l'immigration massive, dans l'espoir de mettre les Canadiens en minorité. Ces immigrants